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Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 16 mai 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Les antennes du HFT s'étendent en Europe

123203746McKay Brothers, une firme de services financiers, vient d'annoncer avoir ouvert de nouveaux points de présence à Marseille et à Madrid. Pour ceux qui l'ignorent, McKay Brothers s'avère l'une des firmes qui offrent un réseau d'antennes hertziennes aux sociétés de trading à haute fréquence, banques et hedge funds qui souhaitent obtenir plus rapidement leurs données de marché. La vitesse de transmission des données est  réduite de dix fois par rapport à la fibre optique, qui reste toujours employée.

Les deux points de présence de McKay Brothers à Marseille et Madrid relient le réseau entre le LD4 et le FR2, le charmant nom donné aux centres de données d'Equinix, une société de centres de données, situé à Slough (en Grande-Bretagne) et à Francfort. Les moteurs d'appareillement de Bats (actions et ETF) et de EBS (la plateforme de devises de Thomson Reuters) sont situés dans le LD4. Eurex(dérivés) et Xetra (actions)sont situés dans le FR2. Les firmes de trading à haute fréquence cherchent à exploiter les différences de prix entre les titres négociés sur ces marchés.

McKay Brothers précise dans un communiqué que Marseille et Madrid sont des destinations importantes pour sa clientèle, car Marseille se trouve à l'intersection d'un câble de fibre optique sous-marin reliant l'Inde et le Moyen Orient, tandis que Madrid s'avère un un important hub de trading en Europe.

Le réseau d'antennes hertziennes du trading à haute fréquence s'étend donc en Europe. D'autres sociétés prévoient aussi de connecter les marchés scandinaves au réseau.

Parallèlement, la route entre Francfort et Londres s'est recentrée autour de la Belgique. Le réseau d'antennes délaisse le nord de la France pour se concentrer sur le territoire belge, en plein dans l'axe entre Francfort et Londres à vol d'oiseau. Vigilant Global, une filiale de la firme de HFT DRW, et New Line Networks (Jump Trading et KCG), veulent construire chacun une antenne de 300 mètres de haut à Richborough dans le Kent,  qui reliera la côte belge, mais jusqu'à présent, les habitants de la commune s'y opposent.

Toutefois, Flow Traders, une firme de HFT, envisage de revendre son propre réseau d'antennes, faute de rentabilité.

Posté le 26 avril 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Une définition européenne du HFT

D'ici 2018, date à laquelle la directive MiFID2 entrera en vigueur en Europe, toutes les firmes qui envoient au moins 2 messages par seconde sur les marchés européens seront qualifiées de traders à haute fréquence (HFT). Il sera demandé aux HFT de conserver les détails de leurs algorithmes pendant au moins 5 ans et répertorier leurs transactions selon 34 paramètres différents.

Cette définition vient d'être ajoutée dans le texte de MiFID2, qui rappelons-le, a été repoussée à 2018 car le secteur financier n'est pas prêt. L'ESMA, l'autorité européenne de supervision des marchés financiers, s'est vue confier le soin de peaufiner les détails techniques du texte, sur base des recommandations du secteur.

Deux messages par seconde, cela semble une éternité pour une firme de trading à haute fréquence, car il faut rappeller que désormais, il s'en passe des choses sous la microseconde pour les titres cotés les plus liquides, comme Vodafone par exemple. Mais la FIA Epta, l'association européenne des firmes de trading souligne "avoir de la clarté sur la définition du trading algorithmique". "Les membres de la FIA Epta sont déjà en règle avec les principes de l'ESMA sur le trading automatique depuis 2012" indique Mark Spanbroek, le président de la FIA Epta. "Nous pensons que seule une petite part de nos membres sera soumise au rapport additionel d'activités lié à la définition du HFT, car seulement quelques membres dépassent le seuil fixé" par les régulateurs, ajoute-t-il.

Qu'entend-on par messages, au juste?

Sur le site du London Stock Exchange, il est répertorié une longue liste de types de messages que peut recevoir le moteur d'appareillement de la Bourse. Elle ne s'arrête pas seulement aux messages d'exécution  des ordres. Les firmes de trading comptent aussi sur des messages de confirmation de leurs ordres. Car s'ils ne reçoivent pas ces messages, certaines suspendent leurs transactions. Elles perçoivent que la Bourse a un problème. Des messages sont envoyés aussi à la Bourse pour l'identification de l'intervenant de marché.

