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Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 23 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La présence pas si discrète du HFT dans le Forex

Image118La part du trading à haute fréquence dans les volumes de transactions sur le marché des changes (ou Forex) a explosé en moins de cinq ans. Selon les données de la firme de consultance Aite Group, cette proportion est passée de 9% en 2008 à plus de 35% des volumes de transactions en 2013.

Cette proportion, sur un marché où 5300 milliards de dollars s'échangent par jour, peut encore grimper car les firmes de trading à haute fréquence prennent de de plus en plus le relais des desks de devises des banques. Celles-ci doivent réduire leur activité de trading pour compte propre à cause de la régulation (la règle Volcker, aux Etats-Unis).

Bloomberg indique que les banques se connectent à Global Trading Systems et Virtu Financial pour négocier leurs ordres en devises. Ceci leur permet d'obtenir de meilleurs spreads (écarts entre cours d'achat et de vente) tout en évitant de révéler leurs transactions sur le marché.

Global Trading Systems et Virtu Financial fournissent aux banques leurs prix sur les devises, ce qui leur permet de trouver une source additionnelle de liquidité pour l'exécution des ordres de leur clients. Les banques cherchent toujours à internaliser les ordres de devises des clients. Le marché des changes n'est pas centralisé, comme celui des actions (bien qu'il est lui aussi fragmenté mais pas autant). Il est encore largement de gré à gré (non régulé).

Ce partenariat est très rémunérateur pour les firmes de trading à haute fréquence. Virtu a indiqué que ses bénéfices liés au trading sur le Forex ont augmenté de 66% entre 2011 et 2013, alors que ceux liés aux actions n'ont progressé que de 6,4% sur la même période.

Il faut rappeler que le marché des changes a subi lui aussi son lot de scandales. Les traders des banques s'étaient entendus sur les prix, au détriment de leurs clients. La Finma (autorité des marchés financiers suisses) a décidé d'imposer à UBS de remplacer ses courtiers par des algorithmes, pour éviter ce genre d'entente et de manipulation.

Mais la conséquence d'un marché des changes colonisé par le trading à haute fréquence se manifeste dans une variation brusque des cours des devises, à l'image de ce qui s'est passé sur la paire euro-franc suisse  le 15 janvier 2015.

 

Posté le 22 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Luminex, un dark pool lumineux?

Neuf grandes firmes de gestion d'actifs, parmi lesquelles on retrouve Fidelity, Blackrock et State Street, vont lancer plus tard cette année leur propre dark pool, baptisé Luminex.

Cette plateforme de transactions sera indépendante, mais ouverte à tous les gestionnaires de fonds désireux de négocier de larges blocs d'actions  avec d'autres gérants de fonds.

Cette initiative survient après une vague de scandales dans les dark pools aux Etats-Unis. Barclays, avec sa plateforme LX, a été accusée d'avoir favorisé une firme de trading à haute fréquence (Tradebot) au détriment de ses autres utilisateurs. UBS vient d'être sanctionné d'une amende de 14 milliards de dollars par la Securities and Exchange Commission pour avoir caché l'existence de trois types d'ordres favorisant les firmes de trading à haute fréquence au détriment des autres utilisateurs.

Depuis 2011, les dark pools  sont dans le collimateur des autorités de régulation américaines. Pipeline Trading avait dû s'acquitter d'une amende de 1 million de dollars pour avoir caché à ses utilisateurs que sa maison-mère, Milstream Strategy, utilisait ses données de transactions pour prédire les intentions de trading sur le dark pool et passer ses ordres avant les autres, à la grande consternation de Fidelity. Pipeline avait cessé ses activités après cette amende,

LavaFlow, une filiale de Citigroup, avait écopé en 2014 d'une amende de 5 millions de dollars pour avoir échoué à protéger les données de sa clientèle.  Liquidnet a aussi subi le même sort.

Mais Liquidnet est un dark pool qui est spécialisé dans les blocs de transactions, pas comme LX et UBS ATS.

Aussi, Luminex devra veiller à être suffisamment "dark", c'est-à-dire à bien protéger les transactions de ses clients des regards indiscrets.

Cette nouvelle plateforme en dit long sur le ras-le-bol des gestionnaires de fonds face à la structure des marchés d'actions.

Mais toutefois, Luminex devra trouver de la liquidité (la capacité d'un titre à s'échanger rapidement). Un problème qui s'est posé à Barclays, et aux autres dark pools des banques, contraintes de recourir au  trading à haute fréquence pour offrir une contrepartie aux autres ordres.

