Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 22 août 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Des recrues prestigieuses pour le HFT

22475702_h563763Aux Etats-Unis, le recrutement de Bart Chilton (photo), l'ex-commissaire de la CFTC, par DLA Piper n'est pas passé inaperçu.

DLA Piper est une firme d'avocats, qui vient d'annoncer s'associer avec Modern Markets, un lobby du trading à haute fréquence, jeudi dernier.

Bart Chilton, dont la coupe de cheveux rappelle au choix celle du populiste hollandais Geert Wilders ou celle de Doc dans Retour vers le futur, est surtout connu pour avoir dénoncé le trading à haute fréquence du temps où il était à la CFTC, qualifiant ces firmes de "Cheetah Traders".

C'était en 2012. Depuis, le discours de Chilton a changé sur le trading à haute fréquence.

On me rétorquera qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...

Sinon, dans les autres recrutements notables du secteur, Financial News a pointé ceci.

 

Sharon Bowles est une députée britannique active au Parlement européen jusqu'en 2014, notamment membre des Commissions économiques et légales. Elle a travaillé sur les textes législatifs européens après la crise financière et sur  MiFID2. Pour le London Stock Exchange, ce recrutement est stratégique.

Car MiFID 2, qui n'est pas encore implémentée, risque de changer le paysage des Bourses européennes. La Fédération des Bourses Européennes a d'ailleurs prévenu l'Esma (autorité européenne des marchés financiers) , en charge de l'implémentation de cette directive, d'un déplacement des transactions vers le gré à gré sur les dérivés en actions.

Aux Etats-Unis, le secteur des traders à haute fréquence est actuellement mis sous enquête par le procureur de la ville de New York, qui tente de déterminer si ces acteurs disposent d'avantages par rapport aux autres intervenants.

Parallèlement, la Securities and Exchange Commission mène aussi son enquête sur les pratiques dans le secteur. Elle vient de demander aux différentes Bourses de soumettre le détail de leurs types d'ordres d'ici le mois de novembre. Et BATS tente de trouver un accord avec le régulateur pour éviter une amende. Car le groupe, qui a fusionné avec Direct Edge en janvier 2014, proposait notamment des types d'ordres qui permettent aux firmes de trading de passer avant tout le monde dans la file des ordres.

Alors, recruter un homme(ou une femme) du sérail, ça peut aider.

Posté le 21 août 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Le HFT amène-t-il de la liquidité sur les marchés?

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L'argument clé des défenseurs du trading à haute fréquence repose sur la liquidité que ce type d'acteur apporte sur les marchés financiers.

En d'autres termes, l'avènement de ce type de trading, caractérisé par une prise de décision et une exécution des ordres en quelques nanosecondes, permettrait à tout intervenant sur les marchés de pouvoir acheter et vendre des titres facilement et rapidement.

Mais derrière le trading à haute fréquence se trouve une série de stratégies différentes, qui reposent sur de l'arbitrage entre différentes classes d'actifs, par exemple entre un ETF sur l'Eurostoxx 50 et un future sur le même indice. Ces actifs sont censés évoluer parallèlement, puisqu'ils suivent le même sous-jacent. Toutefois, sur la séance boursière, des variations de prix sont observables entre ces deux classes d'actifs, que les firmes de trading essaient d'exploiter, en faisant tourner leur portefeuille plusieurs fois sur la journée. C'est pour cette raison qu'elles se battent pour obtenir plus rapidement les données de marchés entre Londres et Francfort notamment, où se concentrent les transactions sur les ETF et les futures (sur Eurex). On notera toutefois que cette recherche se concentre sur les titres les plus négociés.

Les critiques du trading à haute fréquence, tels que Michael Lewis, Eric Hunsader, Better Markets et les acolytes de Themis Trading aux Etats-Unis démontent toutefois l'argument de liquidité avancé par les associations de défense du HFT.

Hunsader a relevé un exemple, sur le titre Ford Motors, où la liquidité disparaît soudainement pour un trader qui souhaite acheter 20.000 actions du groupe à 17,38 dollars, alors que le carnet d'ordres indique qu'un lot de 24.800 actions est disponible à ce prix. Le trader n'obtient que 12.133 actions au prix demandé, dont 600 proviennent d'un dark pool (une plateforme où les ordres restent anonymes). L'explication tient dans les ordres annulés. Plus de vingt ordres contre un sont annulés sur les marchés américains, à cause de l'emploi massif des ordres fill or kill.