Sous MiFID2, les participants de marchés seront obligés de procéder à l'horodatage de toutes les étapes servant à la transaction. C'est sans doute grâce à cet horodatage que les régulateurs parviendront à déterminer qui envoie au moins deux messages par seconde sur les marchés européens.

Mais ce ne sera pas chose facile. Le professeur de l'UCL et cryptographe Jean-Jacques Quisquater, qui donnait récemment une conférence au Belgian Finance Club sur le Blockchain, a souligné que l'ordre de calcul pour le "timestamping" (horodatage)  s'opère en milliard de secondes, mais que cela provoque un gaspillage considérable de ressources énergétiques. Cet horodatage, devant être synchronisé à l'UTC (temps universel coordonné), n'a en outre pas l'air si évident pour une firme de HFT. Mais selon Mark Spanbroek, la partie la plus compliquée à mettre en place dans la régulation se trouve dans MAR, la directive sur les abus de marchés, qui entre en vigueur en juillet, et qui requiert un rapport des transactions suspectes aux régulateurs, et prévoit des amendes sévères et de la prison pour ceux qui se livrent à des abus de marché. Il indique que les membres de la FIA Epta se pencheront d'ici deux mois sur la question de l'horodatage des transactions.

Il risque d'y avoir quelques surprises...

 

 

Posté le 19 avril 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Big brother dans les salles de marché

Hal-9000-eyeAprès les scandales à répétition qui ont frappé les salles de marché des banques, les régulateurs ont voulu serrer la vis. En 2018, lorsque la directive MiFID2 entrera en vigueur, les banques devront mettre en place un système de surveillance de tous les moyens de communication employés par les employés dans la salle de marché. En Grande-Bretagne, depuis 2013 déjà, la Financial Conduct Authority, organe de supervision des marchés financiers, a imposé un tel contrôle au sein du secteur bancaire. Mais faute de technologie, les banques ont demandé à leurs traders de s'abstenir d'utiliser leur GSM pour communiquer entre eux, alors que la régulation leur impose de surveiller les communications par GSM.

Depuis, la technologie a évolué. Chez IPC, une firme de services financiers, on explique qu'il est désormais possible d'installer une carte SIM dans les téléphones portables des traders, pour surveiller toutes leurs conversations. Lionel Grosclaude, vice-président d'IPC, a expliqué durant un entretien lors du salon TradeTech2016, que l'automatisation des contrôles a facilité ceux-ci. "Ce n'est plus une option d'être compliant (en règle). L'infrastructure devient critique comme dans un avion, s'il y a une panne, il existe deux systèmes pour éviter de perdre le contrôle. Avant, si l'enregistrement d'une conversation téléphonique ne fonctionnait pas, ce n'était pas signalé. Maintenant, il y a un système de bridge "indique-t-il. "A travers un robot, tous les téléphones sont enregistrés. La qualité du signal se généralise dans les banques" ajoute-t-il. "Avec un mot-clé, il devient plus facile de détecter s'il y a eu de l'inside trading".

Selon Lionel Grosclaude, l'évolution technologie de la surveillance de la communication va faciliter la tâche des régulateurs. "La responsabilité personnelle des dirigeants des banques (en cas de délit d'initié) sensibilise les gens à ces règles " assure-t-il.

Mais il le reconnaît, avec cette évolution technologique, on tombe dans le monde "Big Brother". Car les communications des traders des salles de marché seront toutes enregistrées, peu importe le canal de communication.

Le monde bancaire évitera-t-il à l'avenir des scandales comme celui du Libor, de l'or, des devises,...?

 

 

Posté le 15 avril 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Des manipulations à l'origine de la volatilité des titres

TraderserveLes algorithmes de trading devront bientôt être testés. En 2018, lorsque la directive européenne MiFID2 entrera en vigueur, les firmes qui utilisent des algorithmes pour exécuter leurs ordres devront procéder à un test de ceux-ci hors marché ou cesser de trader. La direction de ces firmes sera tenue pour responsable si un manque de tests résulte en un désordre sur les marchés.

