Sexiste, la pub tire-larme de Procter&Gamble?
Procter & Gamble, le premier annonceur mondial (3 milliards de dollars investis en pub en 2011) est depuis 2010 un des onze principaux partenaires du Comité international olympique (CIO). Montant de la facture: environ 120 millions de dollars par Olympiade (cycle de 4 ans).
Pour le faire savoir, le géant des produits de grande consommation vient, à quelques mois des JO de Londres, de lancer une gigantesque campagne de pub, la plus importante de son histoire.
Au menu: un réalisateur renommé Alejandro Gonzalez Inarritu ("21 Grammes", "Babel"…), une agence réputée (Wieden & Kennedy), 20 versions différentes, un tournage dans quatre mégapoles, un plan média incluant TV, presse, internet….
Mais ce n’est pas tant l’ampleur des moyens que le ton de la campagne qui interpelle. La réalisation joue à fond la carte de l’émotion en montrant des mères de famille suivre leurs enfants apprentis sportifs, de leurs premiers entraînements dans l’anonymat à leur participation aux grandes compétitions comme les JO.
Mais pas l’ombre d’un homme à l’horizon dans cette campagne qui de Rio à Pékin en passant par Londres et Los Angeles entend rendre hommage à ces mamans qui se sont sacrifiées pour que leurs bambins puissent s’épanouir dans le sport. Lessive, vaisselle, transport: aucun cliché n’est épargné, mais la réalisation léchée, appuyée par une musique prenante, parvient presque à les faire oublier. Les cyniques diront que P & G, qui vise les "ménagères" dans sa com’, est là dans son rôle. Pour preuve, les logos de Pampers et autre Mr Propre qui défilent en fin de spot. Il n’empêche: les associations féministes hurleront sans doute au sexisme en voyant les femmes ainsi réduites à leur traditionnel rôle de maman…
Jean-François Sacré

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