Poutine sous les verrous
Tribunal de Khamovnitcheski. Les chefs d’inculpation se succèdent comme les ballets au Bolchoï: détournement de biens d’État, abus de pouvoir, machinations financières et préparation d’actes terroristes. Le présumé coupable, arc-bouté dans la cage où échoue d’habitude le menu fretin moscovite, n’est autre que Vladimir Poutine. L’étau judiciaire s’est refermé sur l’homme fort de Russie avant qu’il brigue une nouvelle fois la Présidence du pays.
Mis en ligne depuis seulement trois jours, «L'arrestation de Vladimir Poutine : reportage de la salle du tribunal» a déjà été visionné près de deux millions de fois. Un véritable record sur Youtube où succès rime rarement avec sérieux. L’auteur de ce trucage vidéo a lui-même avoué à l’agence AFP qu’il ne s’attendait pas à un tel engouement.
Et pour cause, le docufiction respecte tous les codes du genre: la voix-off énonce d’un ton neutre les tenants de la comparution du Premier ministre; les images, un peu brouillonnes, illustrent simplement le scandale d'envergure mondiale, ...
À l'approche des élections présidentielles du 4 mars, pour lesquelles Vladimir Poutine ressort favori, «la question se pose de nouveau de savoir quel genre de personne est celui qu'on est censé réélire», poursuit l’auteur.
En somme, «L’arrestation de Vladimir Poutine» reflète la nécessité pour les opposants au régime russe de contourner les médias traditionnels, dont ils sont largement privés.

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