Durant le salon du trading électronique TradeTech qui se tenait du 12 au 13 avril à Paris, Nick Idelson, directeur de TraderServe, une firme qui propose le test des algorithmes de trading, a souligné qu'actuellement sur les marchés, "des centaines d'algorithmes mal conçus, naïfs, peuvent entrer en interaction avec des algorithmes destinés à perturber les marchés" ce qui contribuent à des fortes variations de titres.

Il a montré durant une présentation au stand de sa firme durant le salon comment les titres réagissent face à des manipulations de marché comme le spoofing, le quote stuffing, le momentum ignition, le smoke,... si en face se trouve un algorithme qui vend ou achète 100 titres à intervalle régulier. Il a fait une démonstration avec trois sociétés cotées. Chaque fois que l'agorithme naïf rencontre un qui ressort de la liste des manipulations, les trois titres voient leur cours soudainement chuter. "Cela peut aller de 2 à 10%" souligne Nick Idelson. Lorsque la manipulation cesse, les titres remontent.

Nick Idelson indique que dans le cas du flash crash du Dow Jones le 6 mai 2010, et du crash des Treasuries le 15 octobre 2014,  du spoofing a été détecté avant que les krach ne surviennent. "C'est très facile à détecter" affirme-t-il.

Toutefois, si Navinder Sarao, le trader britannique,  a été accusé par les Etats-Unis de spoofing et d'avoir provoqué le flash crash de 2010, le gouvernement américain n'a pas mis en cause spécifiquement le spoofing dans le cas du crash des Treasuries. Il a plutôt désigné le self-trading, une aberration des marchés où le trader se retrouve des deux côtés de la transaction, comme responsable, entre autres, du crash des Treasuries en octobre 2014. Mais il faut rappeler que le nom de Sarao n'est apparu qu'en avril 2015, cinq ans après le flash crash du Dow Jones.

A TradeTech, tous n'ont pas partagé l'avis de Idelson sur la facilité à détecter du spoofing sur les marchés. "Non, ce n'est pas si évident" m'a affirmé un courtier présent, qui a souhaité rester anonyme. Mais il a constaté que des ordres de 100 titres sont assez récurrents sur les marché, même sous la microseconde, où se passent beaucoup de transactions.

 

 

Posté le 13 avril 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Des sanctions plus sévères pour les manipulations de marché

SpoofingA Trade Tech 2016, le salon du trading électronique qui se tenait mardi 12 et mercredi 13 avril à Paris, un panel d'intervenants a fait le plein d'auditeurs. Mais il faut préciser que la salle était petite par rapport au grand auditoire du Palais des Congrès.  Des personnes sont restées debout pour entendre le débat modéré par Remco Lenterman, qui arborait un badge en tant que conseiller pour la FIA Epta, l'association de défense des firmes de trading électronique en Europe, sur les manipulations de marché et sur comment arrêter celles-ci.

En Europe, en juillet 2016, la directive MAR (sur les abus de marché) va entrer en vigueur. Celle-ci prévoit une peine de prison allant jusqu'à 4 ans et une amende jusqu'à 5 millions d'euros pour ceux qui se font attraper pour délit d'initié ou manipulation de marché. Kostas Botopoulos, conseiller pour les affaires européennes et membre de la Banque de Grèce, a rappelé que "tout comportement suspect doit être reporté " auprès des superviseurs de marché. Il a constaté que depuis la crise financière, les cas d'abus de marché ont augmenté en Grèce. Sur 20 cas, 15 ont conduit à des amendes. "Désormais, sous MAR, ces abus de marché seront criminalisés. Il n'y a plus de sanctions administratives" a-t-il prévenu. A la place, il y aura donc de la prison et des amendes lourdes pour ceux qui se feront prendre.

Kjelle Blom, responsable de la structure des marchés chez Optiver, une firme de HFT, s'est un peu emporté lorsque Kostas Botopoulos a souligné que les cas d'abus de marché ont augmenté depuis la crise financière, lui demandant, alors que ce n'était pas lui le modérateur du débat, si les régulateurs n'ont pas serré davantage la vis,  pour expliquer cette augmentation. Il a gentiment été rappelé à l'ordre par Remco Lenterman. Juste avant l'intervention de Kostas Botopoulos, Kjelle Blom avait constaté une baisse des abus de marché, en indiquant que "tout le monde veut éviter cela, car nous voulons un marché durable". 

