Taux d'intérêt négatifs : un désaveu existentiel de l'euro.
Le taux d'intérêt négatifs auxquels certains pays de l'Europe du Nord empruntent semblent être une bonne nouvelle.
Et pourtant, c'est, à l'intuition, un enseignement exactement inverse qu'il faut en tirer.
Pourquoi ?
Si ces taux sont bas, c'est plutôt par antagonisme, au sein de l'Europe, avec des pays d'Europe du Sud qui sont plus risqués. Les taux d'intérêt bas résultent plutôt d'un "renvoi dos à dos" de certains pays ressortissant à la monnaie unique que d'une amélioration structurelle de nos économies. C'est l'euro qui est, en réalité, désavoué par une telle divergence de taux d'intérêt.
Ensuite, des taux d'intérêt bas conduisent à masquer la réalité des endettements publics, que normalement les taux d'intérêt disciplinent.
Par ailleurs, des taux d'intérêt bas devraient promouvoir le financement des projets publics d'infrastructure, mais l'Europe bride cette orientation, au motif que cela entraînerait une dégradation des endettements publics et donc un renchérissement du taux d'intérêt.
Enfin, des taux d'intérêt réels négatifs sont souvent un signe de récession et conduisent à un manque d'efficience dans l'allocation du capital. C'est une illustration du " piège de la liquidité" de Keynes.
Les taux vont bien sûr remonter car l'argent a un coût et l'économie retrouve toujours des bases stabilisées. La question est de savoir si l'euro sera touours le même. Pas à mon avis.

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