La révolution de la distribution bancaire
Pendant longtemps, certains ont prédit que le secteur bancaire subirait un choc industriel comparable à celui de la sidérurgie des années 2000.
Il n'en a rien été : les banques sont, plus que jamais, indispensables au fonctionnement de l'économie, au recyclage de l'épargne et à sa canalisation vers le financement des collectivités publiques.
Ces mêmes banques font d'ailleurs face à des défis multiples qui relèvent de la gestion de leur rentabilité dans un contexte de taux d'intérêt bas et d'atonie économique.
Mais la véritable révolution des banques se situe au niveau de leurs modes de distribution et de collecte de l'épargne.
L'abondance de cette dernière ne justifie plus exclusivement des réseaux denses d'agences physiques alors que les modes de distribution par Internet s'assouplissent et se popularisent.
Les banques traditionnelles qui effectuent une migration vers la banque en ligne, et centrent leur stratégie sur la transportabilité de la relation bancaire au travers de différents canaux (agences, tablettes, etc.), seront des acteurs évidemment incontournables du paysage bancaire. Toutes s'efforcent d'étançonner leur offre de service par une seconde marque et des comptes (ou des canaux) digitaux.
Pourtant, il faut regarder plus loin : alors que le débat porte souvent sur la nécessité (légitime) de garder un ancrage physique au travers d’un réseau d’agences, des établissements bancaires opèrent de manière exclusivement digitale, au prix d'une palette de services plus réduite : ce sont les opérateurs de cartes de crédit et certains circuits de type Paypal.
Certes, ces dernières sont manufacturées et distribuées par des établissements classiques. Il n'empêche que Visa, MasterCard et American Express sont des relations bancaires fondées sur la mobilité géographiques de leurs titulaires.
De qui ces opérateurs vont-ils se rapprocher demain ?
Probablement des entreprises qui combinent une alimentation permanente du profil de leurs clients et la géo-localisation. Il s'agit de Facebook, Google, Amazon etc.
Ces entreprises permettront de rapprocher la proximité logique et physique de leurs clients/adhérents tout en offrant une capacité de modélisation de leurs profils. Ce sont donc des candidats idéaux à un rapprochement avec des banques, à l'instar des entreprises de téléphonie. On pourrait d'ailleurs imaginer des congruences inattendues : une entreprise de téléphonie qui s'allie à un fournisseur de contenu (Amazon, Google, EBay, etc.) pour offrir un service financier.
A mon intuition, le monde bancaire est à l'aube d'une révolution qui sera d'une envergure comparable au basculement informatique des années septante.
Les banques conserveront bien sûr s'indispnsables et efficaces réseaux d'agences physiques mais on verra peut-être apparaître des plateformes mondiales qui sécrèteront de gigantesques économies d'échelle.
Les vaisseaux-amiraux de la finance seront peut-être des entreprises qui ne sont pas des banques aujourd'hui.
Une chose est certaine : La révolution d'Internet n'a pas encore commencé.

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