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septembre 2014

Carnets politiques
L’endroit et l’envers du décor de la politique. Les petites et les grandes histoires de la rue de La Loi. Les coulisses, les anecdotes. Ce que vous n’avez pas encore vu à la télé ni entendu à la radio. Des décodages inédits. Voilà ce que la rédaction politique de L’Echo vous promet dans ce blog. Ni plus ni moins.

Posté le 30 septembre 2014 par L'Echo Réactions | Réagir

En plein conclave budgétaire, le chef cab'de Joëlle Milquet s'en va!

La pression imposée par la restriction du nombre de collaborateurs dans les cabinets, couplée aux défis importants (le nouveau Pacte d'excellence, les restrictions budgétaires), a eu raison de Jean-Luc Adams, ancien directeur de l'enseignement fondamental, puis secondaire.

Le chef de cabinet de la ministre de l'enseignement Joëlle Milquet a démissionné hier, suivi par deux autres collaborateurs. Jean-Luc Adams faisait déjà partie des cabinets Simonet et Schyns sous la législature précédente. Après avoir proposé ses services à la nouvelle venue, il a finalement préféré raccrocher les gants.


Un départ classique, qui se produit souvent dans le cadre d'une passation de pouvoir entre deux cabinets, commente-t-on brièvement chez Joëlle Milquet. Il semblerait pourtant que ce départ n'était pas prévu. Mais la nouvelle pression imposée par la restriction du nombre de collaborateurs dans les cabinets, couplée aux défis importants (le nouveau Pacte d'excellence, les restrictions budgétaires), a eu raison de cet ancien directeur de l'enseignement fondamental, puis secondaire.

Les restrictions budgétaires ont notamment imposé à Joëlle Milquet de n'avoir que 55 collaborateurs équivalents temps plein, le même nombre que son prédécesseur, alors que son portefeuille a considérablement gonflé: en plus de l'enseignement obligatoire, Joëlle Milquet a aussi en charge les bâtiments scolaires, la petite enfance et la culture, et le rôle de vice-première. A titre de comparaison, ses collègues Rachid Madrane (Jeunesse, maison de Justice) et René Collin (sports) ont 41 équivalents temps plein, nous dit-on.

Certains évoquent aussi une culture de travail différente, calquée sur celle du fédéral. "Tout le monde n'est pas habitué aux nouvelles méthodes de management, aux nouvelles exigences de travail et au rythme qui sont aujourd'hui imposés par les contraintes et l'importance des dossiers".

Par Nathalie Bamps


Milket

Posté le 11 septembre 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

Sur un coin de table, la calculette suédoise

C’est un grand classique dans la quasi dernière ligne droite de chaque négociation gouvernementale, dans les QG des formations politiques participantes, on dégaine les calculettes et on voit combien de postes (ministres, présidences d’Assemblée, etc), on va pouvoir ramener dans son panier.

La coalition de (centre) droite suédoise (prononcez « kamikaze » si vous êtes socialiste) ne fait pas exception à cette règle immuable de la politique belge.

Bref, sur un coin de table, un vrai champion de la clé D’Hondt (clé de répartition des postes) impliqué dans les négociations fédérales m’a fait ses comptes d’apothicaire. Visez un peu ce beau croquis... Photo

Et cela donne ceci – en l’état actuel des choses. La famille libérale prendra la « 16 » rue de la Loi. Même si les choses ne sont pas ficelées, le MR part avec les faveurs du pronostic.

Après le MR, le parti mammouth de la coalition choisira. C’est donc à la N-VA et à ses 33 députés à se servir. Quel poste ? On peut raisonnablement penser que le cœur des nationalistes flamands va balancer entre les Finances (pour montrer à la Flandre comment on diminue des impôts…) et le département de l’Intérieur (pour montrer à la Flandre comment ont lutte contre le radicalisme).

Le choix de la N-VA impactera directement celui qui choisira au tour suivant : le CD&V. Les démocrates-chrétiens flamands aimeraient conserver les Finances (pour veiller à un règlement Arco), voire protéger les Affaires sociales. Quoiqu’il en soit le CD&V ne pourra choisir que deux postes ministériels – vu qu’ils sont en outre « amputé » des points que leur coûte le commissaire européen - et si Kris Peeters reste dans l’équation, c’est une personne de trop par rapport au trio qu’il forme avec Koen Geens et Pieter De Crem.

Si la N-VA laisse le poste de ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem a des chances de rester à bord, dans le cas contraire Geens devrait prolonger aux Finances. Après le CD&V, la N-Va pourra choisir un second portefeuille, puis le MR, puis enfin le petit poucet de la coalition l’Open VLD. Et on recommence, sauf qu'ici - spécialité suédoise - le MR est seul à choisir côté francophone...

En tout état de cause, il faut une parité francophones – Flamands (et l’affaire n’est pas tranchée entre un gouvernement à treize (Premier ministre compris) ou à quinze (ce qui est plus réaliste, compte tenu que l’Open VLD ne va pas se contenter d’un seul poste ministériel). La présence de secrétaires d’Etat serait un signal étrange pour une coalition dont le leitmotiv, ce sont les économies.

