Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 30 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La SEC jette un oeil sur les ordres de Bourse

Aux Etats-Unis, la Securities and Exchange Commission a demandé aux différentes Bourses de faire patte blanche sur leurs pratiques de trading. Le régulateur a donné au secteur jusqu'au mois de novembre pour indiquer leur politique d'ordres de prix, afin de les passer au crible.

Résultat, le 25 juillet 2014, trois jours après l'annonce du départ de William O'Brien, son PDG (tiens, tiens), Direct Edge a soumis un rapport de 114 pages pour corriger les déficiences de ses types d'ordres, dont le fameux Hide not slide qui permet aux traders ayant payé pour ce "service" de devancer la file des ordres. La SEC devra se prononcer sur la poursuite de cette pratique, comme le pointe Haim Bodek.

 

Le 7 juillet 2014, le New York Stock Exchange a également soumis à révision ses types d'ordres, ce que n'a manqué de signaler Eric Hunsader sur Twitter.

 

Et comme le souligne Hunsader, le NYSE n'a aucune intention de supprimer certains types d'ordres, contrairement à ce que l'avait annoncé Jeffrey Sprecher, le PDG d'IntercontinentalExchange, nouveau propriétaire de la Bourse de New York. Le Big Board fait juste le tri car les firmes de trading à haute fréquence sont plus sélectives sous l'effet de volumes de transactions plus faibles.

Le 28 juillet 2014, ce fut au tour du Nasdaq de soumettre ses ordres à révision.

La SEC a du pain sur la planche.

 

Posté le 24 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Faisceaux Hertziens: la Belgique cernée par le trading

Basildon

En traçant la distance à vol d'oiseau entre Francfort et Basildon (dans le sud-est de Londres), force est de constater que la Belgique se trouve en plein milieu du champ.

Basildon est le lieu du centre de données du Liffe, le marché de dérivés d'IntercontinentalExchange mais aussi des marchés au comptant d'Euronext (l'ensemble des Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne). Francfort abrite Eurex, un important marché de dérivés, mais aussi le marché au comptant des principales valeurs allemandes et des ETF. Cependant, pour les ETF, le centre de données de Slough (près de Londres) est le lieu principal d'échanges.

Les firmes de trading à haute fréquence cherchent à obtenir plus rapidement les données de marché entre les centres de Basildon et Francfort, au moyen de tours de communication comme celle d'Houtem, rachetée en janvier 2013 par une filiale de Jump Trading à l'Etat belge.

Le faisceau hertzien de ces tours ne porte pas à plus de 100 kilomètres. On sait déjà que celle d'Houtem communique d'un côté avec une tour de communication située à Swingate, à 95 kilomètres à vol d'oiseau. De Swingate à Basildon, il y a 76 kilomètres à vol d'oiseau.

Au total, 598,21 kilomètres séparent Basildon et Francfort à vol d'oiseau. D'autres tours de communication sont donc utilisées ici en Belgique.

Sachant que Gand se situe à 73 kilomètres de Houtem, que Gand est situé à 71 kilomètres de Louvain, que Louvain est séparé de 68 kilomètres de Liège, et que 78 kilomètres séparent Liège d'Obere Kyll en Allemagne, on peut en déduire que cinq tours de communication sont stratégiquement positionnée sur le territoire belge.

La Belgique est donc cernée par les antennes du trading à haute fréquence.

 

Posté le 23 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Une nouvelle ère pour les Bourses?

120388772Après Duncan Niederauer, c'est au tour de William O'Brien de quitter brusquement le navire. Niederauer a fait sa tournée d'adieux ici en Europe auprès du personnel de chaque Bourse du groupe Euronext (dont celle de Bruxelles), tandis qu'O'Brien a lui laissé sa place à Joe Ratterman à la tête de BATS Global Market.

Tout ceci se passe aux Etats-Unis. En Europe, les dirigeants des Bourses restent bien en place.

Rappelons qu'aux Etats-Unis, le procureur de la ville de New York, Eric Schneiderman, mène actuellement une enquête sur les pratiques du trading. Parallèlement, la Securities and Exchange Commission se livre elle aussi à sa propre enquête.

