Luthérianisme budgétaire et paganisme monétaire
Ce qui se passe dans l’Europe monétaire est troublant.
Depuis plus de deux ans, le problème grec semble insoluble tandis qu’un autre pays, le Portugal, glisse vers les mêmes abysses budgétaires.
Même si les autorités monétaires européennes ont fini par ouvrir les vannes du crédit, on peut s’interroger sur la crédibilité des stratégies communautaires dans un domaine aussi fondamental que l’homogénéité de notre monnaie, que nous avons voulu unique.
A notre estime, le problème est loin d’être réglé, car la récession qui est imposée à des pays faibles, couplée à des coûts d’emprunts trop élevés, porte en elle le risque d’une centrifugation politique qui accentuerait le risque de dislocation de l’Europe monétaire.
Mais plus fondamentalement, tout se passe comme si ce problème révélait des attributs nationaux rémanents, tels le collectivisme et la discipline luthérienne allemande qu’on pourrait opposer au dirigisme étatique français, espagnol ou italien qui perpétue de l’État-providence catholique. Les américains, quant à eux, adoptent une attitude mécréante, qui reflète leur paganisme monétaire : ils impriment sans limite la monnaie de réserve. Car, à bien y regarder, tout se résume peut-être à de profondes différences socio-culturelles ou religieuses.

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