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Bruno Colmant est membre de l'Académie Royale de Belgique, Docteur en Economie Appliquée (ULB) et Master of Science de l'Université de Purdue (Etats-Unis). Il enseigne la finance appliquée et l'économie à la Solvay Business School (ULB), à la Louvain School of Management (UCL), à l'ICHEC, à la Vlerick Business School et à l'Université de Luxembourg. Sa carrière est à la croisée des secteurs privés, publics et académiques.

L'objectif de son blog est de clarifier certains débats économiques avec un angle d'approche différent. Les sujets traités relèvent essentiellement des problèmes de dettes et déficits publics, et de gestion des politiques monétaires.

Posté le 30 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

Il faudra une nouvelle gouvernance de l'euro

En économie, le danger est de se laisser distraire par les houles conjoncturelles ou politiques sans prendre l'envergure des courants de fond.

Le risque est alors de s'accommoder de toute orientation circonstancielle, au prix d'un abandon du jugement critique.

Cela conduit certains commentateurs à un cabotage intellectuel.

Ils émettent, certes, des idées, mais qui relèvent d'un passé connu ou d'un avenir trop lointain pour qu'ils n'y soient jamais confrontés.

Sous cet angle, il fait revenir au concept de monnaie unique.

Après des années pusillanimes, la BCE a décidé de procédé à une création monétaire sans précédent, malgré son issue incertaine.

Depuis l'éruption de la crise bancaire et souveraine, rien n'a été politiquement harmonisé, sinon l'obstination à aligner des économies différentes sur un même étalon.

C'est ainsi qu'on ne s'étonne plus de taux d'intérêt négatifs, de chutes abyssales du PIB dans certains pays, de variations stupéfiantes du cours de change et de chômage qui touchent plusieurs dizaines de pourcents de la population active, dans certaines régions.

Pourtant, quoi de plus intuitif que de voir les paramètres socio-économiques dévisser si la monnaie ne sert plus de variable d'ajustement ?

Les fondateurs de l'euro admettent aujourd'hui que les bases économiques étaient insuffisantes pour forger une monnaie unique et que l'euro coïncida avec la réunification allemande.

Il fallait que l'Allemagne abandonne sa souveraineté monétaire pour recouvrer sa réunification territoriale.

Mitterrand aurait dit, de manière apocryphe, qu'il clouait les mains de l'Allemagne sur la table de l'euro.

L'Allemagne est non seulement partie avec la table, mais a aussi subordonné le coût des dettes publiques des autres pays de la zone euro à son propre rating, sous réserve d'une politique monétaire et budgétaire restrictive.

Soyons lucides : sous l'angle politique : rien de suffisant ne fut accompli.

Sans un changement de gouvernance, il est peu probable que l'euro traverse paisiblement la prochaine décennie.

Posté le 29 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

Une stagnation séculaire ?

Dans un discours récent, la Présidente de la Federal Reserve (c'est-à-dire la banque centrale américaine) s'est interrogée sur une prospective singulière.

N'entrerions-nous pas dans une période de stagnation séculaire, c'est-à-dire un état atone de l'économie, caractérisé par un vieillissement de la population et surtout une chute des gains de productivité, c'est-à-dire de la croissance réelle (c'est-à-dire non inflationniste) ?

Il fait bien sûr rester circonspect par rapport à une évolution qu'on qualifie de séculaire, c'est-à-dire qui porte théoriquement sur un siècle.

Ceci étant, cet éventuel  scénario doit être juxtaposé sur celui de la digitalisation de l'économie, c'est-à-dire par le remplacement de nombreux processus humains par des applications technologiques. Nous entrerions alors dans une période de taux d'intérêt très bas, raison pour laquelle ce scénario est évoqué par les autorités monétaires.

La digitalisation de l'économie la "dés-intermédiarise". Ce constat est établi dans tous les métiers : enseignement, transports, banque, assurance, commerce à distance, etc. avant que d'autres profession de proximité et d'expertise (avocats, notaires, médecins, etc.) mutent, à tout le moins pour les tâches et les contrôles élémentaire ou de premier ordre.

