Posté le 29 juillet 2012 par Bcolmant

In God we trust...

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Depuis des décennies, les américains ont fait preuve d’un cynisme monétaire absolu.

Le dollar étant une monnaie de réserve, ils peuvent en imprimer des quantités considérables, forçant les pays étrangers à les acquérir afin d’éviter de voir leur propre devise s’apprécier, au détriment de leurs exportations.

Ce sont d’ailleurs les Américains qui mirent fin, en aout 1971, au système de Breton Woods qui garantissait un étalonnage monétaire sur l’or.

Derrière cet opportunisme économique se cache un paganisme monétaire, que certains opposent à la rigueur protestante allemande dans la défense de la force de l’Euro.

Pourtant, qualifier les américains de païens monétaires peut  s’avérer osé, alors que le dollar est une des seules devises faisant référence à la Divinité, au travers du « In Good we trust », imprimé sur tous les billets.

Pourtant, la référence à Dieu est d’ordre éthique et moral, aucunement de nature ecclésiastique. D’ailleurs, au cours des dernières décennies, les affiliations religieuses des présidents des Etats-Unis ont été variées, bien qu’ils aient prêté serment sur la même Bible. Au reste, le protestantisme réfute l’idée d’un Etat religieux.

Mais cette référence à la Dieu est peut-être plus subtile qu’une référence morale. En effet, en postulant la suprématie divine, on déclasse la monnaie à une utilité secondaire, dont la valeur peut être dévoyée par une impression excessive.

Chez les protestants, plus les affaires prospèrent, plus grandit la conviction de faire partie des élus. Inspiré de l’Ancien Testament, le protestantisme considère l’enrichissement comme une bénédiction divine. Les calvinistes croyaient à la prédestination et voyaient dans leurs succès professionnels une marque de la Providence et surtout la confirmation de leur élection divine.

En même temps, l’élection exige, pour garder la foi, abnégation et ascétisme. L’ascétisme conduit lui-même à l’affectation de l’épargne, c’est-à-dire à l’investissement. Rejoignant en cela la Parabole des talents (réduite dans l’enseignement catholique à la valorisation de l’altruisme et du don), la thésaurisation improductive est réfutée par les préceptes réformés. Chez les protestants, l’homme est le régisseur des biens qui lui ont été confiés par la grâce de Dieu et il est responsable par rapport à ces derniers.

Cet éclairage est utile pour comprendre la politique monétaire américaine, dont le dollar est un des outils et non un aboutissement.

Au reste, la Federal Reserve a un mandat plus large que la BCE, puisqu’elle doit composer avec des contraintes de croissance et d’inflation, ce qui peut s’avérer contradictoire.

Et finalement, au-delà des références théologiques, le paganisme américain ne s’est pas mieux exprimé qu’au travers d’un propos sentencieux d’un Secrétaire d’Etat au Trésor, John Connally (incidemment présent dans la limousine de Kennedy lors de son assassinat à Dallas), qui avança, en 1971 : Le dollar est notre monnaie, mais c'est votre problème. 

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