Posté le 3 février 2012 par Bcolmant

Récession + inflation = Stagflation belge

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Nous l’avons souvent suggéré sur ce blog : le scénario intuitif de l’économie européenne que nous retenons pour l’horizon du moyen terme est celui de la stagflation, c’est-à-dire une combinaison de stagnation économique, affectée d’un chômage persistant (estimé à près de 10 % par le FMI) et d’inflation, que nous anticipons de modérée à élevée. Au reste, la situation belge est caractéristique : le pays entre en récession avec une inflation proche de 4 %.


Même non formulée comme choix politique, la stagflation serait un mélange de mesures économiques et monétaires, à savoir respectivement des plans d’austérité et de l’inflation. 


Quels seraient les attributs de cette empreinte de stagflation que nous entrevoyons ? Ils sont les mêmes que le constat des années septante : un taux de croissance faible de l’économie, combiné à une décroissance marginale des gains de productivité, un chômage structurel et élevé (caractéristique des dislocations structurelles de l’ économie), une sous-utilisation des capacités de production, des anticipations de bénéfices des entreprises faibles (à tout le moins dans une perspective de moyen terme), des dépenses d’investissement faibles à modérées, des déficits publics importants entraînant des taux d’intérêt élevés ainsi qu’une raréfaction du crédit bancaire pour des investissements privés, des déficits de la balance commerciale et un phénomène généralisé de désindustrialisation.


L’inflation n’est aucunement une solution souhaitable puisqu’elle fait peser un risque d’auto-alimentation et d’augmentation nominale des dépenses de l’Etat. Mais elle nous parait s’imposer comme une conséquence, voire un débouché, inéluctable de l’endettement public.
Dans le sillage d’une inflation que nous qualifierons de « résignée », viendra une érosion (que les autorités monétaires devront scrupuleusement contrôler) des capitaux du rentier et une baisse de valeur des actifs, entrainée, entre autres, par des taux d’intérêt élevés.


Afin d’éviter des effets non désirables, il faudra que les autorités monétaires restent attentives à maintenir la croissance de l’inflation sous un contrôle mesuré afin de ne pas détruire les capitaux épargnés.


Des taux d’intérêt plus élevés seraient aussi la conséquence d’un effet d’éviction (ou crowding out), c’est-à-dire une insuffisance d’épargne privée, suite à la ponction effectuée par les pouvoirs publics sur l’épargne privée. Ce phénomène n’est pas apparent lors des périodes d’expansion monétaire, telles que nous les avons connues, mais il en résulte souvent. Mais ce n’est pas le seul facteur qui entraînera une augmentation des taux d’intérêt réels. Ces derniers seront soumis à des pressions haussières résultant de plusieurs éléments : besoins d’investissements (notamment dans le domaine des infrastructures) dans les pays développés et émergents, et baisse du taux d’épargne des ménages dans les économies approchant un certain niveau de développement.

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