Les erreurs fatales de 1999-2008
Indéniablement, la mesure de financement des banques organisée par la Banque Centrale Européenne a permis de fluidifier le marché européen du crédit et à éviter un « credit crunch », c’est-à-dire un assèchement complet du crédit conduisant à un blocage du système bancaire.
Ceci étant, les choses sont loin d’être terminées, car les facilités de crédit octroyées par la BCE visent essentiellement à maintenir à flot le financement de certains États par des banques qui leur sont domestiques. C’est le cas, par exemple, des banques espagnoles qui sont presque les seules à soutenir le financement de la dette publique espagnole.
Les choses sont donc loin d’être réglées, et elles ne seront que lorsqu’une hypothétique croissance donnera de la traction à l’économie.
Dans l’entretemps, les marchés resteront extrêmement volatils avec des mouvements erratiques de taux d’intérêt.
Mais tout ceci pose une question fondamentale : pendant la période de croissance (1999-2008), comment les autorités monétaires et politiques européennes ont-elles pu imposer en même temps des objectifs d’inflation extrêmement bas (2 % sur une base annuelle) et autoriser des États-membres à augmenter leur endettement public dans des proportions qui apparaissent aujourd’hui effrayantes ?
Car une chose doit être soulignée : le mouvement ascensionnel des dettes publiques avait débuté avant la crise de 2008.
Au moment de la formation de l’euro, il aurait fallu réduire ces dettes publiques, car une monnaie unique, qui est un choix d’économie de marché, est incompatible avec des dettes publiques proches d’une année de PNB.
Là se trouve le problème séminal de la gestion de l’euro.
Là et pas ailleurs.

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