Posté le 14 juin 2012 par Bcolmant

Hyperinflation ou retour à l'étalon-or ?

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Il ne se passe pas une semaine sans qu’un ouvrage soit publié au sujet de l’écroulement du système financier. Au gré des frayeurs de l’un ou l’autre prédicateur, l’économie occidentale sera submergée par une vague d’hyperinflation ou calcifiée par un retour à l’étalon-or.

Ce ne sera ni l’un ni l’autre, car, au-delà des contraintes monétaires, ce qui prime, c’est le maintien de l’ordre social.

En d’autres termes, l’harmonie des rapports humains gouverne toujours les rigueurs monétaires.

Au reste, qu’est-ce que la monnaie, si ce n’est une convention étatique portant sur le pouvoir d’achat futur d’un bout de papier ?

L’exemple grec est, à cet égard, très révélateur : ceux qui croient qu’on impose, dans des bureaux feutrés, des disciplines monétaires à un peuple en ébullition et aux souffles de rébellion, devraient relire l’histoire monétaire des deux derniers siècles.

En matière monétaire, l’Etat, qui est le reflet des réalités sociales dans un contexte démocratique, a toujours le dernier mot, et ce pour une raison bien simple : la monnaie-papier a cours légal et est imposée par les pouvoirs publics.

Les États ont imposé leur propre dette comme monnaie légale, puisque la monnaie est inscrite au passif des banques centrales.

D’ailleurs, on peut oser l’intuition que sans l’imposition de la monnaie-papier et la disparition de l’étalon-or, l’Etat n'aurait pas pu construire un Etat providence conduisant à un endettement qui est devenu insoutenable.

En d’autres termes, la précarisation de la monnaie a été (et sera vraisemblablement) la seule manière de financer l’Etat-providence.

Ceci étant, un phénomène d’hyperinflation n’est donc jamais providentiel, puisque c’est l’Etat qui l’organise, comme dans la République de Weimar de 1923 ou au Zimbabwe.

Un retour à l’or est tout aussi improbable, puisque cela signifierait que certains puissent échapper à l’obligation imposée par les Etats que sa monnaie ait cours légal.

L’or ne retrouvera donc jamais son rôle d’étalon monétaire et sera au mieux un moyen de placement accessoire. De plus, un étalon-or suppose un rapport de conversion avec la monnaie-papier. Or ce rapport est fixé par les Etats : il est donc mobile et discrétionnaire. Seule l’admission de l’or comme une monnaie ayant cours légal permet de contourner cette réalité, ainsi que l’Etat américain d’Utah l’a voté en 2011.

D’ailleurs, il faut se rappeler qu’en avril 1933, quatre ans après le premier choc de la grande dépression, le gouvernement de Roosevelt décida de mettre en œuvre une répression financière destinée à éviter que certains échappent à l’effort collectif : la détention d’or par des particuliers fut interdite. Elle ne fut restaurée que 42 ans plus tard, en 1975.

C’est une leçon à méditer….

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