Cette évolution n'est pas une singularité historique : toutes les révolutions industrielles ou technologiques ont fracturé des métiers tout en en créant d'autres. Mais ces mutations exigent des périodes d'adaptation, qui peuvent durer toute une génération, pendant laquelle les paramètres de l'emploi doivent s'ajuster.

Si cette stagnation séculaire se confirme, elle posera la question de la répartition des richesses et de la quantité de travail. Nous n'échapperons à ce débat sociétal car une stagnation séculaire aggraverait le problème de l'endettement public jusqu'à le rendre insoluble, sauf à imaginer des décisions autoritaires portant sur la monnaie et la pérennité des dettes publiques.

Le problème se résume à un constat désormais connu : l'endettement public (et son reflet qui est la monnaie) est fondé sur des hypothèses de croissance de l'économie et de la démographie, c'est-à-dire une capacité future à rembourser l'emprunt de bien-être que les générations passées ont effectué.

Si les prochaines générations n'arrivent pas à déployer une croissance et des gains de productivité suffisants pour honorer ces dettes dans un éventuel contexte de stagnation séculaire, alors tout le château de cartes de la dette publique s'effondre.

Posté le 27 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

Le monde devient tourmenté

A moins de vérifier que l'exclusion et l'ostracisme soient des choix démocratiques, et donc partagés, quelle société voulons-nous ?

Une société d'ouverture, dans l'intelligence de la justice et de la sécurité ?

Ou bien une société  qui fragmente les classes sociales, les attachements territoriaux, les affinités linguistiques et culturelles ?

Comment la patrie qui accueillit Hugo et Marx pourrait-elle rester sereine sans l'ouverture ? Un de mes ancêtres était un exilé moldave, probablement victime de pogroms, et spolié par les soldats de Napoléon. Accueilli en Belgique, son arrière-petit-fils devient, par son labeur et son acharnement, bourgmestre de Verviers, à l'époque l'une des plus florissantes villes du monde. Que serait-il devenu dans l'exclusion ?

Ne sommes-nous tous pas des immigrés ?

Il faut paisiblement s'opposer à la fracturation de notre société.

Chaque jour, certains s'accomodent des outrances et des débordements verbaux. Pour ceux-là, la ligne rouge n'existe plus au motif de leur propre survie politique.

Mais quelles valeurs veulent-ils formuler, au-delà d'une sombre mathématique électorale dont ils seront évidemment les victimes ?

Je suis de plus en plus convaincu que nos sociétés doivent repenser leur futur.

Les paramètres économiques sont désastreux, les inégalités s'aggravent (encore que la Belgique présente une belle répartition sociale) et le poids des dettes sera insupportable pour les jeunes dans un contexte de démographie vieillissante.

Tous, nous sentons que le monde devient tourmenté.

Ne serait-ce pas temps que des voix politiques s'élèvent pour formuler des valeurs morales positives qui guideraient la gestion du pays ?

Posté le 24 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

Dislocation sociale ou solidarité ?

L'économie irait-elle mieux ?

Peut-être.

Mais dans quelles conditions ?

Nous sommes dans des temps indécis, qui ne ressortissent plus à aucun référentiel connu.

La monnaie est créée par milliards de milliards de dollars ou d'euros, l'inflation devient, comme les taux d'intérêt, négative et la mondialisation rebat les cartes du monde.

Un immense fossé se creuse entre une classe moyenne qui s'affaisse et certains - je devrais tous -  qui espèrent échapper à cette crise.

Mais où sommes-nous ?

Dans quelle époque ?

Certainement plus dans la solidarité d'après-guerre mais dans un monde d'individualisme croissant. 

Et où tout cela va-t-il se terminer ?

Dans l'exclusion, soigneusement entretenue par certains dont la crise est le terreau fécond des théories nauséabondes, ou dans un sursaut sociétal qui soit mené par certains hommes qu'on ne distingue pas encore.

