juillet 2011

Bruno Colmant est Docteur en Economie Appliquée et professeur à la Vlerick Management School et à l'UCL. Sa carrière est à la croisée des secteurs privés, publics et académiques. L'objectif de son blog est de clarifier certains débats économiques avec un angle d'approche différent. Les sujets traités relèvent essentiellement des problèmes de dettes et déficits publics, de gestion des devises et de fiscalité.

Posté le 31 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

Une bulle de bien-être

Au-delà des péripéties de la dette grecque ou américaine, certains croient que l’endettement public est un facteur accessoire.
Pourtant, mais l’avenir démontrera que, dans certains États, le seuil de criticité a été dépassé. Il ne permet pas un développement durable et conduit à d’inévitables incidents.
L’excès d’endettement public constitue-t-il lui-même une bulle financière ? Nous ne l’excluons pas. Toutes les bulles (rationnelles ou non) sont caractérisées par une même cause : un excès d’endettement, qu’on appelle l’effet de levier.  Dans la théorie keynésienne, les bulles sont indissociables de l’excès d’endettement et d’une allocation sous-optimale des investissements.
La question est alors de savoir quel est l’actif qui fait l’objet d’une bulle au travers de la dette publique.
La réponse est simple : notre bien-être. Aux dépens de la prospérité des générations futures.
Nous avons emprunté le confort financier de nos descendants. Le coût de cet emprunt de prospérité n’était que flou et lointain. Il devient aujourd’hui dangereusement circonscrit. Dans cette perspective, la crise a rapproché la confrontation avec l’avenir d’une génération.
Nous serons donc immanquablement les victimes des retombées de l’endettement public excessif. Nous devrons subir un probable appauvrissement collectif dont la véritable question sera l’allocation entre classes sociales et générations. La difficulté politique de ce phénomène est qu’il faudra assortir la sortie de crise de mesures qui assurent la justice et la cohésion sociale.
Au reste, la plupart des économistes belges et étrangers partagent le même constat : la crise est loin d’être terminée. D’une ampleur exceptionnelle, elle devrait faire sentir l’amplitude de son cycle et la violence de ses effets sociaux endéans les trois prochaines années, au moment où le niveau du surendettement public sera internalisé dans la perception du bien-être futur.


Bruno Colmant, 31 juillet 2011

Posté le 30 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

Une vidéo sympa : le rap de la théorie économique

Posté le 27 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

Investir dans la jeunesse. A tout prix.

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N’y aurait-il pas une sortie de cette Grande Crise qui soit supportable ou, à tout le moins, indolore ? Comment trancher les nœuds gordiens ?

Même si un système économique n’est jamais qu’un choix politique, et que dans une démocratie, il est donc censé refléter le souhait de la majorité, l’ajustement de nos économies requiert des ajustements d’une ampleur inégalée.

Il va falloir corriger, en quelques années, quarante années de myopie politique et d’immenses basculements démographiques, géographiques et économiques. Il faudra subtilement infléchir les systèmes sociaux injustes, y compris dans le domaine des pensions, stimuler la croissance et investir dans la jeunesse. De surcroît, dans tous les cas de figure, l’avenir politique et monétaire sera surprenant. Il sera pétri d’ajustements, d’inflation, d’amortissements de dettes et autres prélèvements fiscaux.

Les prochaines années seront pénibles, sous l’angle social et économique, puisque le centre de gravité du monde s’est définitivement déplacé. L’avenir n’est plus radieux. Il sera même, comme le disait encore Camus, « insupportable à penser ».

C’est cela, peut-être, le message de cette crise : il faut repenser l’impensable, sortir de nos réflexes idéologiques et culturels, et redéfinir ensemble la prospérité économique de ce pays. Le statu quo est intenable. Il faut un plan de prospérité lisible et structurant.

Mais il sera rédigé, car la Belgique est mobile et résiliente. Il sera fondé sur deux axes : l’entreprenariat et la bienveillance collective.

