Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 2 septembre 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Petits couacs en série sur les Bourses

 
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Le 24 août dernier, les coupe-circuits du London Stock Exchange ont empêché la dégringolade de 5 titres cotés à Londres: BT Group PLC, Hays PLC, Next PLC, Northumbrian Water Group PLC et United Utilities Group PLC. Vers 14h, ces titres se sont mis à chuter sans raison. Les rumeurs de "fat finger" ont couru bon train.

La comparaison avec le krach éclair du 6 mai a vite fait surface. Mais ici, les mécanismes de coupe-circuit ont fonctionné.A Wall Street, le Dow Jones a perdu en dix minutes près de 1000 points à la stupéfaction générale des traders. A la suite de cet incident, la Securities and Exchange Commission a imposé un coupe-circuit général pour les différentes Bourses et plateformes de transactions outre-Atlantique.

La fragmentation excessive des marchés américains a été montrée du doigt dans cette affaire. Pourtant, à Londres, le marché est aussi fragmenté. Le LSE ne traite plus que 52% et des poussières du FTSE100. Le reste est partagé entre Chi-X, Turquoise, BATS et des dark pools. Toutefois, Turquoise fait désormais partie du groupe LSE.

Derrière les évènements du 6 mai, plusieurs problèmes ont été relevé. Tout d'abord, un dysfonctionnement des appareils des brokers sur le parquet du NYSE ont provoqué un exode des ordres (près d'un tiers) vers d'autres plateformes. D'autres dysfonctionnements s'en sont suivis sur les autres plateformes, asséchant les volumes de transactions. Ce jeu de domino a provoqué l'effondrement du Dow Jones.

Plus récemment, Direct Edge, le quatrième marché d'actions aux Etats-Unis, s'est illustré avec le titre HP.  Le 6 août (il faut croire que le chiffre 6 porte malheur sur les Bourses américaines), il s'est trompé de code de rapport pour les transactions sur HP (représenteé sur la photo par son patron démissionnaire, Mark Hurd), entraînant une chute de l'action.

Direct Edge a oublié de préciser que ces transactions avaient été effectuées après les heures de Bourse. Le prix de celles-ci a dès lors été comptabilisé dans le calcul général du cours du titre.

En Europe, les titres traités sur différentes plateformes ne sont pas encore soumis à ce calcul. Le prix de référence reste celui de la Bourse principale. Ceci explique pourquoi la fragmentation des marchés du Vieux Continent ne pose finalement pas de problème de ce genre. Mais ceci pourrait changer.

L'implémentation d'une consolidated tape ( base centrale de données de transactions) pourrait entraîner un recalcul du prix de référence, et des indices comme le Bel20, le CAC40, ou le DAX. Actuellement, seul le prix d'Euronext Bruxelles entre dans le calcul du Bel20. Le prix de Chi-X reste marginal. A suivre...

Posté le 2 septembre 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Sale temps pour les hedge funds

Sale En moins de deux semaines, deux figures de proue de l’industrie des hedge funds ont jeté l’éponge. Stan Druckenmiller (photo) et Paolo Pellegrini ont tous deux décidé de liquider leurs fonds et de rendre leur argent à leurs investisseurs. C'est honorable de leur part.

Dans le cas de Pellegrini, ancien associé de John Paulson et surtout moteur du fonds Paulson Credit opportunities (qui jouait à la baisse le subprime), cette liquidation survient à peine un an après le lancement de sa propre firme.

Dans les deux cas, la performance des fonds se trouve à l'origine de la liquidation. Druckenmiller, le protégé du milliardaire George Soros, s'est dit insatisfait de celle de Duquesne Capital Management, son fonds. Pellegrini accumulait lui les pertes.

Un autre phénomène a également joué: la méfiance des investisseurs. Les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d'assurances,...) font la fine bouche. Après la crise financière de 2008, beaucoup ont été échaudés par les pratiques en vigueur dans l'industrie des hedge funds. Gates, lock up periods (possibilité de retrait limitée), manque de transparence sur la gestion les ont particulièrement excédés.

