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Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,... fonctionnent, et ce qu'ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses traditionnelles) seront également épinglés.

Posté le 27 mars 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Fusion dans le monde du HFT

Virtu Financial a déposé une offre de rachat des titres KCG entre 18,50 dollars et  20 dollars l'action. Cela valoriserait KCG à 1,33 milliard de dollars, alors que sa capitalisation boursière évolue actuellement à 1,192 milliard de dollars. A l'annonce de ce rachat, le titre KCG a connu une brusque hausse, comme le montre ce graphique.

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Eric Hunsader, le fondateur de la firme de données Nanex, a ironisé sur cette fusion, soulignant qu'à ce train-là, il n'y aurait plus qu'une seule firme de trading à haute fréquence sur les marchés: Virtu Financial.

 

Cette fusion intervient alors que les temps sont difficiles pour les firmes de trading à haute fréquence. Teza a vendu son activité de trading à haute fréquence à une autre firme, Quantlab, pour 20 à 30 millions de . Motif? La société éprouve des difficultés à suivre dans la course à la vitesse que se livrent toutes les firmes de trading à haute fréquence. Tours à fréquence hertzienne, laser, coûts de colocation et de connectivité pèsent lourd dans leur budget. Et les firmes se plaignent des coûts des données de marché. Aux Etats-Unis, Wolverine Trading s'est plaint que ses coûts on triplé entre 2008 et 2016 à cause du prix des données de marché.

De plus, les bénéfices des firmes de HFT ne suivent pas. TABB Forum, cité par le Wall Street Journal, estime que le chiffre d'affaires du secteur est tombé à 1,1 milliard de dollars en 2016 contre 7,2 milliards de dollars en 2009.

L'année 2015 a particulièrement été difficile pour KCG et Virtu Financial. Les deux sociétés ont dégagé un bénéfice respectif de 60,1 millions de dollars et 26,4 millions de dollars, contre 76,8 millions de dollars et 194,4 millions de dollars en 2014. KCG a connu une embellie en 2016, avec un bénéfice net de 246,2 millons de dollars. Pour Virtu, l'année dernière s'est avérée meilleure que 2015, mais ses bénéfices, à 26,4 millions de dollars, s'affichent loin derrière ceux de 2014.

La faible volatilité actuelle sur les marchés explique en partie les faibles revenus des firmes de HFT. En 2008, ceux-ci avaient atteint un record, alors que le VIX, qui mesure la volatilité des prix des options sur le S&P500, avait touché 80 points. Actuellement, cet indice tourne autour de 12.  Il faut noter qu'en 2008, Virtu Financial est . Il n'y a plus eu depuis d'émergence de nouveaux acteurs d'envergure parmi les firmes de trading à haute fréquence.

A cela viennent s'ajouter des taxes sur les transactions, comme celles imposées par l'Italie en septembre 2013 pour les transactions intraday (de 0,002% sur les transactions en actions dont la détention ne dépasse par 0,5 seconde). La France veut également étendre sa taxe sur les transactions aux transactions intraday, en principe le 1er  janvier 2018. Et il ne faut pas oublier les amendes qui frappent le secteur, en particulier aux Etats-Unis.

Une consolidation du secteur dans ce contexte semble donc inévitable.

Posté le 24 mars 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Le HFT en quelques dates

Le site  Snipe The trade a réalisé une infographie sur l'histoire du trading à haute fréquence. Plus que le trading à haute fréquence, cette infographie pointe l'accélération exponentielle de la vitesse des transactions. Je vous laisse juge.

 

History of HFT
© snipethetrade.com

Posté le 23 février 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Variations excessives sur le cours du cuivre

Lundi 20 février 2017, entre 18 h et 18h35 à Londres, les cours du cuivre ont connu une brusque variation, marquée par des volumes de transactions élevés  en cette période d'habitude plus calme.

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Les marchés américains étaient fermés pour cause de President's Day. Sur les marchés d'actions européens, la tendance était plutôt creuse lundi comme l'ont noté plusieurs traders.

Cette variation inhabituelle des cours du cuivre s'explique par un algorithme défecteux selon Guy Wolf, cité par Bloomberg, de Marex Spectron Group.

Au rayon des informations ce jour-là, le groupe minier BHP Billiton serait entré en discussion pour mettre fin à une grève dans sa mine à Escondida. Mais l'information a elle seule n'explique pas pourquoi les cours du cuivre sont entrés en mode montagne russe vers 18h à Londres. Du côté du London Metal Exchange (LME), aucun commentaire n'a été donné sur cet épisode.