Par ailleurs, en cas de marchés volatils, nécessitant une réaction rapide des gestionnaires de fonds, il faudra aussi que Luminex puisse assurer une liquidité suffisante.

Or, Une étude d'Albert Menkveld (Université d'Amsterdam), Bart Z. Yueshen (Insead) et Haoxiang Zhu (Massachussett Institute of Technology) avait pointé que les flux de transactions vers les dark pools  privilégient les plateformes à faibles coûts, mais qui mettent du temps à exécuter les ordres. Mais lorsque le VIX (indice de la volatilité des options sur le S&P500) monte, ces flux ont tendance à se diriger vers les plateformes à coûts élevés, mais qui exécutent immédiatement les ordres.

Beaucoup de défis pour Luminex, donc.

 



 

 

 

 

 

Posté le 20 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La Bourse Morgan Stanley

BXL

La majorité des transactions sur la Bourse de Bruxelles vient de Londres, comme le montre ce graphique fourni par Euronext.  Cette part atteint désormais 76,4% des volumes de transactions.

Alors que la Bourse de Bruxelles doit déménager à la fin mai au numéro un de la rue du Marquis ( dans le même bâtiment qu'Ageas), après 143 ans de présence au Palais de la Bourse, je tiens à rappeler que depuis 2010, toutes les transactions sur la Bourse de Bruxelles ont été migrées vers le centre de données (appartenant aujourd'hui à l'Intercontinental Exchange) situé à Basildon, dans le sud-est de Londres.  Cette destination avait été choisie à l'époque à cause des principaux utilisateurs d'Euronext, et notamment à cause de la banque Morgan Stanley, qui est l'acteur le plus actif sur la Bourse de Bruxelles. Ce centre  de données ressemble à ça.

 

Ce mardi, Euronext Bruxelles a remis à la banque le trophée du meilleur courtier en actions pour 2014. L'année passée, la Bourse de Bruxelles l'avait aussi récompensée pour le même prix. Et aucun représentant de la banque ne s'était déplacé pour recevoir celui-ci.

Morgan Stanley a aussi reçu le prix du meilleur courtier en actions sur le segment Enternext (qui regroupe toutes les capitalisations boursières sous 1 milliard d'euros), autrement dit les petites et moyennes capitalisations. Jusque l'année passée, KBC Securities décrochait ce prix.

La perte d'influence des courtiers belges s'étend jusqu'au courtage des petites et moyennes capitalisations. Vincent Van Dessel, le président de la Bourse de Bruxelles, a expliqué ce changement par l'intérêt de plus en plus marqué des investisseurs internationaux envers ces sociétés. Et il faut croire que ces investisseurs internationaux préfèrent négocier avec un courtier comme Morgan Stanley plutôt qu'un acteur local comme KBC Securities.

Les acteurs locaux de la Bourse de Bruxelles se retrouvent même contraints d'envoyer les ordres de leur clientèle vers des courtiers anglo-saxons comme Morgan Stanley. Il ne faut pas croire que cela leur fait plaisir. Plusieurs personnes m'ont rapporté que ce sujet est délicat auprès des courtiers belges.

Pourquoi cela? A cause des coûts technologiques. Un emplacement à Basildon, que l'on appelle la co-location, coûte des dizaines de milliers d'euros par mois. Et il faut garder le rythme technologique.

Ce modèle, capital intensive, est surtout propre au secteur technologique. Pas tellement au secteur bancaire, belge.

Posté le 19 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

D'où viennent les pertes sur le Forex?

Le 15 janvier 2015, à 10h30, lorsque la Banque Nationale Suisse a annoncé la suppression du cours plancher du franc suisse face à l'euro, l'euro a brutalement chuté face au franc suisse (et à l'inverse, le franc suisse a brutalement grimpé face à l'euro). En à peine quelques minutes, cette paire de devise a vu son prix s'effondrer de 30%.

 

L'euro s'est vite ressaisi et a finalement résorbé à 15% son recul face au franc suisse.

Ce krach en deux temps, d'une volatilité extrême, a piégé les particuliers qui négocient sur le marché des changes, mais aussi les courtiers spécialisés.

