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Posté le 28 février 2017 par Bcolmant

Taxe des millionnaires (bis)...

Il y a quelques jours, j’avais publié un texte sur la taxe sur les millionnaires, l’assimilant à une défaite de la pensée.

Voici que, ce jour, Monsieur Van Hees, représentant du PTB à la Chambre des Représentants, fait publier un droit de réponse.

Le Député Van Hees m’a déjà consacré quelques diffamantes Philippiques dans ses brûlots consacrés aux intérêts notionnels que j’avais imaginés, sous l’angle académique, en 1999, et plus encore lorsque j’ai officié au titre de Directeur de Cabinet du Ministre des Finances Didier Reynders.

On n’a malheureusement pas toujours les Démosthène qu’on espère mériter.

Que nous dit le Député Van Hees qui, dans une vie précédente, était membre du SPF Finances (c’est-à-dire payé par l’Administration du Ministre au sujet duquel il écrivait des livres incendiaires… ce qui ne s’invente pas) à part une coutumière attaque ad hominem (le Député Van Hees me cite 8 fois dans son texte !) qui s’inscrit exactement dans la trame de la démarche communiste (et non marxiste) qui consiste à tenter d'accabler (ce n'est bien sûr pas mon cas) un homme plutôt que ses idées ?

Il nous dit que, parce que je travaille dans une institution financière, je ne pourrais pas défendre un point de vue opposé à une taxe des millionnaires.

Outre le fait que rien ne m’a imposé d’écrire ce texte, en mon nom personnel, sur une idée que je trouve, en tant que professeur d’université, insensée, le Député Van Hees oublie quelque chose : tous les citoyens belges ne sont pas dans un carcan idéologique qui conduit à la simplification populiste.

Dans ce pays, il y a aussi des personnes qui disposent des aptitudes intellectuelles pour s’opposer à des fluences fiscales infondées.

Ce n’est pas parce qu’on travaille dans une banque qu’on est contre une taxe qui n’a aucun fondement. Et si tant est que le Député Van Hees fasse quelques recherches sur Google, il verra que, quel qu’ait été mon employeur, j’ai toujours été opposé, au titre de citoyen et d'économiste,  à ce type de faribole fiscale.

Et finalement, pourquoi en suis-je à m'arrêter si longtemps sur le Député Van Hees alors que nous avons des préoccupations de plus d'importance ?

D’abord parce que je ne n’aime ni le populisme, ni la simplification, et encore moins les raccourcis économiques d’une alchimie politique qui a échoué partout où elle a été appliquée.

Ensuite parce que, dans le fond, je suis fatigué (c’est sans doute l’âge) de ces approximations fiscales qui, parce qu’elles sont outrancières et martelées, laissent suggérer qu’elles possèdent un fond de vérité. D‘ailleurs, le PTB se garde bien de demander aux différents services d’études du Royaume une quelconque validation de ses propositions.

Enfin parce que même si je suis certain que les idées du Député Van Hees resteront englouties dans la fosse commune des détails de l'histoire, je crois trop à mon pays pour ne pas m’opposer à des recettes économiques qui en feraient un désert social.

Et que je suis effrayé de voir que la Wallonie, où j’ai grandi et étudié, dérive, à la marge, dans une logique politique qui signifie son appauvrissement, alors que, étant pourtant autrefois une des plus prospère régions du monde, elle souffre d’un déficit de compétitivité accablant.

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