Posté le 16 juin 2012 par Bcolmant

La Grèce restera dans l'Euro. Mais...

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Tout le monde en est convaincu : le Grèce ne quittera pas la zone euro.

Bien sûr, il y aura les figures médiatiques imposées, les agitations journalistiques et déclarations matamoresques, les réunions de la dernière chance et les formalités politiques d'usage, mais, on le sait : la Grèce reste (à court terme) dans la zone de la monnaie unique.

Cela fait écho à la remarque de Valéry Giscard d'Estaing, lorsqu'il était président qui avançait que Platon ne joue pas en seconde division.

D'ailleurs, en cas d'anicroche électorale, les Banques centrales ont fait savoir qu’elles étaient prêtes à intervenir, probablement par des opérations d'apport de liquidités en vue d’assurer la fluidité du système bancaire.

Et là se situe l'évident message : les Banques centrales déclarent que c'est l'afflux de liquidités qui permettra de soutenir le système bancaire et le financement des Etats. Pour la Grèce et pour d'autres pays.

A certains égards, une menace de départ de la zone euro conforterait une action de la BCE.

En d'autres termes, au-delà des dénégations allemandes, c'est la BCE qui devra, à un certain moment et de manière coordonnée avec ses pairs, procéder à un troisième assouplissement quantitatif pour faire en sorte que le point de rupture ne soit pas atteint.

On peut même supputer que la solution grecque sera peut-être transposée à d'autres pays, à travers des rééchelonnements de dettes (inévitables dans les 2-3 ans), d'abandons de créances et de support de liquidité.

Des États suffoqueront sous la discipline de la monnaie unique. Ils ne devraient toutefois pas immédiatemment abandonner l’euro car ce serait un pari inacceptable, équivalent à une terrible dévaluation et proche d’un choix d’hyperinflation. Les autorités européennes s’y opposeront car cette hyperinflation est une ‘fuite devant la monnaie’ , qui entraîne une décrédibilisation. La monnaie perd alors son pouvoir libératoire. Le pire serait, en effet, une baisse de confiance en celle-ci.

Mais le cas grec porte d'autres enseignements. Les gouvernements européens devront inévitablement formuler des arbitrages dans la tempête conjoncturelle afin d’éviter un délitement de l’Europe, notamment en termes monétaires et sociaux.

Des frictions sociales nous semblent prévisibles. Elles seront sans doute aggravées par le fait que la mobilité sociale a décru au cours des dernières années, que la proportion de la population en-dessous du seuil de pauvreté a dangereusement augmenté et que la société de l’information a accentué les clivages sociétaux.

Le risque de tensions est réel car le capital des jeunes générations est épuisé avant d’exister. Une chose est certaine : les générations futures n’accepteront plus que le pays soit dirigé avec les mêmes réflexes politiques que ceux qui ont prévalu lors des décennies passées.

C’est d’ailleurs cela qui finit par régler les problèmes de l’économie, qui retrouve toujours des bases stabilisées : la jeunesse, synonyme d’avenir, et qui, naturellement, suscite une résilience salutaire.

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