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Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 28 avril 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Ce qui va changer pour les marchés avec MiFID2

68142032_490651772.previewLe 3 janvier 2018, l'entrée en vigueur de la directive MiFID2 risque d'apporter un changement important sur les marchés d'actions européens. Certains observateurs craignent même que durant les deux premiers mois après cette implémentation, la structure des marchés financiers sera confuse, avec des conséquences pour la liquidité.

Le changement majeur de la directive repose sur la fin des dark pools gérées par les banques. Lors de la conférence Trade Tech, beaucoup de participants ont souligné combien les banques n'étaient pas contentes de ce changement, car ces dark pools leur ont coûté beaucoup d'argent en termes d'exploitation et de services.

Chez Liquidnet, un dark pool spécialisé dans le trading de bloc (qui représente environ 5% des volumes de transactions par jour sur les marchés européens), Mark Pumfrey et Rebecca Healey relèvent que la disparition des dark pools des banques, mais surtout la limite imposée aux transactions dont le volume dépasse 4% du montant total des volumes de transactions sur un titre traité sur une Bourse, ou 8% si ce titre est traité sur plusieurs plateformes de transactions, risque de poser des problèmes pour ceux qui passent ces transactions. 96% des actions européennes vont dépasser cette limite le 3 janvier 2018, indique Mark Pumfrey, s'appuyant sur une étude menée par le London Stock Exchange.

L'avantage des dark pools repose sur l'anonymat des transactions. Pour un gestionnaire de fonds, une compagnie d'assurances, ou un investisseur comme le milliardaire Warren Buffett, exécuter une transactions sur les marchés non anonymes pose un gros problème à cause de l'impact de ces transactions sur les marchés. Alors, il leur est nécessaire de rester discret. Afin de ne pas causer de tort aux marchés, les régulateurs européens ont défini une taille requise pour que ces transactions restent anonymes. Il s'agit du "large in scale".

Où vont donc se retrouver ces transactions sur les actions européennes après le 3 janvier 2018? Liquidnet a mené son enquête auprès des firmes d'investissement, et est arrivé à ce tableau.

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Le problème, souligne Liquidnet, repose sur le volume des "Large in scale (LIS)". Comment passer de 5% à 27% en l'espace de 7 mois? Selon Mark Pumfrey, les investisseurs institutionnels vont devoir regrouper leurs transactions pour pouvoir atteindre cette taille de transactions.

On le voit aussi sur ce tableau, les transactions vont migrer vers les Systematic Internalizers (SI), définit selon MiFID par une firme d'investissement qui traite les ordres de sa clientèle à son propre compte, de manière organisée, fréquente, systématique et substantielle en dehors des plateformes de transactions.

Philip Allison, CEO de la firme de trading KCG Europe, a aussi relevé durant une présentation à Trade Tech  qu'une partie des volumes de transactions sur les marchés européens va migrer vers les Systematic Internalizers.

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 SOR, pour ceux qui l'ignorent, est l'acronyme de "smart order router", l'algorithme employé par les courtiers pour envoyer les ordres sur les plateformes de transactions en fonction de critère comme le prix, la liquidité,...

Une des explications à cette émergence des SI repose sur leur absence de commissions. Alors que les Bourses et les MTF ( des systèmes de transactions alternatifs aux Bourses, comme Bats et Aquis Exchange) demandent elles des frais de transactions. Sous MiFID2, les firmes d'investissement sont tenues de publier la structure des coûts de leurs transactions. Elles doivent prouver la meilleure exécution des ordres de leurs clients. Le prix n'est pas le seul critère de meilleure exécution (la directive MiFID, pour rappel, n'a pas imposé ce critère), mais il peut clairement jouer un rôle dans le nouveau paysage des Bourses.

Les Bourses et les MTF récupéreront les flux de transactions qui ne peuvent pas être exécutés en LIS ou sur les  SI. Philip Allison relève que des transactions "grises" vont faire leur apparition. Il définit ces transactions par le fait que celles-ci vont passer par des systèmes d'enchères. Le MTF Bats a créé des mini-enchères durant une demi-seconde, de manière régulière. Le London Stock Exchange a aussi lancé ses mini-enchères.

