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Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 19 mai 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Virtu devance les particuliers en Bourse?

Aux Pays-Bas, la polémique ne cesse de gonfler autour de TOM et Binckbank. Pour rappel, à la fin de l'année 2014, le courtier concurrent de Binckbank, DeGiro, a accusé TOM, la plateforme sur laquelle Binckbank envoie par défaut tous les ordres de ses clients particuliers, de laisser un trader à haute fréquence devancer tous ces ordres. DeGiro s'était livré à une expérience, en envoyant sur TOM des ordres (de grandes tailles) sur des titres comme Heineken, Solvay, L'Oréal, Unibail et Randstad.

Le courtier met en cause le smart order router de TOM, un système qui permet la redirection des ordres vers la plateforme de transactions offrant le meilleur prix. Car depuis la directive MiFID datant de 2007, les Bourses comme Euronext ne sont plus les seules à afficher le prix d'un titre. Des concurrents comme BATS Chi-X Europe et Turquoise le font aussi. Ainsi, par exemple, le titre Thrombogenics peut afficher simultanément un prix de 5,241 EUR sur Euronext, 5,24 EUR sur BATS, 5,24 EUR sur Chi-X Europe et 5,248 EUR sur Equiduct.

DeGiro affirme que sur TOM, ses ordres n'ont pas été orientés vers la plateforme présentant le meilleur prix. Et surtout, le courtier souligne que ces ordres ont connu du "flash trading", c'est-à-dire qu'ils ont été devancés par un trader à haute fréquence, les rendant plus chers.

Optiver, la firme de trading à haute fréquence amstellodamoise à l'origine de TOM (avec Binckbank et ABN Amro) nie être ce trader qui devance les ordres des particuliers venant de Binckbank. Le blog Amsterdam Trader a une idée sur l'identité de ce trader. Selon lui, il s'agit de Virtu Financial, la firme qui vient d'entrer en Bourse aux Etats-Unis, et qui n'a connu qu'une seule journée de perte de trading  en 5 ans.

Virtu Financial n'est pas joignable.

Mais comme le pointe le blog Amsterdam Trader, Virtu Financial ne joue pas vraiment ce rôle. Car TOM fonctionnait (elle a cessé de fonctionner pour les actions depuis deux mois) avec des teneurs de liquidité, chargés de délivrer le meilleur prix pour l'ordre encodé par un particulier via Binckbank. La plateforme Equiduct fonctionne sur le même principe.

Le teneur de liquidité procède à un arbitrage de prix sur les différentes plateformes, ce qui est parfaitement légal comme le souligne Amsterdam Trader. Cela signifie qu'il achète un titre sur une plateforme et le revend sur une autre plateforme, à un cours plus avantageux, par exemple. Si le particulier introduit un cours limite, le teneur de liquidité peut en outre empocher le rabais qu'offrent des plateformes comme Chi-X Europe pour les ordres passifs (qui arrivent sur le carnet d'ordres sans rencontrer de contrepartie, et qui sont considérés comme des ordres qui amènent de la liquidité). Il se rémunère sur les écarts de cours (spreads).

Dans le cas d'Equiduct, c'est Equiduct qui calcule le prix (selon le critère de la meilleure exécution) que le teneur de liquidité doit obtenir. Chez TOM, c'est le même principe.

Le problème réside dans ce critère de la meilleure exécution. En Europe, il ne signifie pas que le courtier doit obtenir le meilleur prix. Cette règle européenne stipule que les firmes d’investissement prennent les dispositions nécessaires pour obtenir le meilleur résultat pour leurs clients en tenant compte des prix, des coûts, de la vitesse, de la probabilité d’exécution et du règlement de la transaction. Elle implique que les courtiers se connectent à toutes les plateformes de transactions telles qu’Euronext, BATS Chi-X Europe, Turquoise,... Autrement dit, si le prix sur une plateforme paraît le plus intéressant, mais que la liquidité et les coûts ne sont pas intéressants, il ne sera pas exécuté sur cette plateforme.

DeGiro ne se connecte pas aux autres plateformes. Le courtier envoie ses ordres vers les Bourses historiques comme Euronext, Deutsche Börse et le London Stock Exchange, qui comptent elles aussi entre 30 et 40% de volumes de transactions effectués par du trading à haute fréquence. DeGiro a en outre signé un partenariat avec Euronext depuis 2014.

Et puis, comme le souligne Amsterdam Trader, l'expérience de DeGiro s'est faite avec des ordres de grande taille (ex: 5000 actions Randstad à 39,95 EUR), pas vraiment représentatifs d'un ordre de particulier (à moins que je sous estime le patrimoine des particuliers qui investissent en Bourse). Ce qui montre que TOM a du mal à gérer ces ordres, qui normalement, devraient être découpés pour pouvoir être exécutés plus facilement.