Le professeur de finances Terence Henderschott a pourtant conclu dans une étude que le trading automatique améliore la liquidité du marché, durant les phases de hausse du marché. Dans une autre étude, très contestée par les opposants au  HFT, menée avec les chercheurs Jonathan Brogaard et Ryan Riordan, il a démontré que le HFT améliore les prix et parvient à réduire la volatilité durant les moments de panique sur les marchés.

Mais on a vu aussi que parfois, les algorithmes employés par les firmes de trading peuvent s'affoler et créer des remous sur les marchés. Ce fut le cas d'Infinium capital, de Knight Capital et de Citadel Securities, notamment.

Du côté universitaire, on ne remet pas en cause l'avènement du HFT, considéré comme une évolution naturelle à la transformation informatique des marchés financiers. Toutefois, certains, comme Andrei Kirilenko, et Jonathan Brogaard, ont démontré dans une étude que les firmes les plus agressives gagnent plus que les autres. Et Kirilenko n'a pas hésité à affirmer devant le Sénat américain que l'environnement des marchés américains est propice à une concentration des acteurs, où le gagnant prend tout.

Kirilenko, mais aussi Albert Menkveld, et d'autres professeurs d'université, ont appelé à ralentir la cadence des marchés, qui ne profitent qu'à une poignée d'acteurs sur les marchés (et visiblement, pas à Getco Knight Capital, au vu de ses résultats en 2013), et qui résultent en une augmentation des coûts de transactions.

Aux Etats-Unis, la naissance de la plateforme IEX, qui cherche à devenir une Bourse, est symptomatique de cette réflexion. IEX a mis en place un frein, où les ordres doivent patienter 350 microsecondes avant d'être exécutés. Les fondateurs ont voulu aussi se distancer du modèle de co-location (où les serveurs de la Bourse sont côte-à-côte avec ceux des firmes de trading et des banques dans un centre de données).

Mais tous ne partagent pas l'avis de ralentir les marchés financiers.

 

En Europe, l'autorité européenne des marchés financiers (Esma) réfléchit à imposer un temps minimum de présence des firmes de trading qui se disent teneurs de liquidité. Car on a constaté, durant le flash crash du 6 mai 2010, que certaines firmes se sont retirées du marché parce qu'elles ont senti que quelque chose ne tournait pas rond.

En tout cas, le HFT n'a pas fini de faire débat.

 

 

Posté le 20 août 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Les problèmes de Citadel Securities

GriffincitadelLe 16 juin 2014, Citadel Securities a reçu une amende de la Finra (autorité américaine de régulation de l'industrie financière)  de 800.000 dollars. Motif? Entre le 18 mars 2010 et le 8 janvier 2013, la firme de trading a envoyé des ordres erronés sur les marchés américains.

Comme le veut l'usage, Citadel Securities a nié avoir commis une faute. Mais les régulateurs ne partagent pas son avis.

Quatre problèmes ont été sanctionnés par la Finra. Le régulateur reproche tout d'abord à Citadel Securities d'avoir provoqué 24 mini flash crash sur des titres individuels. Il le condamne aussi pour avoir utilisé un algorithme précédemment abandonné qui a exécuté par erreur des ventes sur 2,75 millions d'actions de PC Group durant 11 minutes, en avril 2010. En août 2011, Citadel Securities a connu un épisode de boucle avec un de ses algorithmes tout juste upgradé (le cauchemar de tout trader à haute fréquence). Et enfin, la Finra relève que le 13 décembre 2012, la firme a utilisé de mauvaises données de marchés pour envoyer, durant 2 minutes, des ordres limites sur 16 différents titres.

Ces incidents ne sont pas passés inaperçus aux Etats-Unis, comme en témoigne Eric Hunsader, le fondateur de la firme de données de marchés Nanex

 

 

Sur les 800.000 dollars d'amendes, Citadel Securities doit 420.000 dollars au Nasdaq, 160.000 dollars au NYSE, 170.000 dollars à BATS et 50.000 dollars à la Finra.