Nick Idelson, directeur technique chez TradeServe, une firme de services financiers dont je vous reparlerai bientôt, a lui contredit Blom, en indiquant voir "des tas d'abus de marché". "Un algorithme naïf, lorsqu'il entre en interaction avec un algorithme destiné à de la manipulation de marché contribue à accentuer la volatilité sur un titre, et cela apparaît assez clairement" a-t-il indiqué. Il a souligné en exemple le cas de Navinder Sarao, le trader britannique qui doit être extradé aux Etats-Unis car il est accusé de spoofing, une manipulation de marché, et d'avoir provoqué le krach éclair du Dow Jones le 6 mai 2010, tout en continuant encore quatre ans après à manipuler les marchés américains. "Maintenant, les superviseurs de marché regardent à la fois les ordres et les annulations d'ordres, alors qu'avant ils ne regardaient que les transactions" souligne-t-il. Selon lui, le spoofing est devenu facilement détectable. Cette manipulation est même à l'origine d'après lui des flash crash sur le Dow Jones en 2010, et des Treasuries américains en octobre 2014.

Toutefois, Kostas Botopoulos a relevé que la forme d'abus de marché la plus courante n'est pas le spoofing, mais le délit d'initié. Kjelle Blom a acquiescié."C'est notre plus grande menace. L'année passée, nous avons vu quelqu'un placer un ordre de 8000 put (contrat qui permet de parier sur la baisse d'un titre) sur Volkswagen le vendredi, avant que le cas de fraude sur le diesel ne soit dévoilé. Cela a causé 6 millions d'euros de perte pour la personne qui a dû exécuter des transactions sur le titre, et cela a fait beaucoup de tort au marché" a-t-il indiqué.

Va-t-on en Europe vers une situation comme aux Etats-Unis, où les cas de spoofing commencent à tomber, et où les lanceurs d'alerte comme Eric Hunsader et Haim Bodek, s'illustrent? L'avenir le dira.

Posté le 6 avril 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Spoofing: nouvelles amendes

232390574Alors que le trader britannique Navinder Sarao (photo) doit être extradé pour être jugé aux Etats-Unis où il est accusé de spoofing, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) vient d'annoncer que la  cour fédérale de New York a infligé une amende de 1,38 million de dollars à Heet Khara, et de 1,31 million de dollars à Nasim Salim. Les deux résidents des Emirats Arabes Unis ont été condamnés pour avoir commis du spoofing sur les futures de l'or, et de l'argent, cotés sur le Commodity Exchange (Comex) entre février et avril 2015.

Le spoofing  est une manipulation de marché interdite aux Etats-Unis. Il consiste à envoyer une grande quantité d'ordres sur un titre, pour ensuite annuler ces ordres et provoquer un faux mouvement de marché pour permettre au donneur d'ordres d'empocher un bénéfice sur l'achat ou la vente de titres.

Heet Khara et Nasim Salim sont les deuxièmes à être condamnés pour ce genre de pratique, mais contrairement à Michael Coscia (premier condamné à du spoofing), ceux-ci n'ont pas l'air d'avoir à craindre la prison. Ils ne risquent pas d'extradition des Emirats Arabes Unis vers les Etats-Unis, pas comme Navinder Sarao. Mais il n'est pas dit que la justice américaine laisse passer ça.

Navinder Sarao est attendu par les Etats-Unis car il est accusé d'avoir provoqué le flash crash du Dow Jones Industrial Average le 6 mai 2010 (l'indice avait brutalement perdu 1000 points avant de rebondir aussi spectaculairement quelques minutes plus tard). Une accusation que réfutent Eric Hunsader, le fondateur de Nanex, mais aussi trois professeurs de finance, de droit et d'astrophysique.

Un autre trader, russe, Igor Oystacher, co-fondateur de la firme de trading 3Red Trading, a déjà dû payer 660.000 dollars d'amendes au Chicago Mercantile Exchange, à l'IntercontinentalExchange et à Eurex, pour avoir commis du spoofing sur leur marché. La justice américaine l'a poursuivi fin 2015 pour ces manipulations. Il risque lui aussi la prison.

Posté le 20 mars 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Cette semaine dans le monde du HFT

Cette semaine, la réunion de politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine, très attendue, s'est manifestée sur les marchés par une volatilité historiquement élevée. Et sinon, après Amsterdam la semaine dernière, les firmes de trading à haute fréquence se sont rassemblées à Boca Raton en Floride, nettement plus ensoleillée que sous les latitudes ici en Europe, sous la bannière de la FIA, l'organisation américaine de défense des intérêts des traders. La firme de THF basée à Amsterdam Optiver y était à l'honneur, elle qui fête cette année ses 30 ans d'anniversaire.