Schneiderman a condamné récemment Barclays pour fraude avec son dark pool LX. Depuis les volumes de transactions sur cette plateforme ont chuté de plus de 80%.

Mais il n'est pas exclu qu'en Europe, cette vague d'enquêtes ne crée pas des émules.

Le Financial News révèle que la Chambre des Lords, dont fait partie l'ancien trader Justin Welby (désormais devenu l'archevêque de Canterbury), a auditionné ce mercredi 23 juillet 2014 Brad Katsuyama (photo), le PDG de la plateforme IEX, héros du livre "Flash Boys" de Michael Lewis. Lewis a lui donné une grande conférence le 28 avril 2014 sur son ouvrage au London School of Economics.

Katsuyama, par vidéo interposée, a dénoncé le modèle actuel des Bourses, qui vendent leurs technologies. Le PDG d'IEX, qui ne propose pas la co-location des ordres, a pointé du doigt ces services qui "ne rendent plus neutres les Bourses, mais les biaisent en faveur des personnes qui achètent votre technologie".

Pour rappel, la co-location permet aux firmes de trading, moyennant paiement, de placer leurs serveurs informatiques au plus près de celui de la Bourse. Ceci leur permet de gagner un avantage de temps, et d'obtenir des données de marchés plus rapidement.

En  2010, NYSE Euronext avait décidé de se rapprocher de ses plus gros utilisateurs situés à Londres en instaurant un centre de données à Basildon et en proposant la co-location. Tout ça, alors que les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne accueillent les sociétés cotées domestiquement.

C'est précisément la co-location qui est aujourd'hui placée sous enquête aux Etats-Unis. Il ne manquerait plus que la Grande-Bretagne, patrie du centre de données de Basildon, se mette elle aussi à questionner cette pratique.

Va-t-on vers un modèle de Bourses sans co-location? 

Posté le 22 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Quand l'Etat belge se renfloue grâce au trading

123203704L'antenne de communication vendue à une filiale de Jump Trading a rapporté gros à l'Etat belge. Selon le site de l'administration des services patrimoniaux, le prix de départ de cette tour était fixé à 255.000 euros. Le 9 janvier 2013, l'enchère a été clôturée à 5 milllions d'euros, soit une progression de 1860% par rapport au prix de départ.

Comme le rappelle Francis Adyns, porte-parole du ministère des Finances, tous les biens immobiliers mis en vente par l'Etat sont vendus aux enchères. L'Etat agit comme notaire.

Sur le site de l'administration des services patrimoniaux, on ne trouve pas d'autres ventes de tours de communication, ni  à venir, ni passées.

Mais l'on apprend que la tour vendue à Jump Trading fait partie d'un ensemble. La firme de trading de Chicago a acquis un domaine militaire en plus cette tour, haute de 244 mètres (soit 80% de la Tour Eiffel). Et que le revenu cadastral s'elève à 65 euros.

Si je me fie à Equinix, qui a déployé sur tous ses centres de données des antennes hertziennes, je dirais que l'antenne d'Houtem remplit l'espace entre Amsterdam et Londres. A vol d'oiseau, la distance entre Amsterdam et Houtem est d'environ 211 kilomètres. Entre Houtem et Slough, il faut compter 232 kilomètres à vol d'oiseau.  C'est beaucoup trop loin pour le faisceau hertzien. Aussi, il doit  y avoir d'autres antennes entre Amsterdam et Houtem d'une part, et entre Houtem et Slough d'autre part.

Equinix

Les firmes de trading essaient d'obtenir une route de données entre Londres et Francfort. Comme on me l'a dit, l'antenne d'Houtem a quelque chose de stratégique, sinon Jump Trading n'aurait pas payé 5 millions d'euros pour l'acquérir. Mais cette vente montre que l'enchère fut soutenue. Ce qui fait les affaires de l'Etat belge.

 

N.B.: on me signale que Jump Trading dispose d'une tour de communication à Swingate, à 95 kilomètres de Houtem à vol d'oiseau. Et de Swingate à Basildon, il y a 76 kilomètres. Perseus Telecom a par ailleurs déployé depuis mars 2014 un réseau hertzien entre Basildon, Slough et le centre de Londres.

