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Posté le 11 septembre 2014 par Martin Buxant

Sur un coin de table, la calculette suédoise

C’est un grand classique dans la quasi dernière ligne droite de chaque négociation gouvernementale, dans les QG des formations politiques participantes, on dégaine les calculettes et on voit combien de postes (ministres, présidences d’Assemblée, etc), on va pouvoir ramener dans son panier.

La coalition de (centre) droite suédoise (prononcez « kamikaze » si vous êtes socialiste) ne fait pas exception à cette règle immuable de la politique belge.

Bref, sur un coin de table, un vrai champion de la clé D’Hondt (clé de répartition des postes) impliqué dans les négociations fédérales m’a fait ses comptes d’apothicaire. Visez un peu ce beau croquis... Photo

Et cela donne ceci – en l’état actuel des choses. La famille libérale prendra la « 16 » rue de la Loi. Même si les choses ne sont pas ficelées, le MR part avec les faveurs du pronostic.

Après le MR, le parti mammouth de la coalition choisira. C’est donc à la N-VA et à ses 33 députés à se servir. Quel poste ? On peut raisonnablement penser que le cœur des nationalistes flamands va balancer entre les Finances (pour montrer à la Flandre comment on diminue des impôts…) et le département de l’Intérieur (pour montrer à la Flandre comment ont lutte contre le radicalisme).

Le choix de la N-VA impactera directement celui qui choisira au tour suivant : le CD&V. Les démocrates-chrétiens flamands aimeraient conserver les Finances (pour veiller à un règlement Arco), voire protéger les Affaires sociales. Quoiqu’il en soit le CD&V ne pourra choisir que deux postes ministériels – vu qu’ils sont en outre « amputé » des points que leur coûte le commissaire européen - et si Kris Peeters reste dans l’équation, c’est une personne de trop par rapport au trio qu’il forme avec Koen Geens et Pieter De Crem.

Si la N-VA laisse le poste de ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem a des chances de rester à bord, dans le cas contraire Geens devrait prolonger aux Finances. Après le CD&V, la N-Va pourra choisir un second portefeuille, puis le MR, puis enfin le petit poucet de la coalition l’Open VLD. Et on recommence, sauf qu'ici - spécialité suédoise - le MR est seul à choisir côté francophone...

En tout état de cause, il faut une parité francophones – Flamands (et l’affaire n’est pas tranchée entre un gouvernement à treize (Premier ministre compris) ou à quinze (ce qui est plus réaliste, compte tenu que l’Open VLD ne va pas se contenter d’un seul poste ministériel). La présence de secrétaires d’Etat serait un signal étrange pour une coalition dont le leitmotiv, ce sont les économies.

Ensuite, il faudra encore se partager les présidences de la Chambre, du Sénat, etc. Bref, les jours qui arrivent, l’entonnoir où doit se régler les différents points cruciaux de cette coalition, risquent d’être agités.

Bien sûr, ils prétendront qu’ils ne pensent pas à leur futur poste.

Ne les croyez pas, évidemment...

(@Le_bux)

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