Quelles seront les conséquences de cette évolution? Outre la confusion des investisseurs après le 3 janvier 2018, certains analystes craignent aussi une augmentation des coûts de transaction. Larry Tabb, le fondateur de Tabb Forum, estime que les spreads vont augmenter sur les Bourses. Il se demande même si MiFID 2 ne va pas détruire les Bourses européennes. Toutefois, du côté d'Euronext, Aquis Exchange et Bats, on ne semble pas inquiet. Que du contraire.

Par ailleurs, tous les détails de MiFID2 ne sont pas encore connus, alors qu'il reste 7 mois avant la mise en vigueur de cette réglementation. L'ESMA, autorité européenne des marchés financiers, doit encore apporter des précisions, attendues pour le mois de juillet.

 

 

Posté le 25 avril 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Le futur du trader

Sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter, une photo a beaucoup circulé tellement est elle interpellante. On y voit un avant/après de la salle de marchés d'UBS à Stamford, dans le Connecticut. Depuis la crise financière, elle s'est quasiment vidée car UBS a regroupé ses traders à New York et écrémé ses effectifs au passage.

Cela ne s'est pas passé sans conséquence pour les activités de la salle de marchés. Eric Boess, responsable du trading chez Allianz, a souligné durant le salon Trade Tech qui se tient ce mardi et mercredi à Paris au Palais des Congrès, que "la communication devient difficile quand vous devenez plus grand. Si un trader se situe à un endroit et que ses clients sont localisés dans divers endroits, cela devient plus compliqué". A la question: "Que regardez-vous si vous voulez recruter un trader", Eric Boess a répondu "une forte compréhension de la technologie mais surtout sa capacité à communiquer". "S'il n'est pas capable de communiquer avec le sell side et les gestionnaires de fonds, alors ce n'est pas bon. Cela n'a pas beaucoup changé" estime-t-il.

Pourtant, avec l'évolution de la technologie, le métier de trader évolue, comme le constate Alfred Eskandar, CEO de Portware. "Cela devient de plus en plus difficile pour les traders, car ils ont de moins en moins d'informations à partager" indique-t-il. "La communication des traders avec les courtiers et les gestionnaires de fonds devient inutile car un trader humain n'apporte aucune valeur ajoutée par rapport à un algorithme. Elle l'est par contre utile dans de rares cas comme un événement de liquidité, une action des sociétés comme une augmentation de capital,... tout ce qui sort d'un modèle normal des transactions. Un trader devient inutile quand il veut communiquer comment se traite l'action Vodafone pour un montant de 5000 euros à investir" ajoute-t-il. 

Selon lui, cela va conduire à une disparition des traders dans les salles de marchés. "La tendance ne va pas s'inverser " affirme-t-il. "On voit aussi que l'utilisation des algorithmes à la place des traders se répand sur d'autres classes d'actifs comme les taux de change et les obligations d'entreprise. On assiste de plus en plus à des conversations entre serveurs informatiques" souligne-t-il. "Mais on assiste aussi de plus en plus à des conversations entre serveurs informatiques et traders humains, qui leur donnent des indications sur comment agir sur les marchés. Ca, c'est le modèle qui va se développer ces prochaines années" prédit-il.

Posté le 25 avril 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La transparence des marchés financiers

Le 3 janvier 2018, les marchés européens vont connaître une petite révolution avec l'entrée en vigueur de MiFID2. Comme l'a souligné Gerard Rameix, le président de l'Autorité des Marchés Financiers ce mardi lors du salon Trade Tech à Paris, "MiFID1 (en 2007) a amené une forte baisse de la transparence sur la formation des prix"  car depuis cette date, les dark pools, ces plateformes où les transactions restent anonymes, ont connu une progression importante, passant de 2,7% en 2011 à 9,1% en 2016. Une des raisons à cette progression est la volonté de certains acteurs de marché d'éviter les traders à haute fréquence qui ont vu leur envol sur les Bourses. Mais pas seulement. Les banques qui opèrent ces plateformes, comme Goldman Sachs, UBS et Credit Suisse, ont activement fait la promotion de leur dark pools auprès de leur clientèle, séduites par des prix plus attractifs pour les transactions. Parallèlement, les transactions de gré à gré (sans passer par une Bourse) sont restées importantes.

