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Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 30 mars 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Nouvelle panne sur Euronext

Ce lundi 30 mars 2015, les transactions sur les produits dérivés (futures sur CAC40, ...) ont été suspendues entre 10:07 et 11:22 sur Euronext, au motif d'un problème technique. La précédente panne remonte au 15 décembre 2014.

Euronext n'a pas souhaité faire de commentaires.

Mais il faut préciser que depuis septembre 2011, le groupe a instauré un programme d'apport de liquidité sur les différents contrats de futures, dont le CAC40. Ceci étonne dans le milieu du trading, car ce contrat est censé être le plus liquide. En fait, le contrat le plus liquide est le future sur l'Euro Stoxx50 à 3 mois.

Euronext demande aux apporteurs de liquidité des fourchettes de prix de 5 points de base, dans le cas du contrat CAC40. "Cela représente 10 échelons de cotations, soit 0,12% de la valeur de l'indice, c'est énorme" constate un trader.

Le programme d'apport de liquidité limite à 20 le nombre de participants. Mais dans les faits, selon un trader, ils ne sont que 7 aujourd'hui à assurer cette tâche sur le contrat CAC40. "On ne trouve même plus les firmes de trading à haute fréquence comme Getco et Wolverine trading dans cette liste. Seules les banques en font partie" souligne-t-il.

Euronext n'offre pas d'incentive pour ce programme, ce qui explique sans doute pourquoi les candidats ne se bousculent pas au portillon.

Mais force est de constater que les volumes de transactions sur les dérivés sur indices baissent sur Euronext. Rien qu'en 2014, pour le total des contrats sur actions (individuelles et indices), le groupe a enregistré une diminution de 4,3%. Quelque 130, 78 millions de contrats ont été échangés en 2014. Ces statistiques ne font que chuter année par année. Euronext avait réagi à la fin 2014 en lançant des contrats à échéance hebdomadaire sur les futures sur CAC40 et AEX. Un geste qui avait étonné.

Ceci arrive alors que le groupe connaît des pannes à répetition sur les dérivés. Toutefois, Eurex a aussi connu quelques problèmes récemment.

Posté le 27 mars 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Début pour Aequitas Neo

Rtxat1mLe livre de Michael Lewis, "Flash Boys", a mis en avant l'initiative de Brad Katsuyama, le fondateur de la platerforme de transactions IEX. Cette plateforme a démarré en octobre 2013, et affiche une part de marché de seulement 0,971% sur les actions américaines. Toutefois, celle-ci monte à 6,23% selon Tethys Technologies si on la compare aux autres ATS et dark pools (plateformes alternatives) aux Etats-Unis.

IEX présente la particularité d'imposer un frein sur les transactions. Celui-ci s'élève à 350 microsecondes de délai entre l'encodage et l'exécution d'un ordre de Bourse, et est rendu possible par l'absence de colocation des ordres. Le moteur d'apareillement des transactions d'IEX se trouve dans un centre de données. Un autre centre rassemble les ordres envoyés par la clientèle d'IEX. Cette distance volontaire crée un délai de transaction.

Mais IEX n'est pas la seule initiative en ce genre. Au Canada, une plateforme du même type démarre ce vendredi 27 mars 2015. Il s'agit d'Aequitas Neo. Derrière celle-ci se cache  Jos Schmitt, ancien directeur (à 26 ans) du Belfox, le marché d'options de la Bourse de Bruxelles dans les années 90. Comme IEX, Aequitas Neo imposera un frein sur les transactions, entre 5 à 9 millisecondes au hasard cette fois-ci, et aussi des frais supplémentaires pour les firmes de trading à haute fréquence

Ni IEX, ni Aequitas Neo, n'excluent le trading à haute fréquence. Au départ, la plateforme de Jos Schmitt voulait démarrer sans THF, mais elle a vite été rappelée à l'ordre par le superviseur des marchés canadiens, car les Bourses et plateformes sont censées offrir un accès juste et équitable à leurs participants de marché.

Les firmes de THF devront passer par Aequitas Neo malgré ce frein et ces frais plus élévés, car au Canada, les transactions doivent être dirigées vers le marché qui propose le  prix le plus avantageux.

