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Posté le 18 juillet 2017 par L'Echo

Louboutin, ou le caritatif radin

Mai dernier, Christian Louboutin lance le Mexicaba, un sac aux couleurs flamboyantes d'origine Maya. Sur son site, le créateur loue l'artisanat du Yucatan, le besoin de revenus "pérennes des artisans Mayas". Et puis, bardaf! L'image humanitaire s'effondre:  les salariés sont payés des clopinettes pour un sac vendu à prix d'or.

                                                                                                          Par Dominique Liesse

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María Deysi Balam Cauich s'affaire toute la journée à la confection du Mexicaba de Louboutin. Elle brode. Elle ajoute des pierres. Seul l'assemblage lui échappe. Mais au final, elle fait le bonheur des femmes du monde; un bonheur à 1.290 euros, tout de même!

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María et d'autres femmes Maya sont, elles, payées entre 12 et 13,43 dollars par broderie. Chaque sac en compterait trois. Quatre d'entre elles affirment au total avoir gagné ensemble 394 dollars pour quelques mois de travail. "Un bon salaire", avait promis Louboutin.

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Les femmes Maya ne se plaignent pas. "C'est une bonne chose que les sacs se vendent bien. Cet emploi est une bénédiction. Nous gagnons bien notre vie, ce qui n'était plus arrivé depuis longtemps." Leur avis a toutefois changé lorsqu'elles ont appris le prix auquel étaient vendus ces sacs

Louboutin avait en décembre dernier commandé 2.000 sacs auprès de Maria et d'autres artisans du Yucatan. Passionné de la culture mexicaine, il avait vanté l'association Los Artesanos de Taller avec laquelle il s'était associé. Son objectif: aider socialement les artisans locaux "au savoir- faire ancestral mais aux revenus indécents". 

Christian Louboutin affirme avoir laissé aux femmes mayas le soin de fixer leur prix. Mais s'est-il posé la question de l'éthique: payer si peu ces artisans comparé au prix final du sac? A cette heure, la maison Louboutin n'y a pas répondu.

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