Car il faut rappeler que les Bourses doivent mettre en place un système de surveillance des marchés afin de garantir leur intégrité. Ceci est valable aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe. Lorsque Knight Capital a connu des problèmes avec son algorithme devenu fou le 1er août 2012, le NYSE a été le premier intervenant à lui signaler de remettre immédiatement les choses en ordre. En vain.

Mais ces incidents posent aussi la question de la santé financière de Citadel Securities. Car un algorithme fou peut causer des pertes colossales pour une firme de trading. Knight Capital en sait quelque chose.

Citadel Securities avait d'ailleurs fermé sa division européenne au début 2013, après seulement quatre années de présence sur le continent.

Mais le patron de la maison-mère, Kenneth Griffin (en pleine procédure de divorce), n'a montré aucun signe de contrariété lors de son audition devant la commission financière du Sénat américain, portant sur la structure des marchés américains.

 

Posté le 19 août 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Quand la nature se met au travers du trading

Google a décidé de renforcer ses câbles transatlantiques au kevlar pour éviter que des requins viennent les dévorer.

Le géant de l'internet utilise des câbles de fibre optique pour transmettre les données internet plus rapidement qu'avec des fils de cuivre. Seulement, d'après le Nouvel Observateur, les squales aiment particulièrement machouiller les câbles de fibre optique, qui émettent un champ électromagnétique attirant ces prédateurs, comme on peut le voir sur cette vidéo (datant de 2010).

 

Hibernia Networks a aussi déployé un câble transatlantique en fibre optique qui relie New York et Londres. Long de 6021 kilomètres et coûtant 300 millions de dollars, ce câble permet de transmettre les données de marchés entre les Bourses de New York et de Londres en 59 millisecondes. J'ignore si les responsables du projet ont pensé aux attaques de requins...

Le monde animal vient parfois narguer le monde du trading. En 1994, le Nasdaq a subi une panne durant 34 minutes car un écureuil avait rongé un des fils de connexion de la Bourse électronique. En décembre 1987, le Nasdaq avait déjà vécu la même mésaventure.

Et puis, maintentant que les firmes de trading à haute fréquence se lancent dans les antennes de communication hertzienne pour obtenir plus rapidement leurs données de marché entre Chicago et New York d'une part, Londres et Francfort d'autre part, on peut se demander si des oiseaux peuvent venir troubler leurs plans.

Car les nuées d'oiseaux peuvent perturber la communication entre deux tours. 

Toutefois, les firmes de trading à haute fréquence utilisent aussi la fibre optique pour transmettre les données de marché. Les deux technologiques sont employées, car les fréquences hertziennes présentent l'inconvénient de dépendre des conditions météorologiques. Or la Belgique, qui se trouve en plein milieu du champ à vol d'oiseau entre Londres et Francfort, et où se trouvent certaines antennes de communication comme celle d'Houtem, n'est pas réputée pour disposer du meilleur temps.

Posté le 6 août 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Départ(s) chez Euronext

BELGAIMAGE-59530404Cees Vermaas (photo), le directeur d'Euronext Amsterdam, a annoncé son départ le vendredi 1er août 2014, à peine un mois et demi après l'introduction en Bourse d'Euronext, l'ensemble composé des Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne.

Selon plusieurs sources proches du dossier, Vermaas a accepté une offre du Chicago Mercantile Exchange. Le plus gros marché de dérivés mondial souhaite s'implanter en Europe et a trouvé en Vermaas son directeur européen.  Euronext ne souhaite pas faire de commentaires.

Le Chicago Mercantile Exchange est un monstre comparé à Euronext. Il pèse 24,78 milliards de dollars de capitalisation boursière, devant l'IntercontinentalExchange,  l'ancien propriétaire d'Euronext, qui pointe à 22,013 milliards de dollars. Avec 1,225 milliard d'euros de capitalisation boursière, Euronext ne fait guère le poids face à ce marché.