 

 

 

qui stipule que les firmes d’investissement prennent les dispositions nécessaires pour obtenir le meilleur résultat pour leurs clients en tenant compte des prix, des coûts, de la vitesse, de la probabilité d’exécution et du règlement de la transaction. Elle implique que les courtiers se connectent à toutes les plateformes de transactions telles qu’Euronext, BATS Chi-X Europe, Turquoise,…
qui stipule que les firmes d’investissement prennent les dispositions nécessaires pour obtenir le meilleur résultat pour leurs clients en tenant compte des prix, des coûts, de la vitesse, de la probabilité d’exécution et du règlement de la transaction. Elle implique que les courtiers se connectent à toutes les plateformes de transactions telles qu’Euronext, BATS Chi-X Europe, Turquoise,…
qui stipule que les firmes d’investissement prennent les dispositions nécessaires pour obtenir le meilleur résultat pour leurs clients en tenant compte des prix, des coûts, de la vitesse, de la probabilité d’exécution et du règlement de la transaction. Elle implique que les courtiers se connectent à toutes les plateformes de transactions telles qu’Euronext, BATS Chi-X Europe, Turquoise,…

Posté le 15 mai 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La structure des marchés américains en voie de changer?

Le 12 mai 2015, la Security and Exchange Commision a rassemblé pour la première fois son comité d'experts sur la structure des marchés. Pour rappel, au début de l'année, l'éviction de Joseph Stiglitz, prix "hommage" Nobel d'Economie, de ce comité avait fait couler beaucoup d'encre. 

Ce comité comprend 17 experts des marchés américains, dont Brad Katsuyama, le fondateur de la plateforme de transactions IEX (star du livre "Flash Boys" de Michael Lewis, Joe Ratterman, le PDG de la plateforme de transactions BATS Direct Edge et le sénateur démocrate Ted Kaufman.

La réunion a duré 7 heures (avec pause). Le sujet du jour portait sur la règle 611, qui en principe empêche l'exécution d'un ordre sous le Best Bid & offer price (prix de référence), mais qui présente toute un série d'exceptions aujourd'hui remises en cause. Car cette règle a permis à certains acteurs de remonter la file des ordres  (et de passer avant tout le monde). Certaines Bourses américaines ont développé des types d'ordres pour contourner cette règle. De plus, cette règle a favorisé l'exécution des transactions en dehors des Bourses, sur des dark pools, qui ont été frappées de nombreuses amendes pour avoir privilégié certains acteurs au détriment des autres participants de marché.

Haim Bodek, le fondateur de Decimus Capital, et Peter Kovac, l'auteur du livre "Flash Boys, not so fast", ont appelé à trouver un compromis sur cette règle, car selon eux, elle empêche les courtiers d'obtenir la meilleur exécution des ordres de leurs clients. Ils demandent que la responsabilité qui incombe aux Bourses  selon cette disposition de loi soit transférée aux courtiers. C'est aussi la position de la FIA Principal Traders, qui défend les intérêts des firmes de trading à haute fréquence aux Etats-Unis. Et aussi, selon un participant au débat, beaucoup de monde, y compris les acteurs qui ne défendent pas la position des HFT, sont d'accord avec cette proposition.

Les représentants des Bourses, des courtiers et des firmes d'investissement du comité ont aussi plaidé pour une révision de la règle. Mais les firmes d'investissement craignent les effets secondaires d'une modification de la règle, qui forcerait leurs transactions à prendre le chemin des Bourses, où les attendent les firmes de trading à haute fréquence. 

Mary Jo White, la présidente de la SEC, a bien insisté sur la nécessité de changer la structure des marchés américains. Dans son discours d'introduction, elle a soulevé plusieurs questions telles que:

  • la concentration des Bourses (trois contrôlent les 11 Bourses américaines en actions)
  • Le taux élevé (94%) d'annulation d'ordres
  • Le faible pourcentage (1%) d'exécution sur les dark pools où sont envoyés en moyenne 2,9 milliards d'ordres par semaine
  • L'emploi important d'ordres passifs (49%) par les firmes de trading à haute fréquence
  • L'envoi des ordres des particuliers aux Bourses qui offrent les plus gros rabais aux courtiers.

Rappelons que la SEC ambitionne de réformer les marchés d'actions américains, selon ce plan d'actions

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La tâche risque d'être ardue.

Posté le 11 mai 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Vol de codes: Aleynikov condamné

AleynikovSergey Aleynikov, l'ancien programmeur informatique de Goldman Sachs, a été jugé coupable de vol de codes informatiques. Les faits remontent à 2009, où après avoir travaillé pour la banque, Aleynikov, recruté par Teza Technologies, avait téléchargé les codes de trading de Goldman Sachs pour son usage personnel. Il plaidera dans sa défense son intention de mettre ces codes disponibles en open source. Mais la justice américaine, très sévère avec le vol de codes, ne l'a pas entendu de cette oreille.

