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Posté le 23 mars 2017 par Bcolmant

Mon dernier livre, préfacé par Herman Van Rompuy

COVER LIVRE JPJ

L’euro n’est pas une monnaie spontanée mais l’aboutissement d’un rapport de forces nationales découlant de la réunification allemande. Si les premières années de cette monnaie, introduite en 1999, furent baignées dans un contexte économique favorable, la crise bancaire de 2008 et la banqueroute grecque en dévoilèrent les failles abyssales. Les différents États-membres n’ont pas partagé leurs finances publiques, ni créé d’organe politique destiné à aligner les économies. Le système bancaire, dont la monnaie est la matière première, reste fragile tandis que les dépôts des particuliers ne bénéficient pas d’une garantie européenne. Un euro du Sud ne vaut plus un euro du Nord.

L’euro n'est plus porté par un élan politique commun parce que la différence de croissance entre les pays européens s'accroît et que la prospérité n'est plus partagée. L’enthousiasme du projet monétaire est désormais mis en jeu par les forces sociales et les marchés financiers, c’est-à-dire les deux facteurs de production antagonistes que constituent le travail et le capital. Aujourd’hui, les rentiers du Nord européens se plaignent de taux d’intérêt négatifs tandis que le chômage du Sud européen suffoque sous une monnaie trop forte. Pire, la monnaie unique contrevient aux éventuelles expressions politiques de pays qui ne s’aligneraient plus sur la trame des puissants pays du Nord européen.Plus que jamais, la perpétuation de l'euro repose sur le fragile équilibre de l'axe franco-allemand. On voit d'ailleurs une opposition philosophique entre une monnaie du Nord, qui se réévalue PAR le travail et une monnaie du Sud qui se dévalue POUR le travail.

Cette monnaie pourrait susciter son propre sabordage si sa gestion n'est pas repensée dans le sens d’une plus grande solidarité financière et d’une compréhension socio-politique accrue des différents Etats-membres. Sans sursaut moral et une action politique décisive, un fait politique pourrait conduire à une sécession monétaire ou, pire, déclarer un véritable schisme qui mettrait fin à une des plus stupéfiantes expériences de l’histoire des monnaies.

Comment sortir de ce piège ? En modifiant l’idéologie de l’euro, c’est-à-dire en considérant que la monnaie doit servir la protection du capital mais aussi l’emploi. Cela passe par des objectifs d’inflation plus élevés. Mais est-ce possible avec une population vieillissante dot la tolérance à l’inflation est faible ? C’est la véritable question.

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