Posté le 10 février 2012 par Bcolmant

20 ans de Traité de Maastricht

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10 ans après la dévaluation belge de 1982, les pays européens formulèrent le Traité de Maastricht, qui posa les jalons de la création de l’euro en janvier 1999. Cette année, les marges de fluctuations entre plusieurs devises européens furent resserrées jusqu’à cristalliser les devises à leur cours-pivot. L’Euro était né. A ce moment, les États-membres redonnèrent naissance à des accords de Bretton Woods européens, mais dissociés de la parité-or.

Les États abandonnèrent leur tutelle monétaire et se dépossédèrent de leur droit régalien de battre monnaie. Il y avait, bien sûr, les avantages microéconomiques immédiats d’une convergence des taux d’intérêt, l’arrêt des dévaluations compétitives et la facilitation des échanges intracommunautaires, qui se sont matérialisés immédiatement.

Pourtant, rares furent les économistes qui décodèrent les prospectives qu’un tel choix entraînerait. L’Euro fut et reste un postulat de mobilité des facteurs de production. A partir du moment où des États sont contraints par une monnaie unique sans capacité d’en altérer la valeur relative par des dévaluations ou des réévaluations, c’est aux facteurs de production, à savoir les hommes et le capital, de se fluidiser afin de positionner les zones d’emploi et de croissance.

Cette évidence est confirmée par la théorie des zones monétaires optimales, introduite en 1961 par Robert Mundell, prix Nobel d’économie en 1999. Ce chercheur avança que des pays ont intérêt à former une zone monétaire si la mobilité des facteurs de production (travail et capital) à l’intérieur de cette zone est supérieure à celle qui prévaut à l’extérieur. Dans le cas contraire, les pays concernés ont intérêt à conserver des cours de change flexibles.

Forger une monnaie unique est donc uniquement un postulat politique. Cette démarche suppose que la mobilité des facteurs de production soit optimalisée afin que la monnaie unique fluidifie les différences économiques entre les pays qui ressortissent à la même zone monétaire.

En l’absence de politique fiscale ou budgétaire unifiée, qui puisse jouer le rôle d’amortisseur en cas de problème, l’Euro fait aussi le postulat de la rigueur économique, telle qu’édictée par le Traité de Maastricht. Au vu de la situation économique de certains membres de la zone Euro, et en particulier de leur historique de défaut de crédit, ce postulat a peut-être de quoi laisser interrogateur.

Alors, 20 ans après le Traité de Maastricht, Était-ce un bon choix ? Probablement en termes politiques, mais avec l’erreur de ne pas avoir exigé l’intégration budgétaire qu’une unification monétaire exigeait. Si, un jour, l’euro traverse des crises existentielles, il ne faudra pas blâmer ses concepteurs mais plutôt leurs successeurs qui n’ont pas poursuivi le sillon au prix de mutations structurelles qui auraient, il est vrai, exigé un courage politique hors pair.

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