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Posté le 11 mars 2017 par Bcolmant

La guerre de la machine contre l'homme

Nous sommes distraits.

Chaque jour, l’actualité est un tourbillon de petites choses qui meurent avant leur naissance.

L’émotion du moment est entretenue jusqu’à ce qu’une nouvelle fluence la remplace.

Cela nous occupe.

Mais, dans six mois, un an, cent ans, qui s’intéressera aux minuscules péripéties des scandales financiers que des personnages secondaires animent ? Qui s’intéressera à ce plaqué-or qui entretient une actualité anesthésiante et croit rendre importants certains commentateurs des futilités ? Personne.

Il ne se passe rien, mais pourtant tout arrive et cela est indifférent disait Nietzsche, repris par de Gaulle.

Il ne se passe rien mais nous ne voyons pas les signaux faibles de l’h istoire.

Nous regardons le futur avec les grilles de lecture du passé. Nous cherchons les répétitions de scénarios alors que l’histoire n’est que pétrifications.

Et quels sont les signaux faibles de l’histoire ?

La guerre, évidemment. Une guerre des cerveaux, des pensées normées, d’idées alignées.

Une guerre de la machine contre l’homme.

Progressivement, nos pensées sont conditionnées et nos comportements sont paramétrés. Les réseaux sociaux, que chacun utilise, sont aliénants et dispersent des modes de pensées évolutifs. Ces modes de pensées sont, eux-mêmes, dispersés et pulvérisés.

Jupiter rend fous ceux qu’il veut détruire.

C’est exactement ce qui se passe : l’immersion dans des multitudes d’informations scintillantes nous empêche de prendre le recul exigé par l’intelligence éduquée.

La profondeur de notre pensée politique diminue.

Le confort de l’instantanéité se substitue à un effort de raisonnement.

Notre monde était déductif, solide et vertical. Il devient inductif, gazeux et horizontal.

Nos ancrages humains risquent de devenir fugaces et fragiles. Ces réseaux sociaux et les plateformes de commerce digitales  permettent, déjà maintenant, à un algorithme de prévoir nos actes, nos préférences, nos habitudes de consommation, elles-mêmes conditionnées par ces mêmes réseaux sociaux.

Et que faire pour se retrouver dans ce monde effervescent ? Relire les classiques.

 

 

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