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Posté le 29 avril 2014 par Chisato Goya

Banane anti-racisme: le buzz planétaire d'une agence de pub

Lors d'un match du Championnat d'Espagne dimanche 27 avril, un supporter raciste a jeté une banane au joueur du FC Barcelone Dani Alves. Contre toute attente, le Brésilien l'a ramassée et mangée. Un geste antiraciste devenu planétaire, mais orchestré en amont... par une agence de pub.

par Chisato Goya

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Le lancer de bananes contre les sportifs noirs ou métissés est devenu un sport national pour certains supporters de football en Espagne et en Italie. Mais que le footballeur visé mange la banane en question, ça, c'est du nouveau. Le joueur brésilien du FC Barcelone Dani Alves l'a pourtant fait dimanche 27 avril lors d'un match du Championnat d'Espagne. "Cela fait 11 ans que je suis en Espagne et depuis 11 ans c’est pareil. Il vaut mieux rire de ces attardés", a-t-il expliqué après le match remporté à Villarreal (3-2). "On ne va pas réussir à changer ça, donc il faut prendre les choses en riant et se moquer d’eux", a ajouté le Brésilien.

Depuis quelques jours, des milliers d'internautes ont soutenu ce geste antiraciste devenu planétaire, sauf qu'en réalité, le tout avait été planifié en amont par l'agence de publicité Lodduca. C'est ce qu'a reconnu lundi 28 avril Pablo Neymar, coéquipier d'Alves au FC Barcelone et joueur star de la Seleção, qui avait créé le hashtag #somostodosmonos (nous sommes tous des singes) en publiant sur Instagram une photo de lui s'apprêtant à manger une banane et de son fils en train de tenir une peluche en forme de banane.

#somostodosmonos, le hashtag antiraciste
Le geste de Dani Alves avait pourtant été applaudi par nombre de personnes et notamment par Dilma Rousseff elle-même qui affirme via Twitter que Dani Alves avait donné "une réponse audacieuse et forte au racisme dans le sport". Dans un second post, la présidente brésilienne s'adresse directement à tous ses compatriotes en vue de la Coupe du Monde 2014 qui aura lieu cet été à Rio de Janeiro ("Montrons que notre force dans le football et dans la vie vient de notre diversité ethnique et que nous en sommes fiers").

Depuis dimanche soir, des internautes du monde entier alimentaient les réseaux sociaux de messages de soutien, de photos d'eux-mêmes, banane en main et même de cartoons spécialement imaginés pour l'occasion.

D'autres personnalités avaient également rejoint la communauté #somostodosmonos comme le joueur de Manchester City Agüero, le champion du monde brésilien Roberto Carlo, le chanteur Michel Telo connu pour son tube «Ai se te pego», le pilote de Formule 1 Rubens Barrichello ou encore le joueur du PSG Lucas.

Les incidents racistes dans l'univers du sport ne concernent pas seulement le continent européen. Aux Etats-Unis, le site TMZ révèle vendredi 25 avril une conversation téléphonique privée entre le propriétaire des Los Angeles Clippers Donald Sterling et sa petite-amie dans laquelle l'octogénaire déclare : "Tu peux coucher avec des Noirs, faire ce que tu veux avec eux. Mais n'en fais pas la promotion sur ton compte Instagram et ne les amène pas au match", en référence à des photos sur lesquelles elle pose en compagnie de célébrités afro-américaines dont notamment Magic Johnson, légende vivante de la NBA.

Ces propos racistes ont déclenché une vague d'indignation dans les médias et sur les réseaux sociaux. Et ils n'ont pas échappé à la vigilance du président américain lui-même. Barack Obama, alors en déplacement en Malaisie, a répondu en appellant les Américains à être "constants et fermes dans la dénonciation du racisme" et mettant la pression sur la ligue de basket américaine. "J'imagine que la NBA va avoir très à cœur de résoudre le cas". Message entendu par la NBA mardi 29 avril: Donald Sterling est suspendu à vie de toutes fonctions officielles et devra s'acquitter d'une amende de 2.5 millions de dollars, le montant maximum autorisé par la NBA. "M. Sterling n'a tout simplement plus sa place en NBA, a indiqué Adam Silver, délégué de la NBA. Cette Ligue, multi-culturelle et multi-ethnique, est plus importante que n’importe quel propriétaire, entraîneur ou joueur".

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