Posté le 18 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Les antennes micro-ondes du trading

123203716Dans le monde du trading à haute fréquence, on aime recycler l'ancien pour faire du neuf. Aujourd'hui, la grande tendance est aux micro-ondes, employées pour la première fois pendant la guerre froide par les gouvernements. Jump Trading, une des dix firmes de trading récemment placées sous enquête, a racheté en 2013 une antenne micro-ondes à Houtem, commune de Furnes, ayant servi à l'armée américaine durant la guerre froide.

Comme le souligne Hirander Misra, PDG de la plateforme de transactions GMEX, l'avantage de ces micro-ondes réside dans la transmission des données, de manière linéaire, à travers l'air, et moins dense que par rapport à la transmission par fibre optique, "où des obstacles comme les routes et les montagnes peuvent avoir un impact sur le signal". "Les micro-ondes permettent de gagner 50% du temps de transmission par fibre optique" indique-t-il. la vitesse de transmission est réduite à 4,4 millisecondes, alors que la vitesse de la lumière est de 3,9 millisecondes.

Les firmes de trading cherchent à obtenir plus rapidement les données de marché pour pouvoir les comparer. Elles comparent celles des marchés londoniens avec celles de la Bourse de Francfort, mais aussi celles des marchés de dérivés de Chicago avec celles de Wall Street. "Leur but est par exemple d'exploiter des différences de prix entre des contrats à terme sur le S&P500 cotés à Chicago et des titres équivalents sur la Bourse de New York. Leur modèle est bâti sur ce type d'arbitrage" souligne Hirander Misra.

 Mais selon lui, les micro-ondes ne vont pas remplacer la fibre optique. "La fibre optique permet de transmettre des plus gros paquets de données. Si les volumes de transactions augmentent, les données de marché deviennent trop importantes pour pouvoir être transmises par micro-ondes. Et les micro-ondes sont sensibles aux conditions météorologiques" relève Hirander Misra.

Il ajoute que cette technologie est coûteuse. "Mais si le retour sur investissement n'était pas bon, les firmes de trading n'auraient pas choisi celle-ci" observe-t-il.

Toutes les grandes firmes de trading à haute fréquence se sont tournées vers les micro-ondes. Tradeworx dispose d'un réseau d'antennes, tout comme Optiver  et aussi Jump Trading. KCG, Virtu Financial, Two Sigma Investments (un nom qui ferait bondir des professeurs d'économie comme Paul De Grauwe),... utilisent certainement cette technologie.

"Les firmes de trading à haute fréquence doivent rester compétitives entre elles" souligne Hirander Misra.

Selon lui, la prochaine étape, c'est la réduction de la vitesse de transmission des données entre Londres et New York. "Une firme comme Hibernia a déployé un câble (de fibres optiques) reliant New York au centre de données de Slough (dans la banlieue de Londres). Aussi, des firmes étudient la possibilité d'installer des antennes micro-ondes à travers l'océan atlantique. Mais cet investissement est considérable, et l'océan représente un obstacle de taille" explique-t-il.

Hirander Misra indique que des firmes regardent aussi à exploiter les lasers pour la transmission de données. "Ceci n'est pas inconcevable dans le futur".

De fait, beaucoup de sociétés (non actives dans le trading) ici à Bruxelles emploient les signaux laser pour communiquer entre leurs différents bâtiments répartis dans la capitale. ING utilise déjà depuis une dizaine d'années cette technologie pour transmettre ses communications entre son bâtiment située avenue Marnix et celui du Cours St-Michel.

 

Posté le 16 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

De l'armée belge au HFT

123203746L'agence Bloomberg rapporte qu'une antenne micro-onde ayant appartenu au ministère de la Défense belge sert aujourd'hui les intérêts d'une firme de trading à haute fréquence. Jump Trading, une firme dont le siège est basé à Chicago, mais qui dispose d'une filiale à Londres, a acheté cette antenne en 2013 au Ministère de la Défense, pour 5 millions d'euros. Celle-ci est située à Houtem, commune de Furnes, en plein champ. Elle appartient à une société appelée Toren Navo Aansluiting, derrière laquelle se cache la firme de trading, selon Bloomberg.