Aequitas Neo a l'appui de Royal Bank of Canada, Barclays PLC, les fonds de pension OMERS et  PSP, les gestionnaires de fonds CI Financial Corp et IGM Financial Inc, et Investment Technology , entre autres.

Ce sera difficile pour la plateforme de se faire une place, car ses concurrents l'attendent de pied ferme, à commencer par TMX, qui opère la Bourse de Toronto. Jos Schmitt avait déjà lancé une plateforme concurrente à TMX en 2008, baptisée Alpha. Elle avait atteint une part de marché de 20% sur les actions canadiennes, et essayait de devenir une Bourse à part entière, où les sociétés peuvent lever du capital.Mais en 2012, le TMX a racheté son concurrent gênant. L'histoire se répête, on dirait.

 

 

Posté le 23 mars 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Robotisation des marchés: où en est-on?

GM1E85J00JD01_MARKETS-GLOBALLa robotisation des marchés financiers ne s'est pas opérée d'un seul coup. Celle-ci s'est déroulée et se déroule encore par plusieurs phases. Ce sont les Bourses, qui organisent les transactions financières, qui ont initié le mouvement. Elles sont passées d'un modèle où les agents de change étaient les seuls habilités à exécuter les ordres de Bourse de tiers à celui des plateformes électroniques. La première vient de Toronto. Le CATS a été développé en 1977. Il est transposé à la Bourse de Bruxelles mais aussi à celle de Paris au début des années 80. Les agents de change ne disparaissent pas immédiatement. A Bruxelles, le CATS coexiste avec les agents de change jusqu'en 1996, où la profession déserte pour de bon le parquet de la Bourse. L'électronique permet aux Bourses d'allonger le temps de la séance boursière. Aujourd'hui, les marchés d'actions belges, français, allemand,... ouvrent de 9h à 17h30. Dans les années 70, la Bourse de Bruxelles était ouverte de 11h à 13h30.

Le CATS laisse la place à la Cotation Assisté en Continu, puis au Nouveau Système de cotation à Paris (et à Bruxelles aussi).  En 2009, celui-ci est remplacé par l'Universal Trading Plateform, développé par le  propriétaire des Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne, mais aussi New York, de l'époque, NYSE Euronext

Les marchés de dérivés comme le Chicago Mercantile Exchange commencent leur migration aussi dans les années 80. Mais le Chicago Mercantile Exchange ne met pas fin à son parquet.

La deuxième phase de robotisation des marchés s'opère elle du côté des intermédiaires financiers, dans les années 90. Les agents de change cèdent leur place aux banques, qui elles-même se font dépasser par des firmes de trading indépendantes, à haute fréquence. Les banques ont dû développer des algorithmes de trading, aux noms évocateurs (Guerilla, Stealth, Sumo, Dagger,...) pour pouvoir répondre à ceux développés par les firmes de THF, dont le but premier est de faire de l'arbitrage de valeurs (entre les marchés d'actions et de dérivés, notamment), et dont le but moins avoué est de détecter les ordres de gros investisseurs comme Warren Buffett.

En 2007, la vitesse des ordinateurs atteint celle de la lumière. Le temps de latence (qui mesure le délai entre le moment où l'ordre est encodé et celui où il est exécuté) devient important. Les Bourses doivent délocaliser leurs transactions dans un centre de données, où sont abrités le moteur d'appareillement des transactions et les algorithmes des banques et firmes de trading.

Ceux qui ne peuvent rivaliser avec cette vitesse disparaissent petit à petit, ou s'adaptent. Au Japon, par exemple, 8262 emplois passent à la trappe chez les courtiers depuis 2009, alors que le trading à haute fréquence atteint désormais 72% des échanges à la Bourse de Tokyo. Le même constat s'observe partout ailleurs aux Etats-Unis et en Europe.

Car la robotisation des marchés est intense en capital: les Bourses, les banques, les firmes de trading à haute fréquence et même les courtiers, bref, tous les intermédiaires financiers, doivent consentir à des dépenses d'investissement importantes et régulières pour pouvoir rester dans la course, et ce, à cause de la concurrence, au détriment de la présence humaine.