Ensuite, il faudra encore se partager les présidences de la Chambre, du Sénat, etc. Bref, les jours qui arrivent, l’entonnoir où doit se régler les différents points cruciaux de cette coalition, risquent d’être agités.

Bien sûr, ils prétendront qu’ils ne pensent pas à leur futur poste.

Ne les croyez pas, évidemment...

(@Le_bux)

Posté le 8 septembre 2014 par Martin Buxant Réactions | Réagir

Sur l’index, je retourne ma veste

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, c’est bien connu. Les chrétiens démocrates flamands du CD&V sont en passe de faire de ce dicton populaire une de leur ligne de conduite politique. Parce que, franchement, bien malin qui peut encore comprendre ce que pense ce parti…

Prenez, l’index, par exemple. L’indexation automatique des salaires est un des points sur la table de négociation fédérale de la coalition suédoise et c’est évidemment quelque chose de particulièrement sensible – vu l’opposition des partis de gauche et des syndicats à la modification de ce mécanisme. Index

Florilège.

En janvier 2012, le CD&V Steven Vanackere, catalogué à la gauche du parti, est vice-premier ministre et ministre des Finances. Il prend position – au grand étonnement de ses partenaires de majorité de l’époque – pour un saut d’index. Il se justifie en disant que ce saut d’index sera « corrigé socialement ».

En mars 2012 puis en octobre 2013 , Kris Peeters, alors ministre président-flamand, déclare devant le Parlement : « Un saut d’index serait une bonne chose » pour la compétitivité des entreprises. "C'est une bonne idée", dit-il. Il dit cela notamment en s’adressant au gouvernement fédéral où le vice-premier ministre Pieter De Crem relaye son point de vue.

MAIS

En 26 avril 2014, soit six mois plus tard, le même Kris Peeters dans un discours prononcé à Bruges lors d’un congrès de son parti, prend une direction inverse puisqu’il dit clairement en ciblant la N-Va et l’Open VLD : « Ne les croyez pas quand ils vous disent que la suppression de l’index est la solution ».

Dans la foulée, Wouter Beke, interviewé par De Tijd, indique: "Un saut d'index ne fait pas partie de notre programme socio-économique" (26 avril).

Après les élections, le 26 juillet dernier, le président Wouter Beke, toujours lui, est interviewé dans « De Standaard », il dit : « Pour nous, le maintien du caractère automatique de l’indexation des salaires a été une exigence pour commencer les négociations ».

Bien entendu, le CD&V pourra toujours argumenter qu’un saut d’index, ce n’est pas toucher au caractère automatique de l’index. Mais ce serait quand même gonflé…

Le principe même du caractère automatique, c’est que dès que l’indice pivot est dépassé, le rattrapage est « automatique ». Faire un saut d’index , c’est toucher au mécanisme, et d’ailleurs à l’élément essentiel de celui-ci : son automaticité, c’est-à-dire le fait qu’il ne doit pas être demandé ou négocié par les travailleurs...

Nous, on ne sait toujours pas ce que veut le CD&V en la matière.

Mais probablement ne le savent-ils pas eux-mêmes…

@Le_bux (Pour vous servir)

Posté le 3 septembre 2014 par L'Echo Réactions | Réagir

Un de ces hommes ment. Mais lequel?

"Trahison", "imposture", "bal des faux-culs": les coups pleuvent sec dans le reportage ficelé par Thomas Gadisseux et Guillaume Wollner, diffusé ce soir (20h20) par la RTBF, dans le cadre de Questions à la Une. Ou comment retracer le fil menant des élections du 25 mai dernier à l’élaboration de la coalition kamikaze/suédoise.

par Benoit Mathieu

Concrètement, si vous avez suivi de près, vous ne serez pas ébouriffé par les révélations. Par contre, si vous n’avez prêté qu’une oreille distraite à la saga politique de l’été, n’hésitez pas un instant: installez-vous devant votre poste. En une petite heure, la messe est dite et parfaitement résumée, côté francophone du moins. On y voit des partis persuadés de voir reconduit le gouvernement sortant basculer peu à peu de quoi aboutir à la situation actuelle, inédite. La "fracture francophone", le MR seul contre tous.

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La séquence phare, la voici: Benoît Lutgen, Charles Michel et Olivier Maingain évoquant le coup de fil qu’a passé, ou pas, le président du MR à celui du FDF, et qui aurait pu faire basculer à droite Bruxelles et Wallonie. Michel est formel: il a eu lieu. Non, affirment les deux autres. Qui ment? (Au fait, la NSA, elle pourrait pas se montrer utile, sur le coup?) Une histoire connue, certes, mais qui vaut son pesant de cacahouètes télévisuelles.

Reste ce sentiment diffus, que la suédoise doit autant au résultat des urnes qu’à l’incompréhension qui a régné entre les protagonistes sans oublier les calculs politiques.

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