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Posté le 3 décembre 2017 par Bcolmant

Etats-Unis : que va-t-il se passer ?

Cropped-vietnam_henri_huet_01_610x400Les Etats-Unis se métamorphosent. Bien sûr, on pourrait confiner cette mue à l’élection présidentielle. Mais ce serait confondre les symptômes et les causes. Les Etats-Unis se sont forgés dans un alliage de domination. Cette dernière, domestique et extérieure, leur a permis d’imposer au monde un ordre capitaliste qui est fondé sur la supériorité militaire, et donc monétaire. Cet état d’esprit aligne le peuple américain sur des valeurs morales et symboliques qui perpétuent la supériorité de leur modèle. Le presbytérien Président Woodrow Wilson (1913-1921) qui est à la base de ce postulat de supériorité morale, qui considérait les Etats-Unis comme la terre promise.

Pourtant, le dernier demi-siècle a indubitablement confiné le champ d’influence américain. Si la chute du mur, en 1989, fut incontestablement la démonstration de l’unicité du système d’économie marchande puisque son contre-modèle s’était sabordé, l’immersion dans le capitalisme d’autres nations, telles la Chine et la Russie, ont contribué à limiter l’influence américaine. Militairement, aussi, les Etats-Unis ont subi des revers. La guerre du Vietnam s’est échouée dans le déshonneur tandis que les conflits suivants (Golfe, Irak, Afghanistan), au reste souvent déclenchés par les Etats-Unis au motif de la nécessité d’une domination mondiale, ne les ont pas déclarés vainqueurs de manière décisive. La guerre actuelle, celle du terrorisme, est plus pernicieuse. Elle a frappé le cœur du capitalisme, New-York, un 11 septembre. Ce jour-là, un ordre américain ancien est mort.

La crise de 2008 fut aussi un terrifiant choc pour ma prospérité économique. Même si l’économie américaine a retrouvé une croissance solide et le plein-emploi, cette prospérité n’est pas bien partagée sous les angles sociaux et géographique. La classe moyenne a été pulvérisée dans la hantise de la mondialisation et le cœur des États-Unis est rongé par la crise des opiacés.

Certains pourraient croire que l’élection de Trump est l’aboutissement de ses constats, que j’ai évidemment simplifiés. En vérité, Trump est peut-être le début de quelque chose. Que ce soit en matière de politique intérieure (immigration, programmes sociaux, sécurité sociale, système fiscal) ou de politique extérieure (démantèlement progressif des accords de coopération économique, d’immigration, climatiques, etc.), les États-Unis se libèrent de liens de coopération pour restaurer une logique de domination.

Trump et le parti républicain arrachent les écorces d’un ordre social pour révéler et irriter le penchant obscur des hommes à la prédation. Ceci peut conduire à une hystérie collective d’autant plus plausible que les États-Unis s’alignent toujours dans le combat d’un ennemi, réel ou imaginé (il suffit de penser à a légende des armes de destruction massive irakiennes). La question est donc de savoir quel sera l’aboutissement de la présidence de Trump. Car une fois que tout l’actif social et fiscal aura été soldé et que la prospérité américaine devra s’acquérir au détriment d’autres nations, que se passera-t-il ? Quand Wall Street aura terminé d’anticiper des réformes qui finiront par s’atténuer, comment les marchés financiers réagiront-ils ? Et quand tout cela sera consommé, aurons-nous la guerre ? Une guerre ? Je ne le prédit pas, ni ne l’espère mais c’est vraisemblable.

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