Posté le 1 février 2012 par Bcolmant

Février 1982 : la dévaluation !

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Ce furent les quatre du groupe de Poupehan qui, en dehors de tout cadre institutionnel, conduisirent, contre l’avis du Gouverneur de la Banque Nationale de Belgique, le pays, le week-end du 22 février 1982, à dévaluer le franc belge de 8,5 % par rapport au Deutsche Mark, et ce à la fureur légitime des autorités luxembourgeoises, tenue à l’écart des discussions malgré la liaison des francs belges et luxembourgeois.

Cette dévaluation de 1982, nécessaire pourtant, resta la révélation d’un échec de l’économie belge et ce, à plusieurs titres. Ce fut un échec parce qu’une dévaluation est la confession de l’incapacité d’une économie à rester compétitive, surtout par rapport à son principal partenaire économique et voisin, l’Allemagne.

C’est aussi un échec de devoir utiliser l’arme monétaire pour stimuler une économie, alors qu’une dévaluation ne modifier que les rapports monétaires sans améliorer les capacités de productions. Ce fut aussi l’échec d’un modèle de gouvernement des années septante qui dû conduire au vote des pouvoirs spécieux du gouvernement Martens-Gol afin de sirtir le pays de ses oscillations politiques et erreurs de jugement.

Mais, plus fondamentalement, la dévaluation de 1982 révéla un problème d’endettement public. Ce dernier est né dans les années septante. A l’époque, l’Europe émergeait de trois décennies de croissance, fertilisées par la reconstruction industrielle et le plan Marshall.

Libérés du carcan monétaire des accords d’après-guerre au moment des premiers chocs pétroliers de 1973 et de 1979, les gouvernements européens tentèrent de camoufler la mutation de leurs économies à coups de transferts sociaux, d’aides publiques et autres soutiens à l’économie, sans se réserver de gisements fiscaux suffisants ni anticiper les tendances démographiques des décennies qui suivraient.

Aujourd’hui la plupart des acteurs de la dévaluation de 1982 sont retraités ou décédés. Ils avaient sans doute eu raison. Mais, en même temps, ils symbolisent une Belgique d’avant, celle qui, par pusillanimité, manque de vision ou répétitions de scénarios, n’avait pas compris que le monde abandonnait l’économie industrielle pour se plonger dans l’économie des services. Cette erreur de jugement coûta tellement cher à la Belgique qu’elle continue à en payer les conséquences, par une dette publique incompatible avec sa croissance économique.

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