Et cette robotisation a un défaut: elle amène beaucoup de "déchets". Les ordres annulés ont explosé depuis 2008. On atteint même un ratio de 250 ordres annulés contre un exécuté sur les ETF (fonds indiciels).

La dernière phase de robotisation des marchés concerne les investisseurs. Là, c'est beaucoup moins avancé. Certains hedge funds ont déjà franchi le pas depuis longtemps, mais ils se heurtent à la modélisation des marchés, qui reste impossible. Le dernier en date à se lancer est Bridgewater.

Il faut aussi noter que du côté des ETF, des robots sont aussi de plus en plus utilisés.

Du côté des particuliers, la grande majorité utilise encore le click de sa souris et son "inspiration" pour acheter et vendre des titres. Mais il existe aussi une minorité, calée en maths et informatique, capable de développer son robot pour savoir quoi et quand acheter. Et il faut souligner le développement de l'offre pour les particuliers, entre le Facebook du trading (comme eToro mais aussi Saxo Bank) et des solutions, qui font bondir les superviseurs de marché, comme les boiler rooms, les auto trades,... Là, attention, ça sent souvent l'arnaque.

 

Posté le 20 mars 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Flash Crash sur le dollar

Mercredi 18 mars, juste après que la Réserve Fédérale américaine ait annoncé sa décision sur les taux d'intérêt, le dollar s'est brusquement replié face à l'euro vers 16h02 (heure new-yorkaise), comme l'a noté Eric Hunsader, le fondateur de la firme de données Nanex, toujours aux aguêts. Le billet vert est ensuite remonté tout aussi spectaculairement. On appelle ça un Flash Crash.

La journée de mercredi  a été marquée par un autre flash crash, celui du VIX. Le blog Zero Hedge l'avait pointé.

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Hunsader attribue ce flash crash au trading à haute fréquence. Ce type de trading, caractérisé par l'emploi d'un algorithme pour acheter et vendre des titres en quelques millisecondes, pèse aujourd'hui entre 30 et 35% des volumes de transactions sur le Forex. Mais il faut aussi rappeler que le marché des changes n'est pas régulé, et qu'aux cotés de la plateforme EBS, il existe une multitude de plateformes où sont exécutés les ordres sur le Forex. Cela peut donner lieu à des épisodes d'illiquidités, comme ce qui s'est passé sur la pair Euro-franc suisse le 15 janvier 2015.

Les flash crash se manifestent surtout sur les actions. Mais désormais, plus aucune classe d'actifs n'est à l'abri d'un tel incident. Même le taux américain à dix ans a subi un tel phénomène le 15 octobre 2014. Et chaque fois, on retrouve la présence des THF sur ces marchés. Le THF présente la particularité de faire de l'arbitrage entre des valeurs, et ceci a comme conséquence de lier les marchés entre eux de plus en plus. Les classes d'actifs sont de moins en moins décorrélées.

Est-ce là le signe de marchés efficients?

 

Posté le 17 mars 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Flash Boys, un an après

DSI_hdapproachMichael Lewis, l'auteur du livre "Flash Boys", un pamphlet sur le trading à haute fréquence, est revenu sur sa publication un an après, dans le magazine Vanity Fair.

L'ancien trader, devenu écrivain, maintient toujours que les marchés américains sont truqués et qu'ils pénalisent le petit investisseur.

Selon lui, la faute revient à tout le système derrière les marchés américains, et non pas seulement aux firmes de trading à haute fréquence.

Il a pointé que sur les vingt dernières années, les coûts de transactions ont baissé pour les particuliers qui négocient en Bourse. Mais il attribue cette baisse  à l'électronisation des marchés, qui a rendu inutile la présence de certains intermédiaires de marché, à la concurrence entre les courtiers online, et la décimalisation des prix (les chiffres après la virgule). Depuis 2007, note-t-il, en citant ITG, les coûts de transactions ont augmenté.

"Les grandes banques et les Bourses doivent protéger les investisseurs. Ils doivent exécuter les ordres de la meilleure manière possible, et créer un marché juste. Au lieu de ça, ils ont été payés pour compromettre les intérêts des investisseurs tout en prétendant défendre ceux-ci. Cela m'étonne que si peu de gens soient en colère contre eux"  écrit-il.