Avec MiFID2, une sévère limite va être imposée pour toutes les transactions qui  dépassent un certain seuil en termes de volumes. Car il faut rappeler que l'existence des dark pools se justifie par la nécessité pour des gros acteurs de marché de minimiser leur impact sur les marchés lorsqu'ils achètent et vendent des titres. Un seuil de 4% du montant total des volumes de transactions pour un titre traité sur une plateforme, ou 8% s'il est traité sur plusieurs plateformes, sera imposé à partir du 3 janvier. Ceci signifie que les transactions qui dépassent ce seuil ne peuvent plus être négociées sur les dark pools, et devront revenir sur des marchés réglementés, ce qui fait plaisir à Euronext, Aquis Exchange,... Richard Seemark, responsable d'UBS MTF, prédit que le 3 janvier 2018, beaucoup d'actions vont tomber dans cette limite. Selon une étude du London Stock Exchange, que plusieurs participants ici à Trade Tech ont mentionné, 96% des actions européennes vont tomber dans cette limite. Toutefois, les transactions "large in scale" échappent à cette exigence. Pour être qualifiée de "large in scale", la taille des transactions doit excéder 50.000 euros pour une valeur qui se traite à un volume de 0,5 million de titres par jour, "cinq fois la taille moyenne d'une transaction" relève Robert Barnes, de Turquoise.

Cette limite vise à réduire les transactions de gré à gré. Elle visait au départ les dark pools des banques, mais celles-ci sentant le vent tourner, ont décidé, comme UBS et Goldman Sachs, de requalifier leur dark pool en MTF, soumis à des obligations plus strictes. Chez Liquidnet, un dark pool, Mark Pumfrey, souligne que ces cinq dernières années,12 à 15% des volumes sur les MTF des banques sont faites sur un mode non transparent. "Cette proportion a doublé en 5 ans" relève-t-il.

La notion "large in scale"a fait réfléchir les acteurs de marché. Mark Pumfrey souligne que pour atteindre cette limite qui échappe aux exigences de transparence requises par MiFID2, les firmes commencent à collaborer pour obtenir une taille correspondant au "large in scale". Ce ne sera pas sans conséquence, puisque la taille d'une transaction sur les dark pools équivaut en général désormais à celle sur un marché réglementé, soit 10.000 euros.

Posté le 3 avril 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Frein à la vitesse: où en est-on en Europe?

Aux Etats-Unis, depuis la transformation d'IEX en Bourse en août 2016, ses concurrents se sont mis à réflechir, voire agir pour imiter son modèle. IEX, pour rappel, est une plateforme de transactions lancée en 2013, qui présente la particularité d'imposer un frein de 350 microsecondes pour toutes les transactions qui y sont exécutées. Ce frein est rendu possible par l'utilisation de deux centres de données (au lieu d'un centre principal et un centre miroir)  où les ordres entrent et sortent d'un centre situé à Secaucus et où l'offre et la demande se rencontrent dans un centre situé à Weekhawken, pas très loin de là. Un câble de fibre optique rejoint les deux points, mais celui-ci a volontairement été rallongé de 61,235 kilomètres, enroulé en bobine. Les transactions sont ralenties grâce à cette bobine.

Les Bourses comme le NYSE et le Nasdaq ont tenté d'empêcher l'émergence d'IEX comme treizième Bourse des marchés d'actions aux Etats-Unis. Mais la Securities and Exchange Commission a donné son feu vert. Depuis, le NYSE, le Nasdaq et le Chicago Stock Exchange veulent imposer un ralentisseur sur leur marché, mais pour certains segments.

Le NYSE projette d'appliquer un frein de 350 microsecondes pour les transactions sur les petites et moyennes valeurs. Le Nasdaq avait lancé en août 2016 un type d'ordres destiné à ralentir les transactions parmi tous les autres), et le Chicago Stock Exchange doit lancer cet été son frein pour les ordres qui retirent de la liquidité sur le marché.

En Europe, les Bourses n'ont pas pris cette voie. Chez Euronext, Stéphane Boujnah, président du directoire, souligne que la concurrence n'est pas aussi intense sur le Vieux Continent par rapport aux Etats-Unis. "Le "speed bump" est une fonctionnalité spécifique au modèle de marché interconnecté des Etats-Unis, qui a été conçue pour répondre au positionnement commercial d’IEX. En Europe, nous pensons que les bourses doivent exécuter les ordres immédiatement et que tous les membres de marché doivent être traités de la même façon. L’ampleur du flux provenant de nos clients a pour conséquence que le risque de distorsion des marchés Euronext par des opérations HFT est faible. Sur Euronext, ce type de flux est principalement repris dans des programmes de market making conçus pour favoriser la liquidité pour tous les investisseurs".