L'absence des intervenants américains sur Globex, la plateforme du marché de dérivés Chicago Mercantile Exchange, a empêché de contrebalancer ces variations, selon Guy Wolf. Qui ne voit guère d'un bon oeil la montée en puissance des traders à haute fréquence sur le LME, responsables selon lui d'une plus forte volatilité intraday.

 L'AMF, l'autorité des marchés financiers français, avait récemment pointé dans une étude sur les titres du CAC40 que les HFT se retirent du marché lors des épisodes de forte volatilité. Diverses études universitaires pointent régulièrement un effet stabilisateur des HFT sur la volatilité du marché. Mais en finance, tous les modèles mathématiques (comme par exemple Black-Schole, VaR, ...) touchent leur limite quand les conditions de marché ne sont pas au beau fixe.

Posté le 31 janvier 2017 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Des HFT gourmands en liquidités selon l'AMF

L'Autorité des Marchés Financiers (AMF), gendarme de la Bourse de Paris, s'est penchée sur le rôle des traders à haute fréquence sur les valeurs du CAC40 entre novembre 2015 et juillet 2016. Le régulateur définit le trader à haute fréquence comme un participant de marché qui a annulé ses ordres de Bourses plus de 100.000 fois par an, et qui a annulé au moins 500.000 ordres pour une durée de vie de moins de 0,1 seconde. Il précise que sous la définition du HFT préconisée par la directive MiFID2 (selon laquelle si un trader envoie 4 messages par seconde sur les  marchés, il est un HFT), 25 des membres les plus actifs sur Euronext tombent dans cette catégorie, pesant au total 97% des volumes d'ordres sur Euronext.

L'AMF s'est concentrée sur le rôle des HFT durant deux épisodes clé des marchés entre novembre 2015 et juillet 2016. Le premier est la conférence du 3 décembre 2015 de la Banque centrale européenne, et le deuxième est l'annonce du Brexit le 24 juin 2016.

Le régulateur souligne que durant toute la période d'étude, les HFT sont présents sur la meilleure offre ou la meilleure demande 91% du temps, et que le montant qu'ils apportent sur le marché représentent 70 à 80% du montant total présent. "En fonction du niveau de profondeur de marché étudié, le montant s'élève entre 41.000 euros et 225.000 euros, et excède la taille moyenne des transactions, comprise entre 8000 et 12.000 euros pour les titres étudiés" souligne l'étude. L'AMF ajoute que les HFT se retirent graduellement des marchés à la fin de la journée. Leur part de marché descend de 60 à 55%.

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L'AMF constate aussi que de manière générale, les HFT consomment plus de liquidités qu'ils n'en procurent. "Cette attitude se marque davantage durant les périodes de forte volatilité  historique (l'ouverture des marché, et durant les annonces, et après l'ouverture des marchés américains)". "60% de la liquidité fournie par les HFT est consommée par les autres HFT et 40 % par les non-HFT. La liquidité fournie par les non-HFT est consommée majoritairement ( 71%) par les HFT, ce qui peut indiquer une asymétrie de l'information parmi les participants de marché, car les transactions agressives sont généralement mieux informées que les transactions passives"

Durant les deux épisodes clé du 3 décembre 2015 et du 24 juin 2016, l'AMF a observé un tel comportement chez les HFT.

Le 3 décembre 2015, l'AMF a relevé ceci:

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Trois annonces ont eu lieu ce jour-là, une annonce erronée du Financial Times sur les taux inchangés de la BCE, puis une annonce officielle de la BCE sur une baisse du taux de dépôt  à -0,30%, et enfin, l'annonce du prolongement du QE à mars 2017. "Les trois annonces ont été accompagnées d'un retrait significatif de tous les participants de marchés du carnet d'ordres, et par une forte remontée des volumes de transactions". L'AMF relève que durant cet épisode de forte volatilité, des HFT se sont retirés du marché, mais en revanche leur part de marchés est passée de 60% en moyenne à 80 % durant les périodes d'annonces".

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Durant l'annonce du Brexit, l'AMF a constaté ceci:

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 "Durant cette période, les HFT ont fortement réduit leur présence sur le carnet d'ordres. Leur provision de liquidités s'est avérée 40% sous leur moyenne habituelle. Des ordres larges et entièrement exécutés par des non HFT ont soutenu la liquidité, en particulier au début et à la moitié de la séance".