Parce que ce krach s'est opéré si rapidement, les courtiers ont été incapables d'ajuster leurs prix (et de déclencher des appels de marge). Saxo Bank, l'un des courtiers les plus importants sur le marché des changes  pour les particuliers, a souligné que le marché est soudainement devenu illiquide et qu'il a été incapable de fournir les prix à ce moment-là. Il doit annoncer à quel prix seront effectuées ces transactions, en prévenant que les prix seraient inférieurs à ce qu'attendent les clients.

Les courtiers comme Saxo Bank, FXCM, Alpari UK,... forment leur prix sur les paires de devises à partir des données de marché des grandes banques actives sur le marché des changes, qui présente la particularité d'être éclaté et non réglementé.

Or, le 15 janvier 2015, les banques comme Barclays et Deutsche Bank ont accusé des pertes de trading de plusieurs millions de dollars à cause du franc suisse. Sur le marché, c'était le carnage. 

Devant un marché devenu soudainement illiquide, les courtiers comme FXCM ont été incapables d'honorer leur "promesse" de ne pas porter les comptes de trading des clients en négatif.  Résultat, certains particuliers ont vu leur compte passer de 50.000 euros à -96.000 euros d'un coup. Et leur compte a été gelé, en attendant que le courtier trouve une solution. FXCM a été repris par Leucadia (une filiale du courtier Jefferies) qui lui évite la faillite. FXCM avait indiqué le 15 janvier avoir subi plus de 200 millions de dollars de pertes.

Sur les marchés d'actions, lorsqu'un tel krach survient (en novembre 2014, le titre AB InBev avait connu un krach  éclair), je n'ai jamais entendu aucun courtier crier soudain à la faillite.

Mais sur le marché des changes, les devises fonctionnent différemment des actions. Car ce sont des futures (des contrats à terme qui permettent de parier sur une hausse ou baisse d'un paire de devise, d'un indice, ... sur une période déterminée). Et elles sont assorties d'un levier, souvent de 100 contre un (pour un dollar misé, 100 sont engagés sur le marché).

Ce levier, couplé à un stop loss (un ordre fixé à un certain prix qui se déclenche lorsque le cours d'un titre descend en dessous de ce prix) peut causer de gros dégâts pour le trader. 

Il faut se souvenir que le 6 mai 2010, lors du krach éclair du Dow Jones, le fonds Waddell & Reed avait vu ses stop loss déclenchés sur les contrats e-mini futures sur le S&P500. A l'époque, lors de plusieurs conférences qui se tenaient sur le sujet du trading à haute fréquence, certains, comme Larry Harris, l'ancien chef économiste de la Securities and Exchange Commission, exhortait les particuliers à ne plus utiliser les stop loss sur les actions afin de ne pas être victimes des krach éclairs.

Dans le cas du franc suisse, le stop loss a encore prouvé son risque.

Je sens que les prochains jours, les pertes vont s'accumuler chez les particuliers, mais aussi chez les fonds spéculatifs global macro,... à cause du franc suisse.

Posté le 16 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Amende de 14,4 millions $ pour UBS

LR1EABC0OURUW_BANKS-FOREX-INVESTIGATIONJeudi 15 janvier 2015, alors que les actions suisses subissaient (et subissent encore le lendemain) le contrecoup de la brusque remontée du franc suisse face à l'euro après l'abandon surprise du cours plancher de la Banque Nationale Suisse,  UBS s'est vue sanctionner par la Securities and Exchange Commission.

UBS a accepté de payer  au gendarme des marchés d'actions américains 14,4 millions de dollars d'amendes, dont 12 millions de dollars de pénalité pour avoir violé les règles avec la gestion de son dark pool, UBS ATS. Comme le souligne le rapport de la SEC, cette plateforme de transactions est privée et exécute les transactions des clients d'UBS et des utilisateurs d'UBS ATS. Parmi cette clientèle se trouvent beaucoup des plus grands gestionnaires de fonds mondiaux, des investisseurs institutionnels et des courtiers.

La SEC reproche à UBS ATS d'avoir caché l'existence d'un type d'ordre, appelé PrimaryPegPlus (PPP). Cet ordre a permis, entre mai 2008 et mars 2011, à certains utilisateurs d'acheter et de vendre des titres  en plaçant des ordres avec une addition de moins d'un penny, ce qui leur permettait de passer devant les autres ordres, exécutés eux au penny.