La seule issue est de canaliser toutes nos énergies et notre confiance dans la jeunesse à laquelle toutes les forces de la nation doivent être apportées afin de l’aider à accepter un triste héritage, qu’elle n’aura pas le loisir de n’accepter que sous bénéfice d’inventaire.

 

Posté le 25 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

Mettre le marché 'Echec et Mat'

Dans un récent article du monde, un des groupes politiques du Parlement Européen préconisait de « mater le marché ». Le terme « mater » est révélateur des postulats politiques, puisqu’il provient étymologiquement de l'espagnol mata, c’est-à-dire le buisson où l'on se cache. Mater le marché reflète donc l’opposition idéologique sur son rôle : alors que certains veulent s’en cacher, d’autres le vénèrent comme le buisson ardent.
Mais est-ce cohérent de se cacher du marché ou d’essayer de le mater ?
Cette question ramène à la financiarisation de nos Etats. Cette dernière est souvent décriée et opposée à une économie réelle, vertueuse et régulée par le travail.
Pourtant, la financiarisation ne nous a pas été imposée. Elle a été un choix réfléchi et délibéré. Pire, nous en avons été les acteurs conscients, en anticipant la consommation que permettait l’endettement collectif. Nous avons confisqué et mis en hypothèque une partie de la prospérité des générations suivantes. Nos gouvernants ont vendu l’avenir, d’où la primauté de la finance dans nos économies.
On pourrait même argumenter que cette financiarisation, dont les États ont été les bénéficiaires, est un produit de la collectivisation, totalement à l’opposé des thèses libérales qui plaide pour l’autonomie des citoyens. Cela conduit d’ailleurs à l’immense paradoxe qu’on continuer à conspuer l’économie de marché alors que le problème qui est aujourd’hui incertain est l’endettement public.

Posté le 25 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

La stagflation

Stagflation

 

 

 

 

 

 

 

 

Le scénario intuitif de l’économie européenne que nous retenons pour l’horizon du moyen terme est celui de la stagflation, c’est-à-dire une combinaison de stagnation économique, affectée d’un chômage persistant (estimé à près de 10 % par le FMI) et d’inflation, que nous anticipons de modérée à élevée.

Même non formulée comme choix politique, la stagflation serait un mélange dérivé de mesures économiques et monétaires, à savoir respectivement des plans d’austérité et de l’inflation.

Dans certains pays, cette stagflation sera conjuguée à une crise étatique dont les prémisses sont déjà visibles. Cet élément aggravant diffère des années septante, ce qui laisse subodorer que la stagflation des prochaines années sera aggravée entrera en résonnance avec des problèmes de solvabilité de certains États.

L’histoire instruit que les pays qui sont à l’épicentre d’une crise bancaire subissent ensuite une période de croissance faible avec un chômage élevé. De surcroît, lorsqu’une crise financière se produit, elle est souvent suivie par une crise des dettes publiques.

Quels seraient les attributs de cette empreinte de stagflation que nous entrevoyons ? Outre les aspects de solvabilité étatique, ils sont les mêmes que le constat des années septante : un taux de croissance faible de l’économie, combiné à une décroissance marginale des gains de productivité, un chômage structurel et élevé (caractéristique des dislocations structurelles de l’économie), une sous-utilisation des capacités de production, des anticipations de bénéfices des entreprises faibles (à tout le moins dans une perspective de moyen terme), des dépenses d’investissement faibles à modérées, des déficits publics importants entraînant des taux d’intérêt élevés ainsi qu’une raréfaction du crédit bancaire pour des investissements privés, des déficits de la balance commerciale et un phénomène généralisé de désindustrialisation.

Posté le 23 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

La borne, fondement du capitalisme

ImagesCAPZYVJOPendant longtemps, je me suis demandé ce qu’était la genèse du capitalisme, système économique basé sur la propriété privée des moyens de production. L’or ? L’argent ? Plus tard le brevet ou la comptabilité ?  La réponse est plus simple : c’est la pierre qui délimite les terrains et qui fonde la propriété privée.