Il faut dire qu'aux Etats-Unis, deux semaines avant la publication de Flash Boys, le procureur de la ville de New York, Eric Schneidermann, a lancé une grande enquête sur les dark pools, et sur les firmes de trading à haute fréquence. Barclays s'est fait épingler pour avoir laissé un trader à haute fréquence (Tradebot) passer ses transactions avant le reste du marché. La Securities and Exchange Commission, gendarme des marchés d'actions, a elle mené sa propre enquête sur les ordres proposés par les Bourses. Ceci a poussé le PDG de BATS Direct Edge, Willem O'Brien, à démissionner avec fracas. Comme l'a rappelé Michael Lewis, le clash d'O'Brien avec Brad Katsuyama, le PDG d'IEX (la plateforme de transactions mise en avant dans "Flash Boys"), a été le plus visionné par CNBC. Tout Wall Street s'est arrêté pour regarder cette émission.

La SEC a épinglé le dark pool d'UBS pour avoir favorisé une firme de trading à haute fréquence au détriment des autres utilisateurs. UBS a ramassé une amende de 14,4 millions de dollars.

Et puis, le fonds souverain norvégien a déclaré que les marchés américains lui coûtent trop cher en raison de leur importante fragmentation. Il a par contre dit sa préférence pour les marchés européens.

L'onde de choc qu'a provoqué "Flash Boys" dans le monde de la finance est manifeste. Certains gestionnaires de fonds multiplient depuis lors leur visite auprès des firmes de trading à haute fréquence, afin de s'assurer que leurs ordres ne sont pas devancés.

Aux Pays-Bas, depuis le mois de décembre, le courtier DeGiro accuse TOM, la plateforme de transactions opérée par Binckbank, de laisser une firme de trading à haute fréquence devancer les ordres envoyés vers cette plateforme. Cela fait beaucoup de bruit Outre-Moerdijik.

Mais du côté des particuliers, là, c'est silence radio.

Quant à IEX, la plateforme de transactions mise en avant dans "Flash Boys", sa part de marché sur les transactions en actions américaines atteint à peine 1%.  Mais elle vient de recevoir le soutien d'un ancien directeur de la SEC, qui a rejoint ses rangs. John Ramsay compare les marchés américains à l'Etoile de la Mort, la station spatiale sidérale de Star Wars, capable de détruire une planète.

Toutefois, Bart Chilton, l'ancien Commissaire de la Commodity Future Trading Commission, très critique envers les firmes de trading à haute fréquence, a lui rejoint les rangs de la Modern Market Initiative, un groupe de défense des firmes de trading à haute fréquence. Chilton estime d'ailleurs que "Flash Boys" est rempli d'idioties.

Ce mercredi, l'Echo tiendra un chat à 12h30 pour discuter du trading à haute fréquence, en ma présence.

Posté le 12 mars 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Manipulation sur les futures sur taux US

02705520Aux Etats-Unis, HTG Capital Partners, une firme de trading à haute fréquence, traîne en justice un acteur inconnu. La firme l'accuse d'avoir manipulé les transactions en futures sur Treasuries sur le Chicago Mercantile Exchange entre janvier 2013 et août 2014. HTG ne connaît pas l'identité de cet acteur, car les transactions restent anonymes sur le CME. Mais la firme a repéré la manipulation, car cet acteur suivait un schéma bien établi de spoofing, c'est- à-dire qu'il introduisait une grande quantité d'ordres sur le marché pour créér l'illusion d'un mouvement, mais annulait immédiatement ces ordres et envoyait dans le même temps des ordres dans le sens contraire de sa position initiale pour récolter les bénéfices de sa manipulation.

Cette accusation montre à quel point HTG Capital Partners est excédé par cette manipulation. Car le CME prévoit une procédure de règlement de litige. En septembre 2014, la firme avait déposé son cas devant la Bourse, en accusant Allston Trading, une autre firme de trading à haute fréquence basée à Chicago, de spoofing. Il faut croire qu'HTG n'a pas eu gain de cause. Dans le milieu, ce genres d'accusations est assez fréquent. Car les firmes de HFT sont les premières touchées en cas de manipulation de marché. Virtu Financial en sait quelque chose, car c'est elle qui a amené le cas de Michael Coscia et sa firme Panther Energy devant les superviseurs de marché. Coscia risque désormais la prison.