Car le pire est là : les hommes du rejet sont identifiés tandis que ceux du rassemblement sont indiscernables.

Posté le 23 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

Et si le tax shift faisait pschitt…

Jamais une réforme fiscale n'aura fait couler autant d'encre.

Mais, comme disait de Gaulle, peut-être que quand tout aura été dit et fait, plus aura été dit que fait.

C'est d'ailleurs frappant de constater que les cercles universitaires, patronaux et syndicaux en parlent plus que les acteurs politiques.

En effet, cette réforme fiscale doit d'abord être dépouillée des promesses électorales qui s'avèrent intenables et intégrer le contexte déflationniste qui exerce une pression négative sur les recettes de l'Etat. Il faudra aussi réduire le déficit budgétaire conjoncturel, aggravé par quelques erreurs d'estimations, comme le coût des pensions.

La réforme fiscale va donc débuter par un contrôle budgétaire bien éloigné d'une augmentation du pouvoir d'achat.

Ensuite, il faudra s'interroger sur la nature de ce fameux tax shift.

De quoi parle-t-on ?

A vrai dire, personne n'en sait rien et l'imprécision des orientations des partis laisse penser un manque total de cohésion.

Le coût du travail doit être baissé. Oui, mais pour quoi ? Les entreprises ou les travailleurs ? Qui va donc en tirer l'éventuel bénéfice.

La fiscalité du capital pourrait être modifiée. Oui, mais comment ? On ne parle plus du capital, mais des plus-values, voire d'une augmentation du précompte.

La fiscalité environnementale, c'est bien, encore que comme l'a souvent avancé, à juste titre, Didier Reynders, c'est une fiscalité fisco-dégrabable, puisqu'elle devrait disparaitre avec l'adoption de comportement plus vertueux.

La TVA pourrait être modifiée en la rendant plus progressive (augmentation du taux général de 21 % à 22 %, mais réduction du taux de 6 % à 5,5 %), mais cela risquerait de contrarier la consommation intérieure et le secteur du bâtiment, en pleine récession.

Et puis, n'oublions pas que la fiscalité est devenue, pour une partie significative, d'essence régionale, ce qui suppose un difficile alignement entre le gouvernement fédéral et le gouvernement wallon, sans compter le fait qu'un gouvernement de droite ne touchera pas volontiers à la fiscalité du capital, et qu'il sera difficile à certains d'envisager une réforme fiscale d'envergure qui donne une légitimité à un projet fédéral.

Le chemin sera donc très long… s'il mène quelque part

Posté le 22 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

Il y a 30 ans, les Accords monétaire du Plaza

L'histoire monétaire est riche d'enseignements, rapidement oubliés.

En 1971, les américains mirent fin aux accords de Bretton Woods qui étaient fondés sur une parité fixe entre les principales devises des pays développés.

Cette parité était elle-même transitive, chaque monnaie étant exprimée en un référentiel aurifère. Malheureusement, un tel système suppose une "synchronicité" entre les taux de croissance des pays et surtout des balances commerciales qui tendent vers l'équilibre.

Or les Etats-Unis dégagèrent un déficit structurel lié à la guerre du Vietnam, ce qui les conduisit à imprimer plus de dollar que ce que leurs réserves d'or leur auraient autorisé. Sous des motifs spécieux, le Président Nixon abandonna, de manière unilatérale, la convertibilité du dollar en or avant de saborder l'entièreté des accords de Bretton Woods en 1976 lors des accords de la Jamaïque.

Le dollar s'effondra et atteint, à la fin des années septante, son point le plus bas. Mais, au début des années quatre-vingt, l'économie américaine rebondit, sous l'impulsion du Président Reagan.

Le dollar s'apprécia fortement, créant une bulle spéculative sur la monnaie américaine. Le dollar s'apprécia tellement qu'en septembre 1985, différents pays (à savoir les pays du G5, soit les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon, Le Royaume-Uni et la France) signèrent les accords du Plaza pour atténuer la force du dollar au travers d'interventions sur le marché des changes.