Aleynikov sera condamné une première fois en décembre 2010 à huit ans de prison et à une amende de 12.500 dollars. Il fait appel de sa condamnation en mars  2011, et en février 2012, il sera relâché  après un jugement favorable en appel.

Six mois plus tard, le procureur du district de Manhattan, Cyrus Vance, fait arrêter le programmeur. Celui-ci repasse au tribunal sous un nouveau chef d'accusation, mais il lui est toujours reproché le vol de codes.

Au terme d'un procès rocambolesque, au cours duquel deux  membres du jury sont écartés après des accusations d'empoisonnement (!), Aleynikov se voit de nouveau rendu coupable de vol de codes.

Michael Lewis, dans son livre "Flash Boys", consacre un long chapitre à cette affaire. L'auteur ne croit pas à la culpabilité d'Aleynikov, dépeint comme un autiste.

Mais Aleynikov est le premier d'une liste de programmeurs arrêtés par Cyrus Vance pour vol de codes. Jason Vuu  a été accusé par Flow Traders, une firme de trading à haute fréquence basée à Amsterdam (et qui fera bientôt son entrée en Bourse à Amsterdam) d'avoir volé les codes et les stratégies de la société. Il a reçu une peine de prison de 5 ans. Kang Gao, un  ancien quant de Two  Sigma Investments, un hedge funds, a plaidé coupable en février pour avoir volé ses données. En échange, il écoppe de dix mois de prison.

Toutefois, les fondateurs de SXP Analytics ont réussi à éviter le tribunal. Ils ont  aussi été accusés de vol de code par Quantlab, une firme de trading à haute fréquence basée  au Texas. Le juge a constaté que les preuves étaient insuffisantes pour accuser SXP Analytics.  Le FBI, après trois ans et demi  d'enquête, a été incapable de rassembler des preuves, alors que les fondateurs de SXP (dont un qui aspirait à être moine) ont toujours clamé qu'ils avaient démarré leur société de trading  avec leurs propres codes, et non pas ceux volés à Quantlab, leur précédent employeur.  Ils ont quand même accepté de payer 28,5 millions de dollars pour régler cette affaire.

 

Posté le 6 mai 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Trimestre en hausse de 50% chez Virtu Financial

Virtu Financial, une firme de trading à haute fréquence basée à New York et qui a été introduite sur le Nasdaq le 16 avril 2015, vient de publier ses résultats trimestriels. Les trois premiers mois de l'année 2015 ont été bons pour la société. Elle enregistre une hausse de 50,2%, à 106,4 millions $ de son bénéfice avant taxes, intérêts et amortissements par rapport au premier trimestre 2014. Ses revenus moyens par jour de trading ont progressé de 40,2%, à 2,433 millions $. Autrement dit, sur les trois premiers mois de l'année, Virtu a gagné tous les jours 2,4 millions $. Ce n'est pas négligeable. Surtout que Virtu Financial n'a connu ces cinq dernières années qu'une seule journée de perte de trading.

Un trader d'une firme concurrente de Virtu Financial, qui a souhaité rester anonyme, explique que Virtu ne perd jamais, car la firme est active en tant que teneur de liquidité sur le Forex (marché des devises). "C'est impossible de perdre de l'argent de cette manière" a-t-il constaté. Effectivement, au premier trimestre, les revenus de trading de la firme sur le Forex ont augmenté de 103,4% par rapport à la même période en 2014. Ils représentent 28,4% des revenus de trading de la firme.  C'est la plus grande part des revenus de Virtu, alors qu'en 2014, le trading des matières premières était la plus grosse activité de la firme, comme on peut le voir ci-dessous.

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Virtu ne tire plus ses revenus des actions américaines depuis 2014.

Je rappelle que le Forex connaît une volatilité élevée depuis le début de l'année, comparable selon plusieurs analystes, à celle observée durant la crise financière de 2007-2008. Or, les firmes de trading à haute fréquence adorent la volatilité. En 2008-2009, des firmes comme Getco ont dégagé leurs plus gros bénéfices sur les actions américaines, alors que le VIX (l'indice qui mesure la volatilité des options sur le S&P500) avait touché le 24 octobre 2008 un record historique à 89,54 points. Depuis, cet indice a chuté et tourne autour de 14 points. La volatilité sur les marchés d'actions est faible. Pas étonnant que le Forex plaise à Virtu.

