mai 2012

Bruno Colmant est membre de l'Académie Royale de Belgique et Docteur en Economie Appliquée (ULB). Expert reconnu internationalement, il enseigne la finance à la Louvain School of Management (UCL), à l'ICHEC et à la Vlerick Business School. Sa carrière est à la croisée des secteurs privés, publics et académiques. L'objectif de son blog est de clarifier certains débats économiques avec un angle d'approche différent. Les sujets traités relèvent essentiellement des problèmes de dettes et déficits publics, et de gestion des politiques monétaires.

Posté le 31 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

La solitude du banquier sans fonds

Mario-Draghi-the-new-Euro-007

 

 

 

 

 

Trois ans de tergiversations de la Banque Centrale Européenne, pourtant garante de la liquidité des banques privées, conduisent au plus gigantesque bank run de l’histoire : 100 milliards d’euro ont quitté les banques espagnoles pour s’investir dans d’autres pays, ressortissant probablement au Nord de l’Europe.

Cent milliards, c’est beaucoup.

Pour illustrer l'ordre de grandeur, c’est environ 30 % du PNB belge.


Les particuliers espagnols sont donc cohérents au point de tirer profit de la monnaie unique et de l’ouverture des marchés bancaires pour éviter …que cette même monnaie unique se désintègre.


Jean-Claude Trichet n’avait pas pris la mesure de la gravité de la situation.


Mario Draghi doit se sentir bien seul, face à l’obstination allemande de rigorisme budgétaire et monétaire.

Posté le 31 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

Les pays de l'Euro-zone s'entendent-ils (encore) ?

3582

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’angle mort de la crise grecque dont l’issue reste, à mon intuition, obscure, d’autres problèmes, d’une envergure sensiblement plus importante, se camouflent.

Il s’agit, par exemple, de l’effritement des systèmes bancaires du Sud de l’Europe, caractérisé par un « bank run » insidieux et silencieux : l’argent quitte, de manière discrète, les banques du Sud de l’Europe pour se localiser dans le Nord de l’Europe ou en Suisse.

C’est une conséquence de la monnaie unique qui est nominalement commune mais devient souverainement hétérogène.

Ce phénomène contrarie l’action de la BCE.

En effet, la BCE incite les banques des pays faibles à racheter la dette publique de leurs propres Etats afin de re-domestiquer ces mêmes dettes publiques.

Chaque pays devient plus indépendant – et donc plus fragile – et les banques locales se placent volontairement en état latent de nationalisation, mais le risque systémique (c’est-à-dire le risque d’une implosion globale du système bancaire entraîné par l’interpénétration des dettes publiques et de leurs créanciers) diminue.

Cette orientation de la BCE repose sur le postulat que les banques domestiques sont capables de canaliser l’épargne nationale vers le financement de leurs propres Etats.

Au titre d’illustration, les banques espagnoles tentent de conserver les dépôts des espagnols et de se financer auprès de la BCE afin de financer l’Etat espagnol dans l’espoir que cette proximité des « déposants+Banques+Etats » reste suffisamment robuste.

Malheureusement, si les déposants espagnols perdent confiance en leurs propres banques, ils s’opposent à cette re-domestication.

Plus la crise s’aggravera, plus le contrôle de l’épargne sera rigide, et cela se concrétisera peut-être par des contrôles de sortie de l’épargne, c’est-à-dire des mesures coercitives rappelant les années d’après-guerre.

Tout cela est un immense retour en arrière.

Il faut donc sauver le système, ce qui n’est possible que si les gouvernants européens s’accordent sur un relâchement des mesures d’austérité et sur une injection de monnaie par la BCE.

Ces solutions, que tous les économistes recommandent, ne trouvent aucun écho politique.

Cela conduit à une interrogation, à laquelle la réponse est consubstantielle à la pérennité de l’Euro : les peuples et gouvernants européens s’entendent-ils encore suffisamment pour partager la même unité de compte?

 

Posté le 30 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

La fin de la candeur monétaire

852_001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On avait dit : si la Grèce fait défaut, l'Euro implose.

La Grèce a fait défaut.

