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juillet 2014

Carnets politiques
L’endroit et l’envers du décor de la politique. Les petites et les grandes histoires de la rue de La Loi. Les coulisses, les anecdotes. Ce que vous n’avez pas encore vu à la télé ni entendu à la radio. Des décodages inédits. Voilà ce que la rédaction politique de L’Echo vous promet dans ce blog. Ni plus ni moins.

Posté le 11 juillet 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

Oui, un francophone peut être commissaire européen

Je vous prends une minute en ce jour de « Vlaamse Feestdag » avec quelques comptes d’apothicaire politique. Le grand sujet qui agite la rue de la Loi en marge des formations gouvernementales, c’est la désignation d’un représentant belge à la Commission européenne. C’est normal, c’est un poste prestigieux et avec un poids politique conséquent. Berlaymont On sait que plusieurs personnalités belges sont intéressées par la fonction.

Karel De Gucht (VLD) voudrait prolonger, Marianne Thyssen (CD&V) voudrait en être. Didier Reynders (MR) et Joëlle Milquet (cdH) feraient également de bons commissaires. Enfin, le PS - à ma connaissance – n’a pas de candidat. Et je pense que le SP.A Johan Vande Lanotte se tâte, en rusé renard qu’il est.

Or voilà que je lis deux jours de suite – jeudi dans De Standaard, vendredi dans De Morgen – que le prochain poste de commissaire européen reviendrait de droit à un Flamand. Loin de moi l’idée de rallumer les brasiers communautaires, mais il me semble que c’est un peu court comme raisonnement. D’abord, on a aucune indication sur la future coalition fédérale. Or il apparaît quand même très difficile d’imaginer qu’on envoie au Berlaymont un commissaire qui n’aurait pas une majorité derrière lui pour le défendre. C’est gentil de dire que l’Europe doit vivre sa vie à son niveau, mais être à ce point-là déconnecté de la réalité belge, ça ne me paraît pas réaliste. Le commissaire est aussi là pour relayer des messages de son Etat membre à la Commission. Cela ne plaît peut-être pas aux fédéralistes, etc. Mais c’est comme ça : tous les Etats membres qui veulent compter à la Commission y envoient un représentant connecté au gouvernement national en place.

Après cette première remarque de forme, le fond. Les partis flamands relèvent qu’entre 1999 et 2009, il y a eu deux commissaires francophones : le socialiste Philippe Busquin (1999-2004) et le libéral Louis Michel (2004-2009). Ensuite, le libéral flamand De Gucht (2009-2014). Donc, «naturellement» ou «automatiquement», disent-ils, un Flamand doit poursuivre afin de rétablir l’équilibre et que l’alternance soit respectée…

C’est un peu, voire très, court. Car c’est oublier que Herman Van Rompuy (qui à ma connaissance est Flamand et CD&V) est à la tête du Conseil européen depuis novembre 2009. Là, les Flamands disent évidemment que «ça ne compte pas»… Pourquoi donc ? Je me souviens que la désignation de Van Rompuy a considérablement compliqué la tâche au niveau fédéral belge, que cela a créé des problèmes internes au gouvernement et que c’est une fonction européenne en vue pour laquelle Van Rompuy dispose de l’appui de son gouvernement.

Je ne tranche pas, je dis juste que ceux qui prétendent que la présidence du Conseil européen ne compte pas ne disposent pas de plus d’arguments que ceux qui disent que ce poste doit être comptabilisé dans les équilibres communautaires...

Mais poursuivons plus loin. Karel Van Miert (un socialiste flamand) est lui resté dix ans en poste comme commissaire européen (1989-1999). Et – surprise – il avait lui-même succédé à un autre Flamand : le libéral Willy De Clercq (1985-1989)… Alors, les donneurs de leçon d’équilibre linguistique, il faudra repasser. «Oui, mais c’était il y a longtemps, c’était le temps des dinosaures», me dit un responsable flamand. Je réponds: les faits sont là, il n’y a pas plus de raison qu’un Flamand succède à De Gucht qu’un francophone. Allez, bonne fête flamande, dames en heren.

Posté le 3 juillet 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

Gueule de bois parlementaire

Petites nouvelles du Parlement fédéral. Voilà, ça fait du bien, les francophones se sont serré les coudes et ont pu éviter que le (vilain) nationaliste flamand Siegfried Bracke (N-VA) ne devienne président de l’Assemblée lundi dernier. Grâce (ou à cause, c’est selon...) au retrait du candidat socialiste André Flahaut et au report des voix PS sur le candidat libéral Patrick Dewael.

Dewael Oui, mais voilà, mesdames et messieurs. Pour la première fois de son Histoire, la Chambre a un président (Patrick Dewael) et un vice-président (Peter Luyckx) du même rôle linguistique – à savoir flamand.

La clé D’Hondt est impitoyable : la N-VA et ses 33 députés raflent le second strapontin. Le PS, deuxième force politique du Parlement, arrache la seconde vice-présidence pour André Flahaut. C’est donc une première – même si elle est temporaire – que d’avoir les deux plus hautes marches du podium de l’Assemblée occupées par des Flamands. Mais d’autres joyeusetés se profilent à la Chambre – par exemple au sein du groupe Ecolo/Groen.

C’est le Flamand Kristof Calvo, un jeune Malinois plein de fougue, qui a été désigné comme représentant de la fraction de douze députés à la Conférence des présidents – organe stratégique qui règne sur tous les travaux parlementaires.

Chaque groupe y vient avec un second député – ici en l’occurrence ce sera Jean-Marc Nollet. Et là, c’est le Namurois Georges Gilkinet qui reste sur le carreau. Un Ecolo : « Nollet débarque de sa Wallonie et prend directement toute la lumière et les responsabilités, pour rester gentil, ce n’est pas ce qu’on a vu de plus fair-play ». Ajoutez à cela que de nombreux verts pointent la responsabilité du ministre wallon dans le récent fiasco électoral – le Waterloo vert. « Il n’est pas vraiment dans la tradition de sortir de charge à un niveau de pouvoir et de directement vouloir des responsabilités à un autre niveau de pouvoir, une petite parenthèse ou une pause aurait été bienvenue », souffle un Ecolo.

Profitez-en, c’est les soldes, les amabilités continuent.

A lire aussi: Quel avenir pour le Parlement fédéral ? On vous l'explique en images et en chiffres. Visite guidée.

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