Une union bancaire européenne ?
Une des pistes qui est élaborée pour sortir de la crise de la zone Euro est désormais une « union bancaire ».
J’avoue rester perplexe devant cette appellation confuse : comment imaginer construire une union bancaire alors qu’on refuse de mutualiser les dettes publiques qui sont elles-mêmes les facteurs les plus déstabilisants dans les mêmes bilans bancaires ?
L’idée de cette union est d’établir des exigences de contrôle communes, un système de garantie commun aux pays européens et un réservoir de fonds publics pour recapitaliser les banques en détresse.
L’intention est louable, mais elle suscite à nouveau des interrogations : qui va financer un système de protection des dépôts qui conduirait immanquablement à assurer les déposants des pays faibles contre une déconfiture de leur propre Etat. Cela reviendrait à imaginer des « Eurodépots » plutôt que des Eurobonds.
En fait, en embuscade de cette idée se cache une autre réalité, dont nous avons déjà traité dans ce blog : le système bancaire est plus proche de la nationalisation que de l’économie de marché. Ce n'est pas une nationalisation par la capture des capitaux bancaires propres, mais plûtot par la concentration des dettes souveraines dans les actifs bancaires.
Par attraction de leur détresse et face à la nécessité de voir financer leurs dettes publiques par l’épargne domestique, les Etats imposent aux banques une dangereuse consanguinité.
Pour cette raison, il vaut mieux agir avec ordre et méthode et envisager un refinancement des Etats fragilisés par la BCE, ce qui, par transitivité, restaurerait la liquidité des banques fragilisées et assurerait une protection aux déposants.
Mais, pour des raisons dogmatiques, on essaie de tout mutualiser, sauf ce qui en est le premier support, à savoir la monnaie.

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