Et puis, si les hedge funds ont perdu en moyenne 23% en 2008,contre 50% pour les indices d'actions occidentaux, en 2009, avec un bond de 13%, ils se sont retrouvés en retrait de ces derniers. Depuis cette année, beaucoup éprouvent un mal de chien à décrypter les tendances des marchés, particulièrement aléatoires il est vrai.

Il ne faut toutefois pas oublier que dans cette industrie, il y a beaucoup d'appelés, peu d'élus. Rares sont les gestionnaires qui savent durer. On retrouve peu de George Soros ou Jim Simons (Renaissance Technologies). Certains fonds, comme AHL, subsistent grâce au renouvellement de son équipe de gestion. D'autres ne résistent pas à l'épreuve du temps. Et des marchés.

A ceci vient s'ajouter un tour de vis régulateur, qui se traduira surtout par une hausse des coûts de gestion pour les hedge funds. En Europe, la directive AIFM, quand elle sera finalisée, imposera une série de contraintes pour les gestionnaires.

Aux Etats-Unis, le Dodd-Frank Act a induit une scission des banques d'investissement et des hedge funds. Morgan Stanley et Goldman Sachs ont annoncé la vente de leurs hedge funds. Sans leur maison-mère, ceux-ci vont devoir trouver un autre moyen de se gérer administrativement, à moindre coût.

D'où une vague de consolidation dans le secteur.

Bref, le monde bouge pour les hedge funds.

Posté le 8 août 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Entre le bien et le mal

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Non, le trading à haute fréquence n'est pas la racine du Mal. C'est du moins l'avis de John Bates, un informaticien spécialisé dans ce genre de programme. 

Le trading algorithmique aurait joué un rôle dans le krach éclair du Dow Jones le 6 mai. La Securities and Exchange Commission analyse toujours les causes de cet incident.

Mais il joue également un rôle positif pour les marchés d'actions, selon plusieurs spécialistes.

  • Il réagrège la liquidité. Ceci explique pourquoi, malgré la fragmentation des marchés d'actions, les spreads (entre cours d'achat et de vente) ont diminué.
  • Il profite à tous les investisseurs. La concurrence à la technologie chez certains courtiers a entraîné une baisse des coûts pour les transactions. Du moins, c'est le cas chez certaines banques américaines. Morgan Stanley et Bank of America le confirment.

Toutefois, le trading à haute fréquence a aussi ses détracteurs. Un article du WSJ est revenu la semaine passée sur les évènements du 6 mai. Et il relève que plusieurs vétérans des marchés s'attendent à un nouveau krach éclair "parce que le marché actuel, dominé par les ordinateurs, est devenu beaucoup plus fragile que les gens ne le pensent".

L'article pointe aussi, comme le Financial Times, la crainte des investisseurs suite au krach éclair. Ceci explique pourquoi les volumes de transactions ont baissé depuis mai sur les marchés d'actions.

Lorsque j'ai été rencontrer récemment divers acteurs du trading à New York, l'un d'entre eux m'a confié une autre inquiétude.

Depuis quelques temps, certains fournisseurs de liquidité sur les marchés ont développé des systèmes pour internaliser les ordres des brokers. Ils n'exécutent toutefois qu'à peine 3% des volumes d'ordres devant normalement atteindre une Bourse. Tout ceci se fait dans la totale obscurité.

L'avènement du trading à haute fréquence, caractérisé par des ordres de petite taille, a aussi conduit à d'autres phénomènes sur les marchés, tels que la croissance des transactions de gré à gré. La taille des transactions a diminué depuis dix ans, et ceci peut affecter la profondeur des marchés d'actions, c'est-à-dire leur capacité à absorber un ordre de taille importante.

D'où le développement du gré à gré, où les transactions ne sont pas standardisées.

Posté le 5 août 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Cassiopée, le salut obligataire?

