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Posté le 2 décembre 2017 par Bcolmant

Bruxelles. Ma Belle (2). Un Etat tourmenté ?

F64929bd9bc3994b3a3c8e2995dfa421--brussels-belgium-worlds-fairDepuis les années cinquante, et plus précisément depuis la question royale, l’Etat est dépouillé de ses attributs régaliens. Mais si l’Etat n’a plus donné confiance, c’est aussi et surtout parce que nous ne nous sommes pas associés collectivement au projet qu’il représente. Tous, nous avons vécu des rentes d’un passé glorieux, sans comprendre que la grandeur d’un pays exige une élévation de pensée et un projet de communauté. Un Etat a besoin d’un chef. Or le pouvoir exécutif se fragmenta sous des couches de réformes qui n’eurent comme seule conséquence que d’assurer l’immobilité sous une administration pesante. Ce qui est important, c’est de retrouver un tracé moral. Il faut un Etat fort, pas au sens de l’autoritarisme qu’il peut exercer, mais de l’autorité qui peut en rayonner. Il faut, avant tout, un Etat qui rassure. Je dois beaucoup à notre Etat, à commencer par l’éducation, et je tente de rendre ce qui me fut donné. Je garde donc une foi indestructible dans notre pays et une conviction absolue qu’il se ressaisira devant les grands périls qui nous menacent. Mais, aujourd’hui, l’Etat suscite l’indécision ou l’inquiétude. Il est indispensable que, faute d’homme providentiel, ceux qui le dirigent indiquent, au risque de l’impopularité, quel est son avenir social et politique dans un cadre moral rassurant. Un monde ancien s’effondre. Ce monde, c’est celui de l’insouciance et du vain espoir que les certitudes soutiennent le futur. L’avenir va - je le crains - trahir les promesses que nous lui avons confiées. De Gaulle parlait d’obscure fatalité. L’histoire, ignorante de sa puissance, est une tempête qui trompe les hommes, détruit l’ordre et saccage les espérances. Et personne ne sait qui en décide.

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