Il faut rappeler que l'AMF adopte un ton particulièrement sévère envers le HFT parmi les régulateurs financiers en Europe. Le gendarme de la Bourse de Paris avait infligé en novembre 2015 une amende de 5 millions d'euros à Virtu Financial pour manipulation de cours sur 27 titres du CAC40. Je rappelle aussi que la France veut imposer une taxe sur les transactions intraday de 0,2%, en cours de négociation avec les intermédiaires financiers.

 

Posté le 15 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un festival de flash crash sur les bancaires

A 10h20 ce jeudi CET, une bien étrange agitation s'est emparée des marchés européens. Les titres du secteur bancaire européen, comme la Société Générale, BNP Paribas, Deutsche Bank, KBC, ... ont connu un flash crash.

 

BNP

BNP

Société Générale

GLE

KBC

KBC

Qui a eu un fort impact sur le Bel20

Bel20

Mais les valeurs bancaires n'étaient pas les seules à être secouées à 10h20.

Royal Dutch Shell a aussi connu un flash crash.

RDSA

Et ABinBev a connu une hausse soudaine à la même heure.

ABIN

Que s'est-il passé? La question reste ouverte.

Posté le 13 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Le mystère des 1,8 mds $ de e-mini futures

Mercredi 7 décembre, entre 13:21:24 et 13:21:15 ET, un volume anormal de transactions a été exécuté sur les e-mini futures sur le S&P500, pour une valeur de 3,4 milliards de dollars.

 

Il faut remonter au 6 mai 2010, jour du flash crash du Dow Jones (où l'indice avait perdu 1000 points en quelques minutes) pour retrouver un tel volume. Selon le rapport de la SEC et de la CFTC sur ce krach, quelque 4,1 milliards de dollars de e-mini futures avaient été vendus durant l'incident.

Dans le cas présent, ces e-mini futures n'ont pas provoqué de krach. Le S&P500 a touché un record ce jour-là.  Le blog Zero Hedge a observé que les volumes de transactions sur le SPYDER (un ETF sur le S&P500) ont atteint 450 millions de dollars.

Parmi les transactions sur le e-mini future durant 13:21:14 et 13:21:15, une transaction de 1,8 milliard de dollars  a retenu l'attention. Au vu de la rapidité de l'exécution, plusieurs traders estiment que celle-ci a été effectuée par un algorithme.

Le Wall Street Journal relève qu'il ne faut pas nécessairement posséder cette somme pour réaliser cette transaction. Une marge initiale de 83 millions de dollars suffit pour engager un montant de 1,8 milliard de dollars.

Le mystère demeure sur l'identité de celui qui a passé cette transaction. Mais celle-ci a été visible par tous les participants de marché le 7 décembre, qui n'ont pas hésité à qualifier la transaction d'anormale.

 

 

Posté le 12 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

La vitesse se limite sur le marché des changes

Un rapport de la Banque des Règlements internationaux (BRI) indique que parallèlement à une baisse des volumes de transactions sur le marché des changes, la vitesse des transactions a diminué. Les volumes de transactions ont baissé à 5100  milliards de dollars par jour en avril 2016 contre 5400 milliards de dollars par jour en avril 2013.

Durant ces trois dernières années, note la BRI, l'activité sur le marché des devises a changé de nature. Les hedge funds, les petites banques et les utilisateurs non financiers ont réduit leur présence, alors que les investisseurs institutionnels comme les fonds de pension et les compagnies d'assurance, moins tolérants envers le risque et le levier, se sont montrés plus participatifs. Dans le même temps, les stratégies algorithmiques basées sur la vitesse a "atteint un point de saturation" note la BRI.

Une explication à cette saturation se trouve dans les freins qu'ont adopté les différentes plateformes de trading en devises depuis trois ans déjà. En avril 2013, plusieurs banques ont décidé d'imposer sur leur plateforme commune ParFX des pauses au hasard, en millisecondes, sur les ordres exécutés sur celle-ci. En août 2013, la plateforme EBS a suivi le même chemin, en commençant par la pair AUD/USD, puis en étendant ces pauses sur d'autres devises. Reuters Matching a introduit de telles pauses en 2014. EBS a aussi rendu plus difficile les annulations d'ordres sur sa plateforme.

La BRI observe aussi que les stratégies de trading à haute fréquence callent. La taille des transactions a atteint un plateau selon elle. Après avoir décliné pendant plusieurs années, la taille moyenne des transactions sur les plateformes interdealers a augmenté entre 1,5 et 2 millions de dollars depuis 2008.

