Mon futur employeur est «mon ami» sur Facebook
« Y a t-il besoin du bac pour postuler? ». Des commentaires comme celui de Lila, posté sous une annonce d'Axa, prolifèrent sur Facebook, où les employeurs tentent désormais de ferrer les candidats. Un pari, car les utilisateurs rechignent encore à sortir des sentiers du loisir. L'Oréal, Leclerc, Mr Bricolage ou encore le cabinet Michael Page: depuis quelques mois, les entreprises se bousculent au portail du célèbre réseau, où elles chassent les recrues pour des secteurs et des qualifications variés. Phénomène émergent en Europe, il est d'une toute autre ampleur outre-Atlantique: selon une étude réalisée par l'application de recherche d'emploi « BranchOut », 18 millions d'Américains auraient trouvé un emploi via Facebook.
A tel point que le réseau social s'apprêterait, selon le «Wall Street Journal», à lancer sa propre fonctionnalité «recherche d'emploi». Dans l'Hexagone, certaines enseignes utilisent désormais une application dédiée aux candidats, «Oh my job», qui recense sur une page Facebook plus de 10.000 offres chez 50 employeurs.
«L'idée était de profiter du fort trafic pour lancer une application utile, tournée vers les PME qui ont du mal à recruter», raconte Olivier Pujol, l'un des fondateurs. «Facebook est un continent où les 25-35 ans sont très représentés. Passer à côté d'eux, c'est rater son recrutement», estime Nicolas François, de l'association pour l'emploi des cadres (Apec). Pour autant, il note que les réseaux sociaux ne sont à l'origine que de 2% des recrutements de cadres en 2011. Le pari Alors que Facebook est essentiellement dévolu aux loisirs et à la convivialité, les employeurs anticipent une professionnalisation du réseau avec un même leitmotiv « aller chercher les candidats là où ils sont ». Pour la DRH de Mr Bricolage, les premiers retours sont « excellents ». « En moins de 15 jours, nous avons eu 770 clics sur postuler, ce qu'on peine à atteindre en un mois », raconte Sophie Gautier. Même enthousiasme chez le cabinet Kobaltt, spécialisé dans le recrutement « haute qualification ». « Au début, on utilisait Facebook à dose homéopathique, pensant toucher des jeunes et des geeks. Finalement c'est transgénérationnel », explique son directeur général adjoint, Cyril Chauvin.
Mais l'arbre «Oh my Job» ne fait que cacher la forêt des stratégies de recrutement sur Facebook. Publicités apparaissant opportunément en fonction des données professionnelles entrées sur votre profil, algorythmes favorisant la cooptation. « L'intérêt, contrairement aux applications qui regroupent des offres, est de toucher des candidats passifs en jouant sur la cooptation, qui est à l'origine de 30% des recrutements », explique Stéphane Le Viet, patron de Work4Lab. Un axe de développement stratégique qui n'a pas échappé au géant bleu. Selon le Wall Street Journal, le marché de la recherche d'emploi sur internet est évalué à plus de 4 milliards de dollars.
Dominique LIESSE, d'après AFP

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