HTG a documenté sa plainte auprès de la Justice américaine, mais curieusement, la firme n'a pas cité  Allston Trading. Elle a juste désigné un acteur anonyme.

HTG dit avoir détecté quelques 7000  tentatives de spoofing durant un an et demi sur les futures de Treasuries à 5, dix et 30 ans.

La firme affirme avoir réussi à détecter cette manipulation mais admet avoir dû se retirer du marché pour éviter de perdre de l'argent à cause de celle-ci. Elle soutient avoir perdu de l'argent à cause de ce spoofing, environ 500.000 dollars. Elle espère récolter plusieurs millions de dollars de son procès en justice.

 

 

Posté le 9 mars 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

De plus en plus de HFT cotés en bourse

GM1EAAH038801_MARKETS-STOCKS-USAFlow Traders, une firme de trading à haute fréquence basée à Amsterdam, projette de s'introduire en bourse plus tard cette année. Selon Bloomberg, l'opération lui permettrait de se valoriser à plus d'un milliard d'euros. Ceci étonne le blog Amsterdam Trader, qui a relevé qu'en 2008, la firme était valorisée à 220 millions d'euros, alors que Getco, une autre firme de trading basée elle à Chicago, était valorisée à 1,5 milliards de dollars à la même époque. Fusionnée depuis avec Knight Capital, elle vaut aujourd'hui 1,46 milliards de dollars.

Mais le blog relève que Flow Traders a reçu une prise de participation dans son capital de 300 millions d'euros par le fonds General Atlantic en 2009. Et il faut rappeler qu'en 2008, les marchés d'actions ont subi une forte correction à cause de la crise des subprimes.

Flow Traders a été fondée en 2004 par Roger Hodenius et Jan Van Kuijk, qui travaillaient précédemment chez Optiver, le plus gros trader à haute fréquence hollandais (en termes de revenus de trading). En 2008, la firme d'investissement Summit a pris 30% du capital de la société, pour 66 millions d'euros.

En 2012, les fondateurs de la société et ses principaux actionnaires ont voulu trouver un nouvel acquéreur pour Flow Traders, afin d'empocher des bénéfices. Mais personne ne s'est montré intéressé.

Cette année, alors que Virtu Financial, une autre firme de trading à haute fréquence basée à Chicago, projette elle aussi de s'introduire en Bourse, Flow Traders y a vu une occasion de se lancer aussi sur les marchés d'actions. J'ignore si ce sera à New York ou à Amsterdam.

Virtu Financial connaît depuis 2008 une belle croissance de ses revenus de trading, en enregistrant seulement une seule journée de perte.  Les bénéfices suivent, comme le montre leur prospectus.

Vben

Toutefois, entre 2013 et 2014, ses bénéfices nets ont reculé de 35%.

Flow Traders connaît aussi des bénéfices capricieux. Mais observe depuis 2013 une embellie.

Avec Virtu et Flow Traders, KCG (Getco) ne sera plus la seule firme de trading à haute fréquence cotée en bourse. Est-ce là une tendance?

Posté le 25 février 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

L'exécution des ordres, pas optimale en Belgique

L'Esma, le superviseur européen des marchés financiers, a publié ce mercredi 25 février 2015 un compte-rendu de sa révision des régulateurs nationaux de marché, dont la FSMA. Vingt-neuf régulateurs de marché ont été passé au crible sur la manière dont ils ont adapté les règles de la directive MiFID, et plus particulièrement celle de la "meilleure exécution". Pour rappel, MiFID a été votée en 2004 et est entrée en vigueur en novembre 2007 (un bon timing...).

La règle de  la meilleure exécution stipule, en Europe, que les firmes d'investissement prennent les  dispositions nécessaires pour obtenir le meilleur résultat pour leurs clients en tenant compte des prix, des coûts, de la vitesse, de la probabilité d'exécution et du règlement de la transaction.

Les firmes qui exécutent des ordres de bourse pour le compte de leurs clients doivent se plier à cette règle.

