Après le sommet de Bruxelles...
Depuis le sommet de Bruxelles, les commentateurs oscillent entre l’optimisme béat et le scepticisme résigné. Pourtant, nul n’est capable de formuler une opinion stabilisée. Les marchés sont imprévisibles et ce ne sera que dans quelques semaines qu’il sera possible d’exprimer une opinion réfléchie sur les récentes décisions.
Au-delà de cela, des points sont positifs : la Grèce est allégée d’un fardeau financier devenu insoutenable et le marché des dettes publiques sera probablement (r)assuré par la démultiplication des moyens financiers du FESF. Il ne s’agit rien d’autre que d’une mutualisation du risque souverain, qui correspond à la philosophie d’une monnaie unique.
Mais une problématique reste entière : les dettes publiques restent trop élevées alors que la conjoncture est récessionnaire. Il ne sera donc pas possible d’absorber ces excès d’endettement par des impôts, car ces derniers risquent de faire suffoquer l’économie.
A notre intuition, il faudra donc poursuivre la monétisation des dettes publiques afin de diluer leur remboursement au travers de l’inflation et de ne pas contrarier la croissance de l’économie réelle par des prélèvements fiscaux excessifs et des chocs sociaux.
Cela ira de pair avec une atténuation des contraintes d'inflation imposées à la BCE afin que les conséquences inflationnistes des assouplissements monétaires ne soient pas déjouées par des hausses de taux d'intérêt.
Il faudra aussi reformuler les missions de la BCE dans le même sens que le mandat assigné à la Federal Reserve américaine, à savoir celui de contrôler l'inflation mais aussi de contribuer à la stabilisation du marché de l'emploi.
Il conviendra aussi de préparer nos économies à un choc inflationniste par des mesures qui protègent les bas salaires et les détenteurs de capitaux modiques.
Bruno Colmant

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