Posté le 11 juillet 2012 par Bcolmant

Quelle union monétaire franco-allemande ?

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L'histoire de l'euro est une profonde et instructive plongée dans les profondeurs sociologiques de notre continent.

Cette monnaie unique fut forgée pour sceller la paix en Europe entre deux ennemis héréditaires, la France et l'Allemagne.

Tout oppose ces deux grandes et belles nations : C'est Luther contre la fille aînée de l'Eglise, Goethe contre Voltaire, l'industrie contre l'agriculture, le germain contre le latin.

En deux siècles, ces peuples se sont battus quatre fois (sous Napoléon I et III, et lors des deux guerres mondiales).

Au reste, on fête trop souvent la réconciliation franco-allemande, signée par de Gaulle et Adenauer, pour ne pas trouver suspect qu'on doive célébrer une paix qui devrait aller d'elle-même.

Il reste une lointaine trame de conflit.

Lors de la négociation de la monnaie unique, Kohl voulait la réunification des Allemands. Il n'obtint que celles des deux Allemagnes et dut accepter l'unification monétaire.

Aujourd'hui, la pierre d'achoppement, c'est justement la monnaie.

Pour les Allemands, la monnaie est le ciment de la reconstruction nationale. Un déficit se finance donc par l'épargne. C'est la logique luthérienne.

Pour les français, par contre, la monnaie est un attribut régalien. Dans cet Etat colbertiste, la monnaie peut donc être imprimée à la discrétion de l'autorité centrale. L'histoire monétaire française est d'ailleurs une longue succession de dévaluations.

Le nœud gordien de l'euro est là : les allemands exigent un financement des dettes publiques par l'effort épargné tandis que les français penchent pour leur monétisation par la planche à billets.

Aujourd'hui, les allemands sont gagnants, puisque les impressions monétaires de la BCE sont destinées à renationaliser les dettes publiques qui sont progressivement financées par l'épargne nationale.

Mais ces même allemands savent que cette voie est sans issue à long terme, pour des économies faibles.

Pour cette raison , l'euro ne sera jamais un fait stable et abouti.

S'il subsiste en l'état, il reflétera toujours la fragilité des siècles d'incompréhensions.

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