La SEC a aussi découvert que le dark pool avait dissimulé à l'ensemble de ses utilisateurs une restriction qui empêchait tout ordre d'être exécuté contre celui d'un teneur de liquidité ou d'une firme de trading à haute fréquence. UBS s'est gardé de dévoilé la nature de cet algorithme jusqu'à il y a 30 mois.

UBS a commis la même erreur que Barclays, poursuivi depuis juin 2014 par le procureur général de la ville de New York, Eric Schneiderman, pour avoir dissimulé la présence de firmes de trading à haute fréquence, dont Tradebot, aux autres utilisateurs de son dark pool, LX. Barclays avait aussi caché les avantages qu'elle conférait à ces firmes. Suite à cette enquête, les volumes de transactions sur LX ont migré sur d'autres dark pools. Et UBS ATS en a bénéficié le plus, relève Eric Hunsader, le fondateur de la firme de données Nanex.

 

En Europe, l'amende d'UBS a eu des répercussions pour son dark pool européen.

 

Le Financial News rapporte que certaines firmes de gestion d'actifs ont demandé à leur courtier d'arrêter d'envoyer leurs ordres vers la plateforme européenne d'UBS.

Mais il faut souligner qu'en Europe, les superviseurs de marché montrent beaucoup moins de zèle que la SEC, qui cette semaine, a accroché trois cas de trading à haute fréquence litigieux à son tableau de chasse.

Toutefois, en Europe, la palette de type d'ordres est plus restreinte. Mais le marché d'actions européen est plus opaque qu'aux Etats-Unis, en l'absence d'une base de données de marché consolidées.

Posté le 15 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Mouvements dans le HFT

6a00d83451decd69e2017c38a94044970bLe 14 janvier 2015, DRW et Chopper Trading, deux firmes de trading à haute fréquence basées à Chicago, ont annoncé leur fusion. DRW, fondée en 1992, va racheter sa consoeur, fondée en 2002, pour un montant non dévoilé.

Chopper Trading était en difficulté, puisqu'à la fin 2014, la société avait annoncé la fermeture de son bureau londonien, officiellement en raison d'une régulation plus dure pour la profession en Europe. Mais aux Etats-Unis, elle fait aussi partie des firmes de trading placées sous enquête par le procureur général de la ville de New York, Eric Schneiderman, depuis 2014.

Un autre mouvement notable a été observé du côté de Red Bank, dans le New Jersey. Manoj Narang, le fondateur de la firme de trading Tradeworx (qui détient un réseau d'antennes hertziennes entre New York et Chicago, comme l'a découvert Michael Lewis dans "Flash Boys"), quitte le navire. Il a déclaré avoir eu des différends avec le comité de direction de la société sur la stratégie à suivre.

Narang (photo) est un des rares acteurs du trading à haute fréquence à s'afficher publiquement et à défendre sa chapelle.

Tradeworx a commencé comme une société de programmes de trading en 1999, pour ensuite devenir en 2001 un hedge funds, avant de basculer dans le trading à haute fréquence en 2008, en plein pendant la crise financière. Narang, diplômé du MIT en mathématiques et sciences informatique,  l'avait expliqué lors de son passage mémorable à Trade Tech en 2013: sa firme travaille à élaborer des stratégies pour des hedge funds externes, mais fait aussi du trading pour compte propre.

Narang avait admis à Bloomberg en 2010 être passé au trading à haute fréquence après s'être rendu compte que quelqu'un sur le marché parvenait à déchiffrer les transactions de son fonds, et à passer avant lui sur le marché.

En 2013, Tradeworx avait démarré Midas, un programme de surveillance en temps réel, développé pour la Securities and Exchange Commission après avoir remporté le marché devant Reuters et Bloomberg, notamment.

Narang a toujours défendu le trading à haute fréquence, et continuera à le faire, puisqu'il reste actionnaire de Tradeworx.

 

 

 

Posté le 14 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un Canadien poursuivi pour avoir manipulé Wall Street

La GM1EAAH038801_MARKETS-STOCKS-USASecurities and Exchange Commission, gendarme des marchés d'actions aux Etats-Unis, a annoncé mardi 13 janvier poursuivre en justice Aleksandr Milrud, un citoyen canadien de 50 ans, pour avoir manipulé les marchés américains entre janvier 2013 et aujourd'hui. Le FBI a aussi porté plainte.

Selon la SEC et le FBI, Milrud avait recruté des groupes de traders online basés en Chine et en Corée du Sud pour inonder le marché américain de faux ordres de Bourse. Il leur a fournit un accès à des comptes de trading et la technologie pour leur permettre de développer sa fraude, appelée "layering".

