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Posté le 23 janvier 2017 par Bcolmant

Un monde se dérobe

Depuis quelques semaines, d’invraisemblables bouleversements géopolitiques se précisent. Les Etats-Unis recentrent leur projet de société sur une prospérité domestique, l’Europe voit le Royaume-Uni la quitter tandis que des pays périphériques s’en écartent, le Moyen-Orient dance sur un volcan tandis que la terreur ou la dictature s’abattent sur certains pays. La Chine s’arme tandis que l’Asie se recompose en termes d’alliances.

Au sein de l’hémisphère nord, le modèle social-démocrate et politiquement tempéré laisse la place, de manière graduelle, à des extrêmes dont on ne voit pas l’aboutissement. Un monde se dérobe sous les pieds d’une classe politique pétrifiée et engluée dans des rentes d’idées révolues. Tout se passe comme si les messages politiques traditionnels ressemblaient à une monnaie qui n’a plus cours.

Il se passe quelque chose de profond. De nombreux citoyens ne se projettent plus dans les configurations politiques actuelles.

Où sommes-nous ? En 1913, dans la queue de la comète de la belle-époque ? Dans les espoirs mal apaisés de 1938, au terme du Traité de Munich ? En 1921, année au cours de laquelle le Président américain républicain commença son mandat avec le slogan « America First » ? En 1963, au creux de la guerre froide ? Dans l’exaspération sociale des jeunes des années soixante ?

Je ne sais pas. Mais une chose est certaine : neuf ans après la crise financière, 2017 annonce des bouleversements majeurs. Comme 1938, neuf ans après l’effondrement de Wall Street, bouleversa les équilibres politiques avant l’imminence de changements qui auraient été impensables, quelques mois plus tôt.

Dans un de ses ouvrages majeurs, "Le Monde d'Hier", le philosophe autrichien Stefan Zweig rappelait que "c'est une loi inéluctable de l'histoire qu'elle défend aux contemporains des grands mouvements qui déterminent leur époque de les reconnaitre dans leurs premiers commencements". Il ne faudrait pas, comme l’écrivait de Gaulle en 1932, que l’espérance du siècle soit déjà dévorée.

 

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