Lundi 14 mars

Une étude menée par un économiste de l'Australian Financial Market Association souligne que taxer le trading à haute fréquence n'est pas efficace. Il souligne que pour un marché comme l'Australie, une telle taxe provoquerait des retraits de capitaux. 

Mardi 15 mars

Il faisait calme sur les marchés ce jour-là. L'attentisme était de mise alors que démarrait la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine, qui n'a pas touché à ses taux d'intérêt, mais revu à la baisse ses attentes de relèvement pour cette année, de 4 en décembre, à deux. 

Sinon, Alexandre Laumonier, auteur des livres "5" et "6" sur le trading à haute fréquence, explique sur son blog, que comme les migrants, les antennes de télécommunication servant aux transferts de données de marché pour les firmes de THF, remontent vers la Belgique.

 

Mercredi 16 mars

 Oh, l'effet Fed!

 

Et sinon, pendant ce temps-là, la FIA réunissait le petit monde des intervenants de structures de marché, avec en guest stars des hommes et femmes politiques comme John Boehner et Condoleeza Rice. Optiver sponsorisait l'événement, ce que n'a pas manqué de souligner le président de la FIA Epta, Mark Spanbroek, l'association européenne de défense du THF.

 

 

On y a vu aussi Paul Hilgers, le patron d'Optiver, débattre avec Condoleeza Rice.

Durant cette conférence, aussi, la Commodity Futures Trading Commission, qui supervise les marchés de dérivés aux Etats-Unis, a indiqué qu'elle gardera secrets les codes de trading des firmes de THF. Car depuis le mois de novembre, le superviseur de marché veut changer les règles pour le THF, et avait notamment recommandé que les firmes de THF lui fournissent leurs codes de trading, ce qui ne ravit pas les intéressées. La CFTC espère finaliser ses règle d'ici la fin de l'année.

Et sinon, en Europe, cette vidéo, vue sur le blog Amsterdam Trader, retrace l'évolution de la Bourse d'options à Amsterdam (où a notamment démarré Optiver)

  

Jeudi 17 mars

La Securities and Exchange Commission, superviseur des marchés d'actions américains, devrait repousser à juin sa décision d'accorder ou non le statut de marché réglementé à IEX, un dark pool mis en avant par le livre "Flash Boys" de Michael Lewis. Le dark pool a reçu beaucoup d'oppositions, notamment des Bourses comme BATS et le NYSE, au motif que son frein de 350 microsecondes provoquerait un marché injuste. Mais IEX a aussi beaucoup de mal avec un de ses utilisateurs, Citadel Securities, qui se met vraiment en travers de sa route.

 

Eric Hunsader, le fondateur de Nanex, et lanceur d'alertes, déplore l'influence importante des anti-IEX sur la SEC.

 

Vendredi 18 mars

L'Union Européenne demande à l'ESMA (autorité européenne de régulation des marchés financiers) de réviser deux propositions de MiFID2, sur les matières premières et le trading d'obligations. L'ESMA a six mois pour s'exécuter. A ce train-là, MiFID2 n'entrera pas en vigueur avant 2020...

 

Posté le 13 mars 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Cette semaine dans le monde du HFT

Le monde du trading à haute fréquence a connu cette semaine des coups de griffe de la part des superviseurs des marchés aux Etats-Unis. La CFTC, qui supervise les marchés de dérivés, a décidé de serrer la vis envers ces firmes. Mais elle n'a pas beaucoup de chances en justice face à celles-ci jusqu'à présent. A part ça, on a aussi vu une firme de THF féliciter une plateforme de transactions européenne qui bannit les stratégies agressives du THF. Et une des figures bien connues  du milieu réapparaît. Mention spéciale à la Bourse turque, qui vient de découvrir "The Dude" (non, pas Jeff Bridges et The Big Lebowski).