Milrud avait dévelopé un logiciel similaire à celui des jeux vidéo, qui permettait aux traders recrutés de placer et annuler rapidement des ordres multiples sur leur ordinateur, avec juste quelques touches sur leur clavier.

Selon la SEC, le Canadien avait réussi à échapper à la surveillance des marchés américains grâce à un fin stratagème. Il avait demandé à ses traders de négocier seulement de petites quantités de titres très négociés (dont les volumes de transactions excèdent un million de titres par jour). Ses traders devaient manipuler des actions très variées avec seulement une petite quantité d'ordres. Ils devaient se restreindre d'inflater ou de déflater les prix de plus de quelques pennies par transaction.

Chaque trader disposait d'au moins deux comptes de trading. Le premier servait à acheter et vendre les titres pour faire bouger le marché. Le deuxième servait à "nettoyer les transactions", càd acheter ou vendre les titres manipulés. Milrud avait demandé aux traders de détenir leurs comptes de trading auprès de différentes chambres de compensation, d'après le rapport de la SEC.

La stratégie aurait été très profitable, car un de ses groupes de trading pouvait dégager environ un million de dollar de bénéfices par mois, selon le rapport de la SEC. Milrud se prélévait une généreuse commission sur ces transactions. Toutefois, ni la SEC, ni le FBI n'est parvenu à déterminer combien Milrud a généré de profits. Et  aucune des enquêtes n'identifie le nombre de comptes de trading utilisés par les Chinois et les Coréens.

Le 27 août 2014, Milrud est allé trouver une firme de courtage offshore (dont le nom n'est pas dévoilé par la SEC) pour lui exposer son stratagème et lui demander de l'aide pour élargir sa fraude. Cette conversation a été enregistrée par une autre firme de courtage basée aux Etats-Unis, qui a arrangé la rencontre. Cette firme collabore avec le FBI depuis 2012.

Cette fraude pose beaucoup de questions, à l'heure où les particuliers sont inondés d'offres sur internet pour gagner de l'argent avec le trading.

Posté le 13 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Amende de 14 millions de $ pour Direct Edge

La Securities and Exchange Commission a imposé le 12 janvier 2014 une amende importante de 14 millions de dollars à Direct Edge, l'une des quatre Bourses d'actions américaines.

Le superviseur des marchés financiers américains reproche à Direct Edge d'avoir dissimulé trois types d'ordres en ne les déclarant pas publiquement. La Bourse a juste soumis une règle générale sur le price sliding, stipulant qu'en cas de locked market (lorsque le prix d'un titre s'affiche à l'identique sur au moins deux plateformes de transactions différentes), la Bourse doit publier un nouveau prix à l'identique du prix d'origine, mais avec un nouveau horodatage.

Mais dans les faits, au lieu d'un price sliding, Direct Edge a proposé à ses participants de marché (juste à quelques happy few) trois types d'ordres différents de price sliding, à savoir le Single Re-Price, le Price Adjust et surtout le fameux Hide Not Slide, dénoncé par Haim Bodek.

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Le rapport de la SEC souligne que le Hide Not Slide a été développé par Direct Edge à la demande d'une firme de trading à haute fréquence, cliente de la Bourse, à la fin 2008. Cette firme, dont le nom n'est pas dévoilé par le régulateur, avait promis à Direct Edge qu'elle augmentera son flux d'ordres de 4 à 5 millions à 12-15 millions par jour. Un argument clé pour Direct Edge, qui cherchait à augmenter sa part de marché sur les actions américaines, afin de devenir une Bourse. Opérant comme un dark pool (où les ordres restent anonymes), Direct Edge voulait obtenir le statut de Bourse, un graal que même une plateforme comme IEX cherche à atteindre.

Direct Edge est devenu une Bourse réglementée depuis le mois de juillet 2010. Le groupe avait mis en place le Hide Not Slide en mai 2009, en même temps qu'il a installé une nouvelle plateforme de transactions.

Depuis janvier 2014, Direct Edge a été racheté par BATS, une autre Bourse d'actions américaines. BATS devra donc s'acquitter de l'amende.

Fondée en 1988 sous le nom d'Attain comme Electronic Communication Network, Direct Edge s'est fait racheter en 2005 par Knight Capital (une firme de trading à haute fréquence), rejointe par Citadel Securities (la firme de courtage du hedge funds Citadel) et Goldman Sachs.