Ces accords fonctionnèrent et conduisirent à un affaiblissement structurel du dollar.

En 1987, lors des accords du Louvres, les pays décidèrnt de mettre fin aux interventions sur le dollar qui avait retrouvé un niveau acceptable. Mais le dollar continua sa glissade, entraînant incidemment le krach de 1987 et contribuant à l'effondrement de l'économie japonaise, dont le Yen devint une devise trop forte.

Les accords du Plaza et du Louvre illustrèrent une complète confusion.

Quelle leçon en tirer ?

Ainsi que la décision de la Banque Nationale Suisse l'a illustré, la gestion des cours de change n'est pas uniquement un paramètre de marché, mais relève des attributs régaliens.

Il est donc très naïf de s'avancer à des pronostics dans ce domaine. Et que, comme pour l'euro, les accords monétaires artificiels sont…des artifices.

Devant la guerre des monnaies qui est engagée, il faut un accord mondial.

Posté le 20 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

La mère des bulles d'actifs

Dans une récente intervention, le professeur Georges Hübner de l'Université de Liège avançait que la BCE avait agi trop tard et trop fort.

Il supputait que le programme d'assouplissement quantitatif était mal calibré et pourrait conduire, selon ma lecture de son propos, à une distorsion de marché.

Depuis des années, je suis effaré de la gestion de la BCE et la gestion de la monnaie s'est avéré un échec total.

Tous les sicaires de dette erreur historique sont responsables.

Alors, que penser de la décision récente de la BCE ?

Si la BCE décide de refinancer des dettes publiques pour 1,1 trillions d'euro, soit, pour ceux qui calculent encore en francs belges, 40.000 milliards de francs belges, c'est qu'elle a eu tort avant de mettre en œuvre cette opération ou qu'elle a tort aujourd'hui.

Ses propres torts sont partagés.

L'opération était nécessaire, mais il est à espérer qu'elle ne nous entraîne pas dans l'antimatière de la monnaie, c'est-à-dire des taux d'intérêt dont on banaliserait la négativité.

Alors le système explose.

Et/ou la monnaie meurt.

Posté le 18 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

Et si tout le système financier frôlait la nationalisation tacite ?

Depuis trois ans, les banques centrales jouent un rôle pivot dans le financement de l'économie, ayant –à juste titre – inondé le marché de liquidités.

La BCE s'est certes engagée tardivement dans ce mouvement mais a finalement décidé de faire tourner la planche à billets dans un contexte de taux d'intérêt historiquement bas.

La configuration du circuit monétaire est donc fondamentalement différente de ce qu'elle était au début de la crise : la monnaie publique (créée par les banques centrales) compense le manque de vélocité du flux de monnaie privée (créé par le multiplicateur du crédit, c'est-à-dire la circulation de la monnaie entre les banques privées).

Mais quel est l'aboutissement de cette situation qui ressemble furieusement à un recentrage public du circuit bancaire, d'autant que les banques centrales sont désormais responsables (et particulièrement en Europe) du contrôle des banques privées ?

Faute de croissance qui réduirait mécaniquement le rôle des banques centrales, ces dernières se sont peut-être engagées dans une voie sans retour, étant obligées de continuer à alimenter l'offre de monnaie afin de garder des taux d'intérêt bas et une croissance qu'elles espèrent inflationniste.

Cette issue replacerait les banques privées sous un voile de nationalisation éthéré. Dans tous les cas de figure, il faudra au moins une décennie pour retrouver le monde bancaire du début du millénaire, si tant est que ce soit souhaitable.

Il ne faut jamais l'oublier : même si elle est essentiellement "fabriquée" par des institutions privées, la monnaie est un bien public dont le dévoiement révélé lors de la crise de 2008 a mis en exergue la nécessité du contrôle régalien.

L'accroissement du rôle des banques centrales reflète sans doute une réappropriation de la gestion monétaire par les autorités publiques.

