La confiance dans la monnaie
Quand on décante les principaux aspects de la science économique, on en arrive à un constat simple et limpide : la seule chose qui importe pour assurer un circuit économique robuste, c’est la confiance dans la monnaie.
Depuis l’abandon d’un étalon-or, la monnaie est débasée, c’est-à-dire que sa contrepartie en or n’est plus fixe et qu’elle n’existe plus que par elle-même.
La monnaie est aussi fiduciaire, c’est-à-dire basée sur la confiance.
Mais de quelle confiance s’agit-il ? La confiance concerne l’horizon de temps pendant lequel le pouvoir de la monnaie est prévisible.
En d’autres termes, si une monnaie inspire confiance, elle peut être investie à long terme sans crainte que son pouvoir d’achat disparaisse.
Au contraire, une monnaie qui suscite la défiance sera immédiatement échangée contre des biens réels et ne sera en aucun cas thésaurisée. Une monnaie qui brûle les doigts se consume vite…
La confiance associée à la monnaie porte donc sur la valeur de l’usage du temps.
Une économie robuste ne peut donc pas fonctionner sans une monnaie stable.
Mais, en même temps, la monnaie est une invention des Etats, puisque ce sont eux qui l’impriment et en exercent la tutelle. La monnaie correspond donc à une fonction étatico-sociale qui reflète le droit régalien de battre monnaie.
C’est pour cette raison qu’un endettement souverain excessif est incompatible avec une monnaie stable et forte, puisque la monnaie est garantie par des dettes souveraines et que les Etats ont la tendance naturelle à rembourser leurs dettes par une corruption monétaire, c’est-à-dire une dépréciation de la valeur de la monnaie.
C’est d’autant plus vrai que, de nos jours, la création monétaire sert désormais à acheter des obligations souveraines dans le cadre des assouplissements quantitatifs de la BCE. Ces derniers aboutissent inévitablement à fragiliser la monnaie et à embraser à terme l’inflation.
C’est ce qui explique la rigueur de la position allemande qui est fondée sur la discipline industrielle d’une monnaie forte et non altérée par l’inflation
A notre intuition, il sera pourtant impossible de s’extraire de la crise souveraine sans assouplissements monétaires successifs, ce qui conduira à une inflation que nous qualifions de « résignée ».
D’ailleurs, cette crise souveraine révèle l’incompatibilité de l’endettement public et de l’harmonisation monétaire.

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