Je l'ai déjà mentionné sur ce blog, de plus en plus de firmes de trading et des hedge funds se tournent vers les micro-ondes pour obtenir encore plus rapidement les données de marché. L'utilisation de cette technique de transmission des données permet de gagner la moitié du temps par rapport à la transmission par fibre optique. On est ici dans les 4,4 millisecondes (la réaction humaine la plus rapide est de 100 millisecondes).

Plusieurs firmes, dont Tradeworx, à travers sa filiale Thesys Technologies, détiennent aussi leurs propres antennes micro-onde déployées pour obtenir plus rapidement les données de marché. Dans le cas de Tradeworx, il s'agit des données du Chicago Mercantile Exchange. Pour rappel, Tradeworx est situé à Red Bank dans le New Jersey.

Ici, en Europe, les firmes rachètent les antennes micro-ondes pour pouvoir obtenir plus rapidement les données de marché entre les Bourses de Francfort et  de Londres. A Francfort se situe Eurex, l'un des plus gros marchés de dérivés, tandis qu'à Londres se concentrent les plus grosses transactions en actions, mais aussi le Liffe (marché de dérivés appartenant à l'IntercontinentalExchange).

Les centres de données comme Equinix proposent aussi leurs antennes micro-ondes. Aussi, j'imagine que  les firmes de trading louent aussi leurs antennes.

Comme on me l'a déjà expliqué, cette technologie présente un défaut: les distances entre les antennes doivent être courtes car le signal GPS se perd facilement. Il est nécessaire d'avoir un réseau de plusieurs antennes pour cette raison. Et il ne peut s'étendre entre les USA et l'Europe.

Bloomberg cite le cas de Custom Connect bv, basé à Amersfoot aux Pays-Bas, qui dispose d'un réseau de 13 antennes micro-ondes déployées en Europe. Quelque 25 sociétés, dont des firmes de trading  et des banques, utilisent ses services.

La prochaine étape, ce seront les drones. Sérieux.

Posté le 4 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Pluie d'amendes pour les dark pools

Goldman Sachs est la dernière firme en date à recevoir une amende pour son dark pool. La FINRA, autorité de supervision du secteur financier aux Etats-Unis, a infligé le 1er juillet 2014  une sanction de 800.000$ à la banque en raison des multiples erreurs de prix survenues en 2011 sur sa plateforme Sigma X.

Le 6 juin 2014, Liquidnet, un autre dark pool, a reçu une amende de 2 millions de dollars provenant de la Securities and exchange commission. Le gendarme des marchés américains reproche à la firme de Seth Merrin d'avoir donné trop de détails sur les sociétés qui viennent passer leurs ordres sur ce dark pool. Merrin avait expliqué que Liquidnet cherche à attirer de nouveaux clients parmi les sociétés et les firmes de private equity. Et pour les attirer, la firme a dévoilé des informations sur les transactions effectuées sur les actions, en incluant parfois des caractéristiques descriptives sur les transactions effectuées par la clientèle. Merrin a affirmé que ses clients étaient au courant. Mais la SEC n'a pas vu cela du même oeil.

Une vague d'amendes et de scandales avait déjà touché les dark pools en 2012, notamment avec Pipeline Trading.

Mais aux Etats-Unis, le procureur de la ville de New York Eric Schneiderman a lancé une enquête sur les pratiques en vigueur à Wall Street, pile poil au moment où Michael Lewis a publié son livre "Flash Boys".

Le 26 juin 2014, Schneiderman a lancé des poursuites contre Barclays, pour fraude sur son dark pool LX (hérité de Lehman Brothers). Le procureur reproche à LX d'avoir attiré des traders à haute fréquence sur sa plateforme, en leur accordant des avantages par rapport aux autres firmes négociant sur LX. Il souligne en outre que Barclays a volontairement dissimulé aux autres firmes la présence de traders à haute fréquence sur son dark pool, dont la firme de Dave Cummings, Tradebot.

Barclays prépare désormais sa défense.