 En outre, en Europe, les marchés sont nettement moins fragmentés qu'aux Etats-Unis. Les opérateurs historiques des bourses, comme Euronext, Deutsche Börse, et le London Stock Exchange, conservent une part de marché dominante. Un exemple avec le Bel20, où Euronext (en vert sur le graphique) domine le marché.

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(source: Fidessa).

Aux Etats-Unis, les acteurs historiques comme le NYSE et le Nasdaq n'ont plus que 20 à 25% de part de marché.

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(Source: Bats)

L'entrée en vigueur de la directive MiFID2 le 1er janvier 2018 ne devrait pas provoquer une situation comme aux Etats-Unis. La directive cible davantage les transactions qui passent sur les marchés non réglementés, comme les dark pools, et les données de marché. Elle ne vise plus à instaurer une concurrence sur les transactions, comme en 2007, avec sa première version. En outre, le projet d'instaurer un frein d'une demi-seconde sur les transactions s'est perdu dans les négociations du Parlement européen.

 

Posté le 31 mars 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La course à la vitesse touche à sa fin pour les HFT?

La course à la vitesse est-elle terminée pour les firmes de trading à haute fréquence? Il semblerait, au vu des derniers développements dans le secteur, avec notamment la vente de l'activité de trading à haute fréquence de Teza Technologies à la firme texane Quantlab. Teza dispose de l'une des technologies les plus rapides sur le Chicago Mercantile Exchange, une Bourse qui a récemment revu ses accès pour permettre aux ordres d'être exécutés sur le mode premier arrivé, premier servi.

Mark Spanbroek, président de la FIA Epta, une association qui regroupe les firmes de trading européennes,  souligne que seule une poignée d'acteurs investit encore dans la vitesse de leurs transactions. "Leur business model le leur permet" indique-t-il. "Les autres firmes ont adopté un modèle différent. Alors, la course à la vitesse n'est plus importante" ajoute-t-il.

"Aujourd'hui, l'accent est davantage mis sur le data mining et l'apprentissage automatique des algorithmes" relève Mark Spanbroek.

Le but pour les firmes de trading s'avère de prédire l'évolution des marchés sur plusieurs heures plutôt que sur l'instant même, souligne Vikas Shah, de Rosenblatt Securities.

Cela ne signifie pas que la vitesse des transactions a ralenti. Le Chicago Mercantile Exchange, principal marché de dérivés aux Etats-Unis, vient de revoir ses accès. Euronext, le groupe qui rassemble les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne, prévoit de changer de plateforme de transactions cette année, en automne, pour diminuer le temps de latence des transactions. Ce n'est pas le signe que la vitesse des transactions ralentit. De plus, sur les marchés européens, le débat sur un frein à la vitesse des transactions n'existe pas vraiment. Euronext n'a pas l'intention de mettre un frein sur ces marchés. Alors qu'aux Etats-Unis, le NYSE, le Nasdaq et le Chicago Stock Exchange essaient de ralentir les transactions.

Posté le 27 mars 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Fusion dans le monde du HFT

Virtu Financial a déposé une offre de rachat des titres KCG entre 18,50 dollars et  20 dollars l'action. Cela valoriserait KCG à 1,33 milliard de dollars, alors que sa capitalisation boursière évolue actuellement à 1,192 milliard de dollars. A l'annonce de ce rachat, le titre KCG a connu une brusque hausse, comme le montre ce graphique.

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Eric Hunsader, le fondateur de la firme de données Nanex, a ironisé sur cette fusion, soulignant qu'à ce train-là, il n'y aurait plus qu'une seule firme de trading à haute fréquence sur les marchés: Virtu Financial.

 

Cette fusion intervient alors que les temps sont difficiles pour les firmes de trading à haute fréquence. Teza a vendu son activité de trading à haute fréquence à une autre firme, Quantlab, pour 20 à 30 millions de . Motif? La société éprouve des difficultés à suivre dans la course à la vitesse que se livrent toutes les firmes de trading à haute fréquence. Tours à fréquence hertzienne, laser, coûts de colocation et de connectivité pèsent lourd dans leur budget. Et les firmes se plaignent des coûts des données de marché. Aux Etats-Unis, Wolverine Trading s'est plaint que ses coûts on triplé entre 2008 et 2016 à cause du prix des données de marché.