6 mars

 

La Banque des Règlements internationaux s'est penchée sur le trading automatisé sur les marchés obligataires. Elle a constaté, après avoir examiné 30 plateformes de trading électronique, une inflation du nombre de celles-ci, en particulier du côté des obligations d'entreprises, alors que les volumes de transactions n'ont pas augmenté sur les cinq dernières années. Que dire alors, quand la Banque centrale européenne va se mettre à racheter des obligations d'entreprises au deuxième semestre de cette année, pour élargir son QE?

7 mars 

La CFTC, via la voix de son président Timothy Massad, a dévoilé ses priorités actuelles, dont la minimisation des risques que posent le trading automatisé sur les marchés. L'année passée, Massad s'était alarmé des 35 flash crash qui sont survenus sur les cours du pétrole en 2015, en soulignant le rôle du self trading, une aberration des marchés où un trader se retrouve des deux côtés de la transaction, un peu comme si un vendeur de chaussures s'achète ses propres chaussures... La CFTC avait notamment recommandé des kill switches, ces procédures qui coupent les programmes de trading. Mais celles-ci sont déjà mises en place parmi les firmes de THF, en principe.

8 mars

Aquis

Aquis Exchange, une plateforme de transactions européenne lancée par l'ancien patron de Chi-X Europe, Alasdair Haynes, a vu sa part de marché doubler sur les actions européennes, depuis le 8 février. Cette plateforme avait annoncé à cette date bannir les stratégies prédatrices de trading sur sa plateforme (comme le latency arbitrage). Virtu Financial, une firme de THF, a applaudi Aquis. 

 

9 mars

On dirait que ce n'est pas l'année de DRW. La firme de THF bataille actuellement en Grande-Bretagne face aux habitants de Richborough, une commune du Kent, qui s'oppose à son projet de construire une tour de communication de 320 mètres. Aux Etats-Unis, son patron, Don Wilson, est actuellement en procès avec la CFTC devant la justice américaine. La CFTC a accusé en 2013  DRW et son fondateur d'avoir dégagé 20 millions de dollars de bénéfices illégaux en 2011, grâce à un nouveau contrat sur les taux d'intérêt lancé par un marché de futures détenu par le Nasdaq. La CFTC souligne que DRW a profité de deux fenêtres de 15 minutes sur ces contrats pour influencer le marché en sa faveur, à l'aide de 350 millions de contrats. DRW conteste et argumente qu'il a exploité une sous-valorisation du contrat. Il n'est pas sûr que la CFTC obtienne gain de cause, car jusqu'à present, son bilan en justice pour les manipulations de marchés est maigre, avec seulement une seule condamnation depuis 1974.

10 mars

Le Nasdaq a acheté l'International Securities Exchange à Deutsche Börse, pour 1,1 milliards de dollars. La Bourse américaine obtiendra avec cette acquisition trois marchés d'options supplémentaires (aux trois qu'il gère déjà, aux côtés de trois marchés d'actions), mais aussi une licence pour gérer ses marchés d'actions. Une des possibilités de cette licence repose sur un frein à la vitesse des transactions, un frein qui existe déjà sur IEX, une plateforme qui tente d'obtenir le même statut que le Nasdaq, et aussi sur le NYSE, mais contesté par IEX. 

Les traders sur la Bourse d'Istanbul s'interrogent sur l'identité de "The Dude", un mystérieux trader qui a débuté ses transactions sur la Bourse il y a un an et demi, avec une mise de 450 millions de dollars d'ordres sur un jour, soit le double de la moyenne journalière. Depuis, celui-ci grossit ses interventions sur le marché, au point d'effrayer les autres acteurs. Bloomberg rapporte que des clients d'une banque européenne ont cessé de prendre des positions à court terme sur les actions turques, alors que les autres évitent le marché en attendant d'en savoir plus. Cet acteur est soupçonné d'utiliser des algorithmes de trading.

11 mars

 

Revoilà Manoj Narang. Le co-fondateur de la firme de THF Tradeworx avait quitté sa société en 2015. Il a lancé un nouveau hedge funds, Mana Partners, qui vise à exploiter l'arbitrage de volatilité. Son fonds n'est pas encore opérationnel. Narang se cherche des investisseurs.

Une étude de chercheurs universitaires sur les marchés canadiens montre que les firmes de THF qui représentent le plus de volumes de transactions sur ces marchés suivent les trois mêmes stratégies et sont corrélés aux marchés. L'étude souligne que cette activité n'est pas la plus rentable.

