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Posté le 1 septembre 2015 par Bcolmant

Etre un économiste...

L’économie ressemble à ces terres calmes sur lesquelles les saisons posent leur rythme. Rien ne souille les immuables cycles de la nature. Le temps se dérobe par fines couches qu’aucun sentiment d’attente ne saurait abîmer.

Et pourtant, depuis le fonds des âges et aux entrailles de la terre, des forces titanesques se déchaînent furieusement. Les hommes et les éléments se battent dans une lutte fanatique. Alors, parfois, telle une fine lame qui libère ces boursouflures sulfureuses, la terre éclate de ses orages. Elle rejette des déferlantes de combats. De gigantesques torrents de lave se déversent, emplis de la colère de l’histoire de l’humanité, trop longtemps contenue.

L’homme se bat contre lui-même. Celui qui a travaillé essaie d’échapper à son successeur. Il a inventé la monnaie pour accumuler son travail, mais des forces renouvelées refusent cette oppression.

C'est la révolution ou la dévaluation.

Toute la rage des humains et de la monnaie enchaînés hurle dans des bouillonnements qui détruisent tout avant de modeler de nouveaux mondes arides.

Tous les penseurs de l’économie sont là, tels de lugubres fantômes unis par les mêmes inquiétudes.

Ils savent que le monde peut, à tout moment, basculer.

Les crises sont de brûlants naufrages.

De cette lave bouillante, l’économiste retire des morceaux déjà durcis  dans ces scories de chiffres, de cours boursiers et de de valeurs changeantes de manière gyroscopique.

Etre un économiste, c'est arrêter le temps. C'est prendre le temps de la réflexion, du recul. C'est se mettre en retrait des cavalcades. C'est surtout apprendre la sagesse dans l'écoute. C'est quitter la mathématique pour entrer dans les territoires indécis de l'anthropologie, de la sociologie, de la psychologie des foules. C'est s'extraire de la fluence des hommes. C'est aussi, surtout, façonner le partage d'une intuition qui est offerte à la critique.

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