Puis, on a dit : si la Grèce sort de la zone Euro, c'est la désintégration de la monnaie unique.

Aujourd'hui, certains commissaires européens et gouvernants disent de se préparer à une expulsion monétaire de la Grèce.

Mais on avait aussi dit : si la confirmation gangrène l'Espagne, c'est vraiment – mais alors vraiment- la fin de l'Euro.

Aujourd'hui, le système bancaire espagnol est fissuré et des chiffres astronomiques circulent quant aux créances immobilières douteuses et recapitalisations bancaires.

L'Allemagne emprunte à des conditions stupéfiantes, qui sont le signe avant-coureur d'une rupture du système.

L'euro, resté singulièrement stable par rapport au dollar, chute désormais.

La véritable question est de savoir ce qui nous attend. Va-t-on vers un véritable effet domino ou la BCE va-t-elle intervenir avant que le système ne suffoque sous des taux d'intérêts exorbitants dans les pays du Sud.

Et puis, il y a une mauvaise nouvelle dans tout cela : lorsqu'on investit en Euro, on n'investit plus dans un continent mais dans certains pays.

C'est un monde ancien qui s'escamote.

Nous l'avions écrit, il y a trois ans, attirant les foudres de certains responsables politiques : la crise de 2008 annonce l'immersion dans une économie de marché et la solution sera inévitablement monétaire.

Et il faut que cette solution soit monétaire plutôt que budgétaire, car dernière ces chiffres qui dansent, il y a des hommes et des femmes dont la rancœur sociale va s'amplifier très rapidement.

Posté le 29 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

Crise de la monnaie : Comprenne qui pourra...

4168ddd29b339d315d0494f7cf8f3192

 

 

 

 

 

 

Depuis le début de la crise grecque, chaque message politique, gommant le précédent, emporte son lot d’indécisions et de scepticismes.

C’est ainsi qu’au début de la crise, le danger qui hantait l’économie était la déflation, c’est-à-dire une économie de baisses des prix, typique des économies en récession. On était en 1931.

Pourtant, rapidement, la peur de la déflation fut gommée par la peur de l’inflation, argument qui fut utilisé pour éviter les créations monétaires, pourtant bien nécessaires à combattre la crise. On retourna en 1923 dans la République de Weimar.

A peine la crainte de l’inflation oubliée, on s’évertua, en Europe, à exiger l’austérité, c’est-à-dire un équilibrage budgétaire destiné à brider l’endettement public excessif…..avant que des voix s’élèvent, notamment au sein du FMI, pour postuler la relance et la croissance elles-mêmes contrariées par la rigueur. On se plongea donc dans l'année 1995 (qui prépara les pays à l'Euro) avant de revenir à la stimulation budgétaire de 1979.

La même amnésie frappe les plus hauts responsables de la zone Euro, c’est-à-dire eux qui postulait, de manière définitive, que la Grèce ne ferai ni défaut, ni ne sortirait de l’Euro alors que 8 mois plus tard, les mêmes constatent un défaut de fait de la Grèce et prédisent son expulsion de la zone Euro.

Dans ce kaléidoscope médiatique, il faut garder raison et revenir à la base de la théorie économique : en période de récession et de contraction monétaire, il faut accepter une politique temporaire de déficit budgétaire et une plus grande complaisance monétaire.

Bruno Colmant, 29 mai 2012

 

Posté le 28 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

Le point critique de l'Euro est-il proche ?

Point_break_poster

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cas de départ de la Grèce de la zone Euro, certains invoquent un scénario de contagion à d’autres économies périphériques.

Il existe beaucoup de moyens de transmettre le virus infectieux de la détresse monétaire.

Sa pire formulation serait la perception, par les citoyens des autres pays périphériques, que leur pays puisse, un jour, subir un scénario d’éviction monétaire, semblable à celui que brandissent certains économistes.

En effet, cela pousserait ces citoyens à anticiper un retour à une monnaie nationale par le dépôt d’euro dans d’autres pays plus solides, ou même dans des pays situés hors de la zone Euro.

Un bannissement grec alimenterait donc un immense « bank run » à une échelle continentale.