De plus, les bénéfices des firmes de HFT ne suivent pas. TABB Forum, cité par le Wall Street Journal, estime que le chiffre d'affaires du secteur est tombé à 1,1 milliard de dollars en 2016 contre 7,2 milliards de dollars en 2009.

L'année 2015 a particulièrement été difficile pour KCG et Virtu Financial. Les deux sociétés ont dégagé un bénéfice respectif de 60,1 millions de dollars et 26,4 millions de dollars, contre 76,8 millions de dollars et 194,4 millions de dollars en 2014. KCG a connu une embellie en 2016, avec un bénéfice net de 246,2 millons de dollars. Pour Virtu, l'année dernière s'est avérée meilleure que 2015, mais ses bénéfices, à 26,4 millions de dollars, s'affichent loin derrière ceux de 2014.

La faible volatilité actuelle sur les marchés explique en partie les faibles revenus des firmes de HFT. En 2008, ceux-ci avaient atteint un record, alors que le VIX, qui mesure la volatilité des prix des options sur le S&P500, avait touché 80 points. Actuellement, cet indice tourne autour de 12.  Il faut noter qu'en 2008, Virtu Financial est . Il n'y a plus eu depuis d'émergence de nouveaux acteurs d'envergure parmi les firmes de trading à haute fréquence.

A cela viennent s'ajouter des taxes sur les transactions, comme celles imposées par l'Italie en septembre 2013 pour les transactions intraday (de 0,002% sur les transactions en actions dont la détention ne dépasse par 0,5 seconde). La France veut également étendre sa taxe sur les transactions aux transactions intraday, en principe le 1er  janvier 2018. Et il ne faut pas oublier les amendes qui frappent le secteur, en particulier aux Etats-Unis.

Une consolidation du secteur dans ce contexte semble donc inévitable.

Posté le 24 mars 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Le HFT en quelques dates

Le site  Snipe The trade a réalisé une infographie sur l'histoire du trading à haute fréquence. Plus que le trading à haute fréquence, cette infographie pointe l'accélération exponentielle de la vitesse des transactions. Je vous laisse juge.

 

History of HFT
© snipethetrade.com

Posté le 23 février 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Variations excessives sur le cours du cuivre

Lundi 20 février 2017, entre 18 h et 18h35 à Londres, les cours du cuivre ont connu une brusque variation, marquée par des volumes de transactions élevés  en cette période d'habitude plus calme.

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Les marchés américains étaient fermés pour cause de President's Day. Sur les marchés d'actions européens, la tendance était plutôt creuse lundi comme l'ont noté plusieurs traders.

Cette variation inhabituelle des cours du cuivre s'explique par un algorithme défecteux selon Guy Wolf, cité par Bloomberg, de Marex Spectron Group.

Au rayon des informations ce jour-là, le groupe minier BHP Billiton serait entré en discussion pour mettre fin à une grève dans sa mine à Escondida. Mais l'information a elle seule n'explique pas pourquoi les cours du cuivre sont entrés en mode montagne russe vers 18h à Londres. Du côté du London Metal Exchange (LME), aucun commentaire n'a été donné sur cet épisode.

L'absence des intervenants américains sur Globex, la plateforme du marché de dérivés Chicago Mercantile Exchange, a empêché de contrebalancer ces variations, selon Guy Wolf. Qui ne voit guère d'un bon oeil la montée en puissance des traders à haute fréquence sur le LME, responsables selon lui d'une plus forte volatilité intraday.

 L'AMF, l'autorité des marchés financiers français, avait récemment pointé dans une étude sur les titres du CAC40 que les HFT se retirent du marché lors des épisodes de forte volatilité. Diverses études universitaires pointent régulièrement un effet stabilisateur des HFT sur la volatilité du marché. Mais en finance, tous les modèles mathématiques (comme par exemple Black-Schole, VaR, ...) touchent leur limite quand les conditions de marché ne sont pas au beau fixe.

