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Posté le 28 octobre 2014 par L'Echo

La N-Va, un parti (presque) comme les autres

par Benoit Mathieu

@benmathieu

A force, c’est l’impression que cela pourrait donner. La N-VA joue allègrement la carte de la provocation. Bah oui. Jugez plutôt. Un ministre de l’Intérieur (Jan Jambon) qui patauge dans des considérations sur la collaboration. Son chef de cabinet (Joy Donné) qui jette à terre ses contraventions et roule avec des plaques plutôt farfelues. Un secrétaire d’état à l’Asile et à la Migration (Theo Francken) qui doit se défendre d’être à la fois un tantinet fasciste, homophobe et raciste.

La cerise a été placée sur le gâteau durant le week-end. Comme administrateur au Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, la N-VA a envoyé Matthias Storme. Celui-là même qui qualifie la loi antidiscrimination de "gaffe", car il considère que discriminer relève de la liberté fondamentale. Et qui déclarait, en 2004, se sentir "l’obligation morale" de voter pour ce qui s’appelait encore le Vlaams Blok et venait de se faire condamner pour racisme.

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Précisons: il n’est pas question de remettre en cause, a priori, les compétences de ces gens. Voilà un bout de temps que Theo Francken se passionne pour les questions migratoires. Matthias Storme est souvent présenté comme un gros calibre du droit. Reste cette impression, tenace, qu’à chacun de ces postes, Bart De Wever a bombardé la personnalité la plus incongrue possible, sorte de pied de nez vivant.

A raison? A titre secondaire, peut-être. Mais l’important n’est pas là, analyse le politologue Pascal Delwit (ULB).

"Il convient d’analyser ce casting dans le contexte propre à la N-VA. Qui a siphonné une bonne partie des voix du Vlaams Belang et entend conserver ce socle électoral, à coup de signaux forts."

La N-VA doit donner des gages à son électorat libéral (coucou, Johan Van Overtveldt aux Finances), tout en plaisant aux franges les plus nationalistes, avec ce que cela comporte, parfois, de limite et d’ambivalent. Plus prosaïquement, les nationalistes ont aussi des postes à pourvoir et un réservoir de cadres, pas forcément infini, à contenter.

"En cela, la N-VA n’est pas très différente des autres partis, reprend Pascal Delwit. Qui opèrent, eux aussi, des équilibrages géographiques ou entre courants."

Nulle provocation, donc? "Ce n’est en tout cas pas l’idée première." Maintenant, la N-VA place ses pions et déroule sa stratégie. Quitte à placer Charles Michel dans l’embarras. "La N-VA est le premier parti et ne se sent pas redevable par rapport au Premier Ministre. Ses choix, elle les opère indépendamment des effets que cela peut avoir sur le gouvernement. Et aucun parti ne dispose de l’autorité politique pour lui interdire quoi que ce soit." Vous avez dit: sur du velours?

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