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juin 2014

Carnets politiques
L’endroit et l’envers du décor de la politique. Les petites et les grandes histoires de la rue de La Loi. Les coulisses, les anecdotes. Ce que vous n’avez pas encore vu à la télé ni entendu à la radio. Des décodages inédits. Voilà ce que la rédaction politique de L’Echo vous promet dans ce blog. Ni plus ni moins.

Posté le 13 juin 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

La N-VA engage un porte-parole francophone

Les nationalistes flamands veulent s’adresser plus efficacement à l’opinion publique francophone et mieux calibrer leur message.

C’est un signe qui ne trompe pas: la N-VA , en selle depuis trois semaines avec la mission d’informateur de Bart De Wever, n’a pas l’intention de lâcher les commandes de si tôt...

Le plus grand parti du pays vient en effet de recruter une porte-parole francophone. L’engagement n’a rien d’anodin puisqu’on sait que la N-VA veut travailler l’opinion publique francophone – notamment en martelant son message anti-PS.

 Bart De Wever avait déjà adressé un message à l’opinion publique francophone via une vidéo postée sur Youtube, une vidéo d’ailleurs parodiée avec brio par les compères de "Votez pour moi".

Ici, la N-VA franchi le Rubicon et va plus loin. La nouvelle porte-parole francophone - « parfaitement bilingue », insiste-t-on à la N-VA – est donc une femme. Il s'agit de Anne-Laure Mouligneaux. Elle doit commencer son boulot le 1er juillet. Après des études à l'ULB, Anne-Laure Mouligneaux a travaillé dans des entreprises de consultance et s'est spécialisée dans la communication publique. Capture

"Lidée est bien qu'elle travaille avec les médias francophones", confirme le directeur de la com du parti Joachim Pohlman.

Politiquement, les nationalistes flamands sont pour l’heure entièrement dans le marécage francophone où ils doivent tenter de réconcilier le cdH et le MR qui se sont brouillés depuis que les centristes ont choisi de s’allier aux socialistes dans les Régions. Une réconciliation de ces deux partis est l’une des seules issues pour démarrer la formation d’une coalition de centre-droit – dont rêvent la N-VA et le CD&V.

Pour le plaisir, on vous remet la video de Bart De Wever et la parodie.

 

 

 

Posté le 3 juin 2014 par L'Echo Réactions | Réagir

La guerre des Maisons royales, c’est du Belge

Eliminons rapidement ce point pour pouvoir passer à autre chose: c’est un vrai scoop qu’est allé chercher-là Pascal Vrebos en décrochant une interview  exclusive (et fleuve) du Roi Albert II.

par Martin Buxant

Et  c’est un sacré moment de télévision, qui restera d’ailleurs dans les annales, que RTL diffusera ces 9 et 10 juin. Félicitation à tous les deux. Personne n’avait jamais vu Albert, l’homme sous la couronne, se livrer avec autant d’émotion, être aussi direct. Voilà donc qui est écrit.

Mais pour le reste, au-delà de l’aspect témoignage historique, qu’y a-t-il à en retenir ? On a eu droit à deux extraits de 5 minutes – on a l’art du «teasing» chez RTL – et à quelques confidences de ceux qui ont eu le privilège de voir l’interview en entier. A priori, donc. Rien de politique, au sens strict. Rien, par exemple, sur le fait que les nationalistes flamands de la N-VA, des républicains convaincus et affichés, soient la première formation politique du Royaume. Rien sur le vaudeville récent autour des  dotations publiques de la famille royale. Et rien (ou pas grand-chose), sur la fille (non-reconnue) d’Albert Delphine Boël.

Dès lors, et on se répète, c’est bien sympa, ça va se laisser regarder. Mais ce qui en ressort c’est surtout cette impression de chaos devant le manque de coordination d’un père (Albert) et de son fils Philippe), où l’ex Roi ne se donne même pas la peine de prévenir le Palais royal de cette initiative médiatique à grande portée. Il relance la guerre des Maisons royales belges. Capture

Le Roi, alors qu’il est face à sa première épreuve politique sensible et doit composer avec un Bart De Wever informateur, est tenu à l’écart des sorties  non contrôlées de son père.