Cela pourrait aussi conduire à des conversions massives d’euro en monnaies étrangères convertibles, tel le dollar, avant l'instauration intuitive d'un contrôle des change et des mouvements bancaires transfrontaliers. L'Euro serait-il, un jour, moins convertible dans certains pays ? C'est possible.

C'est pour cela que les autorités monétaires doivent absolument bien (et longtemps) réfléchir à un scénario d’expulsion monétaire de la Grèce.

Lorsque on lit que la seule intention de principe du dernier sommet informel des Ministres des Finances est l'établissement d'une garantie européenne de protection des dépôts, on se dit que cette histoire d'Euro commence à sentir le roussi...sauf à comprendre que l'intérêt continental prime sur les réalités nationales.

Ce qui se passe en Espagne devrait nous inciter à une réflexion plus approfondie.

Posté le 28 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

Voltaire et la monnaie

Voltaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un de ses liens, un des internautes qui a eu la gentillesse d’apporter un commentaire rappelait, au travers d’un site référencé, cette parole de Voltaire : Une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est à dire zéro. 
Cette observation est correcte.
La valeur de la monnaie est dépendante de la confiance qu’on accorde aux gouvernements qui l’impriment. C’est pour cela qu’un gouvernement trop endetté met toujours en péril sa propre monnaie, puisque l’endettement attise l’attrait de la planche à billets, nonobstant l’indépendance (toute relative) qu’on attribue aux autorités monétaires.
Un gouvernement trop endetté est donc intrinsèquement – je devrais écrire consubstantiellement –inflationniste.
Au reste, un gouvernement, qui est le reflet du consensus social, ne va jamais privilégier l’ordre monétaire au détriment de l’ordre social.
Bien sûr, on peut imaginer le retour à des étalon-or ou argent, mais il faudrait, dans tous les cas de figure, établir un lien entre le métal et la monnaie papier. La confiance accordée aux gouvernements se traduirait donc dans la pérennité du rapport de conversion entre le métal et le papier. Or, ce rapport peut changer : ce fut le cas, dans presque toute l’Europe, entre les deux guerres, quand l’or ne fut pas simplement démonétisé (ce fut le cas en 1933 aux USA et lors de la fin des accords de Bretton Woods en 1971).
Toute cette histoire de monnaie est très complexe à appréhender, et je ne suis pas sûr d’en voir une vision complète.
Je crois que nous devons nous résigner à accorder un certain de degré de confiance à la monnaie, faute de quoi ce serait la négation de tout système économique

Posté le 27 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

Le mirage des Eurobonds

Dupondt_mirage

 

 

 

 

 

 

Les Eurobonds ne verront certainement pas le jour avant longtemps.
Nous voyons six raisons qui étançonnent cette intuition.

• Les gouvernements européens ne s’entendent plus, empêtrés dans leur confrontation avec des économies hétérogènes et asynchrones.
• Les pays-membres de l’Euro-zone n’ont pas stabilisé leur participation à la monnaie unique.
• La création des Eurobonds est subordonnée à une union budgétaire et fiscale, qui reste embryonnaire.
• La construction juridique et les modalités de ces éventuels Eurobonds relève d’une extrême complexité.
• Les Allemands, qui ont permis à l’Europe de se financer pendant dix ans à leurs conditions ne veulent pas être désormais obligés de se soumettre aux conditions d'emprunt moins avantageuses des autres Etats-membres.
• Et enfin, la BCE fait exactement l’inverse des Eurobonds en incitant les banques des pays périphériques à re-domestiquer les dettes publiques de leurs propres pays. C’est le contraire d’une mutualisation du risque de crédit.

Ceci étant, il ne faut pas souestimer la volonté politique face aux marchés.Si cette dernière se concrétise, alors le mirage peut devenir réalité.

Posté le 26 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

Inventer des monnaies privées

Mono

 

 

 

 

 

 

Il y a quelques semaines, un article du Financial Times s’intéressait à une question monétaire singulière : maintenant que le champ d’activité des grandes entreprises dépasse les frontières des continents, pourquoi ne pourraient-elles pas émettre leur propre monnaie, ou à tout le moins, créer une monnaie interne à leur organisation ?