Mais en 2007, les régulateurs des marchés nationaux ont pu adapter, en respectant leur droit national, cette directive, avec le résultat qu'on connaît: la France et l'Italie l'ont adaptée à la lettre, voire même encore plus durement, tandis que la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont trouvé des petits arrangements.

En principe, MiFID2, votée en 2014, mais d'application en 2017, doit être mise en vigueur par tous les régulateurs nationaux de la même façon. Il revient à l'ESMA de mettre en détails pratiques les textes de loi. C'est pour cela que le superviseur européen a consulté le secteur financier. Et on sait désormais qu'il va renoncer à tester les algorithmes des firmes de trading à haute fréquence, alors que le texte de loi le prévoit.

Dans le cas de l'examen des régulateurs nationaux, l'Esma a pointé plusieurs faiblesses du côté de la meilleure exécution.

Il a relevé que:

  • la supervision nationale de la meilleure exécution se limite souvent à vérifier la mise en place de la règle, sans évaluer la méthode employée par les firmes de courtage pour déterminer la qualité d'une exécution
  • la meilleure exécution est souvent définie au niveau national par le prix. Les autres paramètres sont oubliés
  • l'exécution des ordres reste concentrée sur le marché domestique principal. Les plateformes alternatives sont souvent oubliées.
  • l'absence d'une base de données consolidées (où sont affichés tous les prix d'un titre provenant des différentes plateformes de transactions) rend difficile la tâche de déterminer ce qu'est la meilleure exécution
  • la supervision des marchés autres que les actions est absente
  • un manque de compréhension des investisseurs qui expliquerait pourquoi le thème de la meilleure exécution des ordres n'est pas soulevé dans le grand public

Sur ce dernier point, il faut rappeler que certains, comme Peter Randall, l'un des fondateurs de Chi-X Europe (une plateforme de transactions alternatives) qualifient MiFID de "Many Investors Find it difficult", autrement dit, c'est du chinois pour les investisseurs...

L'ESMA recommande aux régulateurs nationaux de faire un effort. Elle relève notamment qu'en Belgique, il manque des détails sur l'exécution des ordres de bourse. Mais elle ne pousse pas à la création d'une base de données consolidées. Il faut dire que les Bourses comme Euronext, Deutsche Börse, et le London Stock Exchange n'y tiennent pas.

Quel est le problème en Belgique?

Pour Monsieur et Madame Toulemonde qui exécutent leurs ordres de bourse, il n'existe pas de détail sur la manière dont le courtier ou la banque a exécuté son ordre. Ils reçoivent juste le prix auquel ils ont acheté ou vendu leurs titres, le montant de la transaction et les coûts (TOB inclue). Pas de détail sur le lieu d'exécution de leurs transactions, ni de comparaison des prix entre les différentes plateformes de transaction.  Pour ceux qui utilisent un cours limite, ces détails n'ont toutefois pas d'importance. Pour les ordres au marché, là c'est discutable.

Prenons l'exemple du titre Viohalco, qui signe la meilleure performance depuis le début de l'année sur la Bourse de Bruxelles (+108%).

Le titre est coté sur Euronext Bruxelles, sur Equiduct, sur Blockmatch, sur Liquidnet, sur UBS MTF et sur Turquoise.

A 14h03, le titre s'affiche à 4,005 euros sur Euronext Bruxelles, 3,96 sur Equiduct, 3,957 sur Turquoise. Le prix n'est pas visible sur les autres plateformes, mais celles-ci sont des dark pools (où les ordres restent cachés).

La meilleure exécution devrait-elle se faire sur Euronext Bruxelles ou sur une autre plateforme?

 

 

Posté le 24 février 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Où se trouve le HFT agressif?

Belga67944381La Banque d'Angleterre a récemment publié une étude sur l'impact du trading à haute fréquence (HFT) sur les 20 actions les plus négociées à la Bourse de Londres. Elle a examiné le comportement de 10 firmes de  HFT  et de 20 banques d'investissement sur ces titres, et en a conclut que le HFT n'exerce pas de pression sur les prix et des dislocations sur le London Stock Exchange.