De plus, chez Euronext, les tensions seraient palpables depuis que le groupe ne fait plus partie de NYSE Euronext. La direction du groupe est repartie à Paris. Aucun membre de la direction d'Euronext Amsterdam, ni de Bruxelles d'ailleurs, n' a réussi à prendre de poste à responsabilité au sein de la direction de la maison-mère. Et à Amsterdam, le directeur des ressources humaines a été poussé vers la sortie. Le service retail va être liquidé. Toutefois, chez Euronext, l'information est catégoriquement démentie. Une porte-parole rappelle que le COO d'Euronext est Hollandais, tout comme le responsable des ressources humaines, celui de la salle des marchés et le président du conseil d'administration. Elle précise que deux Hollandais et deux Français composent le comité de direction d'Euronext. Selon elle, les Hollandais sont très bien représentés dans Euronext.

Mais heureusement pour Euronext, le groupe n'est pas impacté par la saga Banco Espirito Santo, même si parmi les actionnaires de référence d'Euronext, on retrouve Avistar, une filiale de la banque portugaise.

Le cours d'Euronext évolue à la baisse depuis son introduction en Bourse.

Euronxt

Toutefois, il se dit aussi dans certains cercles que Dominique Cerutti, l'actuel PDG d'Euronext, serait sur la sellette. "Cerutti est un brilliant responsable informatique, ses 20 ans passés chez IBM l'ont montré, mais il n'est pas un homme de marché. Du temps de NYSE Euronext, Duncan Niederauer (l'ancien PDG, lui aussi parti depuis), a voulu faire du groupe un vendeur de solutions informatiques. Mais désormais, cette stratégie débile a été abandonnée. Les nouveaux actionnaires et les grands acteurs des marchés ont compris qu'il fallait remettre l'église au milieu du village" commente un acteur du marché. Euronext dément catégoriquement ces propos jugés malveillants et rappelle que les actionnaires doivent se prononcer sur une telle issue, ce qui n'est pas le cas actuellement. Euronext indique que le rôle de Dominique Cerutti chez IBM était de repositionner la société. Et rappelle que son rôle chez Euronext fut aussi de rendre le groupe autonome après le départ de l'IntercontinentalExchange.

Car aujourd'hui, Euronext doit retrouver de la valeur, alors que l'un de ses moteurs de croissance lui a été enlevé par l'IntercontinentalExchange: le Liffe. "Une Bourse, en termes de revenus, c'est d'abord 70% de  cash et de dérivés, et puis le listing, la vente de données de marché, de licenses,..." précise un analyste. Or, Euronext n'a plus que le MATIF, le marché de dérivés de la Bourse de Paris, et celui des options à Amsterdam, soumis à une forte concurrence. Du côté du cash, la concurrence est rude aussi.

Bref, la direction d'Euronext va devoir se remonter les manches.

Posté le 5 août 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

2013, l'embellie pour le HFT

04003860Optiver et IMC, deux firmes amstellodamoises de trading, ont rapporté une hausse de leurs bénéfices en 2013.

Optiver a indiqué à la presse hollandaise avoir enregistré un bénéfice de 174 millions d'euros en 2013, contre 141,6 millions d'euros en 2012, soit une hausse  de 23 % sur un an. Ses revenus du trading ont grimpé à 466 millions d'euros, contre 370,1 millions d'euros en 2012, soit une hausse de 26%.

IMC, le grand rival d'Optiver, a lui révélé avoir gagné 127 millions d'euros de bénéfices en 2013, soit une hausse de 63% par rapport à 2012, et 403 millions d'euros de revenus du trading.

Jump Trading Europe, dont la maison-mère de Chicago a acheté une antenne de communication à prix d'or à l'Etat belge en  janvier de cette année, a lui multiplié par 6 ses bénéfices en 2013, 6 millions de dollars contre 1,1 million en 2012.

Virtu Financial a publié une hausse de 8% de son revenu en 2013,à 664,5 millions de dollars, et un bénéfice de 182,2 millions de dollars, le double de ce que la firme a engrangé en 2012.

Les résultats de KCG ne suivent pas la tendance. KCG a publié une baisse de 31% de son revenu en 2013, à 975,4 millions de dollars, et de 65,9% pour son bénéfice, à 45,8 millions de dollars.

Les autres firmes n'ont pas dévoilé leurs résultats. Mais on constate une embellie pour les résultats des firmes de trading à haute fréquence, qui avaient fondu de 46% en 2012 pour les sociétés européennes. Même la toute petite firme All Options a retrouvé un bénéfice de 995.000 euros, après avoir publié des pertes depuis 2010.