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Le monde des obligations d'entreprise européennes s'agite en ce moment. Dix jours après NYSE Euronext, TradingScreen annonce aussi le lancement d'un MTF (système multilatéral de transactions) sur ces obligations. Ces deux initiatives répondent à un cahier des charges détaillé par Cassiopée, le 26 avril.

C'est quoi ça? Derrière Cassiopée se cache une initiative du Ministère de l'Economie francaise et de  Paris Europlace. En 2008, le cabinet de Christine Lagarde (en photo) et l'organisme de représentation des marchés financiers français se retrouve autour d'une table pour relancer la place Parisienne via le marché primaire et secondaire. Le groupe Cassiopée s'est retrouver chargé de restaurer la liquidité du marché secondaire (celui où s'échangent les obligations), actuellement traité de gré à gré, c-à-d au téléphone, entre deux brokers.

Cassiopée a rassemblé émetteurs, brokers, fonds d'investissement et teneurs de marché, pour dégager 18 recommandations pour la création d'une plateforme de transactions en obligations d'entreprise européenne. Le projet prévoit une ouverture à la concurrence. Parmi les conditions, il ya aussi celle de l'agréation par l'Autorité des Marchés Français.

La plateforme de NYSE Euronext et celle de TradingScreen ont reçu une opinion favorable de Cassiopée. Deux autres plateformes devraient aussi émerger. J'ignore de qui.

On ne présente plus NYSE Euronext. En revanche, TradingScreen est plus confidentiel. Il s'agit d'une plateforme de trading multi-brokers, multi-assets. Elle a été lancée il y a dix par Philippe Buhannic, un ancien directeur de Credit Suisse First Boston.

Celle de NYSE Euronext sera lancée le 14 janvier 2011. Galaxy, celle de Trading Screen, est prévue pour la fin décembre.

Seront admis sur ces MTF tous les titres admis à la cotation en Europe à partir du moment où ils remplissent les critères d'éligibilité, de chaque MTF. NYSE Euronext veut se limiter dans un premier temps aux obligations de bonne qualité, dont le rating est supérieur à BB, et d'un montant minimum de 500 millions d'euros.

En Europe, la principale place de cotation pour les obligations d'entreprise se trouve au Luxembourg. La Bourse du Luxembourg cote plus de 30.000 emprunts. Toutefois, elle ne veut actuellement pas commenter sur le projet Cassiopée. Mais elle dispose d'un partenariat avec NYSE Euronext depuis 2006.

"L'essentiel du marché obligataire européen est traité de gré à gré. Toute la question est de savoir si cela va s'ouvrir à ce modèle" souligne Michel Croz, directeur chez TradingScreen.

Posté le 4 août 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Plus de transparence, pourquoi?

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Dans les projets de révision de la structure des marchés, le CESR (comité européen des régulateurs de marché) a plaidé pour une consolidated tape. Qu'est-ce c'est et à quoi ça sert? J'ai demandé leur avis à trois différents intervenants sur le sujet.

Selon Axel Pierron, vice-président de Celent, une société de consultance, cette consolidated tape (centre de données de transactions en actions)  répond à un besoin de disposer d'informations post-trade valables et de bonne qualité. "Actuellement, le reporting des transactions est parfois compté deux ou trois fois. Résultat, on ne dispose pas de détail précis sur celles-ci. Ceci est surtout valable pour les transactions de gré à gré" commente-t-il.

Cette qualité est cruciale pour l'industrie du trading en Europe, selon lui. "Le trading à haute fréquence et les smart order routers ont besoin de cette information pour la découverte du meilleur prix et identifier là où se trouve la liquidité" explique-t-il.

Mais pas seulement. "Tous les investisseurs traditionnels vont en profiter. Les investisseurs institutionnels veulent développer une bonne stratégie sur le long terme et ne disposent actuellement pas forcément de la bonne information pour le faire" indique-t-il.

Peter De Proft, directeur général de l'association européenne des gestionnaires d'actifs (Efama), le confirme. "Il faut que les marchés d'actions soient plus transparents. Les fonds doivent avoir une meilleure idée du marché lorsqu'ils passent leurs ordres" souligne-t-il. 