Néanmoins, les firmes de trading à haute fréquence sont devenues les principaux fournisseurs de liquidité sur les plateformes de transactions en devises  à la place des banques. XTX Markets, Virtu Financial, Citadel Securities, GTS et Jump Trading sont les grands gagnants de ce changement.  La BRI relève que le volume de transactions moyen par firme et par jour avoisinne 10 milliards de dollars, voire 40 milliards de dollars par jour, avec une forte concentration dans le spot trading.

BRI

Ces firmes jouent également davantage les intermédiaires entre les particuliers et le marché. La BRI note que depuis la hausse brutale du franc suisse en 2015, suite à l'abandon du cours plancher face à l'euro, les courtiers (prime brokers)  ont fait le tri parmi les clients, ne gardant que les gros  et les teneurs de liquidité électroniques, au détriment des clients particuliers et de certaines firmes de trading à haute fréquence dont la stratégie est basée sur la vitesse.

Néanmoins, malgré cette transformation, le marché des changes n'est pas à l'abri de flash crash, à l'image du krach récent de la livre sterling.

Alors que les regards des superviseurs de marchés se tournent vers les opérations de Citi au Japon à l'origine de ce krach, la BRI observe que l'activité des hedge funds et des firmes de trading s'est déplacée vers les centres financiers asiatiques . Ils ont délaissé les transactions à New York et Londres pour se recentrer vers Hong Kong, Singapour, et Tokyo.

Rappelons que la BRI doit publier un rapport en janvier sur le krach de la livre sterling survenu le 7 octobre 2016.

Posté le 7 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Un algorithme de Citi à l'origine du krach de la livre sterling

CuVOrBrWAAA0uaRLe 7 octobre 2016, vers 1h du matin (CET) la livre sterling avait connu un brusque plongeon face au dollar, chutant de 1,26 $ à 1,14$  en 40 secondes, soit une perte de 9% selon les données de Reuters. Bloomberg avait estimé la chute à 6%.

Le Financial Times explique qu'à l'origine de ce flash crash, un algorithme de trading, appelé Aggregator, appartenant à Citi a envoyé des ordres de vente à répétition qui ont exacerbé la chute de la livre sterling. Les opérations ont été effectuées à partir du bureau japonais de Citi.

Durant une courte période (moins d'une minute), les ordres de ventes de Citi n'ont rencontré aucune contrepartie sur le marché, ce qui est inhabituel, à cause d'une liquidité anormalement très faible et un sentiment général très pessimiste sur la livre sterling depuis le Brexit, note le FT. Mais ensuite, ces ordres de vente ont fini par se croiser , autrement dit ils sont entrés en boucle.

Entrer en boucle pour des algorithmes, cela peut donner lieu à des aberrations. La plus spectaculaire est sans doute celle du prix du livre de génétique "The making of a fly" qui s'est envolé sur Amazon à 24 millions de dollars en 2011. La firme de trading Knight Capital avait aussi connu un épisode similaire avec un de ses algorithmes en 2012, perdant 440 millions de dollars en 30 minutes. Depuis, l'expérience infortunée de Knight Capital a poussé les autres firmes de trading à installer des boutons stop qui arrêtent toutes leurs transactions dès qu'un problème est détecté (par exemple si la Bourse ne répond plus, ce qui arrive fréquemment, ou alors si leurs algorithmes de trading se croisent).

En principe, Citi dispose aussi de filets de sauvetage similaire à ceux des firmes de trading pour son programme Aggregator. Encore faut-il pousser le bouton stop...

Selon le FT, Citi a expliqué que la chute de la livre sterling a été déclenchée par une information selon laquelle la France durcit le ton sur le Brexit,  durant une période particulièrement illiquide de la journée. Mais la Banque d'Angleterre dans son rapport de stabilité financière semi-annuel a indiqué que l'information n'est pas le déclencheur initial de la chute de la devise.

Un rapport de la Banque des Règlements Internationaux sur l'incident doit être publié en janvier.

 

Posté le 2 décembre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Des nuages sur le HFT

MicrowavesDeux chercheurs de la Wilfrid Laurier University, Andriy Shkilko et Konstantin Sokolov, ont découvert que la méteo peut interrompre les firmes de trading à haute fréquence qui utilisent les faisceaux hertziens pour obtenir plus rapidement leurs données de marché. La météo peut les forcer à utiliser la fibre optique à la place. Durant ces épisodes, les deux chercheurs ont démontré que la liquidité s'améliore et que la volatilité se réduit.