Optiver confirme toutefois son statut de plus grosse firme de trading en Europe.

 

 

Posté le 30 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La SEC jette un oeil sur les ordres de Bourse

Aux Etats-Unis, la Securities and Exchange Commission a demandé aux différentes Bourses de faire patte blanche sur leurs pratiques de trading. Le régulateur a donné au secteur jusqu'au mois de novembre pour indiquer leur politique d'ordres de prix, afin de les passer au crible.

Résultat, le 25 juillet 2014, trois jours après l'annonce du départ de William O'Brien, son PDG (tiens, tiens), Direct Edge a soumis un rapport de 114 pages pour corriger les déficiences de ses types d'ordres, dont le fameux Hide not slide qui permet aux traders ayant payé pour ce "service" de devancer la file des ordres. La SEC devra se prononcer sur la poursuite de cette pratique, comme le pointe Haim Bodek.

 

Le 7 juillet 2014, le New York Stock Exchange a également soumis à révision ses types d'ordres, ce que n'a manqué de signaler Eric Hunsader sur Twitter.

 

Et comme le souligne Hunsader, le NYSE n'a aucune intention de supprimer certains types d'ordres, contrairement à ce que l'avait annoncé Jeffrey Sprecher, le PDG d'IntercontinentalExchange, nouveau propriétaire de la Bourse de New York. Le Big Board fait juste le tri car les firmes de trading à haute fréquence sont plus sélectives sous l'effet de volumes de transactions plus faibles.

Le 28 juillet 2014, ce fut au tour du Nasdaq de soumettre ses ordres à révision.

La SEC a du pain sur la planche.

 

Posté le 24 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Faisceaux Hertziens: la Belgique cernée par le trading

Basildon

En traçant la distance à vol d'oiseau entre Francfort et Basildon (dans le sud-est de Londres), force est de constater que la Belgique se trouve en plein milieu du champ.

Basildon est le lieu du centre de données du Liffe, le marché de dérivés d'IntercontinentalExchange mais aussi des marchés au comptant d'Euronext (l'ensemble des Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne). Francfort abrite Eurex, un important marché de dérivés, mais aussi le marché au comptant des principales valeurs allemandes et des ETF. Cependant, pour les ETF, le centre de données de Slough (près de Londres) est le lieu principal d'échanges.

Les firmes de trading à haute fréquence cherchent à obtenir plus rapidement les données de marché entre les centres de Basildon et Francfort, au moyen de tours de communication comme celle d'Houtem, rachetée en janvier 2013 par une filiale de Jump Trading à l'Etat belge.

Le faisceau hertzien de ces tours ne porte pas à plus de 100 kilomètres. On sait déjà que celle d'Houtem communique d'un côté avec une tour de communication située à Swingate, à 95 kilomètres à vol d'oiseau. De Swingate à Basildon, il y a 76 kilomètres à vol d'oiseau.

Au total, 598,21 kilomètres séparent Basildon et Francfort à vol d'oiseau. D'autres tours de communication sont donc utilisées ici en Belgique.

Sachant que Gand se situe à 73 kilomètres de Houtem, que Gand est situé à 71 kilomètres de Louvain, que Louvain est séparé de 68 kilomètres de Liège, et que 78 kilomètres séparent Liège d'Obere Kyll en Allemagne, on peut en déduire que cinq tours de communication sont stratégiquement positionnée sur le territoire belge.

La Belgique est donc cernée par les antennes du trading à haute fréquence.

 

Posté le 23 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Une nouvelle ère pour les Bourses?

120388772Après Duncan Niederauer, c'est au tour de William O'Brien de quitter brusquement le navire. Niederauer a fait sa tournée d'adieux ici en Europe auprès du personnel de chaque Bourse du groupe Euronext (dont celle de Bruxelles), tandis qu'O'Brien a lui laissé sa place à Joe Ratterman à la tête de BATS Global Market.

Tout ceci se passe aux Etats-Unis. En Europe, les dirigeants des Bourses restent bien en place.

Rappelons qu'aux Etats-Unis, le procureur de la ville de New York, Eric Schneiderman, mène actuellement une enquête sur les pratiques du trading. Parallèlement, la Securities and Exchange Commission se livre elle aussi à sa propre enquête.