L’idée n’est pas incongrue. Certains groupes utilisent déjà des paniers de monnaies pour la facturation de leurs transactions internes (par exemple, l’achat de pièces de fabrication dans différents pays destinées à être assemblées dans un autre).

Ce ne sont bien sûr que des monnaies virtuelles et purement comptables puisque l’interface de ces entreprises avec leurs clients finaux s’effectue toujours dans une devise officielle (USD, Euro, etc.). Mais on pourrait songer à de véritables nouvelles monnaies, propres à des groupes d’entreprises, qui verraient leur contrevaleur évoluer avec les monnaies officielles.

Evidemment, il faudrait que ces nouveaux étalons monétaires inspirent suffisamment confiance pour servir à la fois de moyen de paiement et de thésaurisation.

Google avait imaginé créer sa propre monnaie, Google bucks, mais l’idée fut abandonnée face aux difficultés juridiques que soulevait une telle initiative. Facebook a aussi développé un système de crédit pour acquérir des biens virtuels. Grâce à la monnaie électronique transportable par GSM, on pourrait imaginer que des particuliers se vendent des kilowattheures, des m³ d’eau ou des minutes de GSM qui deviendraient de facto des monnaies ! Et comme le temps est de l’argent, cela rappelle l’ « heure Swatch », inventée en 1998, qui consistait à dépasser la fragmentation des fuseaux horaires par une heure universelle décimale éclatée en 1.000 battements par journée de 24 heures.

Quelques économistes libéraux, dont Hayek et Friedman, ont théorisé la création de monnaies privées afin que les Etats soient contraints à ne pas utiliser la monnaie à leur avantage.

En effet, les Etats trop endettés finissent toujours par utiliser la planche à billets pour rembourser leur dette publique au prix d’une perte de pouvoir d’achat de la monnaie, c’est-à-dire de l’inflation confiscatoire. Dans le système monétaire contemporain, la contrepartie des billets émis par la Banque Centrale Européenne est des dettes publiques…financées par les mêmes billets. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle les Etats imposent que les billets qu’ils impriment soient obligatoirement acceptés pour apurer les dettes.

Au reste, on constate qu’en période de fragilité monétaire, les particuliers se réfugient dans des monnaies supranationales (tel l’or et l’argent physiques dont l’émetteur est la nature) ou dans des biens réels (dont l’immobilier). Pourtant, l’idée de Hayek n’est pas unanimement partagée.

D’autres économistes, tel Stiglitz, avancent que l’émergence d’éventuelles monnaies privées (créées par des entreprises non bancaires) est devenue caduque car les banques commerciales privées sont les véritables opérateurs économiques. Ces dernières fixent la valeur des monnaies, en reléguant les banques centrales à un rôle accessoire.

A mon intuition, Stiglitz n’a pas raison car les institutions financières sont désormais financées et soutenues par les Etats qui les obligent à détenir leurs propres dettes publiques. La création monétaire des banques commerciales privées est donc presque nationalisée.

L’émergence de monnaies privées n’en est qu’à ses balbutiements mais des expériences périphériques verront certainement le jour au fur et à mesure que le champ du commerce plongera dans la virtualité d’Internet. Les États souverains en interdiront évidemment un large développement puisqu’il leur serait alors impossible de modifier la masse monétaire mise à la disposition de la population afin de rembourser les dettes publiques.

Une opération de création monétaire, telle que celle que la Banque Centrale Européenne vient de mettre en œuvre, serait par exemple impossible avec des monnaies privées. Le monopole de l’émission monétaire n’est donc pas prêt de se diluer dans des initiatives privées. C’est d’ailleurs pour cette raison que le commerce de l’or, monnaie privée par excellence, est interdit lors des grandes crises, comme aux Etats-Unis en 1933. Mais la réflexion sur les monnaies privées ramène à la question existentielle de la monnaie : celle-ci doit être fondée sur la confiance et l’acceptabilité, mais alors que penser de notre Euro qui est désormais imprimé pour financer la dette publique, c’est-à-dire celle que nous avons contractée à notre propre bénéfice ?