Ces pierres, ce sont les bornes que les géomètres utilisent toujours pour formuler les parcelles cadastrales. Le bornage est indispensable pour que les limites de sa propriété soient juridiquement fixées. Le bornage contradictoire définit la limite réelle  des propriétés, apportant toutes les garanties aux propriétaires concernés.

Depuis la nuit des temps, l’homme délimite sa propriété avec l’instrument le plus élémentaire : la pierre. Par sa minéralité, la pierre survit à l’homme et permet la transmission ces propriétés délimitées. En même temps, c’est une démarche qui, à l’aune  des bouleversements des civilisations, est empreinte d’inanité. En effet, si la pierre délimite, elle n’a de signification que si le droit des hommes lui attribue la valeur qui convient. La pierre trouve donc son prolongement dans l’écriture des codes de commerce et lois qui lui attribuent la valeur séparatrice convenue. Mais ce n’est pas tout. En effet, le droit exige qu’il soit respecté. C’est ainsi que la pierre n’a de valeur séminale de la propriété que si elle peut être défendue par la force publique. La tradition ne suffit pas : c’est la défense du droit de propriété qui sacralise la pierre.

Bien sûr, aujourd’hui, les bornes sont technologiquement dépassées. La numérisation des cartes est accessible et la digitalisation des parcelles est devenue accessible. La borne est remplacée par Google Earth.

Mais ceci ne change rien çà cette vérité immuable du capitalisme : la délimitation de la terre, elle-même dépendante de la robustesse du droit et de la capacité à en imposer le respect. Le capitalisme et le droit sont l’avers et l’envers de la même médaille.

Posté le 20 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

Comptabilité et capitaux propres

ImagesCAF9FN4VLes dernières années auront témoigné du plus grand bouleversement comptable d’après-guerre, à savoir l’adoption, par la grande majorité des entreprises européennes cotées en bourse, d’un référentiel anglo-saxon. Ce dernier, constitué par le corpus des normes IFRS (ou International Accounting Standards / International Financial Reporting Standards), consacre la transition d’un droit comptable européen, d’origine à la fois colbertiste (l’ordonnance de Colbert en 1673 déclina une législation sur les livres de commerce, qui ont eux-mêmes fondé le Code de Commerce français de 1807) et civiliste, vers une normalisation d’obédience américaine.

Contrairement à la vision européenne continentale du droit comptable, les normes anglo-saxonnes préconisent le rapprochement de la mesure du patrimoine comptable de l’entreprise et de sa valorisation boursière.

L’introduction des normes IFRS relève d’une démarche réfléchie. Il n’était d’ailleurs pas possible de revendiquer la création d’un espace financier européen sans une harmonisation comptable, elle-même entretenue par la volonté d’une meilleure comparabilité des comptes.

Un exemple de la différence d’approche comptable entre les cadres européens et anglo-saxons s’exprime en matière de  fonds propres. L’entreprise est, en effet, un faisceau d’activités économiques qualifiées par des expressions juridiques. En arrière-plan de cette situation se pose une question fondamentale : Comment définir les fonds propres d’une entreprise ? Cette question est essentielle parce que les fonds propres constituent la charnière entre le patrimoine de l’entreprise (le Nombre) et le droit  de ses propriétaires (le Verbe). Ils fondent aussi la partition du bilan et du compte de résultats. Intuitivement, la façon dont les fonds propres sont calculés doit être différente selon les approches comptables. Et, effectivement, dans les pays européens, les fonds propres constituent le patrimoine de l’entreprise, tandis que dans les pays anglo-saxons, ils mesurent le patrimoine, non pas de l’entreprise, mais des actionnaires.

