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Posté le 11 avril 2017 par L'Echo

Indignation après l'expulsion violente d'un passager d'United Airlines

La compagnie aérienne américaine United Airlines a suscité un tollé lundi sur les réseaux sociaux pour avoir maltraité un de ses passagers qu'elle a violemment traîné hors d'un de ses avions en surréservation. L'homme d'origine asiatique, qui avait un billet en règle, avait été choisi par le personnel de bord pour laisser sa place, mais a refusé de sortir de l'appareil. Plusieurs policiers l'ont alors emporté de façon très violente.

Par François Witvrouw

United Airlines

La compagnie aérienne américaine United Airlines faisait l'objet lundi de nombreuses critiques et d'appels au boycott après l'expulsion musclée d'un passager muni d'un ticket, qui refusait de sortir d'un vol surbooké aux Etats-Unis. Des cris indignés retentissent sur les vidéos mises en ligne par des passagers, montrant le moment où trois policiers s'approchent d'un homme déjà installé dans son siège. Ce dernier commence à hurler lorsque l'un des agents le saisit de force et se cogne apparemment sur le repose-bras avant d'être traîné au sol jusqu'à la sortie, ses lunettes déplacées par l'impact du choc. Une fois au sol, l'homme est tiré sur toute la longueur du couloir sous les yeux des passagers.

Après plusieurs heures de controverse, le PDG de United Airlines, Oscar Muñoz, a affirmé qu'il s'agit d'"un événement qui nous bouleverse tous ici chez United". "Je m'excuse d'avoir dû replacer ces clients ailleurs", poursuit-il dans un communiqué publié sur le site de la compagnie lundi. "Nous tentons également de contacter ce passager pour lui parler directement et pouvoir résoudre ce problème."

Selon les médias américains, les autorités chargées du transport à Chicago, dont dépendent les policiers en cause, ont suspendu lundi l'agent concerné. La compagnie a expliqué avoir demandé à des volontaires de céder leurs sièges sur un vol dimanche soir en partance de Chicago, dans le nord des Etats-Unis, pour Louisville, dans le centre-est, pour cause de "surbooking".

Faute de volontaires, la compagnie a désigné d'office des passagers priés de quitter l'appareil. "L'un des clients a refusé de quitter la cabine volontairement et la police a été appelée à la porte d'embarquement", a détaillé un porte-parole d'United, Charlie Hobart, cité par le Chicago Tribune. "Nous nous excusons pour cette situation de surbooking", a-t-il ajouté.

Les images et le fait que la compagnie ne s'excuse pas spécifiquement pour cette intervention musclée suscitait une tempête sur les réseaux sociaux, le mot "United" figurant parmi les plus discutés lundi sur Twitter, Facebook et Google. "Je crois que United Airlines a solutionné son propre problème de surbooking", a ironisé Alastair Campbell, ancien chef de la communication de l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair.

Des internautes appelaient au boycott, juraient de ne plus jamais réserver sur cette ligne, ou dénonçaient la compagnie avec de nombreux montages photos.

♦ Les compagnies aériennes américaines sont autorisées à forcer des passagers à quitter des vols surbookés, en échange de dédommagements, si elles ne parviennent pas à trouver suffisamment de volontaires, selon le ministère américain des Transports.

Un des passagers ayant posté une vidéo des faits sur Twitter, Tyler Bridges, a commenté: "Pas une bonne façon de traiter un docteur qui tente d'aller travailler parce qu'ils ont surbooké", en référence apparemment aux explications de l'homme expulsé. "Les enfants pleuraient", a-t-il ajouté. Tyler Bridges a ensuite posté une autre vidéo montrant l'homme apparemment sonné et semblant saigner au visage.

Des mauvais traitements répétés

C'est la deuxième fois en moins d'un mois que United est critiquée pour mauvais traitement de ses passagers. Fin mars, deux adolescentes qui portaient des leggings s'étaient vu refuser l'embarquement sur un vol entre Denver et Minneapolis au motif que ces pantalons révélant les formes n'étaient pas conformes, entre autres, au code vestimentaire des employés.

Dans une lettre au personnel consultée par Reuters, le patron de United Airlines, Oscar Munoz, ne présente pas d'excuses pour la façon dont le passager a été traité et dit que celui-ci a "provoqué" les agents chargés de la sécurité. Il explique que la compagnie aérienne a cherché des volontaires pour quitter l'avion avant d'appliquer le protocole d'éviction obligatoire en cas de surbooking. Il précise que dans ce cas, une indemnité de 1.000 dollars (945 euros) est proposée au passager refusé."Quand nous nous sommes approchés de l'un de ces passagers pour expliquer en nous excusant qu'il ne pouvait embarquer, il a élevé la voix et refusé de respecter les instructions de l'équipage", écrit Oscar Munoz.

Une intervention extrêmement musclée qui a donné lieu à de nombreux détournements humoristiques sur Twitter.

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