Posté le 17 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

Objectivité des économistes : thèse, contre-thèse et foutaises

Surpris devant le relais de la diffusion de ma note précédente, j'apporte un court complément au débat.

La pensée économique est fluctuante, puisqu'elle est en aval des réalités socio-économiques.

On peut, bien sûr, avoir des intuitions, mais ces dernières doivent être exprimées avec grande prudence et réserve.

L'intuition est d'ailleurs une approche réfutée dans le domaine académique.

Si l'objectivité des économistes (et encore faudrait-il définir ce terme) est un leurre complet, quel est leur rôle ? Je le vois dans un rôle de vigie, d'expert et d'offrande à la critique. L'économiste n'existe donc pas par lui-même, mais par la nature du débat que ses propos peuvent inspirer.

Mais l'important est l'honnêteté : il faut que chaque économiste clarifie ses éventuels conflits d'intérêts, contraintes d'expression, attachements éthiques et scientifiques, pour que sa contribution au débat relève ce dernier.

Posté le 15 mars 2015 par Bcolmant Réactions | Réagir

Les économistes sont-ils objectifs ? Bien sûr que non !

Lors d'une récente intervention radiophonique à le RTBF, au sujet de laquelle j'ai reçu de très nombreuses réactions de la part du monde académique, j'avais soulevé la question de l'objectivité des économistes.

Cette question est importante car ces derniers n'ont aucune légitimité autre que celle d'un apport de contribution à la réflexion citoyenne.

Sans devoir relire Kant, il est évident que l'objectivité n'existe pas.

Chacun est façonné par ses formations académiques, ses affiliations privées et professionnelles et la nature de son éventuel apprentissage scientifique.

De surcroît, il n'existe pas d'économie absolue, mais une superposition de disciplines qui doivent immanquablement s'inscrire dans le cadre d'une réflexion politique, elle aussi fluente.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les enseignements d'économie commencent toujours par un cours d'économie politique.

Un économiste de banque commerciale est-il objectif ? Bien sûr que non.Oser affirme le contraire relèverait de la pantalonnade.

Un économiste impliqué dans la consultance l'est-il plus ? Aucunement.

Un économiste qui gère des actifs de tiers peut-il prétendre à une liberté de parole ? Jamais. Comment peut-on s'abandonner à faire des recommandations de boursicoteurs et émettre en même temps des considérations sur la gestion de la cité ? Imagine-t-on un instant un économiste de banque privée recommander une taxe sur la capital mobilier ou une augmentation du précompte mobilier ? Soyons sérieux.

Un économiste qui possède une carte de parti est-il objectif ? A hurler de rire.

C'est pour cela qu'à mon sens, il n'existe qu'un faisceau de facteurs qui peuvent assurer la rigueur et la cohérence de propos d'une économiste.

Il y a tout d'abord la formation doctorale, c'est-à-dire la défense d'une thèse en économie, qui constitue l'exigence minimale d'une charge académique. Car, il ne faut jamais l'oublier : enseigner à l'université consiste à transférer un bien public au nom de l'Etat en se prévalant de titres académiques qu'il faut avoir démontrés. C'est donc une gigantesque responsabilité.

Ensuite, il y a la transparence de son affiliation universitaire, politique et professionnelle, ainsi que les engagements éthiques associés à différents corps professionnels.

Les analytes financiers (CFA) doivent, par exemple, expliquer toute affiliation, directe ou indirecte, avec la société qu'il étudient. 

Enfin – et je crois que c'est la meilleure manière d'être, au sens anglo-saxon, "accountable"-, c'est la publication et la diffusion de toute prise de position, afin de pouvoir confronter, à tout moment, un économiste à ses expressions médiatiques préalables.

Mais ne faisons aucune illusion : l'objectivité est un leurre.

Et, comme dans toutes les professions, il existe autant de chercheurs rigoureux que de bonimenteurs, radoteurs, imposteurs, diseurs de bonne aventure et autres cartomanciens.

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