Un basculement économique
Ce qui est troublant, dans cette crise économique et cette immense question qui plane sur l’euro, c’est qu’en période d’insouciance, la plupart des hommes politiques et des économistes s’imprègnent d’un optimisme qui confine à la crédulité des lendemains faciles.
Mais peut-être est-ce le propre de l’homme que de ne pouvoir avancer sur la route du progrès qu’avec une certaine candeur ?
Chaque choc de l’Histoire est d’ailleurs précédé de quelques années de frivolité, qui relèvent à la fois de la joie des paix retrouvées et de l’exorcisme des malheurs passés. La Première guerre mondiale fut précédée de la Belle Epoque, la seconde des Années Folles, les chocs industriels des années septante des trente glorieuses et la crise bancaire de 2008-2012 d’une décennie d’euphorie monétaire.
Notre conviction est que ces dernières années auront été celles du grand basculement vers une nouvelle économie, celle du capitalisme coopératif fondé sur l’échange, la prise de risque et adaptabilité permanente.
C’est une économie ondulaire.
Mais c’est aussi une économie moins prévisible, plus versatile et qui exigera de rester, collectivement et individuellement, aux aguets.
L’attentisme de la première décennie ne nous sera plus autorisé.
En même temps, une nouvelle génération a émergé, détachée des tutelles anciennes et imprégnée d’une conscience du monde que les aînés n’ont pas intégrée.
Cette économie, plus dure, récompensera les tempéraments obstinés, curieux, exigeants dans leur formation et en doute du savoir.
Peut-être que la crise ferme, d’un claquement sec, la grille rouillées des mondes industriels au sein desquels nos modèles sociaux ont été forgés
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