«Le moment est tout de même très spécial, si pas très mal choisi»,  glisse-t-on dans les rangs du gouvernement fédéral.

En clair : Albert, dont le règne a été sans faute, est en train de faire un parcours après-règne beaucoup plus sinueux.  Jugez-donc: en l’espace de douze mois, il a eu le temps

  • de se plaindre que les subventions publiques n’étaient pas assez élevées,
  • de maintenir en service une personne de son entourage limogée par son fils, et
  • d'accorder une interview sans prendre la peine de s’accorder avec les services du Palais royal.

Était-ce le moment de venir parasiter la mission de Philippe ou de risquer de lui faire de l’ombre? Non. en allant un pas plus loin: ce qui vaut pour le Prince Laurent vaut aussi pour son père. Rappel, on a prié le fils cadet de s’abstenir de déclarations publiques sous peine de voir sa dotation supprimée... Et on peut toujours arguer qu’Albert s’est abstenu de toute déclaration incendiaire. Croyez-le (on non): les boutefeux de la Belgique trouveront toujours de quoi allumer leur brasier. 

 Mais c’est un bon coup de télévision. Ah ça, oui. Bravo. 

Posté le 2 juin 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

Sous le capot de (la voiture) Di Rupo

Dans un livre qui paraît aujourd'hui aux Editions "La boîte à Pandore", le journaliste de "La Libre", Mathieu Colleyn, décortique "les secrets d'Elio Di Rupo".

Le bouquin de 167 pages tombe à pic alors que se profile une négociation pour la composition des différents exécutifs belges et que l'actuel Premier en affaires courantes, n'en doutez pas un instant, y joue un rôle crucial.

Image Mathieu Colleyn passe d'abord en revue - c'est inévitable - le parcours exceptionnel de Di Rupo, ce n'est évidemment pas la partie la plus inédite du livre, l'histoire style Zola du Premier ministre a été de nombreuses fois dépeinte...

Et on sourit lorsque l'auteur écrit que "Di Rupo plane un peu à l'idée de rempiler comme Premier ministre": "il veut éviter que son premier mandat ne soit pas relégué au rang des accidents de l'Histoire".

L'homme a donc visiblement beaucoup pris goût aux ors du 16 rue de la Loi. Mais c'est sans doute quand le livre se penche sur la machine au service de Di Rupo qu'il devient le plus intéressant. Ainsi, l'IEV (Institut Emile Vandervelde), le centre d'études du PS, est-il décrit tout comme sa patronne, Anne Poutrain, avec de multiples détails.

"L'IEV est aussi un outil de surveillance des élus socialistes, une tour de contrôle. (...) Les spécialistes de l'IEV sont appelés les belles-mères du gouvernement, ils détectent tous les problèmes politiques qui pourraient se poser à Di Rupo et aux socialistes et leur prémachent le travail".

De réunions en spécialistes placés dans les cabinets ministériels comme "oeil de Moscou", l'IEV est partout, voit tout, entend tout. Et le met à profit pour épauler Di Rupo.

Inédit encore quand l'auteur raconte comment André Flahaut, fidèle parmi les fidèles, fait tout depuis son perchoir parlementaire pour faciliter la besogne du Premier ministre - notamment en faisant supprimer les questions parlementaires les plus délicates pour Di Rupo. Ainsi, est-il rapporté dans le livre, la libérale Jacqueline Galant a-t-elle été priée de renoncer à une question sensible pour le Parti socialiste à un moment crucial.

Enfin, un passage rapporte comment à Mons, Di Rupo conserve encore le contrôle sur tout ce qui se dit et se fait au niveau de la majorité communale. Son ex dircom Ermeline Gosselin veille en effet au grain jusqu'à l'intérieur des collèges communaux. Y a pas à dire, ces camarades-là, tel que décrit dans "Les secrets d'Elio Di Rupo", sont sacrément organisés.

Les secrets d'Elio Di Rupo, 167 pages,
16,90 euros.

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