 

Posté le 6 mars 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Cette semaine dans le monde du THF

Le monde du trading à haute fréquence a connu cette semaine quelques dures critiques, à commencer part la révélation de la prime reçue par Eric Hunsader, celui qui hérisse les poils des défendeurs du THF, par le gendarme des Bourses américaines. En Europe, une nomination notable a également fait grand bruit. Et sinon, du côté des Bourses, le New York Stock Exchange a lancé sa nouvelle plateforme de transactions.

29 février

Le blog Zero Hedge a relevé une information publiée la semaine dernière, qui résumait la conférence Trade Tech FX à Miami. Les participants sur le marché des devises s'y sont plaints de la chute de la liquidité sur ce marché, résultant en des krachs éclairs de plus en plus fréquents comme récemment avec le dollar néozélandais, la couronne norvégienne et le rand sud africain.

 

Durant la conférence, les intervenants ont expliqué cette baisse de la liquidité par la disparition des acteurs traditionnels des marchés. Les banques doivent en effet réduire leur desk de trading à cause de la régulation du secteur. Résultat, les volumes de transactions sur les devises ont baissé.

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Pourtant, les firmes de THF sont de plus en plus présentes sur ce marché, mais Collin Crownover, responsable devises chez State Street Global Advisors, a pointé que durant les épisodes de forte volatilité, les participants de marché se retirent, rendant difficile l'exécution d'ordres de taille importante. Il pointe le rôle des "kill switches", ces procédures de gestion de risque mises en place par les firmes de THF, qui coupent leur programme informatique jusque dans le centre de données où ils sont co-logés, lorsqu'ils ne reçoivent pas de réponse de la Bourse. Cela suggère que la plateforme sur le marché des changes (celle d'EBS) doit sans doute être upgradée.

1 mars 

IEX, la plateforme de transactions qui veut devenir un marché réglementé comme le NYSE aux Etats-Unis, a proposé de revoir son router (qui redirige les ordres) afin d'envoyer les ordres qui arrivent sur sa plateforme sur ce router, et non pas directement sur son moteur d'apareillement (qui impose un frein de 350 microsecondes aux ordres avant d'être exécutés). 

Eric Hunsader, le fondateur de la firme de données de marché Nanex, a dévoilé être le mystérieux donneur d'alerte que la SEC, gendarme des Bourses américaines, a récompensé d'une prime de 750.000 dollars.

 

Hunsader avait révélé que le NYSE, sanctionné en 2012 par la SEC avec une amende de 5 millions de dollars, avait envoyé depuis 2008 ses données de marché à deux firmes de trading avant que celles-ci ne soient mises à la disposition du marché.

Bloomberg résume bien, avec la couverture de Bloomberg Business Week, ce que représente Hunsader aux firmes de THF.

 

En Europe, les superviseurs de marché ne rétribuent pas les lanceurs d'alerte comme la SEC. Aux Etats-Unis, c'est devenu un véritable métier. Haim Bodek, le fondateur de Decimus Capital, a lui aussi été récompensé pour avoir dévoilé les types d'ordres employés par Direct Edge pour avantager certaines firmes de trading.

Aux Etats-Unis, toujours, une étude de Royal Bank of Canada a montré que les prix des titres sur les marchés sont si alambiqués que les traders s'y perdent. 

2 mars 

La FIA Epta, qui défend les intérêts des firmes de THF en Europe, a recruté Piebe Teeboom comme secrétaire général, un poste laissé vacant depuis le départ de Johannah Ladd en décembre 2015 (qui n'a pas quitté le monde du THF, puisqu'elle travaille désormais chez Quantlab). Piebe Teeboom officiait jusque maintenant comme conseiller sur les marchés de capitaux au sein de l'AFM, le superviseur des marchés hollandais. Il n'a d'ailleurs pas changé son titre sur sa page Twitter.  Je l'ai croisé plusieurs fois dans des conférences liées au THF à Londres lorsqu'il occupait cette fonction.

Le New York Stock Exchange a terminé la phase pilote de sa nouvelle plateforme de transactions, Pillar, destinée à réduire la complexité du marché. Les titres de NYSE Arca y seront basculés le 8 mars.

3 mars

La commission bancaire du sénat américain a convoqué une audition sur la structure des marchés, où la SEC et la FINRA ont été interrogées. Cela faisait deux ans qu'une telle audition n'a pas eu lieu. Et pourtant, les incident se sont multipliés sur les marchés, à l'image du flash crash du taux US à dix ans le 15 octobre 2014, puis le lundi noir du 24 août, et le couac sur les ETFs.