Toutefois, en avril 2013, au cours d'une conversation avec les responsables de Liquidnet lors du salon TradeTech, ceux-ci m'avaient donné ce tableau qui montre que beaucoup de dark pools opèrent avec les algorithmes de firmes de trading. Et ce tableau vaut pour l'Europe. Les Etats-Unis comptent 45 dark pools (et 200 internaliseurs d'ordres).

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LX figure dans ce tableau dans la même colonne que Crossfinder (Crédit Suisse), PIN (UBS), Sigma X, ... Autant dire que Barclays ne devrait pas être le seul à être poursuivi.

Seulement, le problème est un peu plus complexe qu'il n'y paraît. Car hormis ceux des traders à haute fréquence,  les ordres envoyés vers ces dark pools proviennent de firmes de courtage qui exécutent les ordres de leur clientèle. A priori, seuls les ordres des gros investisseurs (fonds de pension, mutual funds, OPCVM,...) arrivent vers ces dark pools, découpés, et pas seulement sur le même dark pool.  Les investisseurs professionnels reçoivent un rapport de leurs firmes de courtage, qu'ils se chargent d'analyser au moyen d'un outil appelé TCA, mais ils ne se concentrent que sur les coûts de leurs transactions. Certains utilisent aussi l'accès de leurs firmes de courtage pour exécuter directement leurs transactions.

En off, plusieurs gestionnaires de fonds m'ont indiqué faire très attention à la destination de leurs ordres. Mais dans les faits, ceci signifie qu'ils doivent donner des consignes strictes à leur broker. Et vu les nombreuses questions que des brokers comme KBC Securities ont reçues juste après le buzz créé par Michael Lewis, il faut croire que tous les gestionnaires ne sont pas très au courant de ce qui se passe avec l'exécution de leurs ordres.

 

Posté le 3 juillet 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un robot pour manipuler le VIX

Sg2014070343265Le blog Zero Hedge révèle qu'un algorithme est apparu pour marteler le TVIX. Le TVIX est un certificat coté en Bourse, émis par Velocity Shares, censé parier sur une baisse du VIX, moyennant un effet de levier de deux. Le VIX est une mesure de la volatilité attendue du S&P500. Cet indice est calculé par le Chicago Board Options Exchange.

Le TVIX est l'un des certificats les plus populaires parmi les certificats sur le VIX. Ces certificats ont connu une expansion importante ces dernières années, pour atteindre au début de 2014 3,6 milliards de dollars sous gestion. Quelque 81 millions de dollars de TVIX  sont négociés chaque jour. Le VXX, émis par Barclays, tourne lui à 837 millions de dollars par jour.

Zero Hedge note, avec l'appui des données de Nanex, que le 1er juillet 2014, l'activité sur le TVIX a explosé sur le Nasdaq et sur BATS. A 12:09:49, un ordre de 3493  TVIX a été envoyé sur les deux Bourses, simultanément. 

Zero Hedge observe l'apparition de cette hausse d'activité depuis le 26 juin, date où le procureur de la Ville de New York Eric Schneidermann a annoncé des poursuites judiciaires contre le dark pool de Barclays.

Le blogueur suspecte l'algorithme qui martèle le TVIX d'être revenu sur les marchés visibles après cette plainte.

Et il se demande aussi si par ricochet, le VIX n'est pas pilonné à la baisse.

Car cet indice, qui est censé refléter la peur sur les marchés, est actuellement à des niveaux historiquement bas, comme en 2007, avant le déclenchement de la crise financière. Beaucoup dénoncent un excès de complaisance des investisseurs.

Mais la faiblesse du VIX reflète aussi une faible volatilité sur les marchés, que détestent les firmes de trading à haute fréquence. Les temps sont difficiles pour la plupart d'entre elles. Certaines, comme IMC, ont dû se séparer d'une partie de leur personnel.

Il faut croire que certaines firmes ont trouvé le moyen d'exploiter cette faible volatilité.

Posté le 20 juin 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Premier cas de hacking dans le HFT

IMAGEGLOBE-6356957L'agence Bloomberg rapporte qu'un hedge funds basé aux Etats-Unis a été piraté durant huit semaines à la fin de 2013. Ce fonds a dû appeler à la rescousse BAE Systems plc, une multinationale britannique spécialisée dans la défense.