Posté le 5 mai 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un type d'ordre remis en question sur le NYSE

Capture d’écran 2015-05-05 à 21.05.06Haim Bodek, le fondateur de Decimus Capital, et héros du livre "Dark pools" du journaliste Scott Patterson, a pris l'habitude désormais de dénoncer les types d'ordres des Bourses américaines qui favorisent certains acteurs de marché au détriment du reste. En 2012, il avait été trouver la Securities and Exchange Commission pour dénoncer le "Hide Not Slide", un type d'ordres offert par Direct Edge à quelques happy few. Direct Edge a été condamné à payer une amende de 14 millions de dollars, la plus grosse amende jamais distribuée à une Bourse américaine, suite à cette dénonciation.

Bodek s'en prend désormais au New York Stock Exchange, et à un type d'ordre proposé depuis 2008. Appelé Non Displayed Reserve Order, il offre la possibilité à un ordre de rester caché. Mais dans les faits, le NYSE permet  à quelques privilégiés de voir ces ordres passés par d'autres acteurs.

 

Les acolytes de Themis Trading ont repris l'information sur leur blog, eux qui n'aiment pas l'évolution des marchés américains, dysfonctionnels selon eux.

Haim Bodek a souligné qu'il existe plus de 25 types d'ordres différents sur le NYSE, de quoi en perdre son latin.

 

Même le patron de l'Intercontinental Exchange (propriétaire du NYSE depuis 2013), Jeffrey Sprecher, avait appelé à une purge des types d'ordres sur le NYSE en 2014. Juste au moment où la Securities and Exchange Commission avait commencé à revoir tous les types d'ordres proposés par les Bourses américaines.

Le NYSE veut changer ses types d'ordres, alors il tente d'aménager son Non Displayed Reserve Order. Mais les changements sont lents.

Themis Trading note que même des firmes de trading à haute fréquence, dont IMC, bénéficiant de tous les avantages des Bourses (dont le Direct Feed, qui leur fournit les prix des titres avant le reste du marché) n'ont pas bénéficié des failles de ce type d'ordre. Encore une fois, une ou deux firmes de trading à haute fréquence tirent leur épingle du jeu, comme dans le cas du Hide Not Slide.

 

Posté le 4 mai 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Les nouveaux loups de Wall Street

Canal + a produit un documentaire sur le trading à haute fréquence intitulé "les Nouveaux Loups de Wall Street". Ce film d'1h30 démarre sur l'interview de Michael Lewis, l'auteur du livre "Flash Boys" à CNBC, où il déclare que les marchés américains sont truqués. Le ton du documentaire est donné.

Les deux journalistes, Ali Baddou et Ivan Macaux, ont pris Alexandre Laumonier, l'auteur de "5" et "6" comme observateur tout au long du documentaire. Les premières minutes lui sont d'ailleurs consacrées. L'anthropologue amène Ali Baddou à Basildon,(près de Londres) devant le centre de données de l'IntercontinentalExchange, où les transactions sur les Bourses de Paris, Amsterdam, Lisbonne, Bruxelles et Luxembourg, ainsi que le marché de dérivés Liffe, sont  effectuées.

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Les journalistes de Canal + n'ont pas pu pénétrer à l'intérieur du centre de données. Je peux comprendre. NYSE Euronext, puis l'IntercontinentalExchange, ont restreint l'accès. Je n'ai jamais pu visiter les lieux. Mais les journalistes ont retrouvé la vidéo mise en ligne par Euronext qui montre l'intérieur du bâtiment, grand comme trois stades de football, et protégé par des grilles de sécurité.

Ce centre abrite le moteur d'appareillement des transactions des Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles, ... mais aussi les serveurs des firmes de trading qui paient ce service pour être au plus près de ce moteur. Car dans le monde du trading à haute fréquence, la moindre microseconde (0,000001 seconde) compte.

C'est d'ailleurs pour cela que le documentaire s'attarde sur les réseaux de fibres optiques détenus par les firmes de trading à haute fréquence, qui permettent à ces acteurs d'obtenir plus rapidement leurs données de marché entre d'une part Wall Street et le New Jersey, et d'autre part, le New Jersey et Chicago aux Etats-Unis.

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Ce réseau de fibres optiques, qui traverse aussi l'Atlantique pour relier Londres à New York, est confidentiel comme vont le constater les deux journalistes.  Mais paradoxalement, il est visible.

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Ces poteaux, coiffés d'un chapeau orange, indiquent la présence d'un câble de fibre optique. Ils sont placés tous les 400 mètres. 

L'installation de ce réseau a dû se faire avec l'autorisation des villes, des propriétaires de terrain, traversés par ces câbles. Et visiblement, cette autorisation s'est faite dans le mensonge. Car le maire de Sunbury, une petite ville de Pennsylvanie, ignore tout de l'utilisation de ces câbles qui traversent le territoire (et qui lui rapportent 14.000 dollars par an, seulement). Il explique qu'il lui avait été vanté ce câble de télécommunication comme moyen pour attirer des grosses entreprises. Il pensait que ce réseau traversait tous les Etats-Unis. Ce n'est pas le cas.

