Posté le 18 juin 2013 par Philippe Galloy

Des centaines de millions d'euros belges pour spéculer sur la faim

Jusqu'à 948 millions d'euros provenant de clients de banques belges servent à spéculer sur les matières premières alimentaires. C'est ce que révèle une étude réalisée par le Réseau financement alternatif, association qui a dénoncé mardi, avec plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) telles que le CNCD-11.11.11 ou Oxfam, l'implication de banques belges dans la spéculation sur la faim dans le monde.

Six banques présentes en Belgique

Ces associations ont étudié les produits financiers complexes liés de près ou de loin aux contrats à terme sur les matières premières agricoles, dont les cours influencent les prix d'achat des denrées alimentaires. Le Réseau financement alternatif (RFA) arrive à la conclusion que six banques actives en Belgique (Deutsche Bank, BNP Paribas Fortis, Axa, Belfius, ING et ABN Amro) utilisent de l'argent apporté par leurs clients pour investir dans les matières agricoles.

"On estime qu'entre 768 et 948 millions d'euros sont investis de manière directe ou indirecte dans des produits dérivés sur des matières premières agricoles", affirme l'étude du RFA.

MDF47371
La salle de marchés de Deutsche Bank à Bruxelles; selon le RFA, la banque est, avec BNP Paribas Fortis, celle qui est la plus active dans la spéculation sur les matières agricoles (photo: Yves Herman / Reuters)

Celle-ci souligne la prédominance de deux banques dans cette spéculation: "Deutsche Bank et BNP Paribas Fortis sont de loin les institutions les plus actives en matière de spéculation sur les matières premières agricoles: plus de 90 % des montants cités ci-dessus sont attribués à ces deux banques."

Mais les volumes servant à spéculer sur la faim sont encore plus importants car les institutions financières ne sont jamais obligées de publier les données sur leurs investissements pour compte propre. Or, une bonne partie de ces transactions concernant les contrats à terme sur les matières premières agricoles.

Ceci montre l'importance, pour l'investisseur soucieux d'investir de manière éthique, de bien s'informer sur la destination de son argent. Cette démarche nécessite un peu de temps mais le jeu en vaut la chandelle. Il s'agit notamment d'éviter de propulser à la hausse les prix de denrées de base servant à nourrir des populations en difficulté.

Réactions