Posté le 26 juin 2012 par Bcolmant

Vers une nationalisation généralisée de nos économies ?

100729~1

 

 

 

 

 

 

 

Depuis deux ans, une sourde inquiétude me taraude : serait-il possible que nos économies glissent lentement, mais inéluctablement, vers une nationalisation généralisée,  à l’opposé d’un système d’économie de marché ?

Différents indices alimentent cette intuition : le poids des Etats n’a cessé d’augmenter depuis trente ans dans nos économies et, étrangement, ce phénomène s’est accentué depuis la création de l’Euro.

Dès l’introduction de la monnaie unique, les principaux États européens ont profité de la disparition du risque de change et d’un contexte généralisé d’expansion monétaire (c’est-à-dire de taux d’intérêt bas, nécessités par la globalisation et ses besoins d’infrastructure correspondants) pour augmenter leurs dettes publiques dont le coût d'intérêt devenait dérisoire. Qu'on en aime ou pas la réalité, l'euro a renforcé l'Etat-providence fondé sur l'emprunt de la croissance des générations futures.

Cette même monnaie unique a donc permis de gommer l’inflation importée et de renforcer l’Etat-providence, alors que le choix de la monnaie unique était, à l’opposé de ces constatations, un choix d’économie de marché libérale.

La crise de 2008 a, bien évidemment, accentué ce phénomène, puisque les Etats ont dû activer leurs ballasts fiscaux, c’est-à-dire les stabilisateurs automatiques qui conduisent, à juste titre, à augmenter les transferts sociaux et à voir les recettes fiscales diminuer.

Le sauvetage des banques fut aussi un élément incontestable de l’aggravation des déficits publics, encore que ce soient aujourd'hui les dettes des Etats plus que les actifs purement financiers qui posent problème.

Immanquablement, la Banque Centrale Européenne va augmenter ses injections de liquidités dans l’économie afin de permettre aux Etats de la zone Euro de se refinancer (faute de quoi, l’Euro se désintégrerait, ce qui reste, incidemment, un scénario plausible).

Cela conduit à des taux d’intérêt réel, c’est-à-dire après déduction de l’inflation, négatifs.

L’entrée dans une zone de taux d’intérêt négatifs est la pénétration dans des territoires inconnus, puisque c’est la négation absolue de l’économie de marché, basée sur l’anticipation d’une rémunération positive associée à la prise de risque.

C’est aussi la certitude de créer des bulles d’actifs et d’entretenir une allocation inefficace du capital.

Mais il y a pire : des taux d’intérêt négatif vont renforcer le financement gratuit de l’Etat.

Nos communautés sont peut-être au croisement d’un chemin, sans possibilité de le rebrousser.

Ou bien les Etats profitent de taux d’intérêt faibles pour réduire leur endettement et libérer l’économie productive de leur mainmise. Alors, progressivement, avec l’aide d’un peu d’inflation, l’économie de marché va se redéployer avec entreprenariat et progrès.

Ou bien les Etats vont accentuer leur mainmise sur l’économie grâce à des financements gratuits, ce qui conduira immanquablement à un naufrage vers la nationalisation généralisée, à la fuite des entrepreneurs et finalement à l’implosion d’un système marchand conduisant à un appauvrissement généralisé.

Sans oublier les excès incontestables d’un capitalisme prédateur, nous avons vu, en Belgique et ailleurs, à quoi conduisent des systèmes économiques planiques, centralisées et étatiques.

Le choix de l’économie de marché devrait donc s’imposer naturellement.

Malheureusement, je crains que, silencieusement, ce dernier s’oriente vers une nationalisation pernicieuse de toute l’économie.

Triste constat. La jeunesse nous demandera des comptes.

Réactions