Schneiderman a condamné récemment Barclays pour fraude avec son dark pool LX. Depuis les volumes de transactions sur cette plateforme ont chuté de plus de 80%.

Mais il n'est pas exclu qu'en Europe, cette vague d'enquêtes ne crée pas des émules.

Le Financial News révèle que la Chambre des Lords, dont fait partie l'ancien trader Justin Welby (désormais devenu l'archevêque de Canterbury), a auditionné ce mercredi 23 juillet 2014 Brad Katsuyama (photo), le PDG de la plateforme IEX, héros du livre "Flash Boys" de Michael Lewis. Lewis a lui donné une grande conférence le 28 avril 2014 sur son ouvrage au London School of Economics.

Katsuyama, par vidéo interposée, a dénoncé le modèle actuel des Bourses, qui vendent leurs technologies. Le PDG d'IEX, qui ne propose pas la co-location des ordres, a pointé du doigt ces services qui "ne rendent plus neutres les Bourses, mais les biaisent en faveur des personnes qui achètent votre technologie".

Pour rappel, la co-location permet aux firmes de trading, moyennant paiement, de placer leurs serveurs informatiques au plus près de celui de la Bourse. Ceci leur permet de gagner un avantage de temps, et d'obtenir des données de marchés plus rapidement.

En  2010, NYSE Euronext avait décidé de se rapprocher de ses plus gros utilisateurs situés à Londres en instaurant un centre de données à Basildon et en proposant la co-location. Tout ça, alors que les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne accueillent les sociétés cotées domestiquement.

C'est précisément la co-location qui est aujourd'hui placée sous enquête aux Etats-Unis. Il ne manquerait plus que la Grande-Bretagne, patrie du centre de données de Basildon, se mette elle aussi à questionner cette pratique.

Va-t-on vers un modèle de Bourses sans co-location? 

Posté le 22 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Quand l'Etat belge se renfloue grâce au trading

123203704L'antenne de communication vendue à une filiale de Jump Trading a rapporté gros à l'Etat belge. Selon le site de l'administration des services patrimoniaux, le prix de départ de cette tour était fixé à 255.000 euros. Le 9 janvier 2013, l'enchère a été clôturée à 5 milllions d'euros, soit une progression de 1860% par rapport au prix de départ.

Comme le rappelle Francis Adyns, porte-parole du ministère des Finances, tous les biens immobiliers mis en vente par l'Etat sont vendus aux enchères. L'Etat agit comme notaire.

Sur le site de l'administration des services patrimoniaux, on ne trouve pas d'autres ventes de tours de communication, ni  à venir, ni passées.

Mais l'on apprend que la tour vendue à Jump Trading fait partie d'un ensemble. La firme de trading de Chicago a acquis un domaine militaire en plus cette tour, haute de 244 mètres (soit 80% de la Tour Eiffel). Et que le revenu cadastral s'elève à 65 euros.

Si je me fie à Equinix, qui a déployé sur tous ses centres de données des antennes hertziennes, je dirais que l'antenne d'Houtem remplit l'espace entre Amsterdam et Londres. A vol d'oiseau, la distance entre Amsterdam et Houtem est d'environ 211 kilomètres. Entre Houtem et Slough, il faut compter 232 kilomètres à vol d'oiseau.  C'est beaucoup trop loin pour le faisceau hertzien. Aussi, il doit  y avoir d'autres antennes entre Amsterdam et Houtem d'une part, et entre Houtem et Slough d'autre part.

Equinix

Les firmes de trading essaient d'obtenir une route de données entre Londres et Francfort. Comme on me l'a dit, l'antenne d'Houtem a quelque chose de stratégique, sinon Jump Trading n'aurait pas payé 5 millions d'euros pour l'acquérir. Mais cette vente montre que l'enchère fut soutenue. Ce qui fait les affaires de l'Etat belge.

 

N.B.: on me signale que Jump Trading dispose d'une tour de communication à Swingate, à 95 kilomètres de Houtem à vol d'oiseau. Et de Swingate à Basildon, il y a 76 kilomètres. Perseus Telecom a par ailleurs déployé depuis mars 2014 un réseau hertzien entre Basildon, Slough et le centre de Londres.

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