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Posté le 5 septembre 2017 par Bcolmant

2008 : percuteur ou détonateur ?

ImagesP1UPIN6AEt si la crise de 2008 n’avait été que le percuteur d’une conflagration d’une ampleur plus vaste que la crise bancaire ? Si le shrapnel qui avait fissuré les lourds bilans bancaires était, en réalité, un glissement tectonique dont nous n’avions pas mesuré l’ampleur, sachant que 2008 fut, entre autres, à la fois, le point de départ du papy-boom et du basculement climatique ?

Certes, cette crise a révélé des fragilités financières et a déclenché une spirale d’endettement public qui est désormais financée par la création monétaire. Mais 2008 est peut-être le point de départ d’une mutation sociétale portant sur l’articulation de nos systèmes économiques. Au reste, 2008, près de vingt ans après la chute du mur qui disqualifia le modèle communiste comme antithèse du capitalisme qui devint  la référence ultime, fut une émanation du capitalisme lui-même.

Depuis la fin des trente glorieuses d’après-guerre (1944-74), celui-ci est, en effet, désormais fondé sur une fuite en avant qui conduit à emprunter, au bénéfice d’une jouissance prématurée, le « capital » humain, financier, environnemental, etc. Cet emprunt est, pour partie, traduit, en signes monétaires, mais certains emprunts, tel celui de la Terre, semblent rester, à tort, une abstraction.

Si cette intuition est correcte, alors la crise de 2008 est non pas une crise de marché, ni de l’économie de marché auquel je crois, mais d’une certaine formulation de cette dernière. Il y a donc peut-être un risque que l’irritation sociale, qui est une des facettes de cette crise, s’amplifie dans une mutation du système. Ce qui pourrait arriver, ce serait que ce système s’emballe, plutôt qu’il n’implose : ce ne serait pas sa contestation qui le fissurerait, mais plutôt l’étirement du système lui-même, à savoir que la predation, quand elle n'est pas tempérée et contrainte par un système politique harmonieux,ne soit plus que financière mais s’assimile à une pulsion de mort, incidemment identifiée par Freud et Keynes comme l’expression de la prédation humaine.

Les leçons à tirer des dix dernières années relèvent essentiellement de la curiosité historique. Ce qui importe, c’est de comprendre, dans un monde au sein duquel l’emprunt du futur et les inégalités monétaires s’aggravent, comment restaurer l’apaisement social, un partage harmonieux de la croissance dans le respect de l’entrepreneuriat et une transition écologique.

 

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