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Posté le 25 août 2017 par Bcolmant

Etats-Unis : il se passe quelque chose.

MaxresdefaultIl se passe peut-être quelque chose d’extrêmement grave aux Etats-Unis, sous nos yeux, sans que nous le voyions, car nous sommes distraits par les gazouillis du compte Twitter du Président Trump.

Les Etats-Unis sont un pays de pionniers qui entretient une vision prédatrice du progrès et de l’enrichissement. Ceux qui ont forgé ce pays furent les exilés de mondes qui ne voulaient plus d’eux. Ils ont dû se frayer un chemin dans des contrées hostiles au prix d’une conquête qui ne s’est jamais apaisée puisqu’ils imposent leur monnaie et leur armée comme la garantie de leur suprématie. Leur économie florissante reflète cette réalité.

C’est peut-être un détail mais, aux Etats-Unis, le port d’armes est un droit quasiment constitutionnel. Il en résulte un niveau de violence larvée que seule une répression pénale inconnue chez nous tempère. L’espace de liberté individuelle est plus large, mais la transgression du droit conduit à des sanctions qui sont des multiples de ce qui nous est familier. Pour faire court : la détention d’armes est généralisée mais de nombreux Etats (30 sur 50) autorisent encore la peine de mort.

Avant l’élection présidentielle, Donald Trump avait clamé qu’il ne faudrait même pas tenir les élections et, aujourd’hui qu’il est élu, près de 40 % des américains s’interrogeraient sur la nécessité d’encore tenir des élections présidentielles. Ce pourcentage reflète peut-être des fluences médiatiques. Il n’empêche qu’il est inquiétant, d’autant qu’il s’inscrit dans un contexte de resserrement vertical du pouvoir dans de nombreux pays.

Je crois que le contexte sociétal américain pourrait subir un choc implosif. Des foules exaltées et hystériques qui hurlent contre leurs institutions et leurs médias dans le rappel des blessures de la guerre civile et de la ségrégation, une négation des institutions représentatives au travers d’un plébiscite porté par les réseaux sociaux et un Président qui crée, sans nier son charisme – et peut-être à cause de cela -, une frénésie pourraient entraîner des violence politiques et contre des journalistes. En effet, peut-on, aujourd’hui, postuler que la liberté d’expression est respectée alors que le Président martèle que les médias sont manipulés et entretiennent des « fake news »? Combien de temps un pays peut-il résister, sans sombrer, à cet univers orwellien ? Des sénateurs, des journalistes sont nominativement conspués dans l’affirmation que ce ne sont pas de bons américains. La presse américaine le suppute à mots voilés : leurs vies sont, le cas échéant, menacées.

C'est un ferment de ruptures civiles. Et de guerres. Car le Président Trump ne pourra pas entretenir l’imminence du déchaînement de la force militaire sans la faire, à moins – et ce serait un scénario tout autant épouvantable – que cette violence soit intravertie et donc interne au pays ? Je ne sais pas.

J’ai l’étrange intuition, que j’espère démentie du fond du cœur, que les élections de 2020 ne vont pas se passer normalement. Et, pour ceux que les précédents inquiètent, il faut rappeler que Nixon, Président paranoïaque et démissionnaire, fut remplacé par son vice-Président, Gérald Ford, qui n’avait lui-même pas été élu, ayant remplacé le vice-Président englué dans une fraude fiscale. Les élections de 1976 eurent lieu.

Mais, comme disait Jankélévitch, le philosophe qui a le mieux appréhendé le temps : Il faut penser tout ce qu'il y a de pensable dans l'impensable. Pour regarder l’avenir sans ciller.

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