La délicate question repose sur le traitement des données du gré à gré. Actuellement, 40% des volumes de transactions s'effectuent hors Bourse. Et rien n'est standardisé.  Peter De Proft souligne qu'une standardisation de ces transactions est positive, toutefois, il reconnaît que tout n'est pas standardisable.

Natan Tiefenbrun, directeur du marketing de Turquoise, souligne que du côté des transactions "en Bourse", des efforts de standardisation doivent également être fournis. "Les Bourses et MTF disposent de différents codes pour le trading avec lesquels les brokers doivent parfois difficilement composer. Chez Turquoise et au London Stock Exchange, nous reconnaissons ce besoin de standardisation et encourageons les autres Bourses et MTF à y travailler" indique-t-il.

Telle est selon lui la condition pour disposer d'une consolidated tape en Europe. Voici pourquoi les marchés d'actions européens n'en disposent pas d'une plus tôt. Il voit aussi une autre condition à cette centrale de données: "s'assurer que les entités commerciales publient des données consolidées à un prix raisonnable".

Cette harmonisation va réduire d'après lui la complexité des marchés et réduire les coûts des brokers, ainsi que des fournisseurs de données de marché.

Ceci va améliorer l'efficience des marchés d'actions européens, selon Axel Pierron. "En disposant d'une seule information fiable, ceci va générer un traitement plus équitable de l'ensemble des acteurs du trading" relève-t-il.

Cette consolidated tape ne va pas davantage fragmenter les marchés européens. "Au contraire, cela va renforcer la liquidité sur certaines plateformes de transactions, et renforcer leur position dominante" souligne Pierron.

Le CESR a donné deux ans à l'industrie pour venir avec une solution de consolidated tape. Au-delà, l'ESMA, sa forme évolutive, pourrait l'imposer.

Posté le 30 juillet 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Que se passe-t-il de gré à gré?

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Jeudi, le Comité européen des régulateurs de marché (CESR) a publié ses recommandations pour la révision de MiFID. MiFID est une directive européenne lancée en novembre 2007. Elle a eu comme effet de casser le monopole des Bourses comme Euronext, Deutsche Börse et le London Stock Exchange, sur les transactions en actions.

Désormais, celles-ci doivent batailler avec des Chi-X, Turquoise, Bats et une série de dark pools, dont les crossing networks. Les dark pools sont des systèmes de transactions où sont exécutés les ordres de bloc (enfin, cela dépend des dark pools) de manière anonyme. Ils sont régulés, à l'exception des crossing networks des banques.

Le CESR recommande à la Commission européenne l'implémentation d'une "consolidated tape", un centre de données pour les transactions en actions. Un tel système court déjà aux Etats-Unis, où se côtoient pas moins de onze Bourses et une cinquantaine de dark pools.

"Si nous n'avions pas de consolidated tape plus tôt en Europe, c'est parce qu'il n'y avait pas de données standardisées. Mais tous les acteurs européens travaillent à cette standardisation. Une fois que ces données seront consolidées, nous disposerons d'indications sur les transactions réalisées et leurs  places d'exécution" commente Roland Bellegarde, responsable global du trading en Europe pour NYSE Euronext.

Celui-ci regrette que le CESR n'ait pas mis l'accent sur ce qui se passe avant la transaction. La consolidated tape vient se positionner après l'exécution d'un ordre. "Le CESR ne donne aucune clarification sur le gré à gré" souligne -t-il. D'après Thomson Reuters, ces transactions hors Bourse comptent pour 40% des volumes de transactions en Europe

Deutsche Börse, l'opérateur de la Bourse de Francfort, s'est également fait l'avocat d'une plus grande transparence sur ce qui se passe hors Bourse. NYSE Euronext et Deutsche Börse veulent en fait savoir ce qui part vers les crossing networks des banques, considérées comme du gré à gré.