Paul Henniger, un des responsables chez BAE Systems plc a reconnu qu'il s'agit du premier cas où des pirates informatiques s'attaquent à un système financier et prennent possession de celui-ci pour le saboter. Les hackers ont inséré un software malicieux (un cheval de troie) qui a retardé de quelques centaines de microsecondes le moteur d'exécution des ordres du hedge funds. Mais l'identité de ce fonds n'a pas été révelée.

Selon Paul Henniger, cité par Bloomberg, cette différence de quelques microsecondes peut causer des différences importantes dans la profitabilité des transactions du hedge funds. On s'en serait à peine douté, tant les firmes de trading à haute fréquence et les hedge funds misent beaucoup sur la technologie pour être le plus rapide possible. Je rappelle que des hedge funds ont financé le Large Hadron Collider, et ce certainement pas par pur altruisme. Car j'ai déjà assisté à plusieurs conférences où certains se sont mis à rêver tout haut à des drones pour accélerer encore la vitesse de transmission des données de marché.

Dans le secteur des hedge funds, certains ont payé des services de micro-ondes auprès d'opérateurs de centre de données comme Equinix. Chez Equinix, des bornes de micro-ondes, identiques à celles des GSM, ont été installées sur le toit de leurs centres de données. Ces bornes doivent être proches l'une de l'autre pour ne pas perdre le signal GPS. Mais certains avaient déjà mis en garde contre un possible détournement de ce signal.

Beaucoup d'investissements dans ces technologies ont été consentis. Mais en revanche, du côté de la sécurité informatique, là, ce n'est pas parfait.

Il y a quelques temps, une firme de HFT m'avait juré qu'ils cryptent leur signal de trading et qu'ils possèdent un système de détection pour voir si l'horodatage des transactions ne paraît pas bizarre. "Toutes les bonnes firmes de trading le font" m'a-t-on assuré. Mais on sait aussi qu'il n'y a pas que des bonnes firmes de trading...

 

 

Posté le 16 juin 2014 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Le robot hacker

Dv1755248A la lumière du test de Turing, où un ordinateur a réussi à se faire passer pour un être humain auprès 33% des scientifiques, certains tremblent déjà des conséquences pour les cyber attaques, y compris sur les marchés financiers.

Or, sur les marchés financiers, l'interaction humaine a déjà cédé sa place à celle des robots, plus rapides en réaction que l'être humain, qui réagit le plus rapidement en 100 millisecondes, rappelons-le. Et régulièrement, les teneurs de marché à haute fréquence doivent se battre contre des algorithmes voulant influencer artificiellement la direction des marchés, par des manipulations comme le layering,  le spoofing,...

La détection de ces manipulations se fait encore par intervention humaine, à savoir par un bouton stop qui, enclenché par un trader humain, arrête immédiatement toutes les transactions. Mais toutes les firmes de trading à haute fréquence ne disposent pas d'un tel bouton.

Pourtant, dans le monde des algorithmes, il est possible de détecter les spams. Il suffit de voir comment notre boîte email trie les messages. Mais de plus en plus, les spams parviennent à tromper la vigilance des algorithmes. Et malheureusement, ces spams sont souvent des armes de phishing, destiné à soutirer des données clé et de l'argent à son récipiendaire. On assiste aussi à des attaques où le hacker parvient à se faire passer pour vous en utilisant votre propre compte.

Jusqu'à présent, aucun cas d'usurpation d'identité de ce genre n'a été relevé dans les firmes de trading à haute fréquence. Les problèmes se situent plutôt du côté des vols de code par des anciens employés partis fonder leur propre firme. Du côté des Bourses par contre, on a vu des cas où des pirates ont eu accès au site internet, mais jamais au système d'apareillement des transactions. Détail qui ne trompe pas:  le prospectus d'Euronext en vue de son introduction en Bourse mentionne clairement ce risque, en expliquant "qu'il est possible dans le future que la société ne parvienne pas à mitiger des problèmes de sécurité".

Mais au vu des progrès technologiques, on peut comprendre pourquoi certains s'inquiètent pour les marchés financiers.

 

 

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