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Posté le 25 avril 2017 par Bcolmant

Repenser nos équilibres sociaux

A l’heure où certains se réfèrent, de plus en plus ouvertement, aux années trente et aux cataclysmes eschatologiques de l’émergence de l’extrême droite qui ont suivi la crise de 1929 et la déflation des années trente, la question du modèle économique doit être posée.

Toute la génération d’économistes présente aujourd’hui dans les cercles de réflexion a été formée sur la vague libérale des années quatre-vingt. Cette période a coïncidé avec une oxygénation de l’économie qui devait s’extraire de la fin du cycle industriel pour pénétrer dans l’économie tertiaire. Personne n’était préparé à cette mutation. Les forces sociales s’opposèrent vivement. Il en résulta néanmoins une mutation et une flexibilisation de nos économies dont je suis convaincu des bienfaits.

Mais, aujourd’hui, le temps vient de s’interroger sur la croissance des inégalités et sur le ruissellement sournois de la classe moyenne vers une distanciation des classes sociales plus prospères.

Tout le monde est coupable de cette évolution, à commencer par chacun d’entre nous qui avons cherché dans l’endettement public, c’est-à-dire dans notre dette collective, une avance sur la prospérité future et un évitement des contraintes qu’impose la gestion collective. Il suffit de penser au problème de l’inversion des courbes démographiques et du financement des retraites qui constituent, dans tous les scénarios économiques plausibles, un arrière-plan menaçant. Quelle honte de n’avoir pas anticipé ce qui était prévu.

A ces grands déséquilibres s’ajoute le choc de croissance que nous connaissons depuis 2008, sans savoir s’il est la cause ou le symptôme des déséquilibres économiques.

Ce qui est certain, c’est que les prochaines années vont exiger de repenser les solidarités. Entre les grands soirs confiscatoires et désertificateurs de croissance et les zélotes d’un libéralisme dépassé, il faudra trouver la voie de la tempérance.

C’est à cela que nos gouvernants devraient s’atteler, en prenant la hauteur des défis sociétaux.

Et c’est exactement ce que nous ne faisons pas. C’est pour cela que les « populismes » se développent. C’est parce que nous n’assurons pas, avec lucidité et rigueur, les défis de nos communautés. Et c’est pour cette raison que la civilité disparaît.

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