Eddy Wymeersch (qui quitte ce vendredi la présidence du CESR)  m' a indiqué hier que ces crossing networks sont peu actifs en Europe. Ceci m'a été confirmé par quelques brokers anglo-saxons. Sur les 40% de transactions hors Bourse, à peine quelques pourcents seraient issus des crossing networks. La majorité resterait des transactions de broker à broker, par téléphone. 

"C'était vrai avant. Une faible partie de ce qui était  du gré à gré, se réalise désormais sur les crossing networks et le reste au travers d'autres formes d'exécution opaque " conteste Roland Bellegarde.

Le CESR veille toutefois au grain. Il a proposé que ces crossing networks soient requalifiés en MTF, régulés, au delà d'un certain volume de transactions. La Fédération des Bourses européennes (FESE) craint que ce régime "préférentiel" ne conduise à favoriser "un certain type d'activités"et crée des "distorsions" entre les différentes places d'éxecution.

La consolidated tape devrait suffire à amener plus de transparence au marché. Tel est l'avis du CESR. C'est aussi celui de Morgan Stanley. "La consolidated tape apporte de la transparence aux marchés américains. Cela a du sens d'implémenter quelque chose de similaire en Europe" a commenté Andrew Silverman, directeur du trading électronique. 

"La consolidated tape est vitale pour les marchés. En rassemblant les données de marchés en un point central, ceci va permettre une meilleure compréhension de ceux-ci" estime Patrick Young, président de Derivatives Vision.

Selon lui, il ne faut pas pousser davantage cette transparence."Les dark pools se sont avérées le seul moyen pour exécuter les grandes transactions. Ni les Bourses, ni les MTF ne peuvent gérer celles-ci. En poussant davantage la transparence des marchés, ceux-ci vont devenir fantastiques pour exécuter les petites transactions, mais vont ralentir les grandes institutions lorsqu'elles veulent exécuter leurs ordres" prévient-il.

Denzil Jenkins, directeur chez Chi-X, souligne lui que le gré à gré reste un choix pour l'investisseur. "En tant que MTF, Nous ne croyons pas qu'une seule taille suffit pour les marchés. Les investisseurs doivent continuer à avoir le choix" indique-t-il.

Pour ceux qui souhaitent comprendre à quoi sert un dark pool, cliquer ici.

Les Bourses se disent donc déçues des recommandations de CESR, même si elles reconnaissent l'avantage d'une consolidated tape. Du côté de Chi-X, Denzil Jenkins estime que celles-ci sont relativement bien nuancées.

Posté le 15 juillet 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Location, location, location

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Deutsche Börse, l'opérateur de la Bourse de Francfort, vient d'annoncer un partenariat avec Equinix. Deutsche Börse Systems, sa division informatique, et Equinix ont signé un contrat pour des services de centre de données.

En d'autres termes, Deutsche Börse va abriter ses programmes informatiques dans le centre de données d'Equinix à Francfort. La société dispose d'autres centres de données, dont un basé à Slough, juste à côté de celui d'un certain Chi-X. On peut imaginer que si Deutsche Börse se sentait attiré par Londres comme NYSE Euronext, il pourrait s'appuyer sur ce partenariat.

En parlant de NYSE Euronext, qui vient de déménager son centre de données à Basildon, il se murmure en interne quelques regrets sur la capacité excessive de ces centres de données (le groupe en dispose d'un autre à Mahwah, dans le New Jersey).

J'en ai déjà parlé dans un post précédent: un match est en train de se jouer entre centres de données indépendants (comme Equinix) et ceux propriétés des Bourses et MTF. Les premiers présentent un avantage certain pour tous les utilisateurs voulant exploiter la fragmentation des marchés.

Certaines firmes indépendantes prétendent même battre les brokers locaux en termes de vitesse d'exécution des ordres. Ceci reste à vérifier.

Deutsche Börse a choisi la voie trading hub (centre de données indépendant). Pour une Bourse, c'est une première. Et ce ne sera pas la dernière.