"Il apparaît que les HFT essaient de s'éviter, mais lorsqu'ils traitent la même valeur,  ils semblent plus agressifs " est-il écrit dans l'étude.

"Les HFT reçoivent l'information presque simultanément et on peut affirmer qu'ils achètent et vendent des titres collectivement au bon moment" ajoute l'étude, en pointant que le trading des HFT est corrélé.

"Du trading agressif dans le chef des HFT amène les autres HFT à adopter la même stratégie dans les minutes qui suivent, alors que pour les banques d'investissement, c'est le contraire: le trading agressif conduit à du trading agressif dans la direction opposée " indique l'étude.

Une autre étude, signée elle d'Irene Aldridge, directrice d'Able Alpha Trading, et de Steve Krawciw, PDG de AbleMarkets.com, souligne que le trading agressif des HFT, caractérisé par "la nécessité d'arriver avant tout le monde sur le marché pour tirer profit des inefficiences à court terme", se concentre surtout sur  des actions à prix élevé, à faible dividende et à volatilité élevée, sur les marchés américains.

Google est le titre qui concentre le plus de HFT agressif selon les deux auteurs. Quelque 38% des volumes de transactions sur l'action en 2014 ressort du HFT agressif.

"En moyenne, une différence de 100 dollars dans les prix d'une action attire 3% de HFT agressif supplémentaire en termes de volumes de transactions" constatent-ils.

De même, une hausse de 1% de la volatilité d'un titre attire 0,23% de HFT agressif en plus en termes de volumes de transactions, selon eux.

Curieusement, le titre Google ne fait parler de lui en termes de flash krach, pas comme Apple.

Du moins, je n'en ai pas le souvenir.

Posté le 23 février 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Ces marchés à la criée qui résistent

Le 2 juillet 2015, le Chicago Mercantile Exchange va fermer son emblématique parquet, autrefois cirque d'une intense activité humaine où des centaines de traders s'époumonaient, voire se battaient pour acheter et vendre des futures sur les prix des matières premières. 

Des images comme celles-ci feront bientôt partie du passé.

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 Le CME a décidé de basculer toutes ses transactions vers l'électronique. Ce mouvement ne date toutefois pas d'hier. Depuis 1987, date du plus grand krach en séance du Dow Jones Industrial Average, la Bourse de Chicago avait entamé son passage à l'électronique. Le président du groupe de l'époque, Leo Melamed, avait reçu des menaces de mort à cause de son initiative. En 1992, Globex, la plateforme électronique du CME, démarre, aux côtés des traders du pit. Lentement, leur présence va devenir obsolète, comme l'illustre le documentaire Floored. Tous ne réussiront pas leur reconversion sur le marché électronique.

Mais le CME ne fermera pas tous ses "pits". Celui des options va subsister.

Une autre Bourse, le Chicago Board of Options Exchange, conserve aussi sa criée. Pourtant, sur le CME, la moitié des transactions en options sont désormais électroniques, contre 13% en 2009. Sur le CBOE, toutes les transactions effectuées par les particuliers sont électroniques. Mais les contrats les plus complexes et les plus importants demeurent dans le giron des traders du parquet.  Des contrats comme les options sur VIX volatility Index et  sur le S&P500  sont toujours négociées à la corbeille. 60% des volumes de transactions du CBOE s'effectuent encore sur le parquet.

Et pour les hedge funds et même des firmes de trading à haute fréquence, il est important de conserver une présence physique sur ce marché.

IMC, une firme amstellodamoise de trading, a son rond de serviette au CBOE, tout comme au NYSE d'ailleurs, où elle officie comme designated market maker. Cela peut paraître paradoxal pour IMC, mais Virtu Financial, une autre firme de trading à haute fréquence, assure aussi sa présence sur ces marchés.

Pourquoi? Parce que ces Bourses fonctionnent sur le modèle quote driven, où des teneurs de liquidités sont requis pour assurer la tenue du marché. Les teneurs de liquidité reçoivent un avantage à occuper cette fonction. De plus, leur présence sur le parquet leur permet de récolter de l'information sur les intentions des clients des autres firmes présentes sur place, à commencer par l'expression sur le visage des traders lorsqu'ils reçoivent un coup de fil de leur clientèle.

 

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