Patrimoine de l’entreprise ou patrimoine des actionnaires : cette différence sémantique peut paraître infime. Elle reflète pourtant une discrimination abyssale. Elle illustre d’ailleurs un phénomène peu connu : les Anglo-saxons réfutent la formulation latine et diaphane de l’entreprise européenne. Ils ne reconnaissent pas la rigidité de l’indépendance juridique du patrimoine de l’entreprise. Pour les anglo-saxons, l’entreprise est une modalité juridique de circonstance : Elle ne possède pas de capitaux propres et elle doit refléter celui de ses pourvoyeurs de capitaux. Dans les pays anglo-saxons, l’entreprise est fondée sur la notion de partenariat (partnership), c’est-à-dire l’association personnelle aux résultats et aux risques. Dans ce contexte, l’enrichissement de l’entreprise est consubstantiel à celui des actionnaires.

Posté le 18 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

Une crise ! quelle crise ?

Crisis12 L’économie des prochains mois ne révélera ni surprises, ni coïncidences. Depuis le début de la crise, les États ont, pour le bien commun, déplacé latéralement un problème d’endettement.

Ce dernier se situait, pour une portion congrue, dans le domaine bancaire. Les États l’ont fait glisser dans la sphère publique par différents moyens (stabilisateurs économiques, aides bancaires, etc.). Aujourd’hui, certains pays sont dans une situation complexe car la fin d’un cycle économique de croissance, révélé par un cataclysme bancaire systémique, ébranle leur solvabilité apparente. Au reste, ce n’est pas uniquement un problème européen : les déficits anglo-saxons sont stratosphériques.

Malheureusement, l’endettement public n’est pas en soi une source de richesses. Au contraire, les économistes Carmen Reinhart et Ken Rogoff, co-auteurs du remarquable ouvrage « This Time Is Different: Eight Centuries of Financial Folly », ont récemment montré de manière empirique qu’au-delà de 90% du PIB, la dette d’un pays affecte ses perspectives de croissance de manière significative. La solidité financière d’un État est fondée par la capacité contributive (c’est-à-dire la faculté de payer des impôts) des citoyens. En d’autres termes, la dette est une avance sur un prélèvement fiscal.

Si les observations de Carmen Reinhart et de Ken Rogoff sont transposables dans le temps, alors les pays occidentaux ont créé leur propre suffocation de croissance puisque la dette publique dépasse en moyenne 80 % pour les pays du G-20. Le pouvoir explicatif de l’observation de Carmen Reinhart et de Ken Rogoff ne fait cependant pas l’unanimité. Selon Jacques Attali, le déclenchement d'une crise de la dette publique dépend plus de la perte de confiance subjective des marchés que du dépassement de certains ratios standardisés. Il n’existe donc pas de niveau absolu de supportabilité de la dette publique.

Par contre Jacques Attali avance que presque tous les pays trop endettés finissent par faire défaut. Selon l’économiste français, les débiteurs tiennent les créanciers autant que ceux-ci croient les tenir. Souvent les créanciers n'ont souvent d'autres solutions pour éviter l'effondrement du système que d'éponger une partie de la dette qui leur est pourtant due. Les créanciers ont, en effet, à faire face à des États qui gardent toujours le pouvoir de battre monnaie.

Alors, de quoi demain sera-t-il fait ? Tout le monde a compris que l’impôt ne suffira pas à corriger l’endettement public, car cela étoufferait la croissance qu’il faut justement susciter. Il faut tout d’abord repenser à la croissance, seul moyen acceptable de digérer l’endettement public. Cela suppose de formuler un modèle de confiance et d’emploi pour les jeunes. Il faut aussi faire une lucide analyse du plan stratégique de l’Europe. Il faut également un grand débat citoyen sur le modèle social afin d’étançonner la répartition des revenus.