Posté le 14 juillet 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

London calling

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NYSE Euronext veut lancer son marché londonien. Une drôle d'idée? Sachant que le groupe vient chasser sur les terres du London Stock Exchange, ce projet peut sembler utopique.

Pourtant, lorsque l'on examine les plans stratégiques du groupe, en particulier ces deux dernières années, force est de constater que son destin se développe de plus en plus à Londres.

"Je suis surpris qu'ils n'aient pas annoncé plus tôt un tel projet" commente Patrick Young, président de Derivatives Vision. "Toute leur structure repose à Londres: le London International Financial Futures et leur centre de données (à Basildon, ndlr). L'idée de concurrencer un marché comme le London Stock Exchange apparaît comme logique" ajoute-t-il.

Le groupe a annoncé être en contact avec une cinquantaine de sociétés étrangères désireuses d'être cotées sur son marché londonien.

Ceci pose une autre question: que deviennent alors les marchés locaux (Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne) de NYSE Euronext?

Dans leurs grandes années, ces marchés voulaient attirer des sociétés étrangères. A Bruxelles, RHJ International marque l'apothéose de cette époque. Amsterdam concurrençait Londres pour la cotation des fonds de private equity et de hedge funds.

Tout ceci est désormais révolu. "Il n'y a pas de raison pour que les marchés locaux du groupe ne continuent pas d'exister" commente Patrick Young.

"Le point d'entrée de Londres pour une société ne présente pas en soi beaucoup de valeur. Pour une entreprise dont le marché de référence est Paris, il lui est préférable d'aller se faire coter sur celui-ci. De même, une société dont le marché de référence est Londres n'aurait pas d'autre intérêt d'aller ailleurs que sur le London Stock Exchange" constate un acteur du marché.

Mais Londres reste un centre financier international, et NYSE Euronext veut en profiter. "La Bourse de Paris a toujours eu l'ambition de s'implanter à Londres, bien avant la création d'Euronext"  souligne Patrick Young.

C'est dire si ce projet n'est pas nouveau...

Posté le 12 juillet 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Lumière sur les dark pools

 

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Ce petit graphe de TABB Group estime à 35 % la croissance des volumes de transactions sur les dark pools en Europe d'ici 2011. Par dark pools, TABB Group englobe aussi bien les crossing networks des banques que les dark pools régulés. Un dark pool est une plateforme de transactions où sont exécutés les ordres de manière anonyme.

En Europe, ITG et Liquidnet figurent parmi les vétérans des dark pools. La première existe depuis 1998 et la seconde depuis 2002 sur le Vieux Continent. Ces deux firmes ont voulu exploiter un terrain sensible: l'exécution des ordres de bloc.

Chaque société, banque, fonds de pension, assurances,... se retrouve confronté un jour ou l'autre au problème de vendre ou d'acheter des titres. Evidemment, quand on s'appelle - au hasard- Ping An (je m'excuse, je prends ce nom tout à fait par hasard), on ne traite pas le même nombre de titres que Mr.Toulemonde.

Vendre un million de titres sur le marché présente toute une série de contraintes. La visibilité, d'abord. Une opération  de cette taille ne passe pas inaperçue. Les fonds, sociétés, banques,... choisissent alors de diviser leur ordre pour les disséminer, mais ceci leur demande du temps et des coûts supplémentaires.

L'impact sur le marché, ensuite. Lorsqu'un fonds X vend 2% du capital d'une société sur le marché, ceci crée une volatilité importante autour du titre et peut s'avérer défavorable pour le fonds en termes de prix.

C'est pourquoi ces acteurs de marché se tournent vers les dark pools, mais aussi le gré à gré (hors bourse, non réglementé).

Depuis deux ans, un autre genre de dark pools a fait son apparition: les versions dark de MTF comme Chi-X, BATs, NYSE Arca Europe,...

"Celles-ci veulent répondre à la demande des traders à haute fréquence, des brokers et des salles de marché, et cela peut générer des conflits d'intérêt" constate Per Loven, responsable produit chez Liquidnet.

