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Posté le 23 juin 2017 par Bcolmant

La mère des crises : le temps volé ?

2170511761_71eee9fe15Depuis des années, je m’interroge sur cette succession de crises qui pulsent nos communautés.

Chaque incident, considéré isolément, conduit à des causes – ou plutôt à des affinités – qui semblent avoir un certain pouvoir explicatif.

Mais existerait-il une synthèse à ces crises ? Une explication globale et holistique qui, à l’instar du gnosticisme, considérait qu’il existait un Dieu parfait au-delà de ses déclinaisons inachevées ?

J’offre une intuition à la critique.

Jusque dans les années quatre-vingts, dans le sillage de la reconstruction d’après-guerre, on partageait le temps et les richesses accumulées et accomplies. Et puis, selon l’inspiration protestante qui prévaut dans les pays anglo-saxons, on a commencé à négocier, et donc à anticiper, le futur. C’est d’ailleurs le rôle assigné aux marchés financiers qui permettent, aujourd’hui, de traiter son anticipation.

Nous avons tout devancé : la dette publique qui nous a donné un bien-être éphémère au détriment des futures générations, la dette climatique qui sera soldée par des catastrophes et des migrations, la dette de la tempérance sociale qui sera payée par des troubles, etc.

Il y a trente ans, nous avons inversé le sens du temps. Mais le futur nous présentera le prix de son emprunt. Et c’est cela qui se passe maintenant, avec des flammèches de crises dont la synthèse est peut-être que nous avons injurié le futur.

Et le temps –on le sait, mais nous l’oublions – nous est compté.

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