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Posté le 3 août 2017 par Bcolmant

Le capital est d’autant plus fluide que le travail est déterritorialisé

UntitledLa sphère économique traverse une période de gigantesques mutations. En effet, deux phénomènes, d’une envergure inconnue à l’aune de l’humanité, se conjuguent. Il s’agit, d’une part, de la mondialisation physique, portant sur la mobilité des hommes, des biens et des services et, d’autre part, de la numérisation, fondée sur l’interconnexion des humains et des systèmes digitaux qui enrobent leurs activités.

On impose aux hommes une versatilité économique insupportable. Les gains de productivité sont aspirés ou refoulés en fonction des zones géographiques sur lesquels le progrès – dont l’enrichissement – se greffe fugacement. Le capital est d’autant plus fluide que le travail est déterritorialisé.

Les pulsations du monde en deviennent d’autant plus imprévisibles que la sphère civile est affolée et atomisée par cette mondialisation qui s’accompagne d’une déliquescence de l’autorité régalienne des pouvoirs publics. L’autorité étatique est toujours délimitée par des frontières physiques tandis que les flux d’informations et de capitaux sont pulsés par des multinationales qui créent, autour du globe terrestre, une exosphère de commerce qu’on appelle désormais – pour lui donner une version de pureté biblique – le cloud.

Mais cette mondialisation s’accompagne d’inégalités croissantes. Les azimuts traditionnels, comme le Nord et le Sud, ne délimitent plus ces inégalités qui rongent ce que furent nos Etats-providence européens, désormais pétrifiés par leurs dettes publiques et par le déplacement latéral de la croissance vers l’Est et les Etats-Unis. Ces inégalités sont elles-mêmes alimentées par le vieillissement de la population.

En Europe, ce ne sera pas la révolution, mais plutôt la résignation de l’âge qui prévaudra. Encore que, comme écrivait Montherlant, tout sera bouleversé par les mains hasardeuses du temps…

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