4 mars

Les marchés sont-ils devenus moins volatiles depuis 2000, alors que le trading à haute fréquence montait parallèlement en puissance? Les défendeurs du THF pensent que oui. Pourtant, ces cinq dernières années, la volatilité des marchés est restée élevée.

Posté le 28 février 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Cette semaine dans le monde du THF

Une fusion annoncée entre deux Bourses européennes, une tour de communication pour gêner DRW, des résultats décevants pour une firme de THF européenne et une étude sur les enchères aléatoires. Le monde du trading à haute fréquence a connu quelques changements notables cette semaine. Passage en revue.

Lundi 22 février

L'information est tombée trois jours avant, mais elle s'est faite remarquer seulement cette semaine. BATS Chi-X, plateforme de transactions N°1 des parts de marchés sur les actions européennes, se renomme en BATS Trading  et change de logo. Voici le nouveau:

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Tout simplement. L'ancien logo comportait plus d'indications.

BATS

Selon L'ESMA, BATS est la plateforme qui concentre le plus de volumes de transactions effectuées par le trading à haute fréquence.

Mardi 23 février 

On prend les mêmes et on recommence. Deutsche Börse et le London Stock Exchange annoncent vouloir fusionner entre égaux. Ce rapprochement suscite un enthousiasme mitigé. Pour Deutsche Börse, c'est sa troisième tentative de racheter la Bourse de Londres, qui a bien grossi depuis sa deuxième offre de 530 pence par action en 2004 (valorisant le LSE à 1,9 milliard de livre sterling), qui avait échoué. Aujourd'hui, le LSE en vaut 9,8 milliards de GBP. Ensemble, les deux Bourses s'imposeront, en principe, sur les volumes de transactions sur les marchés européens. Pour l'instant, BATS domine.

 

Par contre, du côté des dark pools, ces plateformes de transactions où les ordres restent anonymes, Credit Suisse a vu ses volumes de transactions chuter de 20%  une semaine après avoir trouvé un accord avec les autorités de régulation des marchés suite aux poursuites contre l'utilisation abusive de sa plateforme.

 

Toutefois, la banque étoffe ses rangs . Elle a recruté le responsable du desk de trading électronique chez Morgan Stanley, Steve King, pour déployer la vente de ses algorithmes de trading en Asie.

Qui sont ces as des algorithmes recrutés par les banques? Des programmeurs informatiques, détenteurs d'un doctorat.

24 février

Petit couac pour la firme de THF Flow Traders, spécialisée dans les ETF. La société a publié ses résultats trimestriels. Certes, le revenu net de trading de la firme a progressé de 76% en 2015 par rapport à l'année précédente, à 305 millions d'euros. Mais ce revenu net a diminué de 30% au dernier trimestre de 2015. Le titre, coté à la Bourse d'Amsterdam, a chuté lourdement suite à cela. De plus, Flow Traders a dû publier un rectificatif pour son communiqué sur la distribution de son dividende. Initialement annoncée pour le 20 mai, date de l'expiration des options sur le titre, la distribution se fera le 23 mai.

 

Une autre firme de THF, DRW, a du soucis à se faire. KCG et Jump, deux sociétés concurrentes, veulent construire une tour de communication à Richborough dans le Kent, aussi grande que celle que veut ériger Vigilant Global (une filiale de DRW), à quelques centaines de mètres de celle-ci. Pas sûr que les résidents de Richborough approuvent cette nouvelle initiative. Car ils ont refusé celle de DRW. 

25 février

Encore une panne sur Euronext, qui travaille à changer sa plateforme de transactions. Les transactions sur le marché cash ont été temporairement suspendues.

Citadel Securities, une firme de trading, a remis en question l'utilité de la plateforme  IEX pour les investisseurs particuliers.

26 février

Deux chercheurs universitaires ont remis en question l'efficacité d'enchères aléatoires pour augmenter la liqudité des marchés. Ces enchères aléatoires, censées perturber le THF, n'améliorent pas la liquidité des marchés, selon les deux chercheurs. Des traders du milieu estiment d'ailleurs que les algorithmes du THF savent s'adapter à ces enchères aléatoires.

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