Posté le 25 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

Le piège de la liquidité

IMG_6871

 

 

 

 

 

 

Malgré les injections d’argent, l’économie semble tétanisée et la vitesse de circulation de la monnaie (c’est-à-dire la vitesse avec laquelle les billets « tournent » dans l’économie) baisse.

Serions-nous dans un piège de la liquidité ? Le "piège de la liquidité" se manifeste quand le taux d'intérêt est proche ou égal de zéro, et que les autorités monétaires n’arrivent pas à stimuler l'économie avec les outils traditionnels de la politique monétaire. Les consommateurs se mettent à épargner et à moins dépenser. Cette baisse de la consommation a un effet négatif sur les entreprises, la production et l’emploi. Ceci entraîne une récession, et peut contribuer à déflation et à des dépressions non-inflationnistes.
 
Le piège de la liquidité se conjugue théoriquement au paradoxe de David Ricardo (1772-1823). Selon ce dernier, il y a une équivalence entre une augmentation de la dette publique et une augmentation de l’épargne en prévision de hausses d’impôts.

Si les agents économiques s’attendent à des hausses d’impôts, destinés à financer un déficit lui-même créé pour relancer la consommation, ils épargnent en prévision des hausses d’impôts futures. Les agents économiques contrarient donc les politiques de relance en économisant plutôt qu’en consommant. C’est d’ailleurs exactement à ce quoi on assiste probablement en Belgique quand on constate l’augmentation singulière des encours en carnets d’épargne.

Que faire, dès lors, lorsque plus rien ne relance l’économie et qu’il faut inciter les particuliers à consommer ?

Il faudrait une injection de monnaie et une inoculation de transferts sociaux.

Cette injection est contradictoire avec la discipline budgétaire qui cimente la formulation de l’Euro, mais nos gouvernements n’ont pas le choix. Au reste, le problème de l’endettement public n’a pas été créé par la crise : il lui est préalable. Il ne faut pas utiliser une crise pour régler un problème qui lui est antérieur. Ceci explique la volonté des autorités monétaire de garder les taux d’intérêt bas et d’inonder les économies grippées d’une abondance de liquidité. Ce sera donc probablement par l’inflation que nos économies sortiront de la crise.

Certains se réfèrent à la décennie japonaise perdue pour identifier des relents de tendances déflationnistes. Outre le fait que les répétitions de scénarios sont rares en économie, la situation japonaise des années nonante est sans comparaison avec la réalité européenne contemporaine. A l’époque, la banque centrale du Japon avait mis en œuvre une politique monétaire restrictive et le Yen était une devise forte. De surcroît, les marchés immobiliers et d’actions japonais étaient notablement surévalués.

Quoiqu’il en soit, si l’Europe devait d’aventure plonger dans un état déflationniste, les autorités monétaires invoqueraient des politiques non conventionnelles, à des degrés outranciers, afin de contrer cette éventuelle tendance. Le risque du combat de la déflation serait alors inflationniste. Fondamentalement, la déflation est un scénario qu’il faut écarter, dans un monde potentiellement inflationniste de création monétaire.

Posté le 24 mai 2012 par Bcolmant Réactions | Réagir

L'évaporation des Euro bonds

What-is-evaporation

 

 

 

 

 

Le débat européen tourne autour des Euro bonds.

Or ces Euro bonds sont de facto abandonnés depuis que la BCE a prêté des quantités phénoménales d'argent à des banques des pays périphériques pour que ces dernières puissent racheter les dettes publiques de leur propre pays.

Au lieu de mutualiser les dettes publiques (qui est l'objectif des Euro bonds), on les écartèle et les dénoue.

C'est le signe que l'Europe se délie un peu, et que l'idée d'un grand marché des capitaux s'évapore lentement.

C'est aussi l'illustration qu'un renforcement de l'harmonie budgétaire et fiscale s'éloigne.

Chaque pays va devoir face à ses réalités propres.

C'est pour cette raison qu'imposer une austérité aveugle aux pays méditerranéens n'a pas de sens : on ne peut pas, à la fois, les isoler financièrement et les soumettre à des contraintes européennes qui les plongent en récession.

Dernières réactions sur nos blogs