Posté le 31 janvier 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Des HFT gourmands en liquidités selon l'AMF

L'Autorité des Marchés Financiers (AMF), gendarme de la Bourse de Paris, s'est penchée sur le rôle des traders à haute fréquence sur les valeurs du CAC40 entre novembre 2015 et juillet 2016. Le régulateur définit le trader à haute fréquence comme un participant de marché qui a annulé ses ordres de Bourses plus de 100.000 fois par an, et qui a annulé au moins 500.000 ordres pour une durée de vie de moins de 0,1 seconde. Il précise que sous la définition du HFT préconisée par la directive MiFID2 (selon laquelle si un trader envoie 4 messages par seconde sur les  marchés, il est un HFT), 25 des membres les plus actifs sur Euronext tombent dans cette catégorie, pesant au total 97% des volumes d'ordres sur Euronext.

L'AMF s'est concentrée sur le rôle des HFT durant deux épisodes clé des marchés entre novembre 2015 et juillet 2016. Le premier est la conférence du 3 décembre 2015 de la Banque centrale européenne, et le deuxième est l'annonce du Brexit le 24 juin 2016.

Le régulateur souligne que durant toute la période d'étude, les HFT sont présents sur la meilleure offre ou la meilleure demande 91% du temps, et que le montant qu'ils apportent sur le marché représentent 70 à 80% du montant total présent. "En fonction du niveau de profondeur de marché étudié, le montant s'élève entre 41.000 euros et 225.000 euros, et excède la taille moyenne des transactions, comprise entre 8000 et 12.000 euros pour les titres étudiés" souligne l'étude. L'AMF ajoute que les HFT se retirent graduellement des marchés à la fin de la journée. Leur part de marché descend de 60 à 55%.

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L'AMF constate aussi que de manière générale, les HFT consomment plus de liquidités qu'ils n'en procurent. "Cette attitude se marque davantage durant les périodes de forte volatilité  historique (l'ouverture des marché, et durant les annonces, et après l'ouverture des marchés américains)". "60% de la liquidité fournie par les HFT est consommée par les autres HFT et 40 % par les non-HFT. La liquidité fournie par les non-HFT est consommée majoritairement ( 71%) par les HFT, ce qui peut indiquer une asymétrie de l'information parmi les participants de marché, car les transactions agressives sont généralement mieux informées que les transactions passives"

Durant les deux épisodes clé du 3 décembre 2015 et du 24 juin 2016, l'AMF a observé un tel comportement chez les HFT.

Le 3 décembre 2015, l'AMF a relevé ceci:

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Trois annonces ont eu lieu ce jour-là, une annonce erronée du Financial Times sur les taux inchangés de la BCE, puis une annonce officielle de la BCE sur une baisse du taux de dépôt  à -0,30%, et enfin, l'annonce du prolongement du QE à mars 2017. "Les trois annonces ont été accompagnées d'un retrait significatif de tous les participants de marchés du carnet d'ordres, et par une forte remontée des volumes de transactions". L'AMF relève que durant cet épisode de forte volatilité, des HFT se sont retirés du marché, mais en revanche leur part de marchés est passée de 60% en moyenne à 80 % durant les périodes d'annonces".

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Durant l'annonce du Brexit, l'AMF a constaté ceci:

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 "Durant cette période, les HFT ont fortement réduit leur présence sur le carnet d'ordres. Leur provision de liquidités s'est avérée 40% sous leur moyenne habituelle. Des ordres larges et entièrement exécutés par des non HFT ont soutenu la liquidité, en particulier au début et à la moitié de la séance".

Il faut rappeler que l'AMF adopte un ton particulièrement sévère envers le HFT parmi les régulateurs financiers en Europe. Le gendarme de la Bourse de Paris avait infligé en novembre 2015 une amende de 5 millions d'euros à Virtu Financial pour manipulation de cours sur 27 titres du CAC40. Je rappelle aussi que la France veut imposer une taxe sur les transactions intraday de 0,2%, en cours de négociation avec les intermédiaires financiers.

 

Posté le 15 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un festival de flash crash sur les bancaires

A 10h20 ce jeudi CET, une bien étrange agitation s'est emparée des marchés européens. Les titres du secteur bancaire européen, comme la Société Générale, BNP Paribas, Deutsche Bank, KBC, ... ont connu un flash crash.

 

BNP

BNP

Société Générale

GLE

KBC

KBC

Qui a eu un fort impact sur le Bel20

Bel20

Mais les valeurs bancaires n'étaient pas les seules à être secouées à 10h20.

Royal Dutch Shell a aussi connu un flash crash.

RDSA

Et ABinBev a connu une hausse soudaine à la même heure.

ABIN

Que s'est-il passé? La question reste ouverte.

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