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Posté le 15 mai 2017 par Bcolmant

La crise : 9 ans.

Quel sera l’aboutissement de la crise de l’euro ? Et surtout, qui en sera l’acteur décisif ? Est-ce l’Allemagne qui entretient une vision luthérienne et ascétique de l’endettement public et de son financement par l’épargne privée ? Sera-ce la France qui est inéluctablement happée par les pays du Sud de la zone euro et confrontée à son manque de compétitivité? La solution sera peut-être dans un rapprochement des modèles économiques français et allemand puisque l’euro est désormais consubstantiel à l’architecture de ces deux pays. Macron et Merkel, même combat obligé ?

Il y aura un autre équilibre à trouver au sujet du remboursement des dettes publiques qui finiront inéluctablement (et injustement) par appauvrir les créanciers, puisque l’imposture de la rigueur expansionniste est éventée.

Ce gigantesque ajustement sera-t-il opéré avec l’apparence du respect de la propriété privée, c’est-à-dire une inflation modérée ? Ou bien assisterons-nous à des ajustements plus expéditifs, tels des rééchelonnements et consolidations de dettes, des confiscations de dépôts bancaires (Chypre) ou de réserves d’assurances (Hongrie), des défauts (Grèce), etc. ?

Dans l’angle mort de ces questions se pose la question du modèle politique. Quel sera le rôle de l’Etat dans ces exigences contradictoires de la défense du pouvoir d’achat des rentiers et des revendications de confiscation du capital. Entre Marx et Smith, le combat des classes est toujours vivace. Il s’exprimera très durement.

J’entretiens depuis 9 ans la même intuition, familière aux lecteurs de ce blog : cette crise consomme l’aboutissement des égarements de l’Etat-providence. Comme ces icebergs qui s’écroulent, c’est une génération de décideurs et d’économistes qui s’effondre.

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