Pasteur et les esprits préparés
Depuis l’année 2008 et la crise financière mondiale, nous avons réalisé que nous vivons une période charnière qui se situe entre le modèle de l’Etat-providence et la mondialisation. Les foyers de croissance du monde se sont déplacés vers l’Est sous l’effet de la mondialisation et de la démographie.
C’est un lent et incontournable rééquilibrage des forces du monde. La crise, état naturel de l’économie, est en formulation permanente et ne fait donc que commencer. Elle sera une séquence de ruptures et de déséquilibres, tellement durs qu’on pourra parler de guerre économique.
Au cours des dix dernières années, les économies occidentales se sont limitées à croître grâce à une politique monétaire expansionniste, ce qui en souligne le caractère artificiel et éphémère. Comme l’expansion monétaire atteint ses limites, la croissance de l’Europe continentale va durablement en être affectée. En termes géopolitiques, l’Europe va subir un déclassement.
Les pays européens, happés par la logique des marchés qui les financent, seront obligés de s’immerger dans une économie de marché nettement plus exigeante, au sein de laquelle l’Etat, intoxiqué par quatre décennies d’endettement croissant et de manque de vision et d’ambition, sera contraint à exercer un rôle répressif.
La monétisation de la crise suscitera de probables poussées d’inflation. Cette inflation résignée sera, avec le vieillissement de la population la trame commune de tous les scénarios économiques des prochaines années. Sous toutes les hypothèses, l’Histoire s’est accélérée et les crises sont probablement des défaites de le pensée stratégique. Pasteur l’avait écrit : L’avenir n’appartient qu’aux esprits préparés.
Bruno Colmant
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