Posté le 18 juillet 2012 par Bcolmant

Le sparadrap bancaire !

Haddock

 

 

 

 

Nous avons souvent traité de la "répression financière" qui frappe les banques.

Cette dernière correspond à une conjugaison de contrôle prudentiel accru destiné à convaincre les banques de financer les Etats à un taux d'intérêt réduit, moyennant une faible rémunération (parfois négative en termes de rendement réel).

Cette répression financière s'inscrit dans le cadre d'une redomestication des dettes publiques qui conduit à faire progressivement reposer le financement des dettes d'un Etat X sur les banques localisées par/localisées dans l'Etat X, elles-mêmes financées par les dépôts de la population de l'Etat X.

Les rôles de contribuables et de déposants se confondent.

Quelles sont les conséquences de cette situation ?

Elles sont nombreuses : une plus faible rentabilité actionnariale bancaire prospective, une inflation qui devra être absorbée par de faibles rendements octroyés aux déposants et un effet d'éviction c'est-à-dire d'accès au crédit aux entreprises privées plus restreint (encore que ce problème ne semble pas se poser en Belgique).

Il y a aussi un effet induit, moins connu et qui porte sur la création monétaire. Cette dernière est alimentée par les banques centrales mais aussi par les banques commerciales : un dépôt auprès d'une banque crée un prêt à quelqu'un qui finira par en faire un dépôt auprès d'une autre banque, etc.

Ce flux crée un phénomène monétaire qui est intitulé le "multiplicateur du crédit". Ce dernier est bien sûr freiné si l'Etat absorbe une partie importante des actifs bancaires. Un même frein est incidemment exercé si les exigences en capitaux propres sont relevées pour les banques.

Cela grippe le multiplicateur du crédit et neutralise la création monétaire qui devient de plus en plus dépendante de la BCE…qui doit elle-même aider au financement des Etats.

On le voit: cette situation est singulière et correspond à une nationalisation tacite. C'est évidemment navrant.

En même temps nous sommes confrontés à une réalité incontournable : le rating des Etats repose désormais sur leur capacité à canaliser l'épargne nationale vers le financement de leur propre dette.

A notre intuition, cette évolution est malsaine car les Etats auront beaucoup de mal à se détacher des banques, dont l'avenir ne passe pourtant pas par l'étatisation.

Ces dettes publiques sont, pour les banques, le sparadrap du capitaine Haddock

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