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Posté le 10 avril 2017 par L'Echo

Un resto parisien 3 étoiles se fait dézinguer par un critique

Oignon

S'il vous était venu à l'idée d'emmener votre douce moitié dans un restaurant trois étoiles lors d'un voyage romantique dans la ville Lumière, n'allez pas au Cinq! Voilà le conseil du critique culinaire britannique Jay Rayner.

Jay Reyner n'y va pas par le dos de la cuillère lorsqu'il relate son expérience au célèbre restaurant parisien Le Cinq qui comptabilise trois étoiles au Guide Michelin. "Ce restaurant va me laisser des souvenirs. Ils sont sombres et troublants. Si je travaille dur, peut-être qu'un jour je serai capable d'oublier." Voilà la conclusion du critique culinaire qui écrit pour le journal britannique The Guardian. Ouch.

Il se moque d'abord de l'ambiance "créée pour des gens pour lesquels la culpabilité est un sentiment non familier" avec "une chaise pour le sac à main de madame" et où les femmes reçoivent une carte sans prix ("les serveurs ont semblé perplexes quand nous avons protesté").

Il s'attaque ensuite avec violence et humour au contenu de son assiette... compréhensible vu le prix de l'addition: 600 euros pour deux.

Il démonte un amuse-bouche "qui ressemble à un sein en silicone pour Barbie" et qui éclate en bouche relâchant une teinte de gingembre, "c'est comme manger un préservatif qui a traîné dans une épicerie poussiéreuse". Un autre amuse-bouche le déçoit tout autant avec son "acidité brute du genre qui polit des pièces de monnaies usées". Enfin, son dernier amuse-bouche, "qui ne l'amuse pas", a fait gonfler ses lèvres "comme le cul d'un chat qui s'est frotté contre des orties". Comptez-24 à 26 euros pour chacune de ces délicatesses...

L'entrée (la moins chère du menu à 70 euros) prolonge le désastre: les oignons gratinés. "C'est surtout noir, comme des cauchemars, et collant, comme le sol d'une soirée d'ados." Son plat enfin est un pigeon "demandé à point et servi tellement rouge qu'il pourrait s'envoler si on lui donnait quelques volts" et servi avec "une poire japonaise brutalement acide et de la purée de cresson sans goût", pour la modique somme de 95 euros.

Et cerise sur le gâteau, les deux desserts commandés complètent le tableau. Les cigares de mousses au chocolat étaient "recouverts d'un voile élastique de peau de lait" et le cheesecake était servi avec une poudre de persil. "C'est la pire chose que j'ai jamais mangé. Ca goûte l'herbe coupée." Et le tout arrosé d'une infusion à 15 euros servie avec une petite pâtisserie aux bords brûlés.

Après cette acerbe (mais drôle) critique culinaire, Le Cinq risque de perdre quelques clients. Moi la première. Enfin... si j'avais un jour gagné au lotto. 

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