L'euro chassé du paradis monétaire
Plusieurs lecteurs m'ont interrogé sur la cause profonde de cette crise.
Il serait présomptueux de répondre à cette question complexe, polymorphe et mutante. Il est d'ailleurs presque impossible de distinguer l'influence mouvante des différents acteurs privés et institutionnels.
Mais il me semble qu'une plongée en apnée dans l'essentiel de l'explication relève du dévoiement de la monnaie.
En effet, depuis l'abandon de l'étalon-or de Bretton Woods, la discipline d'impression de la monnaie a disparu, permettant aux Etats de s'endetter (concomitamment aux excès du secteur privé) dans des proportions incompatibles avec le niveau de croissance anticipé.
A l'intuition, une dette publique de 40-60 % du PNB est raisonnable en période de croissance. Une dette publique de 100 % du PNB dans un environnement économique atone est insoutenable.
Tout se passe comme si les Etats d'étaient trop alourdis par leur passif. Mais lorsque le passif d'un Etat est trop lourd, ce sont les ceux des Banques centrales qui sont sollicités.
Or, le passif de ces dernières est constitué de la monnaie créée par elles.
C'est la raison pour laquelle la BCE a gonflé son bilan.
Si les Etats étaient restés disciplinés budgétairement et avaient contrôlé leur endettement, tout en contraignant le champ d'activité de certaines banques privées, on n'en serait pas là.
C'est pour cela qu'à force de recherches, lectures et débats, je crois que la sortie de crise sera monétaire.
La dette publique et privée sera remboursée (je devrais écrire devra être remboursée) avec de l'argent au pouvoir d'achat diminué par de l'inflation.
Sans faire témoignage de catastrophisme, je crois vraiment qu'on sousestime l'ampleur des chocs liés à cette dette publique gigantesque.

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