Pour rappel, en juillet 2014, la SEC avait demandé à toutes les Bourses de soumettre leurs différents types d'ordres pour pouvoir les examiner. Et le 19 décembre 2014, la SIFMA  (Securites Industry and Financial Markets Association) a cité à comparaître le Nasdaq et le NYSE pour obtenir de la documentation sur leurs participants de marché.

Posté le 11 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Spoofing sur les cours du pétrole

Eric Hunsader, le fondateur de la firme de données Nanex, a repéré vendredi 9 janvier 2015 une manipulation de cours sur le pétrole brut entre 10h49 et 11h34 (heure new yorkaise).

 

Le spoofing, pour rappel, consiste à manipuler le marché en envoyant une grande quantité d'ordres puis en les annulant afin de faire bouger le marché à son profit. 

 

Depuis septembre 2014, le Chicago Mercantile Exchange interdit cette pratique. Alors évidemment, la question se pose sur l'incident du 9 janvier 2015, où 69 ordres de 100 titres ont été placés à l'achat sur le contrat à terme de pétrole brut à échéance février 2015.

Mais Eric Hunsader laisse le soin au CME de faire toute la lumière sur cet incident. 

Surtout que le 9 janvier 2015, ce fut une journée particulièrement chahutée sur les marchés, en particulier sur les contrats à terme cotés sur le CME, comme le note un trader sur Twitter.

 Comme le pointe l'agence Bloomberg, le CME bénéficie du changement de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, qui a cessé son intervention sur le marché obligataire depuis octobre 2014 et s'apprête à relever pour la première fois depuis 2006 ses taux d'intérêt. Beaucoup de traders jouent sur la volatilité qui en ressort.

Suite au prochain épisode...

 

Posté le 8 janvier 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Le trading en actions est-il encore rentable?

04514783La banque anglaise Standard Chartered a annoncé le jeudi 8 janvier 2014 la fermeture de sa division en actions afin d'économiser 100 millions de dollars d'ici 2016.

Standard Chartered avait publié en octobre des pertes trimestrielles, en raison d'un ralentissement de la croissance économique mais aussi de coûts de régulation en hausse. Elle avait annoncé vouloir couper dans ses coûts opérationnels pour 400 millions de dollars.

Les banques en difficulté n'hésitent pas à sacrifier leur division en actions (qui comprend le courtage, l'analyse financière et les activités de marché de capitaux). En Belgique, après la crise financière, Dexia (devenue Belfius après avoir été nationalisé) s'est séparé de ses activités actions.

Il faut dire que cette activité, en particulier le courtage en actions, est devenue de moins en moins rentable sous l'effet de la concurrence de courtiers électroniques comme Interactive Brokers mais aussi sous l'effet de l'électronisation des transactions, dominées par le trading à haute fréquence aujourd'hui, qui nécessite des investissements constants pour rester dans la course technologique.

Les spreads (écart entre cours d'achat et de vente) sur lesquels se rémunèrent les courtiers ont diminué sous l'impact du trading à haute fréquence. Résultat, il faut du volume de transactions pour que le courtage en actions reste rentable.

Les petites banques sont particulièrement touchées par ce phénomène. Certaines se tournent vers les grandes banques qui elles ont pu se développer sur le plan technologique. Morgan Stanley, Deutsche Bank, Goldman Sachs, ... se sont toutes armées technologiquement. Je rappelle que des algorithmes comme Sniper, Stealth, Dagger,...appartiennent à des banques.

D'ailleurs, certains hedge funds commencent à recruter parmi les salles de trading de ces grandes banques. Zero Hedge indique que Bridgewater, le plus gros hedge funds au monde, s'est adjoint les services de Jose Marques, ancien responsable du trading chez Deutsche Bank. Mais ce sont surtout les hedge funds long-short (actions) ou global macro qui sont concernés par ce changement, car des hedge funds comme Renaissance Capital ou AHL usent déjà depuis longtemps des algorithmes. Chez les quants (qui utilisent des modèles mathématiques pour prendre leurs décisions d'investissement), le personnel est déjà choisi pour ses connaissances en physique ou mathématique dès leurs débuts.

Mais il faut constater une concentration des transactions en actions aux mains d'une poignée d'opérateurs.

Est-ce une bonne chose pour les marchés d'actions?

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