Il souligne en outre que ces plateformes n'exécutent pas des ordres de bloc. Juste la version anonyme des ordres qui pourraient aussi bien s'exécuter sur leur carnet d'ordre visible (le lit book). Effectivement. La taille moyenne d'un ordre sur SmartPool (NYSE Euronext) avoisinne les 10.000 euros ,selon Lee Hodgkinson, son CEO. D'après lui, celle-ci se divise par trois pour Turquoise, et encore par trois pour Chi-Delta.

Per Loven souligne que la taille des transactions sur Liquidnet s'elève en moyenne à un  million d'euros. Une question de clientèle, selon lui.

Liquidnet s'adresse aux investisseurs institutionnels, Chi-Delta et les autres visent beaucoup plus large, mais plaisent surtout aux traders à haute fréquence.

"Il suffit qu'un changement de régulation vienne diminuer le trading à haute fréquence, et ces dark pools vont disparaître" prédit Per Loven."Fondamentalement, ces plateformes n'apportent pas de valeur pour les marchés d'actions dans le monde" ajoute-t-il.

Ceci ne veut pas dire que les transactions anonymes vont disparaître. Au contraire, si l'on se fie au graphique de TABB Group.


Posté le 6 juillet 2010 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La fin du modèle horizontal des Bourses

Fairtrade Il n'y a pas si longtemps que cela, dans une galaxie où Chi-X et BATS n'existaient pas encore, les Bourses comme le London Stock Exchange et Euronext dénonçaient le modèle vertical, en silo, de Deutsche Börse.

Le groupe allemand prônait fièrement déjà à l'époque les avantages de ce modèle, où toute la chaîne des transactions (de la négociation, au règlement-livraison en passant par la compensation) est assurée par celui-ci.

Les arguments d'Euronext et du LSE s'avéraient purement défensifs. En 2004, la Bourse allemande a tenté de s'emparer du joyau de la City, puis, sous la pression de ses actionnaires (TCI et Atticus Capital), d'Euronext. Ils estimaient que le modèle de Deutsche Börse ne pouvait pas s'accorder avec le leur.

Le LSE et Euronext utilisent LCH.Clearnet pour la compensation et Euroclear comme organisme de règlement-livraison et banque de dépôt. Deux sociétés indépendantes, même si  les deux Bourses sont actionnaires de celles-ci. En face, Eurex Clearing et Clearstream assurent la même tâche pour Deutsche Börse. A la différence que celles-ci sont ses filiales. 

Depuis, la compétition féroce sur le trading dûe à Chi-X et consorts ont poussé les Bourses à revoir leur modèle. Le 12 mai, NYSE Euronext a annoncé son intention de mettre fin au partenariat avec LCH. Clearnet. Et lors de la présentation des résultats préliminaires du LSE, le 21 mai, le CEO Xavier Rolet (photo) a indiqué qu'il révisait cette relation.

Signe du déclin pour LCH.Clearnet, S&P a placé sa note sous surveillance négative deux jours après l'annonce de NYSE Euronext.

Le groupe transatlantique mise sur sa relation avec ses clients banquiers pour trouver un remplaçant à LCH.Clearnet. Mais le LSE lui envisage de reproduire le même modèle que Deutsche Börse. Les titres italiens (le LSE détient Borsa Italiana) fonctionnent sur ce modèle en silo.

L'avantage de ce modèle? Deutsche Börse peut proposer des offres croisées sur les dérivés et le cash, et éviter de toucher trop à ses tarifs de la sorte. Hormis les deux derniers trimestres, le groupe a publié des bénéfices depuis 2007.  Le LSE et NYSE Euronext ne peuvent pas en dire autant. 

Il faudra bien évidemment que le LSE possède son propre marché de dérivés. Le Joyau de la City doit encore se mordre les doigts d'avoir laissé filer le London International Financial Futures à Euronext. Mais Xavier Rolet y travaille.

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