Ils se sont penchés sur les marchés américains entre janvier 2011 et décembre 2014. Le premier réseau de faisceaux hertziens reliant le centre de données du Chicago Mercantile Exchange à Aurora à celui des Bourses d'actions et d'ETF situé dans le New Jersey a démarré à la fin 2010. Il s'agit du réseau de la société Windy Apple qui a démarré ses services quelques mois après la mise en place du câble de fibre optique de Spread Networks entre New York et Chicago.

D'autres sociétés, dont Thesys Technologies, une filiale de la firme de HFT Tradeworx, ont suivi le mouvement dès 2011. Mais les deux chercheurs notent que seule une poignée de firmes de trading ont pu bénéficier de la transmission par ondes hertziennes car la Federal Communications Commission avait limité le nombre de license pour les réseaux.

Cette situation a duré jusqu'à l'hiver 2012, où une firme de technologie a introduit un nouveau modèle pour démocratiser la transmission par faisceaux hertziens. Au lieu de vendre de la bande passante aux traders, la firme a utilisé son réseau pour transmettre les prix entre Chicago et New York et les vendre à tout le monde, moyennant une souscription.

Les deux chercheurs ont constaté qu'après cette date, la volatilité a baissé et les coûts de trading ont diminué, malgré les pylones de communication, qui transmettent les données de marchés 40% plus rapidement, en 4 millisecondes, que la fibre optique.

Ils en ont conclu que la démocratisation des faisceaux hertziens a provoqué le même effet que la météo sur la volatilité et les coûts de transactions aux Etats-Unis. A plus long terme.

Or, depuis lors, les firmes de HFT cherchent à étendre leurs réseaux de pylônes. Entre Chicago et Tokyo, dans les pays scandinaves, en Asie. Où cette démocratisation des faisceaux hertziens n'existe pas encore... Même en Europe, ce n'est pas encore le cas, puisque les firmes DRW  (via sa filiale Vigilant Global) et Jump Trading tentent d'obtenir la route la plus droite entre les centres de données LD4 à Londres et FR2 à Francfort, qui je le rappelle, passe par la Belgique.  Quitte à vouloir batîr une tour de plus de 320 mètres de haut à Richborough, dans le Kent, en Angleterre, au grand dam des habitants.

 

Posté le 24 octobre 2016 par Jennifer Nille Réactions | Réagir

Trimestre difficile pour KCG

GF10000053752_MARKETS-STOCKSKCG, une firme de trading à haute fréquence, a publié la semaine dernière ses résultats du troisième trimestre. Alors que les grandes banques de Wall Street ont toutes témoigné d'un bond du trading sur la période, grâce au retour de la volatilité après le vote du Brexit, KCG a annoncé un recul de 60% de ses revenus nets, à 111,9 millions de dollars. Les marchés n'ont pas apprécié cette annonce. Le titre a reculé de 7,16% le 20 octobre, jour de la publication des résultats financiers de la société.

Daniel Coleman, le pdg de KCG, a expliqué dans un communiqué que "l'activité sur les marché s'est rapidement éteinte après une brève rafale à la fin du deuxième trimestre après le Brexit. Durant les mois de juillet et août, l'activité sur les marchés est restée morose avec une volatilité près de son plus bas historique. Malgré une faible reprise en septembre, l'environnement de trading s'est avéré compliqué pour nos modèles quantitatifs de trading. Toutefois, même si nos résultats financiers sont décevants pour ce trimestre, nous avons publié une forte part de marché dans des segments clés des marchés." 

Le volume de trading en actions de KCG a chuté de 13% au troisième trimestre, pour s'établir à 206,4 millions de dollars en moyenne par jour. Alors que KCG conserve une part de marché de 30% sur le volume de transactions en actions américaines, son activité sur celles-ci a baissé de 15% sur la période. En Europe, le groupe constate la même tendance, aussi bien en actions qu'en devises.   Par contre, le volume de trading en obligations de la firme a grimpé de 54% sur la même période à 201,5 millions de dollars en moyenne par jour. La chute des revenus nets de KCG s'explique surtout par les investissements stratégiques de la firme. Au troisième trimestre, la société a finalisé l'acquisition de Neonet pour étendre sa présence en Europe. Les conditions financières de ce rachat n'ont pas été dévoilée.

Une autre firme de trading à haute fréquence, Virtu Financial, doit publier ses résultats du troisième trimestre le 4 novembre prochain. Rappelons que le deuxième trimestre avait été difficile pour la firme.

 

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