Globalisation et grande modération
Je crois que nous allons bientôt réaliser que la crise de 2008, loin d'être confinée à un problème bancaire, est une crise de rupture.
Une rupture avec un modèle d'endettement et d'emprunt de la croissance (espérée) future, mais surtout une crise de la globalisation.
Cette globalisation n'alimente pas la concurrence : elle la crée en pulvérisant les barrières géographiques que l'Occident avait cru pourvoir ériger. Cette globalisation permit la désindustrialisation à bon compte de nos communautés, mais nous nous rendons compte aujourd'hui qu'une économie de service est fragile si elle n'est pas fondée sur l'innovation continue.
En même temps, nous sommes devenus des rentiers de notre bien-être passé.
Certains économistes américains avancent même une théorie iconoclaste, à savoir que la crise bancaire, étatique et économique est le résultat d’une période caractérisée par un excès de désinflation. Cette période, qualifiée de « grande modération » et qui serait étalée de 1985 à 2005, aurait tiré profit d’une expansion des zones de commerce (au travers de la globalisation) et d’une accessibilité à des poches d’emploi à bas coûts pour masquer la réalité du remboursement des dettes privées et publiques.
L'expansion de la demande n'a pas débouché sur une crise d'inflation parce que les occidentaux ont trouvé dans leurs déficits commerciaux l'offre nécessaire à son absorption. L'inflation n'a donc pas "discipliné" nos économies.
De manière plus générale, on peut aussi se demander si cette « grande modération » n’a pas été le résultat de la conjonction d’un ensemble d’éléments qui n’autorisent plus son maintien.
Ces facteurs sont identifiés : mondialisation avec son corollaire d’accession à des gisements de main-d’œuvre à bon marché, coût des matières premières relativement stable, gains de productivité significatifs (liés, notamment à l’essor des techniques de communication) sans hausses de salaires concomitantes, consensus politique afin d’éviter la réémergence de l’inflation, etc.
Cette période est derière nous. L'avenir est clair : il faudra absolument flexibiliser le travail dans nos économies

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