Quelle majorité ou génération va-t-elle imposer sa loi à quelle minorité ? Le chemin sera très étroit entre le libéralisme de l’économie de marché, et le socialisme redistributif. Il y aura de fortes tensions politiques, qu’une conjoncture bienveillante avait permis de camoufler depuis 15 ans.

 

Posté le 17 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

La crise, en quelques points

Quand on prend un grand angle et une distance suffisante par rapport à la crise souveraine, il me semble qu’on peut distinguer quelques lignes directrices.

1. Au cours des dernières décennies, la croissance a été corrélée avec un endettement privé et public excessif. La croissance a donc anticipé une….croissance future qu’on lui espérait supérieure.
2. Le remboursement de ces dettes, désormais essentiellement publiques, n’est plus assuré par la croissance future, devenue incertaine.
3. Le remboursement des dettes publiques est normalement assuré par l’impôt. Malheureusement, pour lever des impôts sans faire suffoquer l’économie, il faut de la croissance. Or, l’absence de croissance, combinée à l’impôt proprement dit, rend cette voie difficile.
4. En filigrane de ces constats, la croissance ne se décrète pas et son absence (de même que la répression fiscale) met l’ordre social en péril.
5. Il semble donc que les dettes publiques excessives seront remboursées par une précarisation des dettes elles-mêmes. Dans certains pays, celle-ci prendra la probable forme d’un rééchelonnement des dettes ou d’une diminution de la valeur de la monnaie, c’est-à-dire l’inflation. On constatera donc une diminution de la valeur nominale des dettes publiques excessives (rééchelonnement) ou une diminution du pouvoir d’achat de l’instrument de remboursement (inflation).
6. Ceci ramène à une réalité…intemporelle : le temps, c’est de l’argent. En d’autres termes, le rééchelonnement d’une dette, qui consiste à en repousser le remboursement dans le temps, s’assimile à une moindre possibilité de reporter le pouvoir d’achat dans le temps, ce qui correspond à de l’inflation.
7. Il s’imposera que les autorités monétaires surveillent cette difficile équation avec discernement, et surtout dans le respect absolu de l’ordre social.

Posté le 16 juillet 2011 par Bcolmant Réactions | Réagir

Un capitalisme coopératif ?


ImagesCAIECI0WDepuis l’explosion de la crise de 2008, des questions importantes sont posées sur les modes d’organisation du capitalisme. Contrairement à ce que certains idéologues postulaient, la crise n’a aucunement signifié la fin de l’économie marchande, mais plutôt une immersion profonde dans un capitalisme plus exigeant.

Mais si le capitalisme ne meurt pas, il est possible que nos communautés évoluent vers une nouvelle modalité de capitalisme, qui se situe entre les modèles rhénan et anglo-saxon. Certains le qualifie de capitalisme de coopération ou même de capitalisme cognitif. Dans ces deux modèles innovants, l’entreprise est intégrée dans la communauté. Elle est fondée sur l’échange de connaissances et sur la diffusion du savoir dans une logique de gains mutuels. La collaboration remplace la coopération et l’échange permet la valorisation réciproque du savoir.

Ces nouvelles modalités de capitalisme se révèlent par un grand nombre d’indices : les entreprises gagnantes sont moins pyramidales et se formulent plutôt par l’interaction et la cascade de responsabilités. Les travailleurs sont organisés autour de projets et d’idées transversales, de manière extravertie plutôt que par un souci de replis intravertis.

Dans ces entreprises, l’information est partagée plutôt que retenue, et les monocultures sont remplacées par la versatilité et la plasticité des idées. Ce capitalisme de collaboration féconde des carrières plurielles, qui sont elles-mêmes alimentées par l’expérience des acteurs que le positionnement hiérarchique. Le leadership devient plus expertal que fondé sur des reconnaissances contractuelles.

Ce nouveau capitalisme de réseau, plus altruiste, est à nos portes. Il est alimenté par la génération des jeunes entrés sur le travail, qui constate un fossé abyssal en termes de comportements de leurs aînés.

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