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Les journalistes, en enquêtant, ont été dénoncés à la police locale. C'est dire si le sujet est sensible...

Mais la fibre optique présente l'inconvénient de devoir contourner les obstacles, alors qu'une autre technologie permet de faire circuler l'information en ligne droite: les faisceaux hertziens.

Le documentaire s'est attardé sur le réseau de télécommunications de MacKay Brothers, dont le PDG, Stéphane Tyc, apparaît pour la première fois à la télévision.

 

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Ce réseau de télécommunications relie Francfort (le centre de données FR2) à Londres (Basildon et LD4 à Slough), mais aussi New York et Chicago.

Les antennes doivent être placées à moins de 100 kilomètres de distance pour pouvoir permettre la transmission du signal. Celle de MacKay Brothers située à Dunkerke est située à 50 kilomètres de la prochaine localisée en Grande-Bretagne. Elle est placée en haut d'un building sur le port, qui peut être gênée par le passage de grands bateaux. 

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L'antenne d'Houtem, près de la côte belge, qui appartient à Jump Trading (et vendue pour 5 millions d'euros en 2013 par l'Etat belge, qui en espérait 300.000 euros) a aussi été filmée. L'avantage des faisceaux hertziens repose sur le temps de transmission. Entre Francfort et Londres, le temps de transmission par fibre optique s'élève à 8 millisecondes. Il est diminué de moitié avec les faisceaux hertziens. 

Avec la colocation dans les centres de données des Bourses, ces canaux de transmission de l'information constituent un avantage pour les firmes de trading à haute fréquence. Et d'ailleurs, les superviseurs des marchés les définissent à partir de ces éléments.

Canal+ a aussi rencontré des traders à haute fréquence, dont Remco Lenterman (de la firme amstellodamoise IMC) déjà présent dans le reportage Cash Investigation sur le sujet, et plus récemment, dans le documentaire Traders: millions by the minute, de la BBC (beaucoup plus neutre sur le sujet). Canal + a aussi interrogé Mani Mahjouri (à gauche sur la photo), responsable des stratégies à haute fréquence chez Tradeworx, une firme basée à Red Bank dans le New Jersey, qui gère aussi le système MIDAS (suivi en temps réel des transactions en actions pour le compte de la Securities and Exchange Commission).

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Canal+ a fait un crochet par la villa de Thomas Petterfy, le père du trading à haute fréquence, qui a de nouveau dévoilé sa tablette  de trading, qui lui servait en 1983 à calculer le prix des options. Un visionnaire.

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Les deux journalistes ont rencontré deux traders à haute fréquence en marge du système, à commencer par Haim Bodek, le fondateur de Decimus Capital, héros du livre "Dark pools" de Scott Patterson, et dénonciateur des pratiques discriminatoires de Direct Edge (une Bourse américaine). Il figure aussi dans le documentaire "The Wall Street Code".  C'est aussi le cas de Dave Lauer, un ancien de la firme de trading Allston Trading.

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Dave Lauer regrette que tant de cerveaux, qui seraient utiles pour la recherche contre le cancer ou pour l'économie réelle, se retrouvent à travailler pour des firmes de trading à haute fréquence. Mais comme le montrent les journalistes de Canal+, qui se rendent à l'Université Pierre et Marie Curie à Paris, les cerveaux se bousculent pour rentrer dans le monde de la finance. Car la finance le leur rend bien, en les payant 10.000 euros par mois pour commencer, avec un multiple qui grimpe rapidement lorsqu'ils écrivent de nouveaux algorithmes de trading. 

Ces petits génies contrastent avec l'ancienne génération de traders, qui ne possédaient pas de diplômes. Le documentaire en a retrouvé un, qui s'est reconverti en restaurateur, après 25 ans passés sur le parquet du New York Stock Exchange (devenu aujourd'hui un plateau de télévision).

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Le documentaire s'est arrêté sur tous les opposants au trading à haute fréquence (du moins, à certaines de leurs pratiques), à commencer par Finance Watch. Gérald Rameix, le président de l'Autorité des Marchés Financiers, intervient. Eric Hunsader, le fondateur de la firme Nanex (très cité sur ce blog) a reçu Ali Baddou en charentaises. Son équivalent français, l'informaticien Robert Erra, chasseur de quote stuffing, est aussi présenté pour la première fois à l'écran.

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Et enfin, les deux journalistes ont rencontré les deux fondateurs d'IEX, héros du livre "Flash Boys" de Michael Lewis, Ronan Ryan, et surtout Brad Katsuyama.  Cette plateforme de transactions présente la particularité d'imposer un frein de 350 microscondes avant l'exécution des transactions. Seules Aequitas Exchange et Alpha Trading au Canada imposent un frein similaire.

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Le documentaire se termine sur un plan de Michael Lewis, dont le livre "Flash Boys" va être adapté par Hollywood. Un film qui risque de ternir encore l'image du trading à haute fréquence, accusé de devancer les autres investisseurs pour faire grimper les prix de transactions à son profit. Tout au long du reportage, on a bien compris que les marchés américains (et européens?) sont truqués. Tel est le message du documentaire.

A mi-chemin entre "la finance folle" de Cash Investigation (très très critique) et "The Wall Street Code" plus neutre, "les nouveaux loups de Wall Street" réussissent le tour de force de rendre compréhensibles les enjeux du trading à haute fréquence. Cette tâche n'est pas aisée.

Une seule remarque: le flash crash du 6 mai 2010 n'est pas le plus grand krach en séance du Dow Jones Industrial Average. Il faut remonter au 19 octobre 1987. Le Dow Jones avait perdu en séance 22,6%. A titre de comparaison, la perte de près de 1000 points du 6 mai 2010 résorbée en partie quelques minutes plus tard, s'avère moins dramatique. Mais sa vitesse n'a rien de comparable dans l'histoire de Wall Street.

Posté le 1 mai 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Deux traders suspendus sur le CME pour layering

P4BRANCHE23OK_ReutersBloomberg indique que le Chicago Mercantile Exchange a suspendu deux traders, Heet Khara et Nasim Salim, pour avoir pratiqué du layering sur les futures sur l'or et l'argent. Le layering est une manipulation de marché qui consiste à envoyer des ordres sans avoir l'intention de trouver une contrepartie sur les marchés.

Khara a manipulé les contrats à terme sur l'or et l'argent entre le 1er février et le 28 avril 2015, tandis que Salim a été épinglé pour des faits entre le 1er mars et le 28 avril. Les deux traders sont suspendus de trading pendant 60 jours.

Le CME a vite réagi cette fois-ci, alors que la Commodity Futures Trading Commission, superviseur des marchés de dérivés aux Etats-Unis, a reproché à la Bourse de dérivés de Chicago de mettre trop de temps pour mener ses enquêtes sur ses membres. Un reproche qui sonne étrangement après l'affaire Sarao, où le trader basé à Londres a manipulé le contrat e-mini futures sur le S&P500 entre 2009 et 2014 sans être vraiment inquiété par le CME.

Le CME a repéré les agissements de Khara dès février, mais le trader a esquivé en changeant de courtier. La Bourse a également découvert que les deux traders coordonnaient leur activité. Salim a introduit Khara à son propre broker.

Le CME a pointé notamment que le 28 avril, les deux traders ont coordonné leur action: Salim a introduit des ordres de petites taille sur les futures sur l'or, tandis que Khara a introduit de larges ordres dans le sens contraire à ceux de Salim. Une fois que les ordres de Salim ont trouvé une contrepartie, Khara a annulé ses ordres.

Il reste à voir si les deux traders ne vont pas faire l'objet de plainte judiciaire, comme l'a fait la firme HTG avec son rival Allston Trading en mars 2015.

Posté le 28 avril 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Moins de bulles sur les marchés électroniques?

Mike Farjan et Oliver Kirchamp ont conclu dans une étude que les bulles sur les marchés deviennent plus petites si les traders humains s'attendent à trouver comme contrepartie des algorithmes de trading. Les deux chercheurs soulignent que les traders humains ont tendance à davantage négocier autour de la valeur fondamentale des titres lorsqu'ils savent être en présence d'algorithmes. Résultat, la formation des prix se concentre autour de cette valeur fondamentale.

 

Les deux chercheurs se sont basés sur des questionnaires, en partant du constat que les marchés financiers du 21ème siècle sont dominés par le trading à haute fréquence, qui représente selon eux 70% des volumes transactions sur les marchés d'actions américains et européens. Le reste de ces marchés repose encore sur des intervenants humains, même si là aussi, il faut constater un recours de plus en plus marqué à l'informatisation. 

Selon eux, le résultat de cette enquête montre que les marchés deviennent de plus en plus efficients.

L'étude ne prend pas en compte l'asymétrie d'informations qui existe entre les traders humains et les algorithmes de trading. Actuellement, aux Etats-Unis, un grand débat se déroule sur le Direct Feed. Car comme le rappelait récemment Larry Tabb, fondateur de Tabb Forum, au salon Trade Tech Europe 2015, 99,99% des intervenants de marché aux Etats-Unis se fient au SIP, le système légal d'affichage des prix des titres. Les 0,01% recourent au Direct Feed, le prix affiché par les Bourses pour ceux qui savent payer les frais de colocation dans leur centre de données. Ces petits privilégiés obtiennent l'information sur les prix dix fois plus vite que ceux qui attendent l'affichage sur le SIP. Autrement dit, ils voient le marché arriver avant tout le monde, et peuvent tirer profit de cette situation.

L'étude ne tient pas compte non plus des manipulations de marché. L'affaire Sarao, le trader qui a été arrêté et accusé d'avoir manipulé les futures sur le S&P500 pendant cinq ans entre 2009 et 2014, montre que des traders, armés d'algorithmes, peuvent tenter d'influencer le marché en envoyant des ordres bien en dehors de la valeur fondamentale des titres. Sarao a pu générer 40 millions de dollars de bénéfices illicites grâce à sa manipulation du marché.

Et puis, il n'est pas rare d'observer des fortes variations intraday sur des titres individuels, mais aussi des indices comme le DAX, voir des mini flash crash. Ronan Ryan, le co-fondateur d'IEX, la plateforme de trading mise en avant dans "Flash Boys" , le livre de Michael Lewis sur le trading à haute fréquence, explique ces mini flash crash par la complexité des marchés américains, divisés entre 50 plateformes de transactions.

Posté le 27 avril 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Affaire Sarao: des zones d'ombres levées

Navinder-sarao-court-drawing-1024x640Navinder Singh Sarao, le trader isolé accusé d'avoir manipulé les marchés américains (et d'avoir provoqué le flash crash du Dow Jones le 6 mai 2010) dévoile peu à peu son vrai visage.

Le Financial Times a découvert que le trader de 36 ans, qui ne manifestait aucun signe extérieur de richesse, cachait d'importantes sommes d'argent dans des paradis fiscaux. Le Département de la Justice américaine et la Commodity Future Trading Commission ont indiqué qu'il avait généré 40 millions de dollars de bénéfices illicites entre 2009 et 2014. 

En 2010, Sarao avait établi une société dans les Caraïbes, la Nav Sarao Milking Limited. En 2012, il avait enregistré une autre société, l'International Guarantee Corporation Inc. aux Antilles, mais aussi en Inde. Ces sociétés lui ont servi à échapper aux taxes, selon le Département de la Justice.

En 2011, le trader avait doublé ses avoirs, passant de 18,8 millions de livre sterling  à 41,8 millions £. Quelque 21,5 millions £ ont été transférés dans un trust, le Nav Sarao Futures ltd, qui chapeautait sa société de trading. Les 20 millions de £ restant étaient parqués dans un compte en banque. Des changements de règles comptables cette année là lui ont causé des pertes de 27 millions £. Alors, Sarao s'est décidé  à planquer ses gains dans ses sociétés situées dans les paradis fiscaux.

En 2012, il a placé 17 millions £ à la Hinduja Bank à Genève, avant de transférer ses fonds à la United Arab Bank à Dubaï.

Voilà pourquoi lorsque Sarao a été arrêté, les enquêteurs n'ont trouvé qu'un compte de trading de 5 millions £ et un compte de pari de 100.000 £.

Quant à la façon dont Sarao a été débusqué, là, Bloomberg a découvert que la CFTC a confié la tâche de débusquer la manipulation du trader à Terence Hendershott, un professeur de finance à Berkeley, auteur de plusieurs études sur l'impact du trading à haute fréquence sur le Nasdaq. L'une d'elles, en partenariat avec Jonathan Brogaard et Ryan Riordan, avait atterri sur le site de la Banque centrale européenne et avait déclenché un torrent de critiques car elle concluait que le HFT diminuait la volatilité sur les marchés. Henderschott est considéré comme expert du HFT

Tout est parti d'une dénonciation auprès de la CFTC. C'est comme ça que Michael Coscia, l'autre trader isolé, s'est fait attraper pour avoir manipulé les futures en 2011. Il avait été dénoncé par Virtu Financial, une firme de trading à haute fréquence qui vient de faire son entrée sur le Nasdaq. Car des manipulations comme le spoofing pénalisent avant tout les firmes de trading à haute fréquence, alors, elles ne se font pas de cadeau entre elles.

A partir de cette dénonciation, la CFTC a décidé de mener sa propre enquête. Elle a confié cette tâche à Terence Henderschott. Il a analysé 400 jours de données de trading, et déterminé que Sarao plaçait des ordres bien en dehors des prix de référence, de manière à ce que ceux-ci ne trouvent jamais de contrepartie. Mais la quantité d'ordres qu'il envoyait sur le marché provoquait une baisse des prix des titres. 

Le 6 mai 2010, Sarao a utilisé un algorithme pour générer des milliers d'ordres  de vente sur les futures sur le S&P 500 (les e-mini). Le montant n'était pas élevé, il pesait 200 millions de dollars, mais il représentait entre 20 et 29% des ordres de vente sur le contrat ce jour-là. Ces ordres ont été replacés et modifiés 19.000 fois avant d'être annulés dans l'après-midi. Aucun n'a trouvé de contrepartie. 

Bien que Sarao ne soit pas un trader à haute fréquence (car il n'utilisait pas le Direct Feed ni la colocation), son algorithme a créé suffisamment de mouvement sur le marché pour gêner les autres traders. 

La CFTC en a conclut que Sarao a créé suffisamment de déséquilibres sur le marché le 6 mai 2010 pour provoquer une détérioration de la liquidité juste avant que le flash crash se déclenche.

Pour que Sarao soit dénoncé par une autre firme de trading, cela signifie que son action sur les marchés était suffisamment gênante.

Ce dénonciateur a dû d'abord consulter le Chicago Mercantile Exchange pour se plaindre de Sarao. Mais le Chicago Mercantile Exchange n'a jamais empêché le trader de continuer ses transactions. Il a fallu que la CFTC saisisse la justice américaine pour pouvoir mettre un terme à sa manipulation de cours.  

Posté le 23 avril 2015 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Flash Crash 2010: rappel des faits

130423183605-dow-flash-crash-620xaLe trader isolé Ravinder Sarao a été accusé aux Etats-Unis d'avoir provoqué le flash crash du Dow Jones Industrial Average le 6 mai 2010. Dans un curieux élan de solidarité (?), le Chicago Mercantile Exchange a tenu à préciser, par voie de communiqué, que le marché des futures n'a pas causé le flash crash ce jour-là.

C'est pourtant de là que tout est parti.

Le 6 mai 2010, à 14h45 heure de New York, le Dow Jones Industrial Average a connu un brusque retournement de tendance. Ce jour-là, les marchés européens étaient déjà fermés, tandis que les Bourses asiatiques n'étaient pas encore ouvertes quand cet événement s'est produit. La crise grecque venait de commencer, alors que se déroulaient les élections britanniques. Il faut noter que cette année, les mêmes échéances tombent dans le calendrier...

L'enquête de la Securities and Exchange Commission et de la Commodity Future Trading Commission déterminera cinq mois plus tard que l'origine de ce krach vient d'un mutual funds, Waddell & Reed, basé au Kansas. A 14h32, alors que "la volatilité était inhabituelle et que la liquidité était faible", un grand ordre de vente de 75.000 e-mini futures sur le S&P500 (d'une valeur de 4,1 milliards de dollars) a été déclenché. Cet ordre provenait de Waddell & Reed. Les autres intervenants des marchés, surtout les firmes de trading à haute fréquence, se sont mis à vendre et acheter frénétiquement ces mêmes contrats, générant une chute du prix du future.

Entre 14:41 et 14:44, les firmes de trading à haute fréquence se sont mises à arbitrer entre le e-mini future sur le S&P500 et la quantité équivalente en actions (dont des titres comme Apple, Procter & Gamble, ...) du S&P500, provoquant une frénétique variation de ces titres.

Le Chicago Mercantile Exchange a dû activer un coupe-circuit à 14:45:28, pour permettre au marché de se reprendre, avant de relancer la machine à 14:45:33.

Mais sur le New York Stock Exchange, alors que toutes les autres Bourses d'actions procédaient à des annulations d'ordres, un flux d'ordres de ventes est arrivé brutalement, envoyant au tapis le Dow Jones.

Dans ce documentaire, datant de 2012, les différents intervenants (dont Eric Hunsader) ont rappelé les faits.

 

Eric Hunsader, le fondateur de Nanex, a voulu comprendre l'action de Sarao, le trader incriminé pour le flash crash. Il a découvert que ce jour-là, l'algorithme mis au point par Sarao a cessé de fonctionner à 14h42.

 

 

 

Visiblement, le trader a aussi coupé son programme, comme tant d'autres firmes de HFT et de hedge funds, devant l'emballement du marché ce jour-là.

Et il faut noter que Gregg Berman, l'expert en structure de marché de la SEC (et directeur du rapport de la SEC/CFTC sur le flash crash) a démissionné de ses fonctions le 8 avril dernier.

Par ailleurs, l'analyste Michael Gayed a découvert une corrélation assez troublante avec les prix des obligations à haut rendement aux Etats-Unis.

 

Mais quand on voit le détail des transactions par Nanex, on se demande si d'autres firmes/ traders ne se sont pas livrés à du spoofing également.

 

Hunsader soutient que le trading à haute fréquence est responsable du flash crash de 2010. L'arrestation de Sarao est venue donner de l'eau à son moulin.

Alors, est-ce que Sarao est l'Edouard Snowden, malgré lui, des marchés financiers américains?

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