Après l’extraordinaire découverte des fours solaires, Fair Street a réalisé un deuxième reportage dans la ville de Cochabamba, Bolivie. Nous avons eu la chance de rencontrer Martha Wille, qui est à la tête d’une entreprise familiale créée il y a plus de 40 ans. Martha s’est lancée dans l’ambitieux projet de démontrer que l’activité d’une entreprise peut bénéficier à tous les acteurs de la chaîne de production.
- L’initiative
Fondée en 1972 par Guillermo Wille, Coronilla est une entreprise basée à Cochabamba en Bolivie qui produit des pâtes et des snacks sans gluten. Au milieu des années 90, alors que le marché à l’exportation se contracte considérablement, l’entreprise est au bord de la faillite. Martha Wille, fille de Guillermo Wille et gérante actuelle de Coronilla, relance l’entreprise en diversifiant la ligne de produits et en insufflant sa fibre sociale à Coronilla. L’objectif de Coronilla est de lutter contre la pauvreté en ayant un impact social positif sur les différents acteurs de sa chaine de valeur. Alors que la Responsabilité Sociétal d’Entreprise (RSE) est un concept très peu développé en Amérique du sud et encore moins en Bolivie, Coronilla se veut précurseur. Pour ce faire, elle achète ses matières premières à des prix équitables auprès de producteurs locaux, sa main d’œuvre est constituée à 75% de femmes et à 10% de personnes à capacité réduites et offre des conditions de travail optimales.
- Impact financier
Depuis 1997, deux organisations ont contribué au
développement de Coronilla.
La première, SEAF (Small Enterprise Assistance Fund) a
investi 400 000$ (mix de capital et de dette) via son fond « Fondo Capital
Activo de Bolivia », afin de financer les besoins en fond de roulement de
l’entreprise. Au-delà de l’apport en capital, le soutien de SEAF a permis à
Coronilla d’améliorer ses procédures comptables et de se transformer en société
anonyme. SEAF a essentiellement participé à la professionnalisation de
l‘entreprise. Coronilla a racheté les parts de SEAF en 2004.
Bien que SEAF ait joué un rôle important dans le
développement de l’entreprise, en 2004, Coronilla n’utilisait que 20% de ses
capacités de production et l’entreprise avait besoin de capital pour continuer
à grandir. Coronilla a alors obtenu un prêt de 350 000€ de l’organisation
hollandaise Cordaid. Ce prêt a permis à Coronilla de doubler ses exportations
la même année. Aujourd’hui, les exportations de Coronilla atteignent près d’1
million $ tout en utilisant 50% de ses capacités de production. Si l’entreprise
a connu une belle croissance depuis 5 ans, elle bénéficie encore d’une
importante marge de progression qui devra lui permettre de davantage répartir
ses coûts fixes et d’augmenter sa marge bénéficiaire.
En continuant à créer de la valeur pour chacun des acteurs (producteurs,
employés, actionnaires et clients), Martha Wille est convaincue que Coronilla
est appelée à devenir une entreprise majeure en Bolivie.


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