Posté le 9 juillet 2011 par Bcolmant

Où serait la Belgique dans une zone Euro désintégrée ?

 

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Et si le scénario catastrophe de fractionnement de la zone euro s’imposait à l’Europe ?

C’est la question que la revue française Capital pose dans son dernier numéro. Cet aboutissement théorique est extrêmement peu probable, mais il ne peut pas être totalement exclu : les différentiels de compétitivité et d’industrialisation entre les pays participants sont énormes, les taux d’intérêt et la qualité des finances publiques divergent et l’absence de budget européen crédible oblige les Etats membres à utiliser la création monétaire (au travers de la Banque Centrale Européenne) pour régler des problèmes de solvabilité et de liquidité de certaines économies périphériques.

C’est sans doute ce dernier point qui est le plus inquiétant : alors que les politiques budgétaires et fiscales devraient  charpenter les (dés)équilibres de dettes publiques entre pays, nos gouvernants utilise la politique monétaire, au risque de fragiliser ce circuit économique qui doit rester le plus intègre. Pour certains économistes, les mesures monétaires récentes constituent même une hérésie économique.

Mais, dans un scénario catastrophique de désintégration de la zone euro, où se situerait la Belgique ?

Bizarrement, la revue Capital l’exclut d’une zone Euromark que l’Allemagne fédérerait avec la Hollande, l’Autriche et le Danemark. 

Ceci ne nous semble pas crédible. En effet, une zone monétaire doit s’envisager à l’aune des équilibres géopolitiques, mais surtout de l’homogénéité et de la congruence géographique des pays qui la composent. Il faut greffer sur cette réflexion la théorie (de David Ricardo) de l’avantage comparatif qui postule que, dans un contexte de libre-échange, chaque pays, s’il se spécialise dans la production pour laquelle il dispose de la productivité la plus forte ou la moins faible, comparativement à ses partenaires, accroît sa richesse nationale.

Dans cette perspective, une zone Euromark qui serait cohérente inclurait certainement l’Allemagne, le Benelux, l’Autriche, certains pays de l’Est et…la Pologne.

La valeur ajoutée de la Belgique serait évidente : elle compléterait l’accès à la mer de l’Allemagne (qui constitue son principal partenaire économique) et homogénéiserait le versant atlantique de l’Allemagne dans une zone de commerce qui serait puissante. La Belgique confirmerait son empreinte industrielle et son rôle d’économie de transit, tandis que d’autres pays, plus agricoles, telle la Pologne compléteraient la nouvelle zone monétaire.

Cette configuration, improbable à ce stade, serait un lointain écho aux visions de De Gaulle qui envisageait une Europe de l’Atlantique à l’Oural. Mais où serait justement la